Sections
Integral
« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Les êtres humains n'ont pas seulement besoin d'une culture riche et forte au sein de laquelle ils puissent se développer, mais aussi d'une culture qui leur permette d'accéder aux autres. »
- Bhikhu Parekh
Recherche Google
Annonce
Aller au cœur de la connaissance
Ce blog ne fait qu’effleurer la richesse et la puissance des modèles qu'il aborde. Sachez en utiliser tout le potentiel avec une formation. Prochains points d’entrée :
Sociocratie : Bases, les 9, 10 & 11 avril 2010
Spirale Dynamique : Bases, les 10 & 11 juillet 2010
Cycle des organisations, les 18 & 19 septembre 2010
À bientôt !
Mardi 22 décembre 2009
Eh ben, mon coco !
J'adore les pieuvres, la beauté de leur corps et de ses capacités mimétiques, la grâce de leurs déplacements, leur douceur affectueuse et pudique — sauf avec les crabes, crevettes, coquillages et autres proies évidemment —, et bien sûr leur étonnante intelligence.
Aussi suis-je ravi de vous annoncer que l'Octopus Marginatus — la pieuvre veinée, disent de manière imagée nos amis anglophones — vient d'entrer dans le club des animaux utilisant et conservant des outils, capacité que l'on croyait autrefois typiquement humaine et dont on s'aperçoit aujourd'hui qu'elle est relativement répandue.
Ces pieuvres collectent des coques de noix de coco, les empilent comme des bols et les transportent entre leurs huit tentacules qu'elles raidissent pour s'en servir comme on le ferait d'échasses. Elles les utilisent pour construire des abris à l'approche d'un prédateur.
Mark Norman, un chercheur du musée Victoria en Australie qui a fait partie de l'équipe qui a observé ces comportements au cours de plus de 500 heures de plongée, déclare : « C'est un exemple fantastique des comportements complexes dont sont capables les formes de vie les plus simples. Je pense que ces comportements existent partout dans la nature. Nous ne les voyons pas, uniquement parce que nous considérons que nous sommes les plus malins. » Il conclut avec ses collègues : « En fin de compte, la conservation et l'utilisation d'outils par les animaux forment vraisemblablement un continuum qui va des insectes aux primates, la définition de ce qu'est un outil étant une occasion perpétuelle de débat. »
Une fois de plus, le positionnement de l'homme dans la nature est posé dans des termes qui imposent la réflexion sur le concept de « toute vie » qui est au cœur du fonctionnement des niveaux JAUNE et TURQUOISE de la Spirale Dynamique.
Source : Julian K. Finn, Tom Tregenza & Mark D. Norman, "Defensive tool use in a coconut-carrying octopus", Current Biology, Vol. 19, N° 23, 15 décembre 2009, pp. 1069-1070.
Samedi 14 mars 2009
Des relations entre des relations
Les niveaux d'existence connus à ce jour de la deuxième boucle de la Spirale Dynamique œuvrent pour la préservation de « toute vie ». On peut souhaiter cette conservation pour des raisons émotionnelles, mais JAUNE et TURQUOISE sont des vMèmes post-rationnels et ont donc besoin d'informations pour décider et agir. De plus, ce concept de « toute vie » n'est pas simple à intégrer pour les niveaux de la première boucle qui sont centrés sur eux-mêmes, sur leur communauté ou sur l'humanité. C'est pourquoi nous évoquons assez régulièrement sur ce blog le thème de la spécificité éventuelle de l'être humain par rapport à l'animal.
Le psychologue William James considérait que la capacité à dire si deux choses étaient semblables ou différentes était la « colonne vertébrale » de notre mode de pensée. On sait, depuis bien longtemps, que les animaux qui sont capables de définir la relation semblable/différent entre deux objets sont légion.
