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Personnalité
« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Jeudi 29 juin 2006
Songe qu'un œil noir te regarde
À l'École de Biologie et de Psychologie de l'Université de Newcastle upon Tyne (Royaume Uni), il y a une petite pièce où depuis plusieurs années, les 48 membres du personnel peuvent venir boire du café, du lait ou du thé. Les prix sont affichés et chacun laisse le montant de sa consommation dans une boîte.
Sous la direction du Dr Melissa Bateson, une étude a été menée, sans que le personnel puisse s'en douter puisque le système de paiement libre existait depuis longtemps. L'expérience consistait à mettre un poster au-dessus de la boîte de paiement. Une semaine sur deux, le poster représentait des fleurs. Le reste du temps, il montrait un visage dont les yeux regardaient directement la personne en train de payer. Pour rendre la mesure plus objective, les chercheurs ont fait varier le sexe, la race et d'autres caractéristiques du visage affiché. Chaque fin de semaine, l'argent présent dans la boîte était compté et comparé à la consommation des divers produits.
Les semaines où le poster affichait des yeux, on trouvait en moyenne dans la boîte 2,76 fois plus d'argent !
Du point de vue de Spirale Dynamique, le poster active la problématique à la honte du vMème ROUGE. Il est intéressant de constater que, même dans l'Angleterre du XXIe siècle, celui-ci ne sait toujours pas faire réellement la différence entre une image et la réalité. Comme le souligne le Dr Bateson, cela a « d'énormes conséquences dans la vie réelle, […] notamment pour modérer des comportements anti-sociaux. »
Source : "'Big Brother' eyes encourage honesty"
Jeudi 11 mai 2006
Plaisir du plan
Certaines personnes atteintes de la maladie de Parkinson deviennent incapables de découpler la pensée et l'action. Par exemple, si elles sont placées devant un distributeur de boissons, leur main va involontairement d'un bouton de sélection à l'autre au rythme où leur pensée étudie les différents choix possibles.
Selon le professeur Mathias Pessiglione, qui dirige un équipe de recherche à l'Hôpital de la Salpêtrière, c'est la dopamine, un neurotransmetteur, qui se charge normalement de la dissociation entre pensée et action, et nous empêche de gesticuler devant le distributeur.
Mais la dopamine est une molécule depuis longtemps associée au plaisir. Ainsi, « la dopamine que l'on a longtemps considérée comme une molécule du plaisir, sous-tend une autre capacité cognitive fondamentale, la capacité d'imaginer des actions sans les concrétiser. »
Bien évidemment, les amateurs d'Ennéagramme auront immédiatement pensé au profil 7. En effet, cet ennéatype associe ces deux caractéristiques que sont le plaisir et la planification.
Prouver la validité scientifique du modèle de l'Ennéagramme est une tâche gigantesque qui ne sera certainement pas accomplie à court terme, mais décidément les preuves indirectes commencent à s'accumuler de façon encourageante (voir nos précédents billets sur ce thème).
Source : "Réfléchir ou agir, il faut choisir", Cerveau & Psycho, N° 14, Mars-Avril 2006, p. 9.
Samedi 8 avril 2006
Peur et mental
L'Ennéagramme associe chez un individu la peur et la préférence pour le mental par rapport aux émotions et à l'action. L'explication généralement donnée est que le mental crée la peur par sa tendance à se projeter dans un futur incertain.
Des chercheurs de l'Université Rice à Houston (Texas), sous la conduite de Denise Chen, viennent de démontrer que la relation inverse entre peur et mental existait elle aussi. Elle a soumis 75 femmes ayant entre 18 et 22 ans à des tests cognitifs : des paires de mots étaient affichées trois secondes sur un écran, et elles devaient décider si les mots étaient associés ou non. Si pendant les tests, on diffusait, de manière non perceptible par les sujets, des odeurs de transpiration de personnes ayant peur, les résultats s'amélioraient significativement.
Denise Chen en déduit que la peur (en fait une atmosphère de peur puisque les femmes n'étaient pas exposées à un danger, réel ou imaginaire) entraîne une augmentation des performances cognitives. Une précédente étude avait démontré qu'une peur forte provoquait, elle, la répression du centre mental. Les liens que fait l'Ennéagramme entre ces deux éléments semble donc aujourd'hui bien confirmés scientifiquement.
Source : Chemosignals of Fear Enhance Cognitive Performance in Humans
Jeudi 9 mars 2006
Un peu d'amour dans ce monde de brutes
Une étude menée à l’Institut Max Planck pour l’Anthropologie Évolutionniste par Felix Warneken et Mike Tomasello a montré que des enfants aident spontanément des personnes qui leur sont complètement étrangères dès l’âge de dix-huit mois.
