Samedi 23 octobre 2010
De ROUGE à BLEU en passant par le mPFC
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#1 Par
le
23.10.2010 à 21:53
Bonjour à tous,
C'est intéressant de constater que l'intuition de Graves est validée sur des rats. Des rats en BLEU ?
Très amicalement,
Claude Marie
C'est intéressant de constater que l'intuition de Graves est validée sur des rats. Des rats en BLEU ?
Très amicalement,
Claude Marie
#2 Par
le
25.10.2010 à 11:13
Bonjour Claude Marie,
Énormément d'expérimentations à la fois physiques et psychologiques ont été transférées avec succès du rat à l'homme : nous ne sommes pas si différents que cela… Les rats bâillent, rient, jouent, éprouvent des émotions devant les souffrances de leurs congénères, et sont d'une intelligence redoutable. Certains disent que, compte tenu de la taille de son cerveau, le rat est l'animal est le plus intelligent du monde après l'homme, et Einstein affirmait que si le rat pesait 20 kg de plus, il serait le maître du monde.
"Des rats en BLEU ?"
Probablement pas. Je vois mal les rats croire en une Vérité Ultime et adorer le Grand-Rat-Qui-Vit-Dans-Un-Gruyère ! À mon avis, ils pourraient être positionnés assez haut dans l'éventuelle boucle 0.
L'apprentissage du contrôle des impulsions est un des éléments de BLEU qui ne se résume bien sûr pas à cela. Les chercheurs cités dans mon billet expérimentent sur des rats, mais signalent explicitement qu'ils cherchent à comprendre le contrôle de l'impulsivité chez les enfants dans un contexte que la Spirale Dynamique associe à l'apprentissage de BLEU.
Le fait que, chez les rats effectivement, cet apprentissage aboutisse à une modification des structures cérébrales est une nouvelle démonstration de la plasticité du cerveau, organe que l'on considérait comme figé à l'époque de Graves. Plus important, il montre que ces modifications peuvent être provoquées assez rapidement par un changement des conditions de vie. Sans être une preuve absolue (j'ai écrit "semble confirmer"), cette expérimentation est un pas intéressant dans ce qui pourrait être une validation neurologique de la Spirale Dynamique.
Très amicalement,
Fabien
Énormément d'expérimentations à la fois physiques et psychologiques ont été transférées avec succès du rat à l'homme : nous ne sommes pas si différents que cela… Les rats bâillent, rient, jouent, éprouvent des émotions devant les souffrances de leurs congénères, et sont d'une intelligence redoutable. Certains disent que, compte tenu de la taille de son cerveau, le rat est l'animal est le plus intelligent du monde après l'homme, et Einstein affirmait que si le rat pesait 20 kg de plus, il serait le maître du monde.
"Des rats en BLEU ?"
Probablement pas. Je vois mal les rats croire en une Vérité Ultime et adorer le Grand-Rat-Qui-Vit-Dans-Un-Gruyère ! À mon avis, ils pourraient être positionnés assez haut dans l'éventuelle boucle 0.
L'apprentissage du contrôle des impulsions est un des éléments de BLEU qui ne se résume bien sûr pas à cela. Les chercheurs cités dans mon billet expérimentent sur des rats, mais signalent explicitement qu'ils cherchent à comprendre le contrôle de l'impulsivité chez les enfants dans un contexte que la Spirale Dynamique associe à l'apprentissage de BLEU.
Le fait que, chez les rats effectivement, cet apprentissage aboutisse à une modification des structures cérébrales est une nouvelle démonstration de la plasticité du cerveau, organe que l'on considérait comme figé à l'époque de Graves. Plus important, il montre que ces modifications peuvent être provoquées assez rapidement par un changement des conditions de vie. Sans être une preuve absolue (j'ai écrit "semble confirmer"), cette expérimentation est un pas intéressant dans ce qui pourrait être une validation neurologique de la Spirale Dynamique.
Très amicalement,
Fabien
#2.1 Par
le
10.12.2011 à 07:35
Bonjour à tous,
J'écrivais dans mon commentaire précédent que "les rats […] éprouvent des émotions devant les souffrances de leurs congénères". Des recherches qui viennent d'être publiées montrent que les rats vont bien au-delà de la simple empathie émotionnelle. Ils délivrent systématiquement un autre rat emprisonné dans une cage qui le contraint physiquement. Mieux, s'ils ont le choix entre délivrer leur congénère et obtenir une friandise, ils optent pour la première possibilité : « Nous avons été stupéfaits », comment Peggy Mason.
On est là devant des comportements pro-sociaux fréquents chez les singes mais qui n'avaient jamais été prouvés chez des rongeurs. Cela implique que les comportements mus par l'empathie sont apparus au cours de l'évolution beaucoup plus tôt qu'on ne le croyait jusqu'ici.
Très amicalement,
Fabien
Source : Inbal Ben-Ami Bartal, Jean Decety & Peggy Mason, "Empathy and Pro-Social Behavior in Rats", Science, Vol. 334, N° 6061, 9 décembre 2011, p. 1427-1430.
