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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Samedi 22 mars 2008
Règle d'or
Face à l'égoïsme du monde ORANGE dans lequel nous vivons, beaucoup se posent à nouveau des problèmes de morale. Euh… Désolé d'avoir employé un mot grossier BLEU ! Je voulais dire que beaucoup se posaient des problèmes d'éthique.
Curieusement, j'ai rencontré ces derniers mois, plusieurs personnes qui étaient dans cette démarche et qui m'ont affirmé qu'en gros l'éthique pouvait se résumer à la Règle d'or. Il existe deux formulations légèrement différentes de la règle. La première consiste à ne pas faire à un autre être humain ce qu'on ne voudrait pas qu'il nous fasse, et la seconde à faire pour lui ce qu'on souhaiterait qu'il fasse pour nous. Bien que très proche, ces deux formulations ne sont pas absolument équivalentes sur le plan logique.
La Règle d'or est la formulation d'un principe de vie qui représente une remarquable convergence de quasiment toutes les pratiques spirituelles de l'humanité. Il semble qu'elle a été formulée pour la première fois en Orient plusieurs centaines d'années avant notre ère puisqu'on la trouve dans le Mahabharata hindouiste (5; 15,17) ou dans le Sutta Pikata bouddhiste (Udanavagga 5,18) comme chez Confucius (Analectes, 15; 23). En Europe, la formulation la plus connue est celle de Évangiles de Matthieu (7; 12) et de Luc (6; 31), mais la règle est aussi présente dans l'Islam (13e des 40 Hadiths de Nawawi). Platon, Aristote ou Sénèque l'ont aussi utilisée.
Avec de telles origines, il est difficile de ne pas considérer la Règle d'or comme une expression du vMème BLEU. Venant après le monde ROUGE, la Règle d'or a représenté un formidable progrès moral, mais elle a aussi les défauts de BLEU, à savoir une difficulté à penser la complexité et l'utilisation de principes considérés comme absolus et universels.
Or il est facile d'imaginer des situations où la Règle d'or ne fonctionne pas. Empruntons deux exemples au merveilleux livre de Làszló Mérő sur la théorie des jeux et la psychologie : Les aléas de la raison.
Si je me retrouve à vouloir franchir une porte en même temps qu'une autre personne, j'ai deux choix : je peux passer le premier ou laisser passer l'autre. Si nous appliquons tous les deux la Règle d'or, nous allons mourir de vieillesse devant la porte en échangeant des « Après vous, très cher. Je n'en ferai rien. Allez-y, je vous en prie. »
Imaginons maintenant un couple. Les deux personnes veulent prioritairement passer la soirée ensemble, mais — n'ayons pas peur des stéréotypes ! — l'homme veut assister à un match de football, là où la femme désire se rendre au cinéma. Ils se quittent le matin pour aller travailler sans avoir réussi à prendre une décision. Ils ne peuvent pas se joindre de la journée, et le soir chacun doit se rendre dans un des deux lieux en espérant y retrouver l'autre. S'ils appliquent la Règle d'or en cherchant le principe moral applicable, chacun va tenir compte des goûts de l'autre. La femme va se retrouver seule au match et l'homme seul au cinéma, ce qui est la pire des issues possibles ; si par contre ils l'appliquent au pied de la lettre, la femme se retrouve seule au concert et l'homme seul au match ; ils sont donc toujours séparés, ce qu'ils voulaient éviter à tout prix, mais au moins chacun voit le spectacle qui lui plaisait.
La Règle d'or est tout aussi désastreuse dans nombre de situations de communication. L'Ennéagramme comme la Spirale Dynamique nous suggèrent de ne pas nous adresser aux autres comme nous aimerions qu'ils s'adressent à nous. Comme le disait George Bernard Shaw : « Ne faites pas aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fassent. Il se pourrait qu'ils aient d'autres goûts. »
Dans Fondements de la métaphysique des mœurs, Emmanuel Kant a essayé d'aller au-delà de la Règle d'or avec le principe de l'Impératif catégorique (« Agis comme si, par ta volonté, la maxime de ton action devait devenir un principe universel de la nature. »). Mais l'Impératif catégorique a ses propres limitations et aboutit à un certain nombre de situations indécidables.
L'apparent regain d'intérêt actuel pour la Règle d'or vient de personnes centrées en BLEU ou en train vivre un creux γ en BLEU. C'est une vision trop simple pour les conditions de vie actuelles. Les solutions éthiques aux problèmes d'ORANGE ne viendront donc que d'une réflexion complexe cherchant au cas par cas la solution la plus fonctionnelle, donc à partir de JAUNE.
Source : Làszló Mérő, Les aléas de la raison, Paris (France), Seuil, 1996.
Dimanche 16 mars 2008
Cliché
Parmi les expressions toutes faites que les journalistes répètent à l'envi, on a beaucoup entendu ces derniers temps celle de « première dame de France ». Trouvant cette dénomination un brin agaçante, je me suis demandé où la positionner sur la Spirale Dynamique.
Elle n'a bien sûr aucun sens en BEIGE ou en VIOLET faute d'une conscience du soi forte.