Une des expériences consistait pour un chercheur à suspendre du linge et à faire tomber (apparemment) accidentellement une pince à linge. Pendant dix secondes, le chercheur cherchait en vain sa pince à linge. Les dix secondes suivantes, il regardait l’enfant. A la vingtième seconde, il s’exclamait "Ma pince à linge !", sans toutefois la demander explicitement à l’enfant. Celui-ci n’était jamais récompensé, ni même remercié, s’il intervenait. Pourtant, la quasi-totalité des enfants ont ramassé et donné la pince à linge, et 84% l’ont fait spontanément dans les dix premières secondes. Si toutefois, le chercheur jetait délibérément la pince à linge par terre, les enfants ne l’aidaient jamais.
Aider quelqu’un sans que cela ne rapporte rien, c’est de l’altruisme, et c’est la première fois que l’on met en évidence que ce comportement est systématique dès le plus jeune âge.
Nous avons déjà évoqué sur ce blog des formes très primitives d’altruisme (cf. “Altruisme ?“). Des expériences récentes menées dans le même institut Max Planck montre que des chimpanzés ont la même réaction que les bébés humains face à un expérimentateur cherchant à atteindre un objet. Cela semble confirmer le caractère inné de l’altruisme et le fait qu’il joue un rôle positif dans la sélection naturelle.
Source : Baby’s helping hands
Vendredi 24 février 2006
Maître Fourmi
On ne peut s’intéresser comme ici à la personnalité humaine sans se demander ce qui nous fait humain. Après le perroquet qui invente le zéro, l’éléphant qui imite les camions, le colibri qui aime la junk-food, l’orang-outan qui transmet sa culture et la grenouille qui joue d’un instrument, voici la fourmi qui enseigne.
On définit ainsi un enseignant dans le monde animal : un individu qui modifie son comportement, de façon non-positive pour lui, en présence d’un observateur naïf afin de lui servir d’exemple et de lui permettre d’apprendre plus vite. Le Professeur Nigel Franks de l’Université de Bristol ajoute que l’enseignement implique des mécanismes de feedback entre l’enseignant et l’enseigné, dans les deux directions.
Tout cela, Nigel Franks et Tom Richardson l’ont observé chez des fourmis Temnothorax. Une fourmi qui sait où il y a de la nourriture cherche une autre fourmi pour l’accompagner. Alors que cela la retarde, elle avance lentement. Régulièrement l’élève s’arrête pour mémoriser les caractéristiques du chemin. Il observe les indicateurs qui lui permettront de reconnaître sa route, puis quand il est prêt, tapote les jambes postérieures et l’abdomen de l’enseignant. Le tandem repart alors. L’enseignant comme l’enseigné ajustent en permanence leur vitesse de progression pour que la distance entre eux reste à peu près constante. Certains élèves brillants deviennent à leur tour enseignants, et l’information se répand peu à peu dans la colonie.
C’est la première fois que de tels comportements sont observés chez des animaux ayant un aussi petit cerveau.
Source : Ants teach each other a lesson
Jeudi 19 janvier 2006
OKAY !!!!!!!
C’est une très bonne journée pour mon ego ! Pour ceux qui ne le savent pas, je suis un 7 mu dans l’Ennéagramme, c’est-à-dire quelqu’un pour qui le plaisir et la joie sont des valeurs importantes, et qui n’apprécie pas plus que cela le fait d’avoir à bouger et à faire des efforts. Et voilà ce que j’apprends ce matin au cours de ma collecte quotidienne d’informations.
Des chercheurs de l’Université du Maryland ont fait observer des films comiques à des volontaires, et mesuré l’effet que cela avait sur le cœur. Le résultat est sans appel : les artères se dilatent et le flux sanguin vers le cœur augmente. Mieux, le Docteur Michael Miller, qui pilotait cette étude, affirme que "regarder un film drôle a un impact sur le cœur équivalent à une séance d’aérobic ou à un début de traitement à la statine."
Source : Watching Comedy Films Boosts Blood Flow To The Heart, Medical News Today
Lundi 21 novembre 2005
À propos de l'intelligence
On a souvent parlé des années 1990 comme de la décennie du cerveau tant la connaissance de cet organe a progressé. Des milliers d’articles ont été écrits, et la structure et le fonctionnement de cette machine hypercomplexe sont désormais un peu mieux connus. Mais la plupart des recherches ont été faites en étudiant telle ou telle partie de l’encéphale, et une théorie générale du fonctionnement du cerveau fait cruellement défaut. Ou plutôt, faisait défaut.
