Le concepteur de la sociocratie, Gerard Endenburg, et son inspirateurs, Kees Boeke, étaient respectivement chef d'entreprise et éducateur. Cela explique pourquoi ce sont dans des écoles et des entreprises que l'on trouve les applications les plus nombreuses de ce système de gouvernance.
Pourtant la sociocratie a l'ambition de pouvoir être utilisée aussi bien dans de petites structures que dans une société tout entière (cf. ici). Une application sociale passionnante du modèle nous vient du sud de l'Inde avec une fédération de parlements de voisinage (NCN) utilisant des méthodes de démocratie directe, et notamment la sociocratie.
Le NCN œuvre pour que les « personnes qui sont sans pouvoir récupèrent le contrôle des processus de gouvernance qui les concernent, afin d'assurer leur bien-être et leur dignité ». Il promeut des valeurs de participation, de transparence et de responsabilité. Les parlements de voisinage gèrent des affaires locales (projet ou budget d'un village, par exemple) et sont des forces de proposition pour les structures gouvernementales officielles.
Le NCN existe depuis près de 10 ans, et un état comme le Kerala compte déjà 183 000 parlements de voisinage. L'expérience indienne intéresse des pays africains, comme le Malawi qui a envoyé une mission d'étude en Inde. Le NCN enseigne et pratique la sociocratie depuis l'an 2000. Il a commencé par utiliser le sytème d'élection sans candidat, d'abord dans les parlements d'enfants, puis dans les autres parlements de voisinage, et a introduit peu à peu les autres outils de la sociocratie ; cette dernière phase est encore en cours.
Outre son intérêt propre, cette expérimentation nous montre combien la sociocratie est un système qui s'adapte sans difficulté à des cultures très diverses positionnées à des niveaux différents de la Spirale Dynamique. Aujourd'hui, elle est, à ma connaissance, le seul outil de démocratie stratifiée — la structure sociale de JAUNE — concrètement utilisable.
Ressource : Neighbourhood Community Network
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