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Ce blog ne fait qu'effleurer la richesse et la puissance des modèles qu'il aborde. Sachez en utiliser tout le potentiel avec une formation. Prochains points d’entrée :
Ennéagramme : Bases, les 17 & 18 mars 2012
Spirale Dynamique : Bases, les 24 & 25 mars 2012
Cycle des organisations, les 3 & 4 novembre 2012
À bientôt !
Jeudi 1 décembre 2011
Contenir le développement de ROUGE (2/2)
Il nous reste à aborder la part de la structure familiale dans la violence et la délinquance des jeunes, notamment de sexe masculin. Même si d'autres structures familiales peuvent peut-être être impliquées, il y a une corrélation bien connue entre ces phénomènes et les familles monoparentales constituées d'une mère et d'un ou plusieurs enfants. Les enfants élevés sans père ont statistiquement plus de risques d'être violents, d'être blessés, d'avoir des problèmes, d'être en échec scolaire ou d'être membre d'une bande à l'adolescence. Une étude australienne a démontré que 80 % des violeurs motivés par une colère déplacée avaient été élevés sans père. En 1999, 80 % des membres de gangs aux États-Unis venaient de foyers sans père. Une étude canadienne, publiée cet été, a suivi 138 enfants de l'âge de 3 à 5 ans jusqu'au début de l'adolescence : les enfants dont le père est absent ont des moins bons résultats aux tests d'intelligence et des problèmes émotionnels plus fréquents, indépendamment du positionnement socio-économique de leur famille.
Le nombre de familles monoparentales augmente régulièrement parallèlement à la délinquance des jeunes. En France, en 2005, selon l'Insee, 1,76 million de familles sont constituées d'un seul adulte vivant avec un ou plusieurs enfants. Dans 85 % des cas, il s'agit de la mère, 90 % même quand les enfants ont moins de 6 ans. 17,7 % des enfants, soit 2,84 millions, vivent aujourd'hui dans une famille monoparentale.
Une corrélation statistique n'est pas forcément une causalité. L'Ennéagramme et la Spirale Dynamique nous permettent de pousser l'analyse un peu plus loin.
Quand un vMème se met en place, ses excès ne peuvent être contenus que par une influence extérieure ou par un frein intérieur venant des niveaux d'existence précédents. Par exemple, des parents centrés en VERT aident leurs enfants à mettre en place un ORANGE sans trop de narcissisme ; un enfant ayant un ORANGE bien développé sait faire entendre et prendre en compte son point de vue dans ses diverses communautés lorsqu'il passe en VERT.
Le développement d'un enfant nécessite la présence d'une figure nourricière et d'une figure protectrice. Traditionnellement, ces rôles sont joués respectivement par la mère et par le père, mais rien n'empêche d'autres personnes de les tenir. Il est toutefois nécessaire que ce soient des personnes différentes qui remplissent ces rôles quand l'enfant est très jeune, car il n'a pas alors le développement cognitif lui permettant de comprendre et gérer des situations où la même personne a les deux attitudes (cf. par exemple les travaux de Gregory Bateson sur la double contrainte et la schizophrénie).
Le lien entre l'instinct social de l'Ennéagramme et le niveau VIOLET de la Spirale Dynamique nous apprend que la figure protectrice joue un rôle déterminant dans le développement d'un VIOLET sain. Dans une famille monoparentale où l'adulte est la mère agissant en tant que figure nourricière et où le père n'est pas impliqué dans l'éducation de ses enfants, le rôle de figure protectrice ne peut donc être tenu que par un autre membre de la famille, oncle ou grand-père par exemple, ou une par une personne extérieure à la famille. Le rôle est sans doute moins bien joué qu'il ne pourrait l'être par le père parce que les contacts entre l'enfant et cette personne sont généralement plus épisodiques.
En l'absence de cette personne, le développement du vMème VIOLET n'est pas suffisant pour créer un sentiment convenable de sécurité. Du fait, VIOLET ne pourra pas jouer son rôle de frein interne aux excès de ROUGE. La figure protectrice est aussi celle qui, de l'extérieur, peut dire à l'enfant quel comportement ROUGE est acceptable et lequel ne l'est pas. Le manque de la figure protectrice touche négativement les enfants des deux sexes, ce qui explique qu'il y ait aussi une augmentation forte de la délinquance des jeunes filles. Cependant, il a un impact supplémentaire chez les garçons qui construisent traditionnellement leur identité masculine en s'identifiant à un homme de leur entourage — cela changera peut-être dans les sociétés dominées par VERT et au-delà, mais traiter ce point serait un sujet à part entière.
