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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Les êtres humains n'ont pas seulement besoin d'une culture riche et forte au sein de laquelle ils puissent se développer, mais aussi d'une culture qui leur permette d'accéder aux autres. »
- Bhikhu Parekh
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Aller au cœur de la connaissance
Ce blog ne fait qu’effleurer la richesse et la puissance des modèles qu'il aborde. Sachez en utiliser tout le potentiel avec une formation. Prochains points d’entrée :
Sociocratie : Bases, les 9, 10 & 11 avril 2010
Spirale Dynamique : Bases, les 10 & 11 juillet 2010
Cycle des organisations, les 18 & 19 septembre 2010
À bientôt !
Mardi 9 mars 2010
Dilemme
Passant il y a quelques jours dans une librairie, j'ai vu le titre du nouvel ouvrage d'Élisabeth Badinter : “Le conflit : la femme et la mère”.
La femme et la mère ? Certains peuvent effectivement voir là un dilemme. Il me semble que les niveaux d'existence de la première boucle voient systématiquement dans un dilemme un conflit à résoudre, un compromis à trouver ou un choix à faire. C'est d'ailleurs la définition que mon dictionnaire donne du mot : « Raisonnement où l'on ramène tous les cas à deux alternatives contraires, entre lesquelles il faut absolument choisir, l'une étant vraie si l'autre est fausse, et qui conduisent, l'une comme l'autre, à la conclusion qu'on veut démontrer. Par extension, obligation de choisir entre deux possibilités. »
À compter du vMème JAUNE, un dilemme est plutôt l'occasion de chercher créativement une solution englobante en passant du ou au et. Par exemple, la sociocratie est une résolution des dilemmes entre communication ascendante et communication descendante, prise de décision au sommet et prise de décision à la base, capital et travail, etc., sans jamais privilégier un des deux éléments qui ne sont perçus que comme étant contradictoires uniquement en apparence.
Précisons que ces quelques réflexions sont inspirées uniquement par l'intitulé de ce livre que je n'ai pas lu… et que je ne lirai très probablement pas, le féminisme d'Élisabeth Badinter m'ayant paru par trop BLEU à la lecture de “L'Amour en plus : histoire de l'amour maternel” à sa sortie en 1980, ce qui ne m'a guère donné envie de me plonger dans ses ouvrages suivants. Le titre de son dernier opus indique-t-il que son positionnement sur la Spirale Dynamique est resté globalement inchangé ?
Dimanche 24 janvier 2010
Dimensions culturelles de Geert Hofstede et SD (2/2)
La méthode de Geert Hofstede présente l'immense avantage de fournir des données chiffrées. Chaque pays se voit attribuer un score entre 0 et 100 pour chacune des cinq dimensions. Ce score ne représente pas une valeur absolue utilisable en tant que telle, mais permet de comparer des pays entre eux.
Pendant un certain temps, Geert Hofstede a cru que les deux premières dimensions pouvaient être fusionnées en une seule, les pays ayant un index d'individualisme (IDV) fort ayant aussi un index de distance au pouvoir (PDI) faible. Il a finalement abandonné cette idée devant l'existence de quelques exceptions significatives. L'une d'entre elles est la France avec un PDI de 68 et un IDV de 71, à comparer avec les scores des autres pays occidentaux comme l'Allemagne (35, 67), le Royaume Uni (35, 89), les États-Unis (40, 91).
Ce PDI anormalement élevé — l'Iran fait 12 points de moins, le Pakistan 15 ! — confirme une fois de plus le fait, plusieurs fois traité sur ce blog (cf. par exemple "La France a peur" ou "Où irons-nous ?"), que la France, si elle est passée en ORANGE, a gardé un pied fermement ancré en BLEU — bien sûr, un PDI fort peut correspondre aussi à d'autres niveaux d'existence, comme ROUGE. Ce phénomène, confirmé par de multiples approches, est inquiétant.
En effet, il paraît évident que les problèmes actuels du monde ne relèvent plus du vMème qui est aujourd'hui au pouvoir, mais nécessitent d'aller sur la Spirale Dynamique vers VERT, et ultérieurement au-delà. Le BLEU de la France est, en ce domaine, un handicap majeur. Et ce n'est pas tout.
VERT peut être partiellement cartographié sur le modèle de Geert Hofstede. Coopératif et émotionnel, il implique un index de distance au pouvoir (PDI) et un index de masculinité (MAS) faibles. VERT est un vMème de sacrifice du soi, mais ce sacrifice se fait dans le consensus obtenu après l'expression complète du point de vue de chacun ; aussi l'index d'individualisme (IDV) ne doit être ni trop fort, ni trop faible. Sixième niveau de la Spirale Dynamique, VERT gère un monde complexe, et l'index d'évitement de l'incertitude (UAI) doit être plutôt bas. Le positionnement de VERT quant à l'orientation vers le long terme (LTO) est plus douteux, la définition de cette dimension étant très confucéenne et faisant surtout sens pour les pays d'Extrême Orient.
Si on pouvait définir des coefficients de pondération réalistes de ces paramètres, un index de distance à VERT serait concevable. Faute de cela, les mesures de Geert Hofstede permettent d'identifier un ou des handicaps importants de chaque pays pour réussir cette transition. Comparons, à titre d'exemple, le score de la France à celui de six autres pays, trois qui ont ORANGE comme niveau d'existence fortement dominant — États-Unis, Royaume Uni et Allemagne — et trois pour lesquels la transition vers VERT semble entamée à des degrés divers — Hollande, Norvège et Suède :

Outre son PDI très élevé, la France est aussi caractérisée par le plus fort UAI de cet échantillon, que Geert Hofstede définit aussi par la formule « Ce qui est différent est effrayant » ; c'est un obstacle majeur pour l'évolution de la société. Son IDV semble adapté à la transition vers VERT et son MAS, s'il est beaucoup trop fort, l'est quand même moins que celui des États-Unis, du Royaume Uni ou de l'Allemagne.
Pour l'utilisateur de la Spirale Dynamique, les recherches de Geert Hofstede sont donc un complément précieux qui aide à comprendre les différences de rythme d'évolution des nations, voire donne des pistes d'intervention.
Source : Geert Hofstede & Gert Jan Hofstede, Cultures and Organizations : Software of the Mind (2nd Edition), New York (New York), Mc Graw-Hill, 2005.
Jeudi 21 janvier 2010
Dimensions culturelles de Geert Hofstede et SD (1/2)
Dans le cadre de ce blog, nous étudions les cultures des différents pays à l'aide de la Spirale Dynamique, de l'Ennéagramme, ou dans l'idéal des deux comme nous l'avons fait, par exemple, pour la Thaïlande ou l'Indonésie. Ces deux modèles ne sont, bien évidemment, pas les seuls. Parmi les autres approches, une des plus connues est due à Geert Hofstede, un chercheur hollandais. À la fin du XXe siècle, il a mené une analyse des cultures de plus de 70 pays pour le compte d'IBM. Une multinationale de cette taille est présente dans le monde entier et elle emploie des personnes de qualifications très diverses. En faisant passer au personnel d'IBM un test sur les valeurs qu'il avait élaboré et en analysant statistiquement les réponses, Geert Hofstede est arrivé à la conclusion que toute culture pouvait être décrite à l'aide de cinq paramètres :
- PDI – Index de distance du pouvoir (Power Distance Index)
Le PDI mesure à quel point les membres les moins puissants des institutions ou des organisations d'un pays s'attendent à ce que le pouvoir soit distribué de manière inégale et acceptent cette situation.
Les trois pays dont le PDI est le plus fort : Malaisie, Slovaquie, Guatemala.
Les trois pays dont le PDI est le plus faible : Danemark, Israël, Autriche. - IDV – Index d'individualisme (Individualism Index)
L'IDV mesure à quel point les liens entre les individus sont distendus, chacun ne pouvant compter que sur soi ou sa famille très proche.