En ROUGE, le chef prendrait sans doute comme une injure personnelle tout manquement réel ou supposé à l'égard de sa compagne et y réagirait immédiatement. Comme ladite compagne a, on peut le supposer, l'oreille du chef, son pouvoir est important. Il y a donc là une première dame au sens fort du terme.
En BLEU, celui qui est au pouvoir ne l'est que parce que la Vérité Ultime l'a voulu ainsi. Tous ses actes sont marqués par cela, dont bien évidemment le choix d'une compagne. Cela donne généralement du prestige à cette dernière, mais pas forcément un rôle réel. Bien sûr elle a toujours l'influence que donne l'intimité. Dans les différentes manifestations de BLEU qu'a connu et connaît l'histoire humaine, parfois elle est assez effacée, chacun devant rester à sa place, parfois elle sert de coupable désignée par l'opinion quand le chef commet des erreurs. Rien cependant n'interdit d'imaginer des sociétés dominées par BLEU où c'est le couple dirigeant qui incarne le message de la Vérité Ultime ; peut-être nos lecteurs en connaissent-ils. Il y a donc bien une première dame, même si ce titre est généralement plutôt honorifique.
En ORANGE, la position sociale est appréciée et l'épouse du gouvernant bénéficie du statut obtenu par son mariage avec lui. Ceci dit, la première dame n'est pas forcément la femme qui a le plus de richesses, ni de pouvoir dans la société, et le rôle est moins glorieux que dans les vMèmes précédents. Il est d'ailleurs significatif que la première dame actuelle continue son activité de chanteuse et de mannequin, comme le montre la photo ci-dessus publiée par un magazine masculin espagnol le mois même de son mariage.
Est-il besoin de dire que VERT est trop égalitariste pour considérer qu'il puisse y avoir une première dame, et que JAUNE se moque éperdument de ce genre de titres ?
Bref, il me semble que cette expression apparaît avec ROUGE et que sa signification ne cesse de s'affaiblir ensuite. Finalement, l'emploi répétitif de ce terme nous dit peut-être quelque chose sur la société française.
Mardi 11 mars 2008
Les couleurs de SD, mais pas le goût… (1)
Les personnes qui me connaissent bien savent à quel point j'ai apprécié et utilisé les travaux du philosophe américain Ken Wilber et pourront deviner, en lisant les lignes qui suivent, ma tristesse devant son fonctionnement actuel. Aujourd'hui, peut-être sous l'effet du stress dû à la très grave maladie dont il est frappé, il est emporté par les aspects négatifs de sa personnalité et de son positionnement sur la Spirale Dynamique.
Sur le plan de l'Ennéagramme, Ken Wilber est très probablement un 7. Quand cet ennéatype va mal, cela implique narcissisme et superficialité. Son positionnement actuel sur la Spirale Dynamique tourne autour des vMèmes BLEU et ORANGE. Ici, la partie BLEU aboutit à se croire détenteur de la Vérité Ultime, et le narcissisme ORANGE augmente de manière explosive celui de l'ennéatype. Cela amène Ken Wilber à laisser des rédacteurs invités (pas des commentateurs dont on ne maîtrise pas toujours l'amical enthousiasme, des rédacteurs !) écrire sur son blog des louanges du type : « Ken Wilber est une nouvelle sorte de génie, un méta-génie, quelqu'un qui est un génie dans de nombreuses disciplines. »

Bien entendu, on ne comprend donc pas comment certains peuvent osent critiquer un tel homme ou son œuvre, et ceux qui s'y risquent émettent des idées « risibles ou pitoyables » et ont le droit de la part de Ken Wilber à des répliques qui élèvent le débat, comme : « Suce-moi ! »
Nous ne parlerions pas de quelque chose d'aussi pathétique si Ken Wilber ne s'était entiché, il y a quelques années, de la Spirale Dynamique. Ken Wilber est un théoricien. Aucune de ses recherches n'est validée au sens scientifique du terme, ni n'a jamais essayé de l'être ; à l'inverse, la Spirale Dynamique repose sur une quantité impressionnante de données et d'études statistiques. Quand Ken Wilber a découvert la Spirale Dynamique, il a cru que le modèle confirmait ses théories et allait lui donner une légitimité scientifique. Son approche de la Spirale Dynamique a été plutôt superficielle, et il a essayé de contraindre le modèle pour le faire entrer dans le cadre de sa propre description de l'évolution de la conscience. Cela l'a amené à écrire de nombreuses choses erronées sur le sujet.
Tout d'abord, Ken Wilber n'a jamais intégré la relation systémique entre conditions de vie et niveau d'existence : pour qu'un niveau d'existence existe, il faut que les conditions de vie activent les capacités cérébrales correspondantes. C'est pourquoi dans nos sociétés occidentales dominées par ORANGE, les personnes utilisant VERT sont largement minoritaires et celles pratiquant JAUNE rares.