Les enquêtes criminologiques vont dans le même sens : le gros des jeunes délinquants est constitué de garçons issus d'une famille monoparentale sans père et n'ayant pas eu par ailleurs un mentor mâle plus âgé. Dans notre monde ORANGE, les familles monoparentales sont très isolées, et ce mentorat n'est que rarement exercé par un proche. Cette situation évoluera spontanément avec VERT où la famille va à nouveau s'élargir : cf. par exemple “Crustacés et coquillages” ou “Familles plurielles”.
Mais que faire en attendant ? A priori, dans nos pays, tous les enfants passent par l'école, et c'est donc le lieu idéal pour leur proposer les mentors peut-être absents de leur milieu familial. Théoriquement.
En France, au 31 janvier 2006, 79,3 % des professeurs des écoles étaient des femmes, ce qui est conforme à la moyenne des pays développés (80 % en 1997 selon l'UNESCO) ; ce pourcentage dépasse 90 % dans les écoles maternelles. 71 % des directeurs d'école sont des femmes. Les femmes sont aussi les plus nombreuses pour les professeurs certifiés (62,9 %), mais deviennent minoritaires pour les professeurs agrégés (49,2 %) et d'université (17,6 %).
Une étude canadienne liste quatre causes à cette surreprésentation des femmes dans l'enseignement primaire :
- le lien complexe entre masculinité et sollicitude ;
- le salaire trop bas et le statut de la profession ;
- le fait que l'enseignement primaire soit une profession à prédominance féminine ;
- la proximité physique avec les élèves.
Voilà des pistes pour une prochaine réforme de l'Éducation nationale…
Revenons aux cinq causes de la montée probable de la délinquance des jeunes citées dans la première partie de cet article. Le constat que j'ai dressé ici n'est pas révolutionnaire. Les personnes dites de gauche ont l'habitude de mettre l'accent sur les raisons socio-économiques du phénomène, là où celles dites de droite sont plutôt sensibles aux raisons familiales et éducatives. L'intérêt de la Spirale Dynamique est qu'en nous forçant à prendre en compte tous les niveaux d'existence, elle nous aide à prendre de la distance avec nos systèmes de croyance et à avoir une analyse plus complète et plus objective.
Source 1 : Philip Zimbardo, "The demise of guys ?" TED, 2011
Source 2 : "Répères et statistiques : les personnels", Ministère de l'Éducation nationale, Août 2006.
Source 3 : Lucie Charbonneau, "Enseigner au primaire : Vision de la masculinité dans un monde féminin", CRIFPE, Mai 2009
Source 4 : Olivier Chardon, Fabienne Daguet & Émilie Vivas, "Les familles monoparentales : Des difficultés à travailler et à se loger", Division Enquêtes et études démographiques de l'Insee, Juin 2008.
Source 5 : Gay Arndt Bradshaw. Elephants on the Edge : What Animals Teach Us About Humanity. Londres (Royaume Uni) ; Yale University Press ; 2009.
Source 6 : Erin Pougnet, Lisa A. Serbin, Dale M. Stack & Alex E. Schwartzman, "Fathers' influence on children's cognitive and behavioural functioning : A longitudinal study of Canadian families", Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement, Vol. 43, N° 3, Juillet 2011, p. 173-182.
Samedi 26 novembre 2011
Contenir le développement de ROUGE (1/2)
Selon des statistiques du ministère de l'Intérieur, le nombre de délits commis par des mineurs a augmenté de 132,7 % entre 1993 et 2010. La plus forte hausse, consommation de stupéfiants exceptés, concerne les atteintes physiques aux personnes : + 298,6 %. Même dans la catégorie des vols qui progresse beaucoup moins, l'évolution des vols avec violence est la plus importante.
Comme toutes les statistiques, celles-ci doivent être prises avec circonspection. L'augmentation du nombre d'affaires déclarées n'est pas forcément le signe d'une augmentation du nombre de cas réels, mais peut être simplement l'indicateur d'une moindre tolérance de la société face à certains actes. De plus le manque de civilité des jeunes est un sujet de plainte sans doute aussi ancien que l'humanité. C'est devenu un cliché — mais je ne recule devant rien ! — de citer à ce propos les lamentations de Socrate : « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. »
En augmentation ou non, cette problématique est, aujourd'hui comme déjà au temps de Socrate, une expression du niveau d'existence ROUGE. Elle touche principalement les garçons, même si la criminalité des filles est elle aussi en très forte augmentation. Même quand ils ne se livrent pas à des comportements asociaux, les garçons traversent aujourd'hui des problèmes graves déjà évoqués sur ce blog il y a cinq ans : ils ont 30 % de plus de chances de ne pas terminer leurs études que les filles et ne représentent que 45 % des diplômés de l'université, peut-être parce qu'ils ont une probabilité 5 fois plus grande d'être atteint de trouble du déficit de l'attention.
Les garçons touchés par ces phénomènes subissent les conséquences de cinq types de causes, soit en allant du général au particulier :
- Contexte social ;
- Difficultés économiques ;
- Structure familiale ;
- Relations familiales ;
- Patrimoine génétique.
Ces causes ne sont pas indépendantes les unes des autres, mais constituent bien au contraire un système complexe qu'il serait utile de préciser et de cartographier. Par exemple, souvent les difficultés économiques ont un impact sur la famille, d'abord ses relations, puis sa structure qui, à son tour, influe sur la situation économique de la famille ; ou bien un changement de structure familiale se traduit par des difficultés économiques qui modifient les relations familiales ; etc. Il semble donc très improbable que le problème soit soluble en n'agissant que sur un seul de ces paramètres.
Les causes sociales et économiques ont été notamment évoquées dans le billet “Après ROUGE… BLEU” et dans un article publié en 2005 sur notre site consacré à la Spirale Dynamique : “Un outil performant d'analyse des conflits”. Qu'elles ne soient pas rappelées ici n'en diminue aucunement l'importance.
Les trois autres causes posent plus de problème. À part l'indispensable lutte contre les violences conjugales, les relations familiales sont du ressort de la sphère privée, et il est donc difficile d'agir en ce domaine, même si plusieurs auteurs les considèrent comme la cause majeure de la délinquance des jeunes. Il faut dire que les deux dernières explications sont suffisamment politiquement incorrectes pour que beaucoup évitent de les aborder.
La cause génétique est pourtant incontestable. On sait en Ennéagramme que deux profils de personnalité sont plus sujets à des comportements sociaux déviants que les autres. Quant au trouble de l'attention, la part génétique qui affecte le rôle des transporteurs de dopamine est bien connue. Dans ce domaine aussi, on sait que l'influence du patrimoine génétique est probabilité, et non fatalité. Une éducation prenant en compte respectueusement et fermement ces enfants est suffisante pour régler le problème dans la majorité des cas.
Lundi 21 novembre 2011
Faux jumeaux
Quand nous enseignons, dans nos formations à l'Ennéagramme, des techniques d'élargissement de l'attention, certains des participants ont du mal à admettre qu'il soit possible d'exécuter une tâche mentale tout en étant attentif au monde extérieur. Jusqu'à aujourd'hui, il nous était assez difficile de leur répondre autrement qu'en leur disant que puisque nous et d'autres y arrivions, c'est que c'était réalisable.
Depuis plusieurs mois, les spécialistes du cerveau commencent à faire la distinction entre attention et conscience, deux concepts qui a priori se ressemblent et impliquent de savoir que quelque chose est là. Attention et conscience semblaient indissolublement liés.
Une équipe dirigée par Po-Jang Hsieh, un chercheur qui travaille à la Duke-NUS Graduate Medical School de Singapour et au MIT, a récemment démontré que ces deux phénomènes sont découplés. Des dispositifs expérimentaux permettent, par exemple, de projeter dans un œil une image animée et colorée, et dans l'autre des formes immobiles. La conscience est automatiquement dirigée vers le premier motif, et l'autre n'est pas « vu ». Pourtant on peut vérifier que le sujet testé réagit à la couleur de la forme immobile : son attention l'a perçue, mais sa conscience non.
À l'institut Max Planck de cybernétique biologique, Masataka Watanabe et son équipe ont mené des expériences similaires et complémentaires tout en observant le niveau d’oxygénation cérébrale (signal BOLD) du cortex visuel à l'aide de la technique d'IRM fonctionnel. Non seulement, leurs travaux confirment la séparation des fonctions d'attention et de conscience, mais ils montrent que le cortex visuel primaire, qui est le point d'entrée des informations visuelles, est régulé uniquement par l'attention, et pas du tout par la conscience.
Masataka Watanabe s'est déclaré « surpris » par les résultats de ses propres travaux. Nous le sommes moins ! Les personnes qui ont des difficultés à pratiquer les techniques d'élargissement de l'attention sont sans doute celles qui voudraient être conscientes de l'ensemble des éléments de leur expérience intérieure et extérieure. Un lâcher prise est nécessaire ici pour accepter que les différents éléments de notre expérience sont perçus différemment, et que l'attention est distincte du fonctionnement de la conscience, et notamment du centre mental.
