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Aller au cœur de la connaissance
Ce blog ne fait qu'effleurer la richesse et la puissance des modèles qu'il aborde. Sachez en utiliser tout le potentiel avec une formation. Prochains points d’entrée :
Ennéagramme : Bases, les 17 & 18 mars 2012
Spirale Dynamique : Bases, les 24 & 25 mars 2012
Cycle des organisations, les 3 & 4 novembre 2012
À bientôt !
Mardi 27 décembre 2011
La Terre est un gâteau plein de douceur
L'étude des réflexes gusto-faciaux a permis de démontrer que le goût pour le sucré est inné. Si vous donnez à un bébé un aliment à la saveur amère ou acide, il fait systématiquement une grimace, alors qu'il sourit si on lui propose quelque chose de sucré. De tout temps, l'être humain a donc aimé avoir du sucre dans son alimentation.
Dans ce domaine aussi, notre monde dominé par le vMème ORANGE a considérablement changé la donne. Nous cuisinons de moins et moins et avons recours à des produits élaborés et transformés par l'industrie agroalimentaire. Celle-ci a vite compris que le sucre avait une multitude d'avantages : il est un puissant exhausteur de goût, il est un agent de texture qui donne du corps aux aliments, il est un conservateur efficace, il colore agréablement les aliments, il est un agent de fermentation exceptionnel. Comme il est de surcroît très peu coûteux, on en trouve aujourd'hui en quantité importante dans un nombre considérable de produits. Les aliments traditionnellement sucrés, comme les glaces, le sont de plus en plus ; ceux qui ne l'étaient pas, telle la charcuterie, le deviennent. Il faut ajouter à ce tableau, la consommation de boissons sucrées. Le sucre rend dépendant, et en 5 générations, nous sommes passés de 3 à 34 kg de sucre consommés par personne et par an.
Notre corps n'a pas eu le temps d'évoluer pour intégrer cette modification de nos habitudes alimentaires qui constitue un changement considérable de nos conditions de vie.
Les conséquences négatives sur la santé publique sont multiples et dramatiques : obésité, surtension, diabètes, maladies cardio-vasculaires, dérèglements du métabolisme, etc.
Plusieurs recherches récentes pourraient faire imaginer qu'il existe d'autres conséquences, plus heureuses, sur le plan psychologique. Dans une des études, les participants qui étaient en train de manger un produit sucré se sont plus souvent portés volontaires pour aider une personne dans le besoin que ceux qui mangeaient un produit non sucré ou ne mangeaient rien. Dans une autre, le goût pour les aliments sucrés s'est révélé en corrélation avec l'agréabilité dans les tests de personnalité du Big Five (ouverture à l'expérience, caractère consciencieux, extraversion, agréabilité et neuroticisme). Dans une autre encore, les personnes aimant les produits sucrés étaient plus facilement volontaires pour aider à nettoyer une ville ayant subi une inondation.
En résumé, les personnes qui aiment les douceurs sont plus douces et ont plus de comportements pro-sociaux.
Peut-on imaginer qu'en nous intoxicant au sucre, l'industrie agroalimentaire active le principe de la Spirale Dynamique selon lequel un niveau d'existence modifie ses conditions de vie et provoque ainsi la nécessité du niveau suivant, et qu'elle précipite donc l'émergence de VERT, celui du sacrifice du soi et des « relations affectueuses » pour reprendre l'expression de Clare W. Graves ? En tout cas, voilà un alibi formidable pour se goinfrer de chocolats en cette période de fêtes de fin d'année.
Source 1 : Brian P. Meier, Sara K. Moeller, Miles Riemer-Peltz & Michael D. Robinson, "Sweet taste preferences and experiences predict prosocial inferences, personalities, and behaviors", Journal of Personality and Social Psychology, 29 août 2011.
Source 2 : le titre de ce billet est extrait du poème La Voix de Charles Baudelaire.
Vendredi 16 décembre 2011
Dieu et l'argent
L'influence du vMème BLEU aux États-Unis a été traitée plusieurs fois ici. Le département de sociologie de l'université privée chrétienne de Baylor au Texas vient de publier une passionnante étude sur les valeurs et les croyances du peuple américain. Je n'en ai extrait pour ce billet qu'un item.
Plus de sept Américains sur dix estiment que Dieu a un plan personnel pour eux. Face à cette assertion :
- 40,9 % sont entièrement d'accord ;
- 32,2 % sont d'accord ;
- 12,3 % ne sont pas d'accord ;
- 14,6 % sont fortement en désaccord.