Cependant, on pensait que seul l'être humain était capable de faire des relations entre des relations, une opération cognitive élaborée. « Par exemple, la relation entre A et A est semblable à la relation entre B et B : semblable est égal à semblable. Il en est de même de la relation entre A et B et de la relation entre C et D: différent est égal à différent. Par contre, la relation entre A et A est différente de la relation entre C et D : semblable n'est pas égal à différent. »
À la tête d'une équipe internationale, Ed Wasserman, psychologue à l'Université de l'Iowa, a montré que des babouins étaient parfaitement capables de comprendre cette notion complexe de relation entre des relations.
Des babouins ? Normal, ce sont des singes, nos proches cousins. Ed Wasserman a établi que des pigeons y arrivaient tout aussi bien…
Source : Behavioral studies show baboons, pigeons capable of higher-level cognition, Iowa University, 12 février 2009.
Samedi 12 juillet 2008
Futurologue
Escherichia coli. Vous la reconnaissez, là, à droite ? Mais si, vous en hébergez plusieurs milliards dans votre intestin, et le plus souvent, vous vivez en bonne intelligence avec cette très jolie bactérie. Bien sûr, certaines souches sont pathogènes et si vos défenses immunitaires sont affaiblies, E. coli peut provoquer des gastro-entérites, infections urinaires, méningites, ou autres septicémies.
Par sa simplicité biologique, E. coli est l'être vivant qui a été et continue d'être le plus étudié par les biologistes. E. coli a une particularité : elle vit très bien à la fois dans notre environnement extérieur et dans notre intestin ; il y a pourtant entre les deux milieux des différences considérables de température et de disponibilité de l'oxygène. Depuis longtemps, les scientifiques se demandent comment E. coli réussit à s'adapter quand elle parvient dans l'intestin.
Des chercheurs de l'Université de Princeton, Saeed Tavazoie, Ilias Tagkopoulos et Yir-Chung Liu, viennent de démontrer que E. coli utilise des informations sensorielles provenant de son environnement pour prévoir le changement de ses conditions d'existence et s'y préparer. Mieux, ils ont réussi à démontrer que cette capacité était le résultat d'un « apprentissage » qui ne prenait quelques milliers de générations, une vétille sachant que, dans un milieu favorable, E. coli se reproduit par division cellulaire toutes les vingt minutes.
Prévoir le changement ? Une bestiole d'un millième de millimètre sans rien qui ressemble de près ou de loin à un système nerveux ? Les trois chercheurs ont identifié des réseaux biochimiques relativement simples et capables d'effectuer des opérations logiques élémentaires permettant ce type de prévision.
Les vMèmes connus de la deuxième boucle se préoccupent de « toute vie », au-delà de l'égocentrisme, du sociocentrisme ou de l'humanocentrisme des niveaux d'existence précédents. Voilà de quoi alimenter leur réflexion.
Source : Chandra Shekhar, "Thinking ahead: Bacteria anticipate coming changes in their environment", Princeton University, 9 juin 2008.
Vendredi 2 mai 2008
Trop fort le cténophore
Le mille-pattes est-il plus proche des insectes ou des araignées ? Cela fait partie des angoissantes questions auxquelles répondent les derniers travaux du biologiste Casey Dunn, de la Brown University, que Nature a publié le 10 avril dernier.
Casey Dunn s'intéresse à l'arbre phylogénétique du vivant, une sorte d'arbre généalogique qui trace les liens entre les différentes espèces existantes et fossiles depuis l'apparition des premiers êtres vivants. Pour lui, et pour l'ensemble de la communauté scientifique, ses découvertes ont été un « énorme choc, si grand [qu'il a] d'abord pensé qu'il y avait une erreur dans [ses] travaux ».
En effet, Casey Dunn a démontré que la branche des cténophores (cf. photo ci-dessus) est apparue avant celle des éponges. Or les cténophores sont des animaux bien plus complexes que les modestes éponges, disposant par exemple d'un système nerveux. Jusqu'ici, on était persuadé que l'évolution avait abouti à une augmentation continuelle de la complexité des êtres vivants, même si rien dans la théorie darwinienne ne l'impose. C'est donc un dogme qui s'effondre.