Ensuite, Ken Wilber a vu à tort dans la Spirale Dynamique une voie d'évolution spirituelle, alors qu'il y a des gens élevés spirituellement à tous les niveaux d'existence, comme il y a des personnes intelligentes ou talentueuses dans tous les vMèmes : par exemple, Picasso (ORANGE dominant) n'est pas un meilleur peintre que Rembrandt (BLEU dominant) sous prétexte qu'il accède à un niveau supplémentaire de la Spirale Dynamique.
Mais BLEU jauge tout à l'aune de la Vérité Ultime qui est de nature spirituelle chez Wilber, et ORANGE est accro au progrès et au toujours plus. Il s'agit donc d'aller le plus vite possible vers les plus hauts niveaux, sans réaliser que cela est impossible tant que les conditions de vie correspondantes ne sont pas là. Sans réaliser aussi qu'une personne qui est deux ou trois niveaux au-dessus de ceux qui dominent la société dans laquelle elle vit est lourdement inadaptée à ses conditions de vie et sans doute dans une situation fort inconfortable.
Ainsi, quand Ken Wilber cherche un dirigeant pour l'Integral Institute, il le veut « culminant en Turquoise, en Indigo, (ou plus) ». Plus précisément, il utilise le mot « altitude » avec tout ce que cela sous-entend de jugement.

Turquoise, c'est déjà suffisant pour faire sourire tout personne connaissant un tant soit peu la Spirale Dynamique. Mais Indigo, késako ? Je me suis longtemps posé la question et j'ai fini par trouver la réponse dans le dernier opus en préparation du maître, Integral Politics : Indigo est tout simplement un niveau de la troisième boucle (« Une politique vraiment intégrale vient de la deuxième et même de la troisième boucle. »). Troisième boucle ! Tout commentaire est superflu.

D'autres incompréhensions pourraient être signalées. Nous aurons probablement l'occasion d'y revenir à l'heure où devrait bientôt paraître la traduction française d'un livre de Ken Wilber. Nos nouveaux lecteurs pourront à cette occasion lire le billet intitulé "Pour une écologie de la culture".
Bien entendu, Ken Wilber a le droit de croire ce qu'il veut, même si ce serait sans doute mieux s'il acceptait un débat intellectuel sur ses affirmations. Cette incompréhension de la Spirale Dynamique n'entache pas le reste de son travail qui contient moult idées et méthodes passionnantes.
L'objet de ce billet est simplement de préciser que ce qu'il appelle Spirale Dynamique n'en est pas et de regretter la confusion qu'il entretient ainsi dans l'esprit de certains de ses lecteurs qui croient apprendre le modèle de Graves et apprennent en réalité tout autre chose.
Source 1 : Roger Walsh, "Meta-Genius: A Celebration of Ken's Writings", KenWilber.com
Source 2 : Ken Wilber, "What We Are, That We See. Part I: Response to Some Recent Criticism in a Wild West Fashion", KenWilber.com
Source 3 : Ken Wilber, "I'm Looking for a Turquoise CEO", KenWilber.com
Source 4 : Ken Wilber, "Integral Politics", KenWilber.com
Vendredi 15 février 2008
De Nairobi à Washington… en passant par Neuilly
Après un mois de crise, un accord a été conclu hier au Kenya. On peut espérer qu'il mettra un terme aux violences qui ont suivies la réélection du président Mwai Kibaki : plus de mille morts, au moins 300.000 personnes déplacées. Des irrégularités avaient été relevées pendant le scrutin et avaient déclenché des troubles.
Lors de ces élections, le président Kibaki n'a obtenu qu'un nombre négligeable de voix dans les régions dominées par les ethnies Kalenjins, Luos et Luhyas, et Raila Odinga, son principal opposant, n'a eu le droit à quasiment aucun suffrage dans la Province centrale, fief des Kikuyus. Même si la position dominante des Kikuyus sur les plans économique et politique explique partiellement le phénomène, celui-ci, par son ampleur, signifie que les Kenyans ont suivi les « usages locaux » et voté principalement sur des critères tribaux : « les jeunes électeurs – l'avenir “détribalisé” de l'Afrique – ont voté comme leurs grands-mères et leurs tantes. » . Les élections libres sont un outil créé par le vMème ORANGE, mais elles ne sont pas suffisantes pour installer ORANGE ; dans un pays dominé par VIOLET et/ou ROUGE, elles ne font que retransmettre ces niveaux. Dans ce cas, du VIOLET pendant les élections et du ROUGE après chez les perdants, puis aussitôt chez les gagnants. Peu importent les conséquences des violences puisqu'elles ont permis de « retrouver [sa] dignité », comme l'affirme Joseph Amuga, un Luhya d'Eldoret.
« C'est l'Afrique ! », soupireront certains.
Peut-être, mais ce n'est pas très différent ailleurs. Par exemple, en France, au second tour des élections présidentielles de mai dernier, Nicolas Sarkozy a obtenu 86,81% des voix à Neuilly sur Seine, soit trente-trois points de plus que la moyenne nationale : difficile de croire que les Neuilléens n'ont pas voté avant tout pour l'enfant du pays… De même, dans les primaires démocrates qui se déroulent actuellement aux États-Unis, le pourcentage de Noirs votant Barack Obama (82% lors du Super Tuesday) et de femmes votant Hillary Clinton est beaucoup plus élevé que ce que justifierait une répartition sur la seule base des programmes.