Selon cette étude, les personnes croyant en ce plan divin spécialement conçu pour elles ont un niveau d'éducation inférieur et des revenus plus bas que ceux qui comptent plutôt sur eux-mêmes. Le pourcentage de personnes gagnant plus de 100 000 dollars par an est de :
- 29,8 % chez ceux qui ne croient absolument pas au plan divin ;
- 23,7 % chez ceux qui n'y croient pas ;
- 20,6 % chez ceux qui y croient ;
- 17,2 % chez ceux qui y croient fortement.
Moralité : si Dieu a un plan pour nous, ce n'est pas un plan ORANGE. Nous aurions pu nous en douter.
Source : The Values and Beliefs of American Public, Waco (Texas), Baylor University, Septembre 2011.
Jeudi 1 décembre 2011
Contenir le développement de ROUGE (2/2)
Il nous reste à aborder la part de la structure familiale dans la violence et la délinquance des jeunes, notamment de sexe masculin. Même si d'autres structures familiales peuvent peut-être être impliquées, il y a une corrélation bien connue entre ces phénomènes et les familles monoparentales constituées d'une mère et d'un ou plusieurs enfants. Les enfants élevés sans père ont statistiquement plus de risques d'être violents, d'être blessés, d'avoir des problèmes, d'être en échec scolaire ou d'être membre d'une bande à l'adolescence. Une étude australienne a démontré que 80 % des violeurs motivés par une colère déplacée avaient été élevés sans père. En 1999, 80 % des membres de gangs aux États-Unis venaient de foyers sans père. Une étude canadienne, publiée cet été, a suivi 138 enfants de l'âge de 3 à 5 ans jusqu'au début de l'adolescence : les enfants dont le père est absent ont des moins bons résultats aux tests d'intelligence et des problèmes émotionnels plus fréquents, indépendamment du positionnement socio-économique de leur famille.
Le nombre de familles monoparentales augmente régulièrement parallèlement à la délinquance des jeunes. En France, en 2005, selon l'Insee, 1,76 million de familles sont constituées d'un seul adulte vivant avec un ou plusieurs enfants. Dans 85 % des cas, il s'agit de la mère, 90 % même quand les enfants ont moins de 6 ans. 17,7 % des enfants, soit 2,84 millions, vivent aujourd'hui dans une famille monoparentale.
Une corrélation statistique n'est pas forcément une causalité. L'Ennéagramme et la Spirale Dynamique nous permettent de pousser l'analyse un peu plus loin.
Quand un vMème se met en place, ses excès ne peuvent être contenus que par une influence extérieure ou par un frein intérieur venant des niveaux d'existence précédents. Par exemple, des parents centrés en VERT aident leurs enfants à mettre en place un ORANGE sans trop de narcissisme ; un enfant ayant un ORANGE bien développé sait faire entendre et prendre en compte son point de vue dans ses diverses communautés lorsqu'il passe en VERT.
Le développement d'un enfant nécessite la présence d'une figure nourricière et d'une figure protectrice. Traditionnellement, ces rôles sont joués respectivement par la mère et par le père, mais rien n'empêche d'autres personnes de les tenir. Il est toutefois nécessaire que ce soient des personnes différentes qui remplissent ces rôles quand l'enfant est très jeune, car il n'a pas alors le développement cognitif lui permettant de comprendre et gérer des situations où la même personne a les deux attitudes (cf. par exemple les travaux de Gregory Bateson sur la double contrainte et la schizophrénie).
Le lien entre l'instinct social de l'Ennéagramme et le niveau VIOLET de la Spirale Dynamique nous apprend que la figure protectrice joue un rôle déterminant dans le développement d'un VIOLET sain. Dans une famille monoparentale où l'adulte est la mère agissant en tant que figure nourricière et où le père n'est pas impliqué dans l'éducation de ses enfants, le rôle de figure protectrice ne peut donc être tenu que par un autre membre de la famille, oncle ou grand-père par exemple, ou une par une personne extérieure à la famille. Le rôle est sans doute moins bien joué qu'il ne pourrait l'être par le père parce que les contacts entre l'enfant et cette personne sont généralement plus épisodiques.