En Spirale Dynamique, nous avons aussi constaté une augmentation de la complexité que chaque vMème est capable de gérer. En conséquence, nous avons le présupposé que le besoin de gérer des environnements de plus en plus complexe joue un rôle déterminant dans l'évolution des niveaux d'existence. Peut-être aurons-nous nous aussi un jour le choc d'une régression de la complexité…
Oh ! J'allais oublier. Le mille-pattes est sans conteste un plus proche parent des araignées que des insectes.
Source : "And the First Animal on Earth Was a…", National Science Foudation, 10 avril 2008
Mercredi 20 février 2008
Une grande amoureuse
Elle s'appelle Leah et a sa place au panthéon des gorilles des plaines de l'ouest, une des quatre sous-espèces de gorilles. En 2005, elle avait été la première de son espèce à utiliser un outil dans un milieu naturel : elle avait cassé un bout de bois et l'avait utilisé pour sonder une mare avant de la traverser. Aujourd'hui, comme le montre la photo ci-contre, elle est la première vue dans la nature en train de copuler en position ventro-ventrale, un face-à-face qui n'est courant que chez les êtres humains et les chimpanzés bonobos, et qui aurait été observé chez les gorilles de montagne, mais n'a jamais été photographié.
Nous l'avons souvent évoqué sur ce blog, il est chaque jour plus difficile de définir ce qui sépare les êtres humains des animaux : si Leah invente la position du missionnaire, c'est sans doute qu'elle a une âme ! Plaisanterie mise à part, il s'agit là d'un changement considérable des conditions de vie, sans doute une des raisons majeures pour lesquelles les vMèmes de la deuxième boucle quittent l'humanocentrisme des niveaux d'existence précédents pour une volonté de préserver toute vie.
Du point de vue de la théorie de la Spirale Dynamique, il est intéressant de constater que la frontière entre êtres humains et animaux était déjà floue en BEIGE et VIOLET. Ainsi, conformément à l'hypothèse des boucles, JAUNE et TURQUOISE sont confrontés au même problème, mais ont à le traiter à un niveau de complexité très différent et par une réflexion post-rationnelle et non pas prérationnelle.
Source : John Delaney, "Study garners unique mating photos of wild gorillas", Wildlife Conservation Society
Vendredi 24 février 2006
Maître Fourmi
On ne peut s'intéresser comme ici à la personnalité humaine sans se demander ce qui nous fait humain. Après le perroquet qui invente le zéro, l'éléphant qui imite les camions, le colibri qui aime la junk-food, l'orang-outan qui transmet sa culture et la grenouille qui joue d'un instrument, voici la fourmi qui enseigne.
On définit ainsi un enseignant dans le monde animal : un individu qui modifie son comportement, de façon non-positive pour lui, en présence d'un observateur naïf afin de lui servir d’exemple et de lui permettre d'apprendre plus vite. Le Professeur Nigel Franks de l'Université de Bristol ajoute que l’enseignement implique des mécanismes de feedback entre l'enseignant et l'enseigné, dans les deux directions.
Tout cela, Nigel Franks et Tom Richardson l'ont observé chez des fourmis Temnothorax. Une fourmi qui sait où il y a de la nourriture cherche une autre fourmi pour l'accompagner. Alors que cela la retarde, elle avance lentement. Régulièrement l’élève s'arrête pour mémoriser les caractéristiques du chemin. Il observe les indicateurs qui lui permettront de reconnaître sa route, puis quand il est prêt, tapote les pattes postérieures et l'abdomen de l'enseignant. Le tandem repart alors. L'enseignant comme l'enseigné ajustent en permanence leur vitesse de progression pour que la distance entre eux reste à peu près constante. Certains élèves brillants deviennent à leur tour enseignants, et l'information se répand peu à peu dans la colonie.
C'est la première fois que de tels comportements sont observés chez des animaux ayant un aussi petit cerveau.