J'écrivais dans mon commentaire précédent que "les rats […] éprouvent des émotions devant les souffrances de leurs congénères". Des recherches qui viennent d'être publiées montrent que les rats vont bien au-delà de la simple empathie émotionnelle. Ils délivrent systématiquement un autre rat emprisonné dans une cage qui le contraint physiquement. Mieux, s'ils ont le choix entre délivrer leur congénère et obtenir une friandise, ils optent pour la première possibilité : « Nous avons été stupéfaits », comment Peggy Mason.
On est là devant des comportements pro-sociaux fréquents chez les singes mais qui n'avaient jamais été prouvés chez des rongeurs. Cela implique que les comportements mus par l'empathie sont apparus au cours de l'évolution beaucoup plus tôt qu'on ne le croyait jusqu'ici.
Très amicalement,
Fabien
Source : Inbal Ben-Ami Bartal, Jean Decety & Peggy Mason, "Empathy and Pro-Social Behavior in Rats", Science, Vol. 334, N° 6061, 9 décembre 2011, p. 1427-1430.
#3 Par
le
28.10.2010 à 15:04
Bonjour,
Et merci Fabien pour cet article intéressant. Je ne sais si je vais pouvoir le transférer à des amis parents-de-jeunes-enfants car s'ils découvrent que la mise en place de limites (déjà difficile) en ce vMème ORANGE peut modifier des parties du cerveau de leurs enfants, ça risque de leur faire peur…
Ce billet est pour moi l'occasion de dire combien je suis stupéfaite par la pertinence de ce concept de Spirale Dynamique qui m'accompagne désormais dans ma vie ! Merci beaucoup !
Et à bientôt,
Maud
Et merci Fabien pour cet article intéressant. Je ne sais si je vais pouvoir le transférer à des amis parents-de-jeunes-enfants car s'ils découvrent que la mise en place de limites (déjà difficile) en ce vMème ORANGE peut modifier des parties du cerveau de leurs enfants, ça risque de leur faire peur…
Ce billet est pour moi l'occasion de dire combien je suis stupéfaite par la pertinence de ce concept de Spirale Dynamique qui m'accompagne désormais dans ma vie ! Merci beaucoup !
Et à bientôt,
Maud
#4 Par
le
05.03.2012 à 21:08
Bonjour à tous,
Un dossier paru récemment dans la revue La Recherche tente d'expliquer "comment nous devenons intelligents".
Il y a deux articles qui expliquent que vers l'âge de 7 ans en moyenne, de nouveaux réseaux neuronaux se développent, en particulier dans le cortex pariéto-frontal, qui permettent d'inhiber les réponses impulsives des réseaux neuronaux précédents établis. Cette capacité d'inhibition nous permet d'accéder à de nouvelles stratégies mentales et, plus important encore, de détecter quand il y a une incohérence entre les résultats de plusieurs raisonnements pour sélectionner la stratégie la plus adaptée. C'est une étape majeure dans le développement de notre intelligence cognitive.
Je trouve intéressant de constater que l'inhibition de l'impulsivité, dont on comprend facilement qu'elle joue un rôle dans la sociabilisation, est également à l'origine d'une évolution importante de nos capacités cognitives. Cela conforte le concept de capacités cérébrales de la Spirale Dynamique.
Je trouve aussi que la représentation d'un nouveau réseau neuronal qui se met en place en plus du précédent pour le compléter et l'inhiber parfois trop, parfois pas assez, illustre bien la notion d'holarchie et de BLEU qui se met en place en incluant ROUGE, et en le régulant, parfois trop, parfois pas assez.
À très bientôt
Jérôme
Source : Olivier Houdé, Sophie Coisne, "L'intelligence se construit par l'inhibition", "Comment le cerveau choisit une stratégie", La Recherche, N° 457, Novembre 2011, p. 46-53.
Un dossier paru récemment dans la revue La Recherche tente d'expliquer "comment nous devenons intelligents".
Il y a deux articles qui expliquent que vers l'âge de 7 ans en moyenne, de nouveaux réseaux neuronaux se développent, en particulier dans le cortex pariéto-frontal, qui permettent d'inhiber les réponses impulsives des réseaux neuronaux précédents établis. Cette capacité d'inhibition nous permet d'accéder à de nouvelles stratégies mentales et, plus important encore, de détecter quand il y a une incohérence entre les résultats de plusieurs raisonnements pour sélectionner la stratégie la plus adaptée. C'est une étape majeure dans le développement de notre intelligence cognitive.
Je trouve intéressant de constater que l'inhibition de l'impulsivité, dont on comprend facilement qu'elle joue un rôle dans la sociabilisation, est également à l'origine d'une évolution importante de nos capacités cognitives. Cela conforte le concept de capacités cérébrales de la Spirale Dynamique.
Je trouve aussi que la représentation d'un nouveau réseau neuronal qui se met en place en plus du précédent pour le compléter et l'inhiber parfois trop, parfois pas assez, illustre bien la notion d'holarchie et de BLEU qui se met en place en incluant ROUGE, et en le régulant, parfois trop, parfois pas assez.
À très bientôt
Jérôme
Source : Olivier Houdé, Sophie Coisne, "L'intelligence se construit par l'inhibition", "Comment le cerveau choisit une stratégie", La Recherche, N° 457, Novembre 2011, p. 46-53.
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