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Personnalité
« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Mardi 21 août 2007
T'es pas d'ma bande !
Il nous arrive à tous d'avoir des difficultés à distinguer les visages de personnes appartenant à une race différente de la nôtre. Même si ce phénomène est universel et prouvé par de nombreuses recherches sur la psychologie de la reconnaissance des visages, nous avons du mal à l'admettre publiquement parce que nous l'associons à un racisme au mieux inconscient (« Ils se ressemblent tous. »). Certains psychologues ont affirmé qu'il ne s'agissait pas de racisme, mais que nous n'étions tout simplement pas habitués à ces types de visages.
Michael Bernstein et Steven Young, de l'Université de Miami, ont eu une autre idée. Selon eux, il s'agit simplement de notre tendance à catégoriser les gens en groupes.
Pour le vérifier, ils ont conçu l'expérience suivante. Ils ont montré à des étudiants blancs de Miami des photos de personnes, toutes de race blanche. Pour chaque photo, alors qu'il s'agissait de personnes choisies au hasard dont aucune n'appartenait à l'université, ils leur disaient qu'il s'agissait soit d'un étudiant de l'Université de Miami, soit d'un étudiant de l'Université de Marshall, le traditionnel rival de Miami en football américain. Plus tard, parmi toute une série de photos, les étudiants testés reconnaissaient mieux les visages qu'ils croyaient appartenir à des membres de leur faculté.
Les chercheurs considèrent que leurs travaux prouvent que l'effet généralement attribué au racisme ou manque de familiarité est dû, au moins en partie, à l'habitude humaine de définir le monde en terme de groupes d'appartenance. Du point de vue de la Spirale Dynamique, il s'agit là sans doute d'une capacité cérébrale héritée de VIOLET et qui est certainement beaucoup moins adaptée à nos conditions de vie actuelles.
Source : Michael J. Bernstein, Steven G. Young & Kurt Hugenberg, "The Cross-Category Effect: Mere Social Categorization Is Sufficient to Elicit an Own-Group Bias in Face Recognition", Psychological Science, Volume 18, N° 8, August 2007, pp. 706-712
Lundi 19 février 2007
Juste ce qu'il faut
Daniel Ames et Francis Flynn de l'Université de Columbia ont étudié les caractéristiques du leadership. En synthétisant les réponses de plusieurs centaines de personnes interrogées à propos de leurs collègues de travail, ils ont déterminé les qualités appréciées chez un bon leader. Pas de surprise, on y trouve la compétence, l'intelligence, l'honnêteté, le charisme, etc.
Alors, qu'est-ce qui fait un mauvais leader ? L'absence de ces qualités, a-t-on envie de répondre. Et bien non. La caractéristique la plus souvent citée est un problème à l'assertivité. Certains en manquent ce qui les rend inefficaces sur le plan opérationnel, d'autres en ont trop et sont insupportables sur le plan social.
Ce qui est étonnant, c'est qu'une assertivité équilibrée n'est quasiment jamais mentionnée comme un trait positif d'un bon leader. Daniel Ames et Francis Flynn explique cela par une métaphore culinaire. On ne s'extasie pas parce qu'un plat est correctement salé, mais qu'il y ait trop ou trop peu de sel et on ne remarque plus que cela.
C'est une piste intéressante de réflexion dans nombre de domaines : sommes-nous réellement conscients des paramètres les plus importants ? Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry, « l'essentiel est invisible pour les yeux ».
Si le rappel de ce principe général est utile, la faiblesse d'une telle étude est d'ignorer que la définition du leadership varie grandement selon l'appartenance des échantillons interrogés à tel ou tel niveau d'existence de la Spirale Dynamique. Chaque vMème attend de ses leaders des traits de caractère et des comportements bien différents.
Source : Daniel R. Ames, Francis J. Flynn, What Breaks a Leader: The Curvilinear Relation Between Assertiveness and Leadership
Lundi 22 janvier 2007
Pas dégoûté
Parmi les cinq émotions à indicateurs comportementaux universels recensées par les travaux de Paul Ekman (cf. "Trop récent"), il y a le dégoût. Le dégoût est une émotion qui n'apparaît qu'entre 4 et 8 ans et qui a quatre déclencheurs possibles : l'étrange, le malsain, le malheureux et l'immoral.