Jeff Hawkins est à la fois un spécialiste des neurosciences, et un entrepreneur dans le domaine de l’informatique ; c’est à lui qu’on doit les organiseurs Palm ou les téléphones Tréo. Jeff Hawkins a deux rêves : comprendre le cerveau, et construire des machines intelligentes. On Intelligence, son dernier opus, propose enfin une théorie globale du fonctionnement du néo-cortex, Jeff Hawkins se concentrant uniquement sur cette partie du cerveau, la dernière à s’être développée.
Le modèle de Jeff Hawkins s’appelle “mémoire-prédiction”. Selon lui, le néo-cortex stocke l’information sous forme de patterns neuronaux :
- organisés en séquences : toute information est enregistrée sous forme d’enchaînement de patterns
- auto-associatifs : la perception d’un élément d’un pattern permet de le retrouver tout entier, comme nous pouvons reconnaître le visage d’un ami à partir d’une photographie déchirée qui n’en montre que la moitié
- invariants : par exemple, nous ne mémorisons pas le visage d’un ami comme une photographie, mais comme un ensemble d’informations qui va nous permettre de le reconnaître quel que soit l’angle sous lequel nous le voyons
- structurés en hiérarchies.
Le néo-cortex utilise en permanence les souvenirs stockés ainsi pour prédire ce qui va se passer dans l’instant d’après, ce qui explique l’importance des mécanismes de feedback dans la constitution du cerveau : le cortex visuel reçoit dix fois plus d’informations venant du cerveau lui-même que de perceptions extérieures ! Notre attention ne se déclenche réellement que lorsque la prédiction se révèle inexacte, comme lorsque nous descendons d’un trottoir et que celui-ci se révèle être plus haut que prévu.
Se basant sur les travaux de Vernon Mountcastle, Jeff Hawkins propose que ce modèle “mémoire-prédiction” s’applique à tous les niveaux d’abstraction de la pensée, depuis la perception comme dans l’exemple du paragraphe précédent jusqu’à la créativité ou l’imagination.
Coécrit avec Sandra Blakeslee, une journaliste scientifique du New York Times, On Intelligence est remarquablement clair et facile à lire (à un chapitre près qui peut être sauté lors d’une première lecture). C’est de toute évidence un moment dans l’histoire de la compréhension de l’être humain.
Deux remarques finales nous ramenant aux théories étudiées sur ce site. D’abord, il semble bien probable que Jeff Hawkins soit un ennéatype 7. Ensuite, quand nous parlons du centre mental en Ennéagramme, nous le décrivons comme fonctionnant en permanence dans le futur, en s’appuyant sur la nécessité de cette orientation temporelle pour prendre des décisions ou faire des choix. Même si on ne peut pas faire coïncider totalement le néo-cortex et le centre mental, les travaux d’Hawkins permettent de mieux comprendre comment le mental peut aussi vivre dans le futur à des niveaux plus simples de pensée et de perception.
Ressource 1 : Jeff Hawkins, On Intelligence, New York (New York), Times Book, 2004. [Pour ceux qui préfèrent, le livre vient d’être traduit par CampusPress sous le titre “Intelligence“.]
Ressource 2 : onintelligence.org
Samedi 10 septembre 2005
Le cerveau nouveau est arrivé
Le cerveau a été considéré pendant très longtemps comme un organe paradoxal, à la fois extraordinairement flexible par les créations et les suppressions continuelles de connexions entre les neurones, et étonnamment figé, aucun nouveau neurone ne pouvant être créé, et la structure cérébrale étant inchangée depuis environ 50000 ans. On sait depuis quelque temps déjà que la première limitation est inexacte, et voilà que Bruce T. Lahn et ses collègues de l’Université de Chicago proposent que le cerveau humain est encore en pleine évolution.
Deux gènes impliqués notamment dans la détermination de la taille du cerveau ont subi d’importantes transformations. L’un d’entre eux, la microcéphaline, a muté il y a environ 37000 ans : 70% de la population de l’Europe et de l’Asie de l’Est sont porteurs du nouvel allèle, qui est beaucoup plus rare dans la plupart des populations sub-sahariennes. Le second, ASPM, a muté il y a environ 5800 ans : la fréquence de l’allèle est de 50% en Europe et au Moyen-Orient, plus faible ailleurs.
Même si l’étude n’a été publiée qu’hier, elle provoque déjà une forte polémique, par ses implications éthiques et sociales et par l’utilisation qui pourrait en être faite par des causes racistes.