Les trois pays dont l'IDV est le plus fort : États-Unis, Australie, Royaume Uni.
Les trois pays dont l'IDV est le plus faible : Panama, Équateur, Guatemala. - MAS – Index de masculinité (Masculinity Index)
Le MAS mesure à quel point les rôles émotionnels sont distribués en fonction du sexe : les hommes sont supposés être assertifs, durs et concentrés sur le succès matériel, alors que les femmes sont supposées être réservées, fragiles et concernées par la qualité de la vie.
Les trois pays dont le MAS est le plus fort : Slovaquie, Japon, Hongrie.
Les trois pays dont le MAS est le plus faible : Hollande, Norvège, Suède. - UAI – Index d'évitement de l'incertitude (Uncertainty Avoidance Index)
L'UAI mesure à quel point les membres d'une culture sont effrayés par les situations ambiguës ou inconnues.
Les trois pays dont l'UAI est le plus fort : Grèce, Portugal, Guatemala.
Les trois pays dont l'UAI est le plus faible : Danemark, Jamaïque, Singapour. - LTO – Orientation vers le long terme (Long Term Orientation)
La LTO mesure la valorisation de vertus orientées vers des récompenses futures, comme la persévérance ou le sens de l'épargne, par rapport à des vertus orientées vers le passé ou le présent, comme les traditions ou le fait de remplir ses obligations sociales.
Les trois pays dont la LTO est la plus forte : Chine-Hong Kong-Taïwan, Japon, Vietnam.
Les trois pays dont la LTO est la plus faible : Nigeria, République Tchèque, Pakistan.
Geert Hofstede pense que les mesures de ces cinq dimensions représentent la réalité d'un pays. Il est permis d'en douter. En son temps, Clare W. Graves avait constaté que des personnes culminant en VIOLET ou en ROUGE étaient incapables de passer un test, et il est vraisemblable que la situation soit la même aujourd'hui. Quand on sait que ces deux niveaux d'existence représentent encore approximativement 30 % de la population mondiale, il paraît dès lors peu probable que le tableau dépeint par Geert Hofstede soit complet.
Geert Hofstede estime aussi que ces cinq dimensions représentent des traits fixes d'une culture qui ne changent pas à l'échelle des siècles, à l'exception de l'index d'individualisme qui augmente au fur et à mesure qu'un pays devient plus riche. Pour la Spirale Dynamique, l'index d'évitement de l'incertitude, par exemple, devrait diminuer au fur et à mesure qu'on avance dans les niveaux d'existence, et être très faible dans la deuxième boucle. En supposant le modèle de la Spirale Dynamique pertinent, nous avons donc deux possibilités : soit Geert Hofstede se trompe sur ce point et son étude n'est qu'une photographie de l'état des cultures humaines valable sur une période de temps à déterminer, soit il démontre que certains pays n'ont pas les capacités cérébrales collectives pour atteindre certains vMèmes. Autant il me semble très probable que des individus n'ont pas les capacités cérébrales leur permettant de vivre certains niveaux d'existence, autant je ne crois guère à cette impossibilité au niveau d'un peuple ; bien entendu, ces deux assertions ne sont que des hypothèses qui sont fonction de mes connaissances et de mon expérience, et que des faits nouveaux pourraient remettre en cause.
Considérés donc comme un état des lieux partiel et daté, les travaux de Geert Hofstede apportent cependant des confirmations intéressantes et permettent des prévisions qui le sont tout autant.
Vendredi 15 janvier 2010
VIOLET, conditions de vie et écologie
La Spirale Dynamique considère que les changements des conditions de vie sont à l'origine d'un phénomène culturel adaptatif aboutissant à la mise en œuvre de nouvelles capacités cérébrales et d'un nouveau niveau d'existence.
