Samedi 5 juin 2010
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#1 Par
le
05.06.2010 à 18:29
Bonjour Fabien,
Je suis arrivée au bout du billet de plus de 900 mots et je ne résiste pas au plaisir de faire un commentaire. Si la régression de la lecture est déjà visible, il n'en est guère de même pour l'écriture, du moins dans le monde professionnel où la demande de rapports écrits me semble exploser (ce qui explique que j'ai d'ailleurs passé ce samedi à écrire un rapport qui ne sera très probablement pas lu, mais qui doit cependant impérativement être transmis lundi par e-mail à de nombreuses personnes qui vérifieront juste qu'il a été rendu).
Un des effets très étrange de ce décalage est qu'il m'est arrivé d'écrire trois ou quatre rapports sur le même sujet, sans apparemment répondre à la demande de mes clients. Si le texte est court, ils demandent d'office des compléments, s'il est long, un résumé, ou une présentation sous forme de tableau et de figures, si c'est le cas des commentaires et des explications, écrits naturellement, pour expliquer les tableaux et les figures etc., sans jamais prendre la peine de lire ce qui est écrit.
J'arrive, toujours aussi étrangement, à facturer sans difficulté la totalité du temps consacré à ces multiples répétitions. Conserver de l'intérêt pour ce type de travail est par contre moins évident.
J'en suis arrivée à me demander s'il n'y a pas un fantasme de compréhension immédiate de dossiers complexes, par analogie avec la facilité qu'offre Internet pour obtenir une information simple. L'espoir est qu'une modification de la présentation permette cette rapidité.
Très amicalement
Claude Marie
Je suis arrivée au bout du billet de plus de 900 mots et je ne résiste pas au plaisir de faire un commentaire. Si la régression de la lecture est déjà visible, il n'en est guère de même pour l'écriture, du moins dans le monde professionnel où la demande de rapports écrits me semble exploser (ce qui explique que j'ai d'ailleurs passé ce samedi à écrire un rapport qui ne sera très probablement pas lu, mais qui doit cependant impérativement être transmis lundi par e-mail à de nombreuses personnes qui vérifieront juste qu'il a été rendu).
Un des effets très étrange de ce décalage est qu'il m'est arrivé d'écrire trois ou quatre rapports sur le même sujet, sans apparemment répondre à la demande de mes clients. Si le texte est court, ils demandent d'office des compléments, s'il est long, un résumé, ou une présentation sous forme de tableau et de figures, si c'est le cas des commentaires et des explications, écrits naturellement, pour expliquer les tableaux et les figures etc., sans jamais prendre la peine de lire ce qui est écrit.
J'arrive, toujours aussi étrangement, à facturer sans difficulté la totalité du temps consacré à ces multiples répétitions. Conserver de l'intérêt pour ce type de travail est par contre moins évident.
J'en suis arrivée à me demander s'il n'y a pas un fantasme de compréhension immédiate de dossiers complexes, par analogie avec la facilité qu'offre Internet pour obtenir une information simple. L'espoir est qu'une modification de la présentation permette cette rapidité.
Très amicalement
Claude Marie
#2 Par
le
06.06.2010 à 15:08
Bonjour Fabien, Claude Marie et tous les passants qui ont lu les 943 mots,
Le commentaire de Claude Marie fait 257 mots ; dois-je en déduire qu'il sera lu à 37,6 % ? Quoiqu'il faudrait pondérer avec la probabilité de lecture de commentaires après lecture du billet !
"Pour information, ce billet fait 943 mots, ce qui correspond à un taux de lecture probable de l'ordre de 24,2 %."
Fabien, veux-tu dire que, statistiquement, seuls 24,2 % des lecteurs liront le billet jusqu'au bout ou bien que, du fait d'un survol rapide, ils ne liront que 24,2 % des mots (ce qui doit considérablement gêner la compréhension !?).
"De nouvelles méthodes de présentation et d'acquisition de l'information sont en train de naître."
Vas-tu nous en parler prochainement ?
À propos des méthodes de recherches d'information, je suis toujours fascinée de voir comment des enfants maîtrisant à peine la lecture (en cours préparatoire ou CE2) sont capables d'aller faire une recherche sur l'Internet (par exemple pour "capture dialga dans pokemon pearl"), de trouver et de savoir utiliser les réponses !
Amicalement.
Le commentaire de Claude Marie fait 257 mots ; dois-je en déduire qu'il sera lu à 37,6 % ? Quoiqu'il faudrait pondérer avec la probabilité de lecture de commentaires après lecture du billet !
"Pour information, ce billet fait 943 mots, ce qui correspond à un taux de lecture probable de l'ordre de 24,2 %."
Fabien, veux-tu dire que, statistiquement, seuls 24,2 % des lecteurs liront le billet jusqu'au bout ou bien que, du fait d'un survol rapide, ils ne liront que 24,2 % des mots (ce qui doit considérablement gêner la compréhension !?).
"De nouvelles méthodes de présentation et d'acquisition de l'information sont en train de naître."
Vas-tu nous en parler prochainement ?
À propos des méthodes de recherches d'information, je suis toujours fascinée de voