Selon des statistiques du ministère de l'Intérieur, le nombre de délits commis par des mineurs a augmenté de 132,7 % entre 1993 et 2010. La plus forte hausse, consommation de stupéfiants exceptés, concerne les atteintes physiques aux personnes : + 298,6 %. Même dans la catégorie des vols qui progresse beaucoup moins, l'évolution des vols avec violence est la plus importante.
Comme toutes les statistiques, celles-ci doivent être prises avec circonspection. L'augmentation du nombre d'affaires déclarées n'est pas forcément le signe d'une augmentation du nombre de cas réels, mais peut être simplement l'indicateur d'une moindre tolérance de la société face à certains actes. De plus le manque de civilité des jeunes est un sujet de plainte sans doute aussi ancien que l'humanité. C'est devenu un cliché — mais je ne recule devant rien ! — de citer à ce propos les lamentations de Socrate : « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. »
En augmentation ou non, cette problématique est, aujourd'hui comme déjà au temps de Socrate, une expression du niveau d'existence ROUGE. Elle touche principalement les garçons, même si la criminalité des filles est elle aussi en très forte augmentation. Même quand ils ne se livrent pas à des comportements asociaux, les garçons traversent aujourd'hui des problèmes graves déjà évoqués sur ce blog il y a cinq ans : ils ont 30 % de plus de chances de ne pas terminer leurs études que les filles et ne représentent que 45 % des diplômés de l'université, peut-être parce qu'ils ont une probabilité 5 fois plus grande d'être atteint de trouble du déficit de l'attention.
Les garçons touchés par ces phénomènes subissent les conséquences de cinq types de causes, soit en allant du général au particulier :
- Contexte social ;
- Difficultés économiques ;
- Structure familiale ;
- Relations familiales ;
- Patrimoine génétique.
Ces causes ne sont pas indépendantes les unes des autres, mais constituent bien au contraire un système complexe qu'il serait utile de préciser et de cartographier. Par exemple, souvent les difficultés économiques ont un impact sur la famille, d'abord ses relations, puis sa structure qui, à son tour, influe sur la situation économique de la famille ; ou bien un changement de structure familiale se traduit par des difficultés économiques qui modifient les relations familiales ; etc. Il semble donc très improbable que le problème soit soluble en n'agissant que sur un seul de ces paramètres.
Les causes sociales et économiques ont été notamment évoquées dans le billet “Après ROUGE… BLEU” et dans un article publié en 2005 sur notre site consacré à la Spirale Dynamique : “Un outil performant d'analyse des conflits”. Qu'elles ne soient pas rappelées ici n'en diminue aucunement l'importance.
Les trois autres causes posent plus de problème. À part l'indispensable lutte contre les violences conjugales, les relations familiales sont du ressort de la sphère privée, et il est donc difficile d'agir en ce domaine, même si plusieurs auteurs les considèrent comme la cause majeure de la délinquance des jeunes. Il faut dire que les deux dernières explications sont suffisamment politiquement incorrectes pour que beaucoup évitent de les aborder.
La cause génétique est pourtant incontestable. On sait en Ennéagramme que deux profils de personnalité sont plus sujets à des comportements sociaux déviants que les autres. Quant au trouble de l'attention, la part génétique qui affecte le rôle des transporteurs de dopamine est bien connue. Dans ce domaine aussi, on sait que l'influence du patrimoine génétique est probabilité, et non fatalité. Une éducation prenant en compte respectueusement et fermement ces enfants est suffisante pour régler le problème dans la majorité des cas.
À suivre…
Rétroliens