Pour un vMèmes comme ORANGE, il est clair que c'est l'action des êtres humains qui est à l'origine des changements qui vont probablement conduire à VERT. Cependant, quand il s'agit des premiers niveaux de la Spirale, on a tendance à estimer que l'impact des êtres humains est si faible que soit il lui faut très longtemps pour créer les conditions du niveau suivant, soit la véritable cause du changement est extérieure à l'humanité, modification climatique par exemple.
Torben Rick, un archéologue du Smithsonian Institute de Washington, s'inscrit en faux contre cette vision. Il cite à l'appui de son affirmation de nombreux exemples de modification volontaire ou non de l'environnement par les populations de la préhistoire : les aborigènes d'Australie ont brûlé des quantités considérables de terres pour se rendre la chasse plus facile ; les indigènes, qui vivaient sur les côtes de Californie il y a des millions d'années, mangeaient des abalones et jetaient en masse les coquilles, ce qui a provoqué la création et l'immobilisation de dunes ; au nord-ouest du Pacifique, à la même époque, les populations locales construisaient des sortes de murs en eau peu profonde qui permettaient une prolifération des palourdes dont ils se nourrissaient.
Déjà, certaines de ces pratiques provoquaient des changements environnementaux qui étaient loin d'être anodins. Par exemple, la population des Channel Islands au large de la Californie a massacré les otaries qui étaient leurs concurrentes dans la pêche à l'oursin ; ceux-ci se sont alors multipliés en dévorant les varechs et en rendant le fond marin stérile.
Une autre étude, menée par J. Tyler Faith et Todd Surovell, attribue une part de l'extinction massive — plus de 50 % ! — des mammifères d'Amérique du Nord il y a environ 12.000 ans à leur surextermination par les êtres humains arrivés sur le continent à ce moment-là.
La naïve vision rousseauiste de l'histoire imaginant les chasseurs-cueilleurs dominés par VIOLET en parfaite harmonie avec leur environnement ne tient donc pas. À ce jour, il ne peut y avoir de véritable écologie que fondée sur une analyse scientifique et systémique du monde associée à une volonté farouche de préserver toute vie.
Source 1 : Christopher Joyce, "For Early Man, It Wasn't Easier Being Green", NPR, 22 août 2009.
Source 2 : J. Tyler Faith & Todd Surovell, "Synchronous extinction of North America's Pleistocene mammals", Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 23 novembre 2009.
Mardi 12 janvier 2010
Où irons-nous ?
La démocratie représentative, inventée par notre ORANGE et qui a été une formidable avancée en matière de gouvernance, est à bout de souffle. En France, un exemple en est l'échec cuisant de la première partie de la campagne de vaccination contre la grippe A, qui a manifesté la défiance des citoyens face à leurs représentants, même si les problèmes d'organisation et la désastreuse et incohérente communication du Ministère de la santé ont amplifié le phénomène.
Le Centre de recherche politique de Science Po vient de publier un sondage, réalisé par la Sofres du 9 au 19 décembre 2009 auprès d'un échantillon de 1 500 personnes. 67 % des Français n'ont pas confiance dans les hommes politiques de gauche ou de droite pour gouverner le pays. 78 % estiment que les politiciens ne se préoccupent pas de ce que pensent leurs électeurs.
Dans un moment d'épanchement alors qu'il commentait le décès de Philippe Séguin, Henri Gaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a confirmé : « Au fond la classe politique n'est pas organisée pour, aujourd'hui en tout cas, porter des convictions, pour porter des valeurs. Elle est organisée pour conquérir et pour gérer le pouvoir. Voilà. […] Vous savez c'est très déstabilisant pour un système quelqu'un qui fait passer ses convictions avant sa carrière dans un système où on fait toujours passer la carrière avant ses convictions. […] Le système vit de la compromission. »
Face à cette situation, la Spirale Dynamique nous rappelle qu'il existe trois solutions : assainir le niveau ORANGE en revenant à une démocratie représentative correcte ; revenir en BLEU ; aller vers la démocratie représentative prônée par VERT et la démocratie stratifiée proposée par JAUNE, par exemple sous la forme de la sociocratie. Est-ce effet d'un creux γ, résultat du passage incomplet de la France en ORANGE dont nous avons souvent parlé ici, ou manque de connaissance de l'existence de solutions alternatives crédibles, les Français ont confiance dans les institutions les plus marquées par BLEU : les hôpitaux (86 %), l'école (83 %), l'armée (75 %), la police (71 %).