Quand on projette un film montrant une circoncision aborigène ou une opération chirurgicale de l'œil, les spectateurs du monde entier manifestent du dégoût… sauf une minorité d'environ 20% qui ont des expressions de tristesse ou de souffrance.
Environ 20% des gens qui partagent le ressenti de l'autre, cela me fait irrésistiblement penser aux deux neuvièmes (soit 22%) de la population humaine que la théorie de l'ennéagramme décrit comme fusionnels : les ennéatypes 2 et 9.
Source : Paul Ekman, Emotions revealed, Londres (Royaume Uni), Phoenix, 2003.
Mardi 16 janvier 2007
Trop récent
Paul Ekman est un des meilleurs spécialistes mondiaux de l'étude scientifique des émotions. Ses recherches ont principalement porté sur la détermination des émotions qui étaient vécues de manière semblable dans toutes les cultures. Il a constaté qu'il y en avait cinq pour lesquelles il existait des indicateurs comportementaux précis et universels. De la Chine au Brésil, du Kazakhstan à la Papouasie, tous les êtres humains mobilisent les mêmes muscles de la même manière pour signaler la tristesse et le désespoir, la colère, la surprise et la peur, le dégoût et le mépris, et le contentement. Ces indicateurs permettent d'envoyer des signaux clairs aux autres personnes, et constituent donc une forme précise de communication.
Paul Ekman a été surpris qu'il n'existe pas d'indicateurs universels pour des émotions aussi répandues que la culpabilité, la honte ou l'envie. Il émet l'hypothèse que ces émotions sont apparues tardivement dans l'histoire de l'évolution humaine, et qu'il ne s'est donc pas écoulé assez de temps depuis leur apparition pour qu'un signal efficace ait eu le temps de se développer.
En termes de Spirale Dynamique, cette hypothèse fait sens. La honte est une émotion qui caractérise le vMème ROUGE, la culpabilité est un des grands marqueurs de BLEU, et l'envie présuppose la conscience d'un soi séparé et est donc sans doute contemporaine de ROUGE. Hier à l'échelle de l'évolution.
Source : Paul Ekman, Emotions revealed, Londres (Royaume Uni), Phoenix, 2003.
Jeudi 14 décembre 2006
Ah ! Ces sacrés ados…
Les adolescents font souvent des choses que nous autres adultes trouvons peu réfléchies. Mais si nous sommes lucides, nous savons bien que nous étions pareils…
Les professeurs Valerie F. Reyna, du département du Développement humain de l'Université de Cornell, et Frank Farley de l'Université de Temple, viennent de démontrer que les apparences sont trompeuses. En fait, avant de s'engager dans des activités à risque, les adolescents évaluent plus les dangers que les adultes, réfléchissent plus longtemps qu'eux (170 millisecondes de plus) aux avantages et aux inconvénients, et à l'arrivée surestiment les risques. Mais ceci fait… ils s'engagent dans lesdites activités si elles procurent une satisfaction immédiate ou si elles leur valent l'approbation de leurs pairs.
Ces travaux me semblent s'intégrer parfaitement dans le modèle de la Spirale Dynamique. Dans notre culture et à notre époque, l'adolescence peut être perçue comme une crise où une personne en BLEU vit un creux γ en ROUGE. Les travaux de Reyna et Farley peuvent être alors interprétés comme une capacité en BLEU à évaluer la situation, mais une décision finale en ROUGE au nom de l'impulsivité du vMème ou de son évitement de la honte.
Source : Valerie F. Reyna, Frank Farley, Risk and Rationality in Adolescent Decision Making: Implications for Theory, Practice, and Public Policy
Vendredi 1 décembre 2006
30.000 ans de gagnés !
Le professeur Sheila Coulson, de l'Université d'Oslo, vient de bouleverser l'histoire de l'humanité, et par voie de conséquence celle de la Spirale Dynamique.
Les San sont une ethnie de bochimans vivant actuellement dans le Ngamiland, au Nord-ouest du Botswana. Ils considèrent le python comme un animal sacré et dans leur mythologie, l'humanité descend du python. Au milieu du désert du Kalahari, les San considèrent comme sacrée un ensemble de petites crêtes, les collines de Tsodilo qui sont célèbres pour avoir la plus grande concentration au monde de peintures rupestres dans le monde.
