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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Les êtres humains n'ont pas seulement besoin d'une culture riche et forte au sein de laquelle ils puissent se développer, mais aussi d'une culture qui leur permette d'accéder aux autres. »
- Bhikhu Parekh
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Aller au cœur de la connaissance
Ce blog ne fait qu’effleurer la richesse et la puissance des modèles qu'il aborde. Sachez en utiliser tout le potentiel avec une formation. Prochains points d’entrée :
Ennéagramme : Bases, les 15 & 16 mai 2010
Spirale Dynamique : Bases, les 10 & 11 juillet 2010
Cycle des organisations, les 18 & 19 septembre 2010
À bientôt !
Dimanche 14 mars 2010
La couleur des fleurs
Comme tous les êtres vivants, les plantes sont en compétition pour s'approprier les ressources leur permettant de survivre. C'est donc aussi le cas de l'impatiente pâle (Impatiens Pallida) dont vous pouvez voir à droite la très belle fleur.
Si donc vous mettez une impatiente pâle à côté d'autres plantes dans un environnement dans lequel la lumière est changeante et rare, elle alloue les ressources nutritives dont elle dispose principalement à ses feuilles de façon à accroître leur surface, ce qui lui permet de capter plus de lumière et a un impact négatif sur les plantes voisines qui, en conséquence, se retrouvent plus à l'ombre. Rien là que de normal, si ce n'est peut-être que l'impatiente pâle est considérée comme un peu plus compétitive que la moyenne.
Tout change cependant si les voisines de l'impatiente pâle sont des fleurs de la même espèce. Dans ce cas, l'impatiente alloue ses ressources à ses tiges de façon à les allonger et à obtenir le maximum de lumière sans gêner ses voisines. Cette stratégie est un peu moins efficace que la précédente.
Ces recherches menées par Guillermo Murphy et Susan Dudley, deux chercheurs de la McMaster University dans l'Ontario, montrent pour la première fois des plantes réagissant différemment à des stimuli au-dessus du sol (la lumière) en fonction d'autres stimuli au-dessous du sol (le contact avec les racines des autres plantes).
Aussi extraordinaire que soit ce premier résultat, il n'est rien par rapport à ce que cette découverte implique sur le plan évolutif : reconnaître des membres de sa propre espèce et ajuster à son détriment ses comportements pour ne pas leur nuire sont les prémices de la vie sociale et le germe de l'altruisme. Ce sont des attitudes que la Spirale Dynamique associe à ses premiers niveaux d'existence, BEIGE et VIOLET. On sait depuis longtemps que les plantes peuvent communiquer entre elles et que des comportements altruistes sont manifestés par des animaux très élémentaires (cf. “Altruisme ?”). Avec ces travaux, une nouvelle étape est franchie dans la mise en évidence de la continuité de « toute vie ».
Source : Guillermo P. Murphy & Susan A. Dudley, "Kin recognition: Competition and cooperation in Impatiens (Balsaminaceae)", American Journal of Botany, Vol. 96, N° 11, novembre 2009, pp. 1990-1996.
Mardi 9 mars 2010
Dilemme
Passant il y a quelques jours dans une librairie, j'ai vu le titre du nouvel ouvrage d'Élisabeth Badinter : “Le conflit : la femme et la mère”.
La femme et la mère ? Certains peuvent effectivement voir là un dilemme. Il me semble que les niveaux d'existence de la première boucle voient systématiquement dans un dilemme un conflit à résoudre, un compromis à trouver ou un choix à faire. C'est d'ailleurs la définition que mon dictionnaire donne du mot : « Raisonnement où l'on ramène tous les cas à deux alternatives contraires, entre lesquelles il faut absolument choisir, l'une étant vraie si l'autre est fausse, et qui conduisent, l'une comme l'autre, à la conclusion qu'on veut démontrer. Par extension, obligation de choisir entre deux possibilités. »
À compter du vMème JAUNE, un dilemme est plutôt l'occasion de chercher créativement une solution englobante en passant du ou au et. Par exemple, la sociocratie est une résolution des dilemmes entre communication ascendante et communication descendante, prise de décision au sommet et prise de décision à la base, capital et travail, etc., sans jamais privilégier un des deux éléments qui ne sont perçus que comme étant contradictoires uniquement en apparence.
Précisons que ces quelques réflexions sont inspirées uniquement par l'intitulé de ce livre que je n'ai pas lu… et que je ne lirai très probablement pas, le féminisme d'Élisabeth Badinter m'ayant paru par trop BLEU à la lecture de “L'Amour en plus : histoire de l'amour maternel” à sa sortie en 1980, ce qui ne m'a guère donné envie de me plonger dans ses ouvrages suivants. Le titre de son dernier opus indique-t-il que son positionnement sur la Spirale Dynamique est resté globalement inchangé ?
Lundi 1 mars 2010
Les Mayas, un creux γ durable (2/2)
Chez les Mayas comme ailleurs, les Espagnols sont arrivés avec leurs missionnaires. En fait, les Mayas ont accepté assez facilement la religion catholique qui leur était fermement proposée. La croix était un symbole religieux important pour eux, et le Popol-Vuh, leur livre sacré, contient de nombreux éléments similaires à la Bible : les Dieux créent le monde à partir du néant, puis la faune, la flore et enfin les hommes ; le Popol-Vuh parle d'un paradis perdu ; les hommes étant trop frivoles et paresseux, les Dieux les éliminent en déclenchant un déluge ; les hommes parlaient une seule langue et se comprenaient jusqu'à ce qu'ils se divisent et se séparent ; Xquic, la fille d'un des seigneurs de Xibalba, est vierge et se trouve fécondée par la salive de Hun Ahpu qui a été tué et dont la tête est accrochée à un arbre à calebasses, etc.
Les Mayas ont donc pris de nombreux éléments de la religion catholique qu'ils ont intégrés à leurs croyances VIOLET, sans adhérer réellement et profondément au BLEU qui était censé aller avec. Ainsi par exemple, on peut voir, dans l'église de Santiago Atitlàn au Guatemala, la vierge Marie portant Hun Ahpu et Xbalamque, les deux jumeaux enfantés par Xquic :

Les Mayas fréquentent les églises, mais ils y ont construit leurs autels où ils pratiquent leurs rites après la messe. Ils maintiennent aussi leurs propres cérémonies en dehors du cadre de l'Église catholique :

L'éclatement de la population locale en plusieurs communautés dominées par VIOLET arrangeait bien les Espagnols. Les colonisateurs ont imposé aux habitants de chaque village une couleur spécifique de vêtement : cela permettait de vérifier plus facilement que tout le monde fournissait le travail obligatoire sur les plantations. Là aussi, les Mayas ont adopté le système sans mot dire. Ils se sont contentés peu à peu d'y introduire leurs motifs traditionnels. Aujourd'hui encore, les femmes continuent à porter les couleurs de leur village. Cette pratique diminue néanmoins peu à peu, non par rejet de la coutume, mais simplement parce que la fabrication de la tenue traditionnelle est très coûteuse en temps comme en argent.
Au Guatemala, que Patricia et moi visitions en décembre dernier, les Mayas représentent plus de la moitié de la population et ils sont systématiquement les plus pauvres et les plus exploités par les riches propriétaires des latifundia et par les multinationales américaines qui possèdent les grandes plantations. Pendant la guerre civile de 1960 à 1996, qui a fait 300.000 morts dont 90 % de civils, ils ont été les principales victimes des exactions commises, sur ordre du gouvernement, par les militaires guatémaltèques soutenus et entraînés par les États-Unis : dès qu'on soupçonnait qu'un village abritait un guérillero gauchiste, ou simplement lui fournissait une aide quelconque, le village était rasé, les récoltes détruites, les femmes violées, les enfants et les femmes enceintes assassinés…
Majoritaires, les Mayas pourraient essayer de changer leur vie en élisant un des leurs à la tête de l'État, comme l'on fait les Boliviens en portant Evo Morales à la présidence de leur pays en 2006. Mais les Mayas ne se considèrent pas comme Mayas, ils sont K'iche's, Mams, Kakchikels, Kekchi, etc. En tout, 23 communautés en VIOLET, parlant 23 langues différentes, et qui ne savent pas s'unir. Rigoberta Menchú, une Maya qui a obtenu le prix Nobel de la paix en 1992, s'est présentée aux élections présidentielles de 2007. Elle était le seul candidat issu des tribus Mayas et a pourtant été éliminée dès le premier tour en n'obtenant que 3 % des voix, le fait qu'elle soit une femme ayant certainement joué aussi un rôle dans son éviction.
Ainsi, cela fait plus d'un millénaire que dure le creux γ des Mayas. « Nous ne sommes pas des mythes du passé, des ruines dans la jungle ou dans les zoos. Nous sommes des gens et nous voulons être respectés, et non victimes d'intolérance et de racisme » clame Rigoberta Menchú. Il reste du chemin à faire sur la Spirale Dynamique.
Jeudi 25 février 2010
Les Mayas, un creux γ durable (1/2)
En Spirale Dynamique, le modèle des cinq étapes du changement décrit comment se déroule le passage d'un niveau d'existence au suivant. N'en déplaise aux amateurs de progrès à la sauce ORANGE, il ne dit pas que ce passage est inéluctable, ni ne précise la durée de chaque étape.
La civilisation maya a existé de 2600 avant J.-C. jusqu'à la conquête espagnole en 1521. Cependant elle a connu son apogée entre le milieu du IIIe et la fin du IXe siècle durant la période dite classique. Les Mayas occupaient un vaste territoire correspondant au Guatemala, au Belize, au sud-est du Mexique et à l'ouest du Salvador et du Honduras actuels ; le centre de gravité de leur culture est passé du sud au nord au fil du temps et occupait les Basses-Terres du sud pendant la période classique.
Même s'ils partageaient des croyances, des rituels, une structure sociale et des styles architecturaux, les Mayas ne constituaient pas un groupe homogène. Ils étaient organisés en cités-États relativement indépendantes. À la tête de chaque cité ou groupe de cités, un roi cumulait tous les pouvoirs politiques, militaires et religieux. Un ensemble complexe de rites permettait d'apaiser les dieux et maintenait le fonctionnement du monde. Ces rituels utilisaient des connaissances astronomiques remarquablement précises et accordaient une valeur magique au sang. Aussi, le roi, qui était considéré comme un Dieu vivant, pratiquait de nombreuses mortifications et automutilations, se perçant la langue, le pénis et d'autres parties du corps avec des pointes d'obsidienne ou des épines de jeunes fromagers. Des sacrifices humains de prisonniers, voire de volontaires, fournissaient aux dieux le sang dont ils étaient assoiffés.
Dominée par le vMème ROUGE, cette civilisation puissante et brillante s'est effondrée entre les années 800 et 900. Brusquement, les constructions s'arrêtent, et les grandes cités sont abandonnées. Les raisons de cette décadence ne sont pas vraiment connues. L'hypothèse à la mode — c'est le paradigme actuel appliqué sans grand discernement à la plupart des cultures qui ont disparu — table sur un désastre écologique : longue période de sécheresse provoquant une crise agricole et donc alimentaire. Effectivement, des prélèvements faits notamment dans le lac Petén confirment l'existence d'une longue période seiche. On peut imaginer qu'elle ait perturbé Tikal qui dépendait d'un système subtil et fragile d'irrigation, mais moins qu'elle ait gêné d'autres cités construites le long de rivières.
En fait, il est possible d'imaginer que la culture maya a connu trois points β successifs :
- En 738, K'ak' Tiliw Chan Yoaat, le roi de Quiriguá, attire dans sa ville Waxaklajuun Ub'aah K'awiil, le puissant souverain de Copán connu sous le sobriquet de 18-Lapins, et l'exécute. C'est un choc culturel immense. Un roi est un dieu vivant et ne peut pas être sacrifié. Or la mort de 18-Lapins reste sans conséquence majeure, et un premier doute est ainsi jeté sur l'efficacité des rites mayas.