Tribal, vous avez dit tribal ?
Source 1 : Charles Onyango-Obbo, "Le tribalisme empoisonne la jeunesse", Courrier international, N° 900, 31 janvier 2008, p. 30
Source 2 : Sarah Childress, "Pourquoi les Kényans s'entre-déchirent", Courrier international, N° 901, 7 février 2008, p. 29
Source 3 : Michael Kranish, "Fracture sociologique chez les démocrates", Courrier international, N° 902, 14 février 2008, p. 24
Dimanche 10 février 2008
Gamma ROUGE ?
Dans notre analyse de l'action d'Atatürk, il y a plus de trois ans, nous avions placé la Turquie dans la transition BLEU/ORANGE. Ce constat global résumait bien évidemment une grande diversité, et si certaines parties de la population sont clairement en ORANGE, d'autres culminent en BLEU, voire dans certains des niveaux précédents de la Spirale Dynamique.
Le chanteur et écrivain turc Zülfü Livanelli s'alarme, lui, de la montée du vMème ROUGE :
« Ces derniers temps, je reçois de nombreux coups de téléphone d'amis révulsés par l'ambiance de violence extrême qui règne en Turquie et dont ils lisent le récit dans les journaux. Certains expriment leur “envie de partir”, d'autres disent ne plus reconnaître le pays dans lequel ils vivent. En ce qui me concerne, ces réactions me paraissent justifiées. En effet, nous vivons – ou tout au moins nous essayons de vivre – dans un environnement qui est désormais dominé par la terreur. […] Faisons le compte, il y en a tant qu'on veut : des agressions en pleine place Taksim contre de jeunes étrangères terrorisées, le meurtre d'un homme pendant une soirée dansante par son ami qui lui a ensuite tranché le pénis, l'assassinat de jeunes filles qui respiraient la joie de vivre par un chauffeur de minibus complètement ivre…
« Notre société est au bord du gouffre. La culture au sein de laquelle nous évoluons ne fait plus que fabriquer des criminels. Ne me dites pas que cela ne vous concerne pas : ce genre de chose peut vous arriver à tout moment, à vous ou à l'un de vos proches. Nous sommes vraiment en train de devenir dingues. »
Réelle régression du pays ou creux γ d'une partie centrée en BLEU et allant vers ORANGE ? La deuxième hypothèse est plus optimiste ; est-ce la plus probable ? C'est une solution venant de ORANGE et un peu idéaliste que préconise Zülfü Livanelli : « Ce n'est ni la police ni tout l’arsenal législatif et répressif qui pourra stopper ce phénomène, qui a pris des proportions trop importantes. La seule solution et le seul remède pour s'en sortir, c'est la culture ! Rien d’autre ! Lorsque nous aurons réussi à remplacer cette culture de la violence par une culture humaniste, nous serons sauvés. Sinon, nul ne sait comment se terminera cette folie. »
Source : Zülfü Livanelli, "Notre culture fabrique des criminels", Courrier international, N° 898, 17 janvier 2008, p. 23
Lundi 21 janvier 2008
La Thaïlande en couleurs et plus (4/4)
[Première partie] [Deuxième partie] [Troisième partie]
BLEU. Officiellement, 94,6 % des Thaïlandais pratiquent le bouddhisme theravâda, alors que 4,6 % (en hausse) sont musulmans et 0,7 % sont chrétiens. Le positionnement en BLEU du bouddhisme est incontestable : il se veut une Vérité absolue à propos du monde, les théories de la réincarnation et du karma sont une magnifique illustration du thème de BLEU (« Sacrifier le soi maintenant pour une récompense plus tard ») et en leurs noms, il impose un ensemble de règles conséquent.
La réalité est moins simple. Ce que pratique les Thaïlandais est un joyeux (sanuk oblige !) salmigondis d'animisme, d'hindouisme et de bouddhisme. Cela crée une certaine confusion sur le plan doctrinal qui ne les chagrine pas : après la mort, ils ne savent pas trop bien s'ils se réincarnent ou s'ils vont en enfer ou au paradis… Dans ce syncrétisme, c'est la part d'animisme VIOLET qui semble dominante. De nombreux wat (ensemble de bâtiments autour d'un temple et servant à des activités religieuses et sociales) comprennent une maison des esprits et ceux-ci ont pour mission de protéger Bouddha, ce qui sous-entend qu'ils sont plus puissants que lui. Beaucoup de gens prient pour se réincarner en Thaïlande et dans la même famille. Les temples contiennent une multitude de reliques de Bouddha, au point qu'on se demande combien de corps humains on pourrait reconstituer avec elles ! La question ne se pose pas puisque Bouddha est perçu comme un être doté de pouvoir magique pouvant voler ou se transformer en géant.
On trouve ce mélange dans une bonne partie de l'Asie, mais il est particulièrement fort ici. Il faut dire que l'ennéatype 7 préfère VIOLET à BLEU, les règles de ce dernier niveau bridant trop sa chère liberté. Si les moines doivent suivre 257 règles, il y en cinq importantes pour les profanes : ne pas boire, tuer, mentir, voler et commettre l'adultère. Et bien, plusieurs Thaïlandais nous ont dit que c'était trop difficile, qu'en suivre trois ou quatre d'accord, mais les cinq… Il semble que de nombreux moines sont du même avis et ne sont, par exemple, pas végétariens. Comme toute leur nourriture leur vient de l'aumône, ils ne tuent pas ! Casuistes et jésuites occidentaux n'ont donc pas l'exclusivité de ces petits arrangements avec la règle.
Le bouddhisme a sans doute cru obligatoire d'accepter ces mélanges de croyances pour se répandre dans la population, comme l'Église catholique l'avait fait en Occident. Cela risque d'avoir les mêmes conséquences, avec une désaffection rapide pour le bouddhisme dès que la part magique de VIOLET déclinera dans la culture thaïlandaise. Des signes existent déjà. Les jeunes trouvent injuste la position des bouddhistes vis-à-vis des femmes : elles ne peuvent pas atteindre certaines fonctions, certaines parties des temples leur sont interdites, une femme ne peut pas donner directement une aumône à un moine car cela impliquerait qu'il la touche, etc. Quand les moines remplacent des systèmes traditionnels de divinations gratuits par des machines électroniques payantes, quand on les voit dans des musées avec des appareils photos numériques luxueux ou des téléphones portables récents, quand ils sont soupçonnés de mensonge comme au Temple du Tigre, des interrogations surgissent. Le moine Buddhadasa Bhikkhu (1906-1993) a bien essayé de faire évoluer le bouddhisme thaï vers la modernité en reconnaissant l'influence d'autres religions et en promouvant la méditation comme substitut aux rites, mais sans grand succès.
BLEU existe aussi bien sûr au niveau de l'État. Si l'économie est plutôt libérale, les institutions financières sont principalement entre ses mains. Quant à l'administration, elle a typiquement l'organisation caractéristique de ce vMème. Par exemple, si un touriste se plaint d'un marchand, cela relève du Ministère du tourisme qui ne peut rien faire car le marchand dépend du Ministère du commerce et qu'il n'est « pas possible d'aller sur le domaine des autres ». Le poids de l'armée et les dizaines de coups d'état militaires qu'a connu le pays manifestent aussi l'importance de BLEU.
Surtout, il y a chez les gens la conscience et la fierté d'être Thaïlandais. Ces derniers temps, l'identité thaïe est plus affirmée et des traditions comme le théâtre d'ombres ou de marionnettes et les danses sont de plus en plus populaires, même dans les villes.
ORANGE. Enfin de nombreuses dimensions attestent du poids grandissant d'ORANGE dans le pays. Nous avons déjà mentionné la structure économique basée sur la libre entreprise et favorisant l'investissement. Malgré l'impact du tsunami, l'économie de la Thaïlande s'est bien remise de la crise financière asiatique de la fin des années 1990 et le taux d'augmentation du PIB a été de 5 % en 2006. Le taux de chômage est d'environ 2 %. Le pays est équipé d'infrastructures modernes. Les inégalités de revenus sont considérables, la moitié de la population vivant à la campagne mais ne produisant que 10 % du PIB. Les personnes en dessous du seuil de pauvreté représentent 10 % de la population (6,2 en France.).
Nous avons aussi déjà parlé de l'évolution de la structure familiale. L'espérance de vie à la naissance est d'environ 72 ans. Le taux de fertilité est de 1,64 enfant par femme, la croissance de la population étant donc parfaitement maîtrisée. 92,6 % de la population sait lire et écrire. Si on n'est pas au niveau des pays occidentaux, on est incontestablement dans une structure saine et moderne.
Revenant à une tradition ancienne plutôt matriarcale mise à mal par le bouddhisme, la situation des femmes est en nette amélioration et il y en a plus que d'hommes dans les universités. Visiblement, le pays, ou au moins sa part citadine, est en train de passer d'une société collective à individualiste, et patriarcale et hiérarchisée à égalitaire. Le consumérisme est la nouvelle passion des jeunes Thaïlandais, c'est si sanuk.
Enfin, l'aspiration à la démocratie est de plus en plus fort. Des nombreux mouvements populaires, dont la Révolution de la soie en 2006, l'ont réclamée. Le coup d'État militaire de septembre 2006, suite à une instabilité politique et à plusieurs affaires de corruption, a été un coup de frein dans cette évolution cahotique, mais encouragée par le roi. Des élections libres ont eu lieu le 23 décembre dernier et il est encore trop tôt pour savoir qu'elles en seront les conséquences.
Mercredi 16 janvier 2008
La Thaïlande en couleurs et plus (3/4)
[Première partie] [Deuxième partie]
BEIGE. Grâce à un sol plutôt fertile, la Thaïlande n'a pas connu de grosses famines, et il semble que l'importance de la nourriture soit plus liée au plaisir et à l'ennéatype qu'à un niveau d'existence BEIGE resté très actif. Même si on mange des vers de bambou grillés, il semble que l'attitude des Thaïlandais soit moins inquiète à propos de la nourriture que celle des Chinois par exemple, et ils trouvent curieux que ces derniers puissent manger certains animaux.