Sheila Coulson et ses étudiants recherchaient des objets manufacturés fabriqués au cours de l'Âge de pierre par les ancêtres des San. Dans une petite caverne, au nord-est de Tsodilo, ils ont découvert un grand rocher de six mètres de long et de deux mètres de hauteur qui ressemblait à une tête de python. Le rocher portait trois à quatre cents marques qui ne pouvaient pas être d'origine naturelle : « Vous pouviez voir la bouche et les yeux du serpent. On aurait dit un vrai python. Les reflets de la lumière du soleil sur les marques leur donnaient l'apparence de la peau de serpent. La nuit, à la lumière du feu, on avait l'impression que le serpent se déplaçait réellement. »
En creusant un puit de sondage devant la pierre, les archéologues ont trouvé plus de 13.000 objets manufacturés, les plus anciens datant de 70.000 ans. Les pierres qui avaient servi à fabriquer plusieurs d'entre eux n'étaient pas originaires de la région de Tsodilo, mais d'endroits situés à plusieurs centaines de kilomètres. Au fond du puits, les chercheurs trouvèrent les pierres qui avaient été utilisées pour faire les marques sur le rocher. « Il n'y avait aucun signe d'habitation normale. Aucun outil ordinaire n'a été trouvé à l'emplacement. […] Toutes les indications suggèrent que Tsodilo a été pour l'humanité, pendant presque 100.000 ans, un endroit très spécial dans le paysage préhistorique. »
Sheila Coulson a aussi trouvé une chambre secrète derrière le rocher en forme de python, avec une entrée latérale. Plusieurs signes indiquent que cet endroit a été utilisé par de nombreuses personnes. « Le shaman, qui est toujours une personne très importante dans la culture des San, pourrait s'être caché dans cette chambre secrète. Il aurait eu une bonne vue de l'intérieur de la caverne tout en étant lui-même invisible. Quand il parlait depuis sa cachette, il pourrait avoir semblé que la voix venait du serpent lui-même. Le shaman aurait pu tout contrôler. C'était parfait. »
Sheila Coulson a donc découvert le plus ancien rituel humain connu ! Jusqu'au début du XXIe siècle, les historiens étaient persuadés que la civilisation humaine s'était développée en Europe, il y a 40.000 ans, après que les hominidés aient quitté l'Afrique. Les fouilles de Christopher Henshilwood dans la caverne de Blombos en Afrique du Sud avaient déjà montré qu'il y avait erreur de lieu. La sensationnelle découverte de Sheila Coulson prolonge d'un seul coup de 30.000 ans ce type de culture humaine, et nous force donc à changer la date d'apparition du vMème VIOLET.
Source : World's Oldest Ritual Discovered – Worshipped The Python 70,000 Years Ago
Mercredi 22 novembre 2006
Transmutation
« L'argent qui corrompt, l'argent qui achète, l'argent qui écrase, l'argent qui tue, l'argent qui ruine, et l'argent qui pourrit jusqu'à la conscience des hommes ! » Les amateurs d'histoire se souviennent de cette célèbre diatribe contre les excès du monde ORANGE prononcée par François Mitterrand en 1971 au Congrès d'Épinay. Et bien, il avait partiellement raison !
Kathleen Vohs, psychologue et professeur assistant de marketing à la Carlson School of Management (Université du Minnesota) vient de démontrer que l'argent, ou plus exactement la simple exposition au concept d'argent, transforme nos mentalités.
Dans les expériences qu'elle a menées, des sujets sont occupés à des tâches diverses ou à des jeux de lettres. Leur comportement change s'ils sont exposés au concept d'argent, comme des images représentant de l'argent, de la monnaie sur une table, des gens qui parlent d'argent à côté d'eux, etc. Précisons bien que leur activité en elle-même n'a pas été modifiée : ils n'ont financièrement rien à gagner de ce qu'ils sont en train de faire. L'évolution de leur attitude comprend à la fois des aspects positifs et négatifs. Ils deviennent plus autosuffisants, se mettent plus fréquemment à travailler ou à jouer seul, demandent moins d'aide et sont moins disposés à en donner. Plusieurs accroissent même la distance physique qui les sépare des autres.