En Spirale Dynamique, la question est souvent posée de l’apparition des nouveaux vMèmes. Clare Graves, dont les recherches sont à l’origine du modèle, vivait à l’époque du “cerveau figé”, et pensait que les niveaux d’existence correspondaient à des capacités cérébrales activées en cas de besoin. Cette explication était gênante, car elle impliquait l’existence de structures cérébrales non-utilisées, et on ne voit pas bien au nom de quoi de telles structures auraient été sélectionnées au cours de l’évolution. Les travaux de l’équipe de Bruce T. Lahn offrent une perspective plus conforme à ce que nous savons de l’évolution s’il se révélait que d’autres mutations ont eu lieu : l’apparition des structures cérébrales correspondant aux nouveaux vMèmes serait le fruit de mutations, dues au hasard, qui seraient sélectionnées dès lors que les conditions de vie les rendraient avantageuses.
D’autant que déjà les deux dates proposées et la répartition géographique font irrésistiblement penser à l’apparition de VIOLET et BLEU.
Source : University of Chicago researchers find human brain still evolving
Dimanche 17 juillet 2005
Alex le Grand
Laissez-moi vous présenter Alex. Alex est un perroquet gris du Gabon. Il est arrivé il y a 27 ans (il en a aujourd’hui 28) au laboratoire de recherche biomédicale de l’Université Brandeis installée à Waltham dans le Massachusetts. Depuis, Irene Pepperberg, professeur adjointe de Psychologie, s’occupe de lui et teste une méthode d’enseignement qu’elle a nommée “technique modèle et rival”. Alex observe les interactions entre son instructeur et d’autres êtres humains ou d’autres perroquets. Il apprend à répondre à des questions et est en compétition pour donner le premier la bonne réponse. Questions pour un champion à l’université !
Alex sait épeler plusieurs mots, compter, faire des additions et des soustractions, il peut identifier des objets, des formes, des couleurs et des matériaux. Mieux, il a appris des concepts abstraits comme semblable et différent. Irene Pepperberg est persuadé qu’Alex va être capable d’apprendre à lire.
Impressionnant, non ? Et bien, cela n’est rien ! Il y a quelques années, Alex avait appris à utiliser le mot “rien” pour parler d’une absence d’information. Au début de cette année, lors d’une crise de colère, Alex s’est mis brusquement, sans qu’on le lui ait appris, à utiliser ce mot en tant que chiffre pour indiquer une quantité nulle. Bref, Alex, avec un cerveau de la taille d’une noisette, venait d’inventer le chiffre zéro. Depuis, il l’utilise fréquemment et de manière totalement appropriée.
Jusqu’ici, seuls quelques chimpanzés avaient réussi à utiliser le chiffre zéro, mais cela avait été suite à un apprentissage, et non pas une invention spontanée comme dans le cas d’Alex.
Dans l’histoire humaine, on estime que le zéro a été inventé en Inde il y a environ mille ans, et qu’il n’est utilisé en Occident régulièrement que depuis le début du XVIIe siècle. Un enfant humain ne commence à le comprendre que vers l’âge de 3 ou 4 ans.
La frontière entre ce qui est humain et ce qui ne l’est pas s’estompe chaque jour un peu plus. Cela pose des problèmes philosophiques, moraux et pratiques qui ne peuvent sans doute être vraiment traités que par le vMème TURQUOISE.
Source 1 : No Average Bird
Source 2 : The Alex Foundation
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Commentaires
dim 06 jui 08, 16:49
Bonjour Christian ! Les Ind iens de Colombie Britannique a vaient résolu ce genre d [...]
jeu 03 jui 08, 17:32
Je me souviens, Fabien et Chri stian, qu'au début des années 1970, cette représentati [...]
jeu 03 jui 08, 14:02
Bonjour Christian, Rassure- toi, les scientifiques de la N ASA sont de grands intui [...]
jeu 03 jui 08, 13:30
Bonjour Fabien, Voici donc la preuve physique extérieure indéniable qui permet de [...]
mer 02 jui 08, 13:09
Bonjour à tous, Aurore et C oriolan, voici les dernières p etites nouvelles du Kera [...]
lun 30 jun 08, 10:39
À propos du même film, ma femm e a trouvé une autre interview dans laquelle [url=http [...]
lun 30 jun 08, 09:32
Bonjour Jorune, Merci d'avo ir cherché la citation complèt e. Seuls les actes pe [...]
dim 29 jun 08, 19:19
Fabien, Je viens de récupér er la fin de la phrase, et aus si le contexte de la phr [...]
dim 29 jun 08, 06:23
Bonjour à tous, Il me sembl e, Jorune, que tu as là une vi sion un peu trop [i]Peac [...]