Source 1 : Jean-Baptiste de Montvalon, "67 % des Français n'ont plus confiance dans la politique", Le Monde, 12 janvier 2010.
Source 2 : Nicolas Demorand, "L'invité d'Inter", France Inter, 8 janvier 2010.
Vendredi 1 janvier 2010
Au-delà de nos rêves
Je n'ai plus de rêves et n'en veux plus.
Mes dictionnaires définissent un rêve comme une « construction de l'imagination à l'état de veille », une « pensée qui cherche à échapper aux contraintes du réel », un « projet qui n'a pas de chance de se réaliser », ou une « idée chimérique ».
Tout ce dont nous parlons ici — Ennéagramme, Spirale Dynamique, Sociocratie, etc. — ne raconte pas des rêves, mais présente des possibilités. Werner Erhard définit une possibilité comme le résultat de trois étapes :
- En terminer avec le passé pour créer un espace pour un futur qui ne soit pas construit en réaction à lui ;
- Déclarer un futur possible qui nous touche et nous inspire ;
- Permettre à ce futur de façonner notre être et nos actions dans le présent et vivre ainsi en cohérence avec la possibilité que nous avons exposée.
Si elle n'est pas un rêve, une possibilité n'est pas non plus un objectif. Un objectif est d'une certaine manière extérieur à nous, alors qu'une possibilité est, dès sa déclaration, transformationnelle ; quand nous déclarons une possibilité, nous devenons une incarnation de cette possibilité, et quand nous entrons quelque part, cette possibilité entre avec nous. De plus, à moins qu'il ne concerne que nous, formuler un objectif revient à nous mettre en position de supériorité — un objectif se fixe ! — ; une possibilité s'offre aux autres et les invite à la partager. « J'exprime des possibilités, des choses qui pourraient se produire. Dans une large mesure, la probabilité de leur réalisation dépend de l'intensité du désir des gens » précise le physicien Freeman Dyson.
Alors, à cette aube de l'an 2010, là où BEIGE vit des pulsions, où VIOLET formule des vœux, où ROUGE exprime des impulsions, où BLEU prend de bonnes résolutions, où ORANGE se fixe des objectifs, où VERT renforce sa communauté, peut-être pouvons-nous aussi déclarer des possibilités.
Et que chaque soir de cette année vous trouve heureux d'avoir vécu la journée qui l'a précédé !
Mardi 22 décembre 2009
Eh ben, mon coco !
J'adore les pieuvres, la beauté de leur corps et de ses capacités mimétiques, la grâce de leurs déplacements, leur douceur affectueuse et pudique — sauf avec les crabes, crevettes, coquillages et autres proies évidemment —, et bien sûr leur étonnante intelligence.
Aussi suis-je ravi de vous annoncer que l'Octopus Marginatus — la pieuvre veinée, disent de manière imagée nos amis anglophones — vient d'entrer dans le club des animaux utilisant et conservant des outils, capacité que l'on croyait autrefois typiquement humaine et dont on s'aperçoit aujourd'hui qu'elle est relativement répandue.
Ces pieuvres collectent des coques de noix de coco, les empilent comme des bols et les transportent entre leurs huit tentacules qu'elles raidissent pour s'en servir comme on le ferait d'échasses. Elles les utilisent pour construire des abris à l'approche d'un prédateur.