La Thaïlande a connu dans son histoire des tremblements de terre et, ces dernières années, la nature n'a pas été tendre avec eux : SRAS en 2002, grippe aviaire en 2003 et tsunami en 2004. Les Thaïlandais prennent cela avec philosophie et bien sûr avec humour : « Et après ? » demandent ironiquement des inscriptions sur des tee-shirts. Il faut dire que le pays a géré avec une bonne efficacité ces différentes crises.
Alors réelle tranquillité en ce domaine ou inquiétude masquée par l'ennéatype 7 ? Notre séjour a été, hélas, trop court pour acquérir une certitude.
VIOLET. C'est assurément encore le vMème dominant du pays. En ville comme à la campagne, tous les habitants portent au moins une amulette destinée à les protéger. Nous avions évoqué, il y a quelques mois, celles représentant Jatukam Ramathep. En plus de deux talismans bouddhistes, le guide qui nous a fait visiter la rivière Kwaï, un magnifique ennéatype 6, en portait une en temps normal, mais trois quand il s'agissait de faire un déplacement… sans compter celles qu'il accrochait dans la voiture ! C'était un homme relativement âgé, mais sans tomber de tel excès, les plus jeunes ont une attitude semblable.
Les esprits sont partout, dans les êtres humains, les animaux ou les choses. Dans toute construction publique ou privée, une maison des esprits sert à obtenir la protection des génies bienveillants contre les esprits malveillants et les voleurs. Pour cela, des prières et des offrandes de fleurs, de nourriture et d'encens sont faites journellement. Une véritable industrie s'est développée pour la fabrication de ces sanphraphum. On pratique aussi le culte des ancêtres, amené, semble-t-il, en Thaïlande par les Chinois.
Dans les campagnes, la structure sociale de base est toujours la famille élargie, même si la long kaek, la pratique de la réciprocité, est en nette régression. Les enfants sont laissés très libres car ils sont peut-être la réincarnation des ancêtres. Dans les villes, les familles nucléaires, voire monoparentales, sont nombreuses, mais la structure traditionnelle reste une sorte de rêve, et les citadins continuent à prendre soin des parents restés au village car ils sont responsables de leur sabaï, leur bien-être. Les gens qui n'ont pas d'enfants provoquent un mélange de pitié et de méfiance, comme ceux qui sont seuls ou mangent seul.
ROUGE. Ennéatype 7 plus bouddhisme, autant dire que l'expression de ce niveau d'existence n'est guère appréciée. En Thaïlande, le moyen assuré de ne pas obtenir ce que l'on veut est de hausser le ton, d'être impatient et de se mettre en colère… alors que tout s'arrange avec un sourire. La conduite automobile, terrain de défoulement favori de ROUGE, n'est pas exemplaire, mais pas vraiment pire qu'en France.
Peu visible ne veut pas dire absent. Les Thaïlandais ont un sens réel de leur identité, et la passion pour la boxe thaïe particulièrement violente et les combats de coq sont un indicateur de la présence du vMème.
Une des images liées à la Thaïlande en Occident est la prostitution, mais la vision qu'on en a depuis l'étranger est en grande partie erronée. D'abord, les Thaïlandais ne connaissent pas la culpabilité et les tabous liés au corps qui caractérisent les civilisations judéo-chrétiennes. La prostitution est donc une activité à laquelle n'est attachée aucune connotation particulière et elle concerne au moins 200.000 femmes et 50.000 hommes. Ensuite, il n'y a pas de lien réel entre prostitution et tourisme, sauf pour la prostitution enfantine. On estime que 75% des hommes thaïlandais ont recours deux fois par mois aux services d'un professionnel du sexe. Ces derniers viennent des régions les plus pauvres du pays et voient souvent dans cette activité un moyen de survivre ou d'aider leur famille. Cette prostitution consentie n'empêchent pas qu'un nombre très important des prostitué(e)s sont enlevé(e)s, battu(e)s et traité(e)s comme des esclaves, et qu'il y a là un vrai problème social aggravé encore par la pandémie de SIDA. Ici plus encore qu'ailleurs, le problème de la prostitution est complexe et il serait simplificateur à l'excès, et donc inefficace, de le traiter en le considérant comme uniquement liée au niveau d'existence ROUGE, même si ce dernier est bien présent.
Vendredi 11 janvier 2008
La Thaïlande en couleurs et plus (2/4)
Ennéatype. En Thaïlande, l'important dans la vie est d'être sanuk. Sanuk signifie amusement, capacité à se divertir, à vivre dans la joie. Tout dans tous les domaines de l'existence doit ou devrait être sanuk. Quand quelqu'un rentre du travail ou d'un déplacement professionnel, on lui demande si cela a été sanuk. Le mot ngaan a simultanément le sens de travail et de fête, car que serait un travail qui n'est pas sanuk ? Ngaan peut d'ailleurs être rajouté en préfixe à plein d'autres mots pour leur donner une connotation plus festive. Par exemple, ngaan wat est une gigantesque fête se déroulant dans un temple où, en plus d'activités religieuses, les Thaïlandais mangent, écoutent de la musique, consultent des augures, toutes ces choses sanuk générant en plus un bon karma : le beurre et l'argent du beurre !
Bien entendu, l'activité la plus sanuk consiste à manger. Dans toute la Thaïlande, les restaurants en plein air sont légion et des gens y grignotent à toute heure du jour. La cuisine thaïe est une des plus inventives et des plus savoureuses de l'Extrême-Orient. La profusion des saveurs est extraordinaire par un usage immodéré d'herbes aromatiques et de piments, ces derniers ne masquant les autres goûts que pour quelques palais occidentaux sous-entraînés. En ce domaine, plus, c'est mieux : des pomelos servis à Chiang Mai étaient accompagnés d'un mélange de sel, de sucre et de poudre de piment destiné à exalter leur goût. La cuisine thaïlandaise stimule l'appétit : même en fin de repas, on a l'impression qu'on pourrait encore déguster un autre plat, et ce n'est que quelque temps après qu'on s'aperçoit que l'on a largement assez mangé ; tout pousse à la gloutonnerie. Sanuk est aussi le mot utilisé pour trinquer, et si vous rentrez chez quelqu'un, il ne vous demande pas comment vous allez, mais plutôt si vous avez mangé.
Sanuk, concept fondamental de la culture thaï, existe à tous les niveaux de la Spirale Dynamique. Vous êtes centré en VIOLET et allez rendre hommage à vos parents, c'est sanuk. Vous êtes dominé par ROUGE et transgressez les règles, c'est aussi sanuk. Vous êtes à préférence BLEU et vous vous rendez au temple, sanuk encore. Vous culminez en ORANGE et passez votre dimanche dans les centres commerciaux délicieusement climatisés, sanuk toujours.
Quand la vie n'est pas sanuk, il faut s'arranger pour qu'elle le devienne. Pour rechercher le confort physique et l'absence de souffrance, les Thaïlandais choisissent systématiquement la solution la plus sadwak, la plus commode. Une des principales souffrances à éviter est celle que provoquerait un conflit. Aussi, essaye-t-on de régler le moindre problème par un sourire ou un rire. Si c'est insuffisant, on ajoute : « Mâï bpen raï. » Cela signifie que tout va bien, que ce n'est pas grave et qu'il n'y a pas de quoi se faire du souci. Au besoin, on partage un khanom khrok, gâteau de riz gluant, de pâte de coco et de gélatine sucrée, moyen radical de désamorcer les tensions. La tolérance et l'acceptation des autres sont des valeurs fortes contribuant à rendre la vie sanuk.
Seul pays de la péninsule indochinoise à n'avoir jamais été colonisé et n'ayant donc ni rancœur, ni complexe vis-à-vis des autres nations, les Thaïlandais sont curieux de tout et intègrent volontiers dans leur culture des éléments extérieurs. Ils sont cependant jaloux de leur indépendance d'esprit et affirment : « Chaque chose possède sa version thaï. » Normal, le nom local du pays est Prathet thaï, signifiant la terre des hommes libres.
La culture de la Thaïlande présente donc toutes les caractéristiques du type 7 dans l'Ennéagramme ce qui a un réel impact sur la manière de vivre les différents vMèmes que nous allons examiner maintenant.
Dimanche 6 janvier 2008
La Thaïlande en couleurs et plus (1/4)
514.000 km2 et 66 millions d'habitants, la Thaïlande a une taille comparable à la France. La ressemblance s'arrête là toutefois, et la culture y est quasiment l'opposée de la nôtre.
Le premier contact avec le pays a lieu dès l'avion quand les hôtesses et stewards de la compagnie aérienne nationale vous accueillent avec le wai, ce salut fait mains jointes entre le haut de la poitrine et le bas du visage. Initialement créé en ROUGE et destiné à montrer qu'on ne tenait pas d'arme, le wai obéit à un rituel très codifié. En effet, une personne doit prendre l'initiative du wai et l'autre, à des exceptions sur lesquelles nous reviendrons, y répond. Celui qui commence est des deux le moins important, et cette notion de positionnement social peut prendre des sens différents selon les niveaux de la Spirale Dynamique. En VIOLET, le plus jeune salue le plus ancien ; en ROUGE, le plus faible salue le plus fort ; en BLEU, l'inférieur salue le supérieur et en ORANGE le pauvre salue le riche. La situation se complique énormément quand plusieurs de ces paramètres se conjuguent, et il faut vivre longtemps dans le pays pour maîtriser les subtilités du wai ; elles sont incompréhensibles pour les touristes qui commettent gaffe sur gaffe, ce que les Thaïlandais acceptent avec indulgence et sourire.
Il y a deux exceptions, à moins que ce soit deux variantes de la même, à la nécessité de rendre le wai. On ne renvoie pas son salut à quelqu'un qui est à son service, même temporairement : domestique, serveur de restaurant, etc. Les moines ne rendent jamais le wai quelle que soit la personne qui les salue.