En l'absence de cette personne, le développement du vMème VIOLET n'est pas suffisant pour créer un sentiment convenable de sécurité. Du fait, VIOLET ne pourra pas jouer son rôle de frein interne aux excès de ROUGE. La figure protectrice est aussi celle qui, de l'extérieur, peut dire à l'enfant quel comportement ROUGE est acceptable et lequel ne l'est pas. Le manque de la figure protectrice touche négativement les enfants des deux sexes, ce qui explique qu'il y ait aussi une augmentation forte de la délinquance des jeunes filles. Cependant, il a un impact supplémentaire chez les garçons qui construisent traditionnellement leur identité masculine en s'identifiant à un homme de leur entourage — cela changera peut-être dans les sociétés dominées par VERT et au-delà, mais traiter ce point serait un sujet à part entière.
Les enquêtes criminologiques vont dans le même sens : le gros des jeunes délinquants est constitué de garçons issus d'une famille monoparentale sans père et n'ayant pas eu par ailleurs un mentor mâle plus âgé. Dans notre monde ORANGE, les familles monoparentales sont très isolées, et ce mentorat n'est que rarement exercé par un proche. Cette situation évoluera spontanément avec VERT où la famille va à nouveau s'élargir : cf. par exemple “Crustacés et coquillages” ou “Familles plurielles”.
Mais que faire en attendant ? A priori, dans nos pays, tous les enfants passent par l'école, et c'est donc le lieu idéal pour leur proposer les mentors peut-être absents de leur milieu familial. Théoriquement.
En France, au 31 janvier 2006, 79,3 % des professeurs des écoles étaient des femmes, ce qui est conforme à la moyenne des pays développés (80 % en 1997 selon l'UNESCO) ; ce pourcentage dépasse 90 % dans les écoles maternelles. 71 % des directeurs d'école sont des femmes. Les femmes sont aussi les plus nombreuses pour les professeurs certifiés (62,9 %), mais deviennent minoritaires pour les professeurs agrégés (49,2 %) et d'université (17,6 %).
Une étude canadienne liste quatre causes à cette surreprésentation des femmes dans l'enseignement primaire :
- le lien complexe entre masculinité et sollicitude ;
- le salaire trop bas et le statut de la profession ;
- le fait que l'enseignement primaire soit une profession à prédominance féminine ;
- la proximité physique avec les élèves.
Voilà des pistes pour une prochaine réforme de l'Éducation nationale…
Revenons aux cinq causes de la montée probable de la délinquance des jeunes citées dans la première partie de cet article. Le constat que j'ai dressé ici n'est pas révolutionnaire. Les personnes dites de gauche ont l'habitude de mettre l'accent sur les raisons socio-économiques du phénomène, là où celles dites de droite sont plutôt sensibles aux raisons familiales et éducatives. L'intérêt de la Spirale Dynamique est qu'en nous forçant à prendre en compte tous les niveaux d'existence, elle nous aide à prendre de la distance avec nos systèmes de croyance et à avoir une analyse plus complète et plus objective.
Source 1 : Philip Zimbardo, "The demise of guys ?" TED, 2011
Source 2 : "Répères et statistiques : les personnels", Ministère de l'Éducation nationale, Août 2006.
Source 3 : Lucie Charbonneau, "Enseigner au primaire : Vision de la masculinité dans un monde féminin", CRIFPE, Mai 2009
Source 4 : Olivier Chardon, Fabienne Daguet & Émilie Vivas, "Les familles monoparentales : Des difficultés à travailler et à se loger", Division Enquêtes et études démographiques de l'Insee, Juin 2008.
Source 5 : Gay Arndt Bradshaw. Elephants on the Edge : What Animals Teach Us About Humanity. Londres (Royaume Uni) ; Yale University Press ; 2009.
Source 6 : Erin Pougnet, Lisa A. Serbin, Dale M. Stack & Alex E. Schwartzman, "Fathers' influence on children's cognitive and behavioural functioning : A longitudinal study of Canadian families", Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement, Vol. 43, N° 3, Juillet 2011, p. 173-182.
Samedi 26 novembre 2011
Contenir le développement de ROUGE (1/2)
Selon des statistiques du ministère de l'Intérieur, le nombre de délits commis par des mineurs a augmenté de 132,7 % entre 1993 et 2010. La plus forte hausse, consommation de stupéfiants exceptés, concerne les atteintes physiques aux personnes : + 298,6 %. Même dans la catégorie des vols qui progresse beaucoup moins, l'évolution des vols avec violence est la plus importante.