Source 1 : Po-Jang Hsieh, Jaron T. Colas & Nancy Kanwisher, "Attention and Awareness Aren’t The Same", American Psychological Association, 6 juin 2011.
Source 2 : Masataka Watanabe, Kang Cheng, Yusuke Murayama, Kenichi Ueno, Takeshi Asamizuya, Keiji Tanaka & Nikos Logothetis, "Attention but not Awareness Modulates the BOLD Signal in Human V1 During Binocular Suppression", Science, Vol. 334, N° 6057, 11 novembre 2011, p. 829-831.
Jeudi 27 octobre 2011
Que la défaite est belle !
Hier, l'équipe française ayant participé à la Coupe du monde de rugby est rentrée au pays. Elle a été accueillie triomphalement, reçue avec les honneurs par Nicolas Sarkozy, puis fêtée au cours d'un grand dîner par la Fédération française de rugby. Ainsi la France a pu rejouer une nouvelle fois la partition du perdant magnifique ! Elle manifeste de la sorte à la fois le niveau d'existence ROUGE de la Spirale Dynamique et son type 4 dans l'Ennéagramme.
ROUGE. L'équipe française a perdu contre les All Blacks, mais c'est dans l'honneur puisqu'elle a plutôt bien joué. A contrario, nos passages en quart de finale malgré la catastrophique défaite contre les Tongiens, puis en demi-finale et en finale malgré un jeu médiocre n'étaient pas perçus comme mérités. Les supporters et les journalistes en étaient presque à plaindre les Anglais ou les Gallois dont l'élimination semblait illégitime.
Ennéatype 4. David contre Goliath, l'équipe de France n'était pas favorite et affrontait la meilleure équipe du monde. Elle a pourtant réussi à frôler la victoire : un malheureux petit point ! Mieux, nous aurions peut-être gagné sans des décisions « qui prêtent à confusion et plus encore à discussion » de l'arbitre sud-africain Craig Joubert. Tout est donc conjugué pour générer un sentiment d'être injustement rejeté, et une agréable mélancolie en songeant au but ultime approché, mais non atteint.
Jeudi 16 juin 2011
Handicap
Jessica Tracy, de l'Université de Colombie Britannique, s'est intéressée à la relation entre l'attraction sexuelle qu'exerce une personne et les émotions qu'elle manifeste. Pour cela, elle a mesuré les réactions d'environ un millier de participants adultes à des photos de personnes du sexe opposé manifestant de la joie, de la fierté ou de la honte, ou étant neutre émotionnellement.
Chez les hommes, ceux qui ont l'air heureux et sont souriants sont considérés comme les moins attirants. À l'étonnement des chercheurs, ceux qui montrent de la honte font mieux, peut-être parce que c'est un « indicateur de conscience des normes sociales ». Moins surprenant, les plus séduisants sont ceux qui manifestent de la fierté, symbole de « statut et de compétence, et donc d'une capacité à s'occuper d'un partenaire et d'une progéniture ».
Chez les femmes, le classement est exactement inverse. Du moins plaisant au plus attirant : fierté, honte, puis joie.
Les normes traditionnelles biologiques et culturelles liées au genre sont donc encore bien puissantes, « au moins dans les cultures occidentales ».
Voilà qui ne va pas faire plaisir aux connaisseurs de l'Ennéagramme. Dans ce domaine de l'existence, si vous êtes un homme, il vaut mieux ne pas appartenir au type 7, et si vous êtes une femme aux ennéatypes 3 ou 8 !
Si, comme moi, vous n'êtes pas dans une combinaison genre-ennéatype favorable, Jessica Tracy essaye de nous consoler : « Il est important de se souvenir que cette étude n'a exploré que des premières impressions. […] Nous ne demandions aux participants s'ils pensaient que ces personnes feraient de bons amis ou conjoints. Nous voulions uniquement leur réaction instinctive concernant une attraction charnelle et sexuelle. »
Source : Jessica L. Tracy & Alec T. Beall, "Happy guys finish last : The impact of emotion expressions on sexual attraction", Emotion, 23 mai 2011.
Mardi 17 mai 2011
Cérémonie en Ouzbékistan
Sauf à Tachkent la capitale, on croise régulièrement d'étranges cortèges dans les rues des villes d'Ouzbékistan. Un homme habillé de noir avance gravement. À ses côtés, une femme en robe blanche marche, détournant le visage et affichant une mine défaite. Le couple est suivi par plusieurs personnes.
Il s'agit d'un mariage.
Comme dans beaucoup de cultures où le vMème VIOLET est fort, il est obligatoire que la nouvelle épouse manifeste ostensiblement sa tristesse de quitter ses parents. Une attitude joyeuse serait totalement inconvenante.