Le deuxième trait de la culture locale qui saute aux yeux à peine arrivé à l'aéroport est le rôle central que joue Bhumibol Adulyadej, roi de Thaïlande sous le nom de Rama IX. Régnant depuis juin 1946, Bhumibol Adulyadej fêtait le 5 décembre 2007 ses quatre-vingt ans. L'admiration, la dévotion et l'affection que le peuple manifeste à son égard étaient décuplées par l'événement. Son portrait et des drapeaux portant le sceau royal sont accrochés dans les maisons, les rues et les autobus, et nombre de gens portent un tee-shirt jaune le lundi en son honneur (le roi est né un lundi et le jaune est la couleur associée à cette journée). Un guide peut vous montrer quatre ou cinq fois dans une journée une photo du souverain en vous disant d'un air ravi, au cas où vous auriez oublié : « C'est le roi ! » Dire du mal du souverain ou se moquer de lui est une des rares choses qui peuvent fâcher un Thaïlandais ; le crime de lèse-majesté est d'ailleurs sévèrement puni, à l'approbation de tous.
La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle et le pouvoir théorique du roi est quasiment nul, mais son prestige est tel que rien ne peut se faire en Thaïlande sans son accord. Il suffit que son Conseil privé mentionne son inquiétude sur tel ou tel sujet pour qu'aussitôt des mesures soient prises dans le sens qu'il désire ou pour que des adversaires trouvent soudain un terrain d'entente. Une des raisons de son extraordinaire popularité est que, comme le wai, le roi est accepté à tous les niveaux de la Spirale Dynamique.
Dès son accession au trône, le souverain a manifesté un intérêt particulier pour les régions et les personnes les plus défavorisées du royaume et a été ainsi rassurant pour BEIGE. Il est considéré comme très proche des gens et pour VIOLET, il est un père et un ancien et respecté en tant que tel. Des photos, présentes partout, le montre, le visage en sueur, en train de travailler dans les champs avec des paysans. En Thaïlande, le roi est à la fois un dieu (ROUGE) et un représentant de la Loi Divine (BLEU). BLEU toujours, Rama IX, qui est un gros travailleur menant une vie personnelle exemplaire, est une autorité morale incontestée.
ORANGE a aussi de multiples raisons d'apprécier Bhumibol Adulyadej. Né aux États-Unis et ayant fait ses études en Suisse, il est plutôt partisan d'une économie libérale. Dans un pays où les coups d'états militaires sont fréquents, il a toujours œuvré pour une évolution démocratique : « Pour la stabilité de l’administration du pays et le bonheur du peuple, vous devriez procéder plus rapidement. » Excellent musicien de jazz, le roi a rencontré à New York le grand clarinettiste Benny Goodman et a joué pendant deux heures avec lui et ses musiciens. Une biographie officielle relate ainsi la fin de la rencontre : « Le qualifier de “type vraiment cool” et lui proposer de venir jouer avec eux au cas où il aurait “besoin d’un boulot” était de la part de ces musiciens de grands compliments, et c’est sans nul doute ainsi que Sa Majesté les accueillit. »
Quant à la toute petite minorité positionnée en VERT, elle ne peut qu'apprécier l'attachement du souverain à l'écologie et au développement durable.
Aujourd'hui, Rama IX est vieillissant et des rumeurs courent sur son éventuelle abdication. Les Thaïlandais prient dans les temples pour que cela ne se produise pas. Si cela devait avoir lieu néanmoins, ils espèrent qu'il nommera la princesse Sirindhorn Thepha Rattana Suda comme son successeur plutôt que, comme le voudrait la tradition, le prince Wachiralongkorn, moins aimé. « Elle est comme le roi », dit-on d'elle. Ici, c'est le plus beau des compliments.
Le wai et le roi, ces deux éléments sont intéressants en ce qu'ils permettent d'illustrer comment des éléments de la culture d'un pays peuvent survivre aux transitions de la Spirale Dynamique. En ce domaine, un autre élément est fondamental.
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mar 13 mai 08, 20:33
Bonjour Fabien, bonjour Aurore , Je suis pour ma part tout à fait capable de condu [...]
mar 13 mai 08, 09:46
Bonjour Aurore, [i]« Il y a un côté instinctif dans le po rt de la ceinture : je b [...]
lun 12 mai 08, 18:07
Ce que j’en pense ? Il y a un côté instinctif dans le por t de la ceinture : je bo [...]
lun 12 mai 08, 11:10
Bonjour Sylvain, [i]« Ça dit bien "La branche des cténoph ores est apparue avant c [...]
lun 12 mai 08, 10:49
Bonjour Aurore, Je ne suis pas convaincu que ce que tu dé cris soit du pur BEIGE. [...]
lun 12 mai 08, 10:05
Bonjour Fabien, Ça dit bien "La branche des cténophores e st apparue avant celle d [...]
lun 12 mai 08, 08:48
Bonjour Fabien, Chic un nou veau jeu pour réfléchir à nos activations de vMèmes ! [...]
mer 23 avr 08, 19:09
Bonsoir, Je me permets de r éouvrir ce billet. François Léotard attribue à Nico [...]
mar 22 avr 08, 14:33
Cette publicité permettrait sa ns doute de relire 99 Francs d'un œil différent [...]