« Ce n'est pas méchant, dit Vohs. Les gens se concentrent sur leurs propres objectifs – mais malheureusement pas sur ceux des autres – et sont motivés pour travailler vraiment dur afin de les atteindre. »
Il serait intéressant de savoir si une telle étude donnerait les mêmes résultats dans des sociétés où le vMème ORANGE n'est pas le niveau d'existence dominant.
Source : Money… it's more than an incentive according to U of M researcher
Dimanche 3 septembre 2006
Empathie
L'empathie n'est pas à proprement parler une émotion. Elle est une réaction aux émotions des autres. Robert W. Levenson et Anna M. Reuf distinguent trois formes d'empathie. Dans l'empathie cognitive, nous reconnaissons ce que ressentent les autres. Dans l'empathie émotionnelle, nous ressentons ce qu'ils ressentent. Dans l'empathie compassionnelle, nous voulons les aider à gérer la situation et leurs émotions. Nous retrouvons là sans surprise les trois centres de l'Ennéagramme.
Nos deux spécialistes considèrent qu'il ne peut pas y avoir d'empathie sans empathie cognitive, mais que l'empathie compassionnelle peut très bien exister sans empathie émotionnelle. Réalité ou reflet de leur propre hiérarchie des centres ?
Source : Paul Ekman, Emotions revealed, Londres (Royaume Uni), Phoenix, 2003.
Lundi 7 août 2006
Deuil VIOLET
Dans Emotions revealed, Paul Ekman raconte l'histoire suivante :
« Quand j'étais dans les montagnes de Nouvelle-Guinée, j'ai appris autre chose à propos du deuil. Un jour, j'ai quitté le village dans lequel je vivais, et je me suis rendu à pied au centre régional d'Okapa, où il y avait un hôpital australien, dans le but d'y prendre une douche et de recharger les batteries de ma caméra. Une femme, qui habitait un village à quelques kilomètres de là, était venue à l'hôpital avec un bébé gravement malade, qui malheureusement n'avait pas survécu. Le médecin australien s'apprêtait à ramener la femme et le corps de son bébé dans leur village, et il me proposa d'en profiter pour me raccompagner. La femme s'assit calmement dans la Land Rover, tenant le bébé dans ses bras, et resta ainsi, inexpressive, pendant tout le trajet. Quand elle vit sa famille et ses amis, elle se mit à pleurer, montrant tous les signes d'une douleur intense. Le médecin en déduisit qu'elle n'était pas sincère et que son attitude n'était qu'un rituel émotionnel destiné à impressionner les habitants du village. Il pensait que si elle avait ressenti un réel désespoir, elle l'aurait montré durant le voyage. »
Une autre interprétation est évidemment possible. Dans une culture centrée en VIOLET, l'individu n'a pas d'existence propre. Quand cette femme est loin de sa tribu, elle est en quelque sorte en suspens, hors de la vie et du monde. Non seulement montrer des émotions n'est pas possible, mais même les ressentir n'a pas de sens réel en dehors du corps social sans lequel elle n'existe pas.
Source : Paul Ekman, Emotions revealed, Londres (Royaume Uni), Phoenix, 2003.

Commentaires
mar 13 mai 08, 20:33
Bonjour Fabien, bonjour Aurore , Je suis pour ma part tout à fait capable de condu [...]
mar 13 mai 08, 09:46
Bonjour Aurore, [i]« Il y a un côté instinctif dans le po rt de la ceinture : je b [...]
lun 12 mai 08, 18:07
Ce que j’en pense ? Il y a un côté instinctif dans le por t de la ceinture : je bo [...]
lun 12 mai 08, 11:10
Bonjour Sylvain, [i]« Ça dit bien "La branche des cténoph ores est apparue avant c [...]
lun 12 mai 08, 10:49
Bonjour Aurore, Je ne suis pas convaincu que ce que tu dé cris soit du pur BEIGE. [...]
lun 12 mai 08, 10:05
Bonjour Fabien, Ça dit bien "La branche des cténophores e st apparue avant celle d [...]
lun 12 mai 08, 08:48
Bonjour Fabien, Chic un nou veau jeu pour réfléchir à nos activations de vMèmes ! [...]
mer 23 avr 08, 19:09
Bonsoir, Je me permets de r éouvrir ce billet. François Léotard attribue à Nico [...]
mar 22 avr 08, 14:33
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