Comme toutes les statistiques, celles-ci doivent être prises avec circonspection. L'augmentation du nombre d'affaires déclarées n'est pas forcément le signe d'une augmentation du nombre de cas réels, mais peut être simplement l'indicateur d'une moindre tolérance de la société face à certains actes. De plus le manque de civilité des jeunes est un sujet de plainte sans doute aussi ancien que l'humanité. C'est devenu un cliché — mais je ne recule devant rien ! — de citer à ce propos les lamentations de Socrate : « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. »
En augmentation ou non, cette problématique est, aujourd'hui comme déjà au temps de Socrate, une expression du niveau d'existence ROUGE. Elle touche principalement les garçons, même si la criminalité des filles est elle aussi en très forte augmentation. Même quand ils ne se livrent pas à des comportements asociaux, les garçons traversent aujourd'hui des problèmes graves déjà évoqués sur ce blog il y a cinq ans : ils ont 30 % de plus de chances de ne pas terminer leurs études que les filles et ne représentent que 45 % des diplômés de l'université, peut-être parce qu'ils ont une probabilité 5 fois plus grande d'être atteint de trouble du déficit de l'attention.
Les garçons touchés par ces phénomènes subissent les conséquences de cinq types de causes, soit en allant du général au particulier :
- Contexte social ;
- Difficultés économiques ;
- Structure familiale ;
- Relations familiales ;
- Patrimoine génétique.
Ces causes ne sont pas indépendantes les unes des autres, mais constituent bien au contraire un système complexe qu'il serait utile de préciser et de cartographier. Par exemple, souvent les difficultés économiques ont un impact sur la famille, d'abord ses relations, puis sa structure qui, à son tour, influe sur la situation économique de la famille ; ou bien un changement de structure familiale se traduit par des difficultés économiques qui modifient les relations familiales ; etc. Il semble donc très improbable que le problème soit soluble en n'agissant que sur un seul de ces paramètres.
Les causes sociales et économiques ont été notamment évoquées dans le billet “Après ROUGE… BLEU” et dans un article publié en 2005 sur notre site consacré à la Spirale Dynamique : “Un outil performant d'analyse des conflits”. Qu'elles ne soient pas rappelées ici n'en diminue aucunement l'importance.
Les trois autres causes posent plus de problème. À part l'indispensable lutte contre les violences conjugales, les relations familiales sont du ressort de la sphère privée, et il est donc difficile d'agir en ce domaine, même si plusieurs auteurs les considèrent comme la cause majeure de la délinquance des jeunes. Il faut dire que les deux dernières explications sont suffisamment politiquement incorrectes pour que beaucoup évitent de les aborder.
La cause génétique est pourtant incontestable. On sait en Ennéagramme que deux profils de personnalité sont plus sujets à des comportements sociaux déviants que les autres. Quant au trouble de l'attention, la part génétique qui affecte le rôle des transporteurs de dopamine est bien connue. Dans ce domaine aussi, on sait que l'influence du patrimoine génétique est probabilité, et non fatalité. Une éducation prenant en compte respectueusement et fermement ces enfants est suffisante pour régler le problème dans la majorité des cas.
Mercredi 16 novembre 2011
Attention ! Gare ! Prudence ! Gaffe !
Il est de plus en plus évident que, lorsque j'étais enfant, mes parents ont souhaité ma mort, voire ont cherché subtilement à la provoquer.
Rendez-vous compte de leur monstruosité sadique : ils m'ont laissé faire de la trottinette, puis plus tard du patin à roulettes — ainsi s'appelaient les rollers en ces temps préhistoriques — sans casque, ni coudières, ni genouillères !
Plaisanterie mise à part, la tendance actuelle à surprotéger les enfants et à vouloir à tout prix le « zéro accident » a vraisemblablement sur eux des conséquences assez négatives, notamment une incapacité à estimer et gérer les risques, un manque de « bon sens », et un manque de sens des responsabilités.
Ce phénomène est sans doute explicable en termes de Spirale Dynamique. Notre ORANGE a fait considérablement chuter la natalité par la découverte de contraceptifs efficaces et l'accès des femmes à l'éducation. Devenu plus rare, l'enfant est plus précieux (cf. un phénomène identique en Chine suite à la politique de l'enfant unique).
La même problématique existe au niveau social. Persuadé que le progrès permet de tout régler, ORANGE n'hésite pas à prendre des risques. Par réaction, VERT adopte alors une attitude exagérément prudente en mettant en œuvre le principe de précaution. Ce sera à JAUNE et aux suivants d'essayer de trouver un juste équilibre.
L'être humain surestime d'autant plus un risque que sa concrétisation satisfait à ces trois caractéristiques :
- Elle est extrême et dramatique ;
- Elle est rare ;
- Elle ne résulte pas d'une activité volontaire. Ce dernier aspect est essentiel : nous sommes prêts à accepter des risques plusieurs milliers de fois plus grands dans une activité volontaire.
Par exemple, un enfant risque beaucoup plus de subir un abus sexuel au sein de sa famille qu'en rencontrant un pédophile sur le chemin de l'école. Et pourtant… De même, il est infiniment moins dangereux de vivre à côté d'une usine chimique que de prendre sa voiture tous les jours pour aller au bureau. Et pourtant…
Quand nous sommes confrontés à un danger ou que nos proches le sont, il peut donc nous être utile de revoir notre estimation du risque quand un ou plusieurs des facteurs précédents entrent en jeu.
Source : Gever Tulley. Beware Dangerism!. New York (New York) ; Ted Books ; 2011.
Mardi 1 novembre 2011
United Closed States of America ?
Hier, la Palestine est devenue le 195e membre de l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture. L'Unesco est ainsi la première organisation internationale à reconnaître la Palestine comme un État à part entière.
Il ne s'agit pas ici de discuter du bien fondé théorique et pratique de cette décision. Le problème israélo-palestinien est bien évidemment trop complexe pour être traité en un court billet, même si la Spirale Dynamique peut, de toute évidence, être un outil important de recherche de solutions, comme elle l'a été en Afrique du Sud : cf. “Le Fatah et la Spirale Dynamique”.
Nous nous intéresserons par contre à la réaction des États-Unis. En application de deux lois votées par le Congrès en 1990 et 1994, ils ont immédiatement suspendu leur participation financière à l'Unesco qui représente quand même 22 % du budget de celle-ci.
L'adhésion de la Palestine a été obtenue par un vote : 107 voix pour, 14 contre, 52 abstentions et 14 États absents. La majorité est donc de plus de 55 % — plus de 88 % même si on s'en tient aux suffrages exprimés, comme il est de coutume dans nos démocraties. Personne ne semble dire que certains ont voté deux fois, qu'il y a eu bourrage des urnes, ou quelque autre fraude. On peut donc s'étonner qu'un pays qui se veut le chantre de la démocratie et qui cherche à l'imposer avec tant de vigueur dans le monde ne respecte pas un vote démocratique dans une organisation à laquelle il a adhéré librement. Ou s'agirait-il d'une valeur de surface ?
Dans le but d'influencer les votes, les USA avaient brandi cette menace budgétaire depuis plusieurs jours. Pour les niveaux d'existence placés avant ou après ORANGE sur la Spirale Dynamique, il y a des valeurs plus fortes que l'argent. Il semble que les États-Unis aient du mal à le réaliser. ORANGE en positionnement C ?
P.-S. : rappelons à nos plus jeunes lecteurs que Ronald Reagan avait déjà retiré les USA de l'Unesco en 1984, et qu'ils n'y avaient adhéré de nouveau qu'en 2003.
Samedi 22 octobre 2011
Mon sombre amour d'ORANGE amer
Des étudiants de la Brigham Young University ont étudié 1734 couples mariés aux États-Unis, la nature de leur relation et la satisfaction qu'ils y trouvaient. Il leur était aussi demandé quelle était leur situation financière et s'il était important pour eux d'avoir de l'argent et des biens matériels.
Dans environ un couple sur cinq, les deux partenaires se sont définis comme fortement matérialistes, et leur situation financière était effectivement meilleure que celle des autres ménages.
Là où cela se gâte, c'est que sur tous les autres critères, ces couples font systématiquement moins bien : mauvaise communication, difficulté à résoudre les conflits et manque d'attention à l'autre.
Les couples où un seul des conjoints est matérialiste vont mieux. Quant à ceux dans lesquels aucun des deux partenaires ne l'est, ils ont un score de 10 à 15 % supérieur sur la stabilité du mariage et sur les autres indicateurs de la qualité de la relation.
Cet aspect du vMème ORANGE ne surprendra pas les connaisseurs de la Spirale Dynamique, mais cela ne fait pas de mal d'avoir des chiffres.
Source 1 : Jason S. Carroll, Lukas R. Dean, Lindsey L. Call & Dean M. Busby, "Materialism and Marriage : Couple Profiles of Congruent and Incongruent Spouses", Journal of Couple & Relationship Therapy, Vol. 5, N° 4, Octobre 2011, p. 287-308.
Source 2 : le titre de ce billet est une déformation — quasiment sacrilège ! — du premier vers du poème Je t'aime tant de Louis Aragon.
Mercredi 21 septembre 2011
Sans façon
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Comme illustration des manifestations négatives possibles du thème du vMème ORANGE, c'est un véritable chef d'œuvre !
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mer 22 nov 2006, 07:57