Mark Norman, un chercheur du musée Victoria en Australie qui a fait partie de l'équipe qui a observé ces comportements au cours de plus de 500 heures de plongée, déclare : « C'est un exemple fantastique des comportements complexes dont sont capables les formes de vie les plus simples. Je pense que ces comportements existent partout dans la nature. Nous ne les voyons pas, uniquement parce que nous considérons que nous sommes les plus malins. » Il conclut avec ses collègues : « En fin de compte, la conservation et l'utilisation d'outils par les animaux forment vraisemblablement un continuum qui va des insectes aux primates, la définition de ce qu'est un outil étant une occasion perpétuelle de débat. »
Une fois de plus, le positionnement de l'homme dans la nature est posé dans des termes qui imposent la réflexion sur le concept de « toute vie » qui est au cœur du fonctionnement des niveaux JAUNE et TURQUOISE de la Spirale Dynamique.
Source : Julian K. Finn, Tom Tregenza & Mark D. Norman, "Defensive tool use in a coconut-carrying octopus", Current Biology, Vol. 19, N° 23, 15 décembre 2009, pp. 1069-1070.
Dimanche 22 novembre 2009
Des notes pour les profs (2/2)
Comment avoir une vision sereine de ce problème ? Commençons par les faits.
- Qu'il y ait de bons et de mauvais professeurs est normal : de telles disparités existent dans toutes les professions, et elles sont ici ni plus élevées qu'ailleurs, ni moins.
- Qu'il y ait de bons et de mauvais professeurs est évident. Tout le monde sait de qui il s'agit : leurs directeurs d'école et leurs proviseurs, leurs collègues et leurs élèves. Quand je faisais des études – et je parie que cela n'a pas changé depuis – nous nous échangions les appréciations sur les enseignants dans la cour de récréation dès les premiers jours de l'année scolaire ; quand un professeur était nouveau, il nous fallait généralement moins de trois cours pour savoir s'il était bon, et nous ne nous trompions pas souvent !
- Un mauvais professeur fait des dégâts auprès de certains enfants. J'ai vu plusieurs de mes condisciples perdre pied parce que des enseignants manquaient de compétences pédagogiques et/ou psychologiques.
- L'éducation joue un rôle trop crucial à notre époque pour que la société puisse se permettre une inefficacité, même très partielle, de son système d'enseignement.
- Une évaluation de l'enseignement est donc nécessaire, en plus d'être équitable — pourquoi une profession échapperait-elle à ce qui est le lot des autres travailleurs ?
- Formateur moi-même, je ne peux qu'être d'accord avec les enseignants quand ils affirment que chaque élève et chaque cours constituent des cas particuliers. Les soufis disaient que l'enseignement est la conjonction d'un maître, d'un élève, d'un lieu et d'une époque et qu'il doit changer si un seul de ces éléments change. C'est une position lucide et sage.
Il me semble que la solution prenant en compte tous ces éléments existe et s'appelle sociocratie. Les cercles général et coïntéressé prendraient la décision sur le principe de l'évaluation et sur ses grandes lignes ; la composition de ces cercles et le principe de consentement assureraient que les points de vue des parents, des enseignants et des élèves sont non seulement écoutés, mais intégrés dans la mesure générale prise. Ensuite, par un processus de cascade descendant tous les cercles, chaque établissement définirait son système d'évaluation ; les principes du double lien et du consentement permettraient d'adapter les principes généraux de l'évaluation à la réalité du terrain. Enfin le processus de décision par consentement avec la possibilité du recours au cercle de niveau supérieur empêcherait tout blocage et enlisement du processus.
Utopique ? Certainement pas. Gerard Endenburg, le fondateur de la sociocratie, s'est appuyé sur les idées de Kees Boeke, un pédagogue et professeur hollandais. Aux Pays-Bas, la sociocratie est utilisée dans de très nombreux établissements d'enseignement : par exemple, rien que dans la localité d'Enschede et ses environs, ce sont 20 écoles publiques qui fonctionnent de manière sociocratique. Ce n'est pas du ministère de l'Éducation Nationale que viendra un tel changement. C'est aux parents, aux élèves et aux enseignants de le proposer. Alors…
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