- Autour des années 800, a lieu la sécheresse évoquée plus haut. Face aux problèmes qu'elle pose, il semble que les souverains mayas aient réagi par une surenchère : des constructions toujours plus hautes, des sacrifices toujours plus sanglants et plus nombreux. En vain. Une fois de plus, la culture maya se révèle inopérante. Des fouilles récentes menées à Cancuén ont permis de retrouver des traces de massacres datant de cette époque et concernant des nobles et des dignitaires. Révolte du peuple ou gigantesque auto-sacrifice collectif, on ne sait. Toujours est-il qu'il semble que l'élite maya soit décapitée. Le creux γ en VIOLET et la dispersion de la civilisation maya commencent.
- Quand les Espagnols arrivent, les Mayas ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Leur immense savoir est surtout théorique et architectural : ils ne travaillent pas le métal, ne connaissent pas la roue et n'utilisent pas la traction animale. Ils pourraient constituer une proie facile pour les Espagnols, qui ne sont pourtant qu'une poignée, mais c'est à peine nécessaire. Les Espagnols ont amené avec eux des maladies fréquentes en Europe, mais inconnue dans le Nouveau Monde, notamment la variole. Les Mayas furent légion à mourir d'un mal pour eux mystérieux et qu'ils ne pouvaient interpréter que comme surnaturel. Affaiblis, divisés et découragés, ils n'ont pas opposé une résistance farouche aux envahisseurs, contrairement aux Aztèques. Les voilà durablement confortés dans un positionnement en VIOLET.
Lundi 1 février 2010
La force des valeurs de Gandhi
De nombreuses personnes voient dans les idées et méthodes de Gandhi une approche utile au monde d'aujourd'hui. Qu'en est-il réellement ? Quel est son positionnement sur la Spirale Dynamique ?
Il y a environ dix-huit mois, Aurore Lafougère avait étudié le profil de Gandhi sur l'Ennéagramme. Elle nous livre aujourd'hui une analyse de l'impact des différents niveaux d'existence de la Spirale Dynamique sur la vie et l'action du Mahatma, dont vous pouvez discuter ci-dessous.
Jeudi 28 janvier 2010
Victime de la flamme violette
Il a perdu les élections présidentielles le 6 décembre dernier, et vient de révéler les causes de son échec. Lors du débat télévisé qui l'a opposé au président sortant, des hommes de main de ce dernier, placés à droite de la caméra, lui ont envoyé des « énergies négatives » qui l'ont atteint au front, au plexus solaire et à la poitrine. Selon son stratège de campagne, il y a pire. Le débat avait lieu un jeudi. Le jeudi, « les spécialistes savent que c'est le jour de la flamme violette. Les hommes [du président] portaient des cravates violettes et [le président lui-même] avait un pull-over violet. Il y a sûrement une raison. »
Son épouse éplorée, présidente de la Croix-Rouge locale, confirme l'effet négatif de cet ancien sortilège égyptien : « Mon mari a été très durement attaqué sur le plan énergétique. Il n'a pas pu se concentrer pendant le débat. »
Cette malheureuse victime des savoirs occultes du vMème VIOLET, c'est Mircea Dan Geoană, chef de l'opposition, président du Parti social-démocrate et président du Sénat en Roumanie, membre de l'Union européenne depuis le début 2007.
Source 1 : "Maléfices", Courrier international, N° 1003, 21 janvier 2010, p. 51.
Source 2 : Mirel Bran, "En Roumanie, le chef de la gauche, battu à la présidentielle, se dit victime de sorcellerie", Le Monde, 21 janvier 2010.
Dimanche 24 janvier 2010
Dimensions culturelles de Geert Hofstede et SD (2/2)
La méthode de Geert Hofstede présente l'immense avantage de fournir des données chiffrées. Chaque pays se voit attribuer un score entre 0 et 100 pour chacune des cinq dimensions. Ce score ne représente pas une valeur absolue utilisable en tant que telle, mais permet de comparer des pays entre eux.
Pendant un certain temps, Geert Hofstede a cru que les deux premières dimensions pouvaient être fusionnées en une seule, les pays ayant un index d'individualisme (IDV) fort ayant aussi un index de distance au pouvoir (PDI) faible. Il a finalement abandonné cette idée devant l'existence de quelques exceptions significatives. L'une d'entre elles est la France avec un PDI de 68 et un IDV de 71, à comparer avec les scores des autres pays occidentaux comme l'Allemagne (35, 67), le Royaume Uni (35, 89), les États-Unis (40, 91).
Ce PDI anormalement élevé — l'Iran fait 12 points de moins, le Pakistan 15 ! — confirme une fois de plus le fait, plusieurs fois traité sur ce blog (cf. par exemple "La France a peur" ou "Où irons-nous ?"), que la France, si elle est passée en ORANGE, a gardé un pied fermement ancré en BLEU — bien sûr, un PDI fort peut correspondre aussi à d'autres niveaux d'existence, comme ROUGE. Ce phénomène, confirmé par de multiples approches, est inquiétant.
En effet, il paraît évident que les problèmes actuels du monde ne relèvent plus du vMème qui est aujourd'hui au pouvoir, mais nécessitent d'aller sur la Spirale Dynamique vers VERT, et ultérieurement au-delà. Le BLEU de la France est, en ce domaine, un handicap majeur. Et ce n'est pas tout.
VERT peut être partiellement cartographié sur le modèle de Geert Hofstede. Coopératif et émotionnel, il implique un index de distance au pouvoir (PDI) et un index de masculinité (MAS) faibles. VERT est un vMème de sacrifice du soi, mais ce sacrifice se fait dans le consensus obtenu après l'expression complète du point de vue de chacun ; aussi l'index d'individualisme (IDV) ne doit être ni trop fort, ni trop faible. Sixième niveau de la Spirale Dynamique, VERT gère un monde complexe, et l'index d'évitement de l'incertitude (UAI) doit être plutôt bas. Le positionnement de VERT quant à l'orientation vers le long terme (LTO) est plus douteux, la définition de cette dimension étant très confucéenne et faisant surtout sens pour les pays d'Extrême Orient.
Si on pouvait définir des coefficients de pondération réalistes de ces paramètres, un index de distance à VERT serait concevable. Faute de cela, les mesures de Geert Hofstede permettent d'identifier un ou des handicaps importants de chaque pays pour réussir cette transition. Comparons, à titre d'exemple, le score de la France à celui de six autres pays, trois qui ont ORANGE comme niveau d'existence fortement dominant — États-Unis, Royaume Uni et Allemagne — et trois pour lesquels la transition vers VERT semble entamée à des degrés divers — Hollande, Norvège et Suède :

Outre son PDI très élevé, la France est aussi caractérisée par le plus fort UAI de cet échantillon, que Geert Hofstede définit aussi par la formule « Ce qui est différent est effrayant » ; c'est un obstacle majeur pour l'évolution de la société. Son IDV semble adapté à la transition vers VERT et son MAS, s'il est beaucoup trop fort, l'est quand même moins que celui des États-Unis, du Royaume Uni ou de l'Allemagne.
Pour l'utilisateur de la Spirale Dynamique, les recherches de Geert Hofstede sont donc un complément précieux qui aide à comprendre les différences de rythme d'évolution des nations, voire donne des pistes d'intervention.
Source : Geert Hofstede & Gert Jan Hofstede, Cultures and Organizations : Software of the Mind (2nd Edition), New York (New York), Mc Graw-Hill, 2005.
Jeudi 21 janvier 2010
Dimensions culturelles de Geert Hofstede et SD (1/2)
Dans le cadre de ce blog, nous étudions les cultures des différents pays à l'aide de la Spirale Dynamique, de l'Ennéagramme, ou dans l'idéal des deux comme nous l'avons fait, par exemple, pour la Thaïlande ou l'Indonésie. Ces deux modèles ne sont, bien évidemment, pas les seuls. Parmi les autres approches, une des plus connues est due à Geert Hofstede, un chercheur hollandais. À la fin du XXe siècle, il a mené une analyse des cultures de plus de 70 pays pour le compte d'IBM. Une multinationale de cette taille est présente dans le monde entier et elle emploie des personnes de qualifications très diverses. En faisant passer au personnel d'IBM un test sur les valeurs qu'il avait élaboré et en analysant statistiquement les réponses, Geert Hofstede est arrivé à la conclusion que toute culture pouvait être décrite à l'aide de cinq paramètres :
- PDI – Index de distance du pouvoir (Power Distance Index)
Le PDI mesure à quel point les membres les moins puissants des institutions ou des organisations d'un pays s'attendent à ce que le pouvoir soit distribué de manière inégale et acceptent cette situation.
Les trois pays dont le PDI est le plus fort : Malaisie, Slovaquie, Guatemala.
Les trois pays dont le PDI est le plus faible : Danemark, Israël, Autriche. - IDV – Index d'individualisme (Individualism Index)
L'IDV mesure à quel point les liens entre les individus sont distendus, chacun ne pouvant compter que sur soi ou sa famille très proche.
Les trois pays dont l'IDV est le plus fort : États-Unis, Australie, Royaume Uni.
Les trois pays dont l'IDV est le plus faible : Panama, Équateur, Guatemala. - MAS – Index de masculinité (Masculinity Index)
Le MAS mesure à quel point les rôles émotionnels sont distribués en fonction du sexe : les hommes sont supposés être assertifs, durs et concentrés sur le succès matériel, alors que les femmes sont supposées être réservées, fragiles et concernées par la qualité de la vie.
Les trois pays dont le MAS est le plus fort : Slovaquie, Japon, Hongrie.
Les trois pays dont le MAS est le plus faible : Hollande, Norvège, Suède. - UAI – Index d'évitement de l'incertitude (Uncertainty Avoidance Index)
L'UAI mesure à quel point les membres d'une culture sont effrayés par les situations ambiguës ou inconnues.
Les trois pays dont l'UAI est le plus fort : Grèce, Portugal, Guatemala.
Les trois pays dont l'UAI est le plus faible : Danemark, Jamaïque, Singapour. - LTO – Orientation vers le long terme (Long Term Orientation)
La LTO mesure la valorisation de vertus orientées vers des récompenses futures, comme la persévérance ou le sens de l'épargne, par rapport à des vertus orientées vers le passé ou le présent, comme les traditions ou le fait de remplir ses obligations sociales.
Les trois pays dont la LTO est la plus forte : Chine-Hong Kong-Taïwan, Japon, Vietnam.
Les trois pays dont la LTO est la plus faible : Nigeria, République Tchèque, Pakistan.
Geert Hofstede pense que les mesures de ces cinq dimensions représentent la réalité d'un pays. Il est permis d'en douter. En son temps, Clare W. Graves avait constaté que des personnes culminant en VIOLET ou en ROUGE étaient incapables de passer un test, et il est vraisemblable que la situation soit la même aujourd'hui. Quand on sait que ces deux niveaux d'existence représentent encore approximativement 30 % de la population mondiale, il paraît dès lors peu probable que le tableau dépeint par Geert Hofstede soit complet.
Geert Hofstede estime aussi que ces cinq dimensions représentent des traits fixes d'une culture qui ne changent pas à l'échelle des siècles, à l'exception de l'index d'individualisme qui augmente au fur et à mesure qu'un pays devient plus riche. Pour la Spirale Dynamique, l'index d'évitement de l'incertitude, par exemple, devrait diminuer au fur et à mesure qu'on avance dans les niveaux d'existence, et être très faible dans la deuxième boucle. En supposant le modèle de la Spirale Dynamique pertinent, nous avons donc deux possibilités : soit Geert Hofstede se trompe sur ce point et son étude n'est qu'une photographie de l'état des cultures humaines valable sur une période de temps à déterminer, soit il démontre que certains pays n'ont pas les capacités cérébrales collectives pour atteindre certains vMèmes. Autant il me semble très probable que des individus n'ont pas les capacités cérébrales leur permettant de vivre certains niveaux d'existence, autant je ne crois guère à cette impossibilité au niveau d'un peuple ; bien entendu, ces deux assertions ne sont que des hypothèses qui sont fonction de mes connaissances et de mon expérience, et que des faits nouveaux pourraient remettre en cause.
Considérés donc comme un état des lieux partiel et daté, les travaux de Geert Hofstede apportent cependant des confirmations intéressantes et permettent des prévisions qui le sont tout autant.
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