Source : Ants teach each other a lesson
Dimanche 17 juillet 2005
Alex le Grand
Laissez-moi vous présenter Alex. Alex est un perroquet gris du Gabon. Il est arrivé il y a 27 ans (il en a aujourd'hui 28) au laboratoire de recherche biomédicale de l'Université Brandeis, installée à Waltham dans le Massachusetts. Depuis, Irene Pepperberg, professeur adjointe de Psychologie, s'occupe de lui et teste une méthode d'enseignement qu'elle a nommée “technique modèle et rival”. Alex observe les interactions entre son instructeur et d'autres êtres humains ou d'autres perroquets. Il apprend à répondre à des questions et est en compétition pour donner le premier la bonne réponse. Questions pour un champion à l'université !
Alex sait épeler plusieurs mots, compter, faire des additions et des soustractions, il peut identifier des objets, des formes, des couleurs et des matériaux. Mieux, il a appris des concepts abstraits comme semblable et différent. Irene Pepperberg est persuadé qu'Alex va être capable d'apprendre à lire.
Impressionnant, non ? Et bien, cela n'est rien ! Il y a quelques années, Alex avait appris à utiliser le mot rien pour parler d'une absence d'information. Au début de cette année, lors d'une crise de colère, Alex s'est mis brusquement, sans qu'on le lui ait appris, à utiliser ce mot en tant que chiffre pour indiquer une quantité nulle. Bref, Alex, avec un cerveau de la taille d'une noisette, venait d'inventer le chiffre zéro. Depuis, il l'utilise fréquemment et de manière totalement appropriée.
Jusqu'ici, seuls quelques chimpanzés avaient réussi à utiliser le chiffre zéro, mais cela avait été suite à un apprentissage, et non pas une création spontanée comme dans le cas d'Alex.
Dans l'histoire humaine, on estime que le zéro a été inventé en Inde il y a environ mille ans, et qu'il n'est utilisé en Occident régulièrement que depuis le début du XVIIe siècle. Un enfant humain ne commence à le comprendre que vers l'âge de 3 ou 4 ans.
La frontière entre ce qui est humain et ce qui ne l'est pas s'estompe chaque jour un peu plus. Cela pose des problèmes philosophiques, moraux et pratiques qui ne peuvent sans doute être vraiment traités que par les vMèmes JAUNE et TURQUOISE.
Source 1 : No Average Bird.
Source 2 : The Alex Foundation.
Vendredi 1 juillet 2005
Un éléphant, ça singe
Mlaika, 10 ans, imite parfaitement le bruit des camions passant sur la route à proximité de l’orphelinat où elle réside :
Calimero, 23 ans, originaire d’Afrique, parle couramment le langage employé par ses deux compagnes d’Asie qui partagent son lieu de résidence. La nouvelle vous semble peut-être banale, mais elle l’est moins si vous considérez que Mlaika et Calimero sont des éléphants.
Ainsi, les éléphants rejoignent les perroquets, les chauves-souris et les dauphins sur la liste des animaux qui utilisent le langage pour créer des liens sociaux et sont capables d’imitation. Cette dernière capacité est en fait extrêmement rare dans le monde animal ; pendant longtemps les scientifiques ont cru que seul l’homme en était capable, et que cette faculté était à l’origine du formidable développement des cultures humaines.
S’appuyant sur la mémétique, Spirale Dynamique fait l’hypothèse que c’est ainsi que se répandent les différents niveaux d’existence, qu’elle a appelés pour cette raison vMèmes. A partir du moment où l’imitation, le langage et la culture ne sont plus l’exclusivité de l’espèce humaine, de passionnantes questions sont soulevées. Certaines espèces animales connaissent-elles une évolution culturelle semblable à celle décrite par Spirale Dynamique ? Vivent-elles des équivalents simplifiés de BEIGE et de VIOLET ? Ou bien y aurait-il avant BEIGE d’autres niveaux non encore cartographiés ? Et pourquoi pas une boucle entière ?
Pour les réponses, rendez-vous dans quelques dizaines d’années.
Source : Elephants Imitate Sounds as a Form of Social Communication
Calendrier
|
|
Mars '10 |
|
||||
| Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa | Di |
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 |
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 |
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 |
| 29 | 30 | 31 | ||||

Commentaires