La cérémonie du mariage est assez complexe et dure deux jours. Au cours du matin du deuxième jour, les nouveaux mariés se retrouvent, pieds nus, dans une pièce de la maison des parents de l'homme. Le premier qui marche sur les pieds de l'autre devient de fait le chef du foyer. Bien évidemment, ce moment est totalement ritualisé et se résume à l'époux posant son pied sur celui de la mariée. Théoriquement.
Lors du voyage que Patricia et moi avons fait en Ouzbékistan en avril dernier, notre guide, une fort compétente et sympathique ennéatype 8, nous a raconté ses propres noces : « Je ne connaissais pas vraiment la coutume, alors je lui ai marché sur le pied en premier. Ma belle-mère a fait une tête… intéressante ! Bon, alors on a recommencé et je lui ai laissé me marcher sur le pied. » Rappelons quand même que la connaissance des traditions ouzbèkes fait à la fois partie de sa culture et de son métier : bel exemple donc de la compulsion d'évitement de la faiblesse suivi du mécanisme de défense de dénégation. L'Ennéagramme est décidément universel.
Mardi 26 avril 2011
Mais comment diable est-ce que je voulais titrer cet article ?
En Ennéagramme, nous étudions les transes hypnotiques favorites des différents profils de personnalité. L'ennéatype 7 est le champion de l'amnésie, talonné par le 9. Une étude menée à l'université du Missouri démontre une corrélation entre l'amnésie et l'optimisme du 7.
Elizabeth Martin a fait passer des tests de mémoire à deux groupes de participants. Le premier avait vu auparavant une vidéo éducative, et le second une comédie. De meilleure humeur, le second groupe a eu des résultats significativement plus mauvais que le premier. Cette recherche concerne uniquement la mémoire de travail, mais Elizabeth Martin a l'intention de la prolonger sur d'autres formes de mémoire et dans des contextes de la vie quotidienne comme les salles de classe — mince, il va peut-être falloir que je cesse de faire rire les participants à mes stages si je souhaite qu'ils mémorisent ce qui y est dit !
Elizabeth Martin essaye d'être consolante : « Même si cela diminue l'efficacité de la mémoire de travail, être de bonne humeur n'est pas uniquement négatif. Il a été prouvé qu'être de bonne humeur améliorait diverses capacités cognitives, et notamment la capacité à résoudre des problèmes de façon créative. » Mais ça, nous autres 7 le savions déjà.
Source : Elizabeth Martin & John Kerns, "The influence of positive mood on different aspects of cognitive control", Cognition & Emotion, Vol. 25, N° 2, 2011, p. 265-279.
Samedi 9 avril 2011
Gargouillement
Nous savons depuis fort longtemps que nous ne pouvons pas vivre sans les millions de bactéries qui peuplent nos intestins. Cela pose d'ailleurs des questions sur la définition de notre corps que nous étudions dans notre formation Néti Néti. Des chercheurs du Brain-Body Institute, dans l'Ontario au Canada, ont découvert que l'impact de ces bactéries sur notre fonctionnement va bien au-delà de la régulation des fonctions intestinales et de certains problèmes de santé qui y sont liés.
Des échanges permanents bidirectionnels ont lieu entre le microbiote — le nom actuellement donné par les scientifiques à la flore intestinale — et le cerveau. Ces échanges influent sur des maladies du métabolisme comme l'obésité ou le diabète.
Cette communication altère aussi l'expression des gènes de l'apprentissage et de la mémoire dans l'hippocampe. Elle a aussi un lien avec des problèmes psychiatriques, notamment les troubles de l'anxiété : ce n'est peut-être pas un hasard que dans nos formations à l'Ennéagramme, tant d'ennéatypes 6 évoquent des nœuds dans le ventre et d'autres douleurs abdominales.
Jane Foster conclut : « Dans mon laboratoire, nous avons formulé l'hypothèse que l'état de notre système immunitaire et de notre microbiote — qui sont en communication constante — influence notre personnalité. […] L'idée qui sous-tend nos recherches est de voir s'il est possible de développer de nouvelles thérapies qui cibleraient sur le corps et éviteraient les complications dues à une intervention directe sur le cerveau. »
Source : Karen-Anne M. Neufeld, Ning Kang, John Bienenstock & Jane A. Foster, "Reduced anxiety-like behavior and central neurochemical change in germ-free mice", Neurogastroenterology & Motility, Vol. 23, N° 3, Mars 2011, p. 255-e119.
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ven 6 jan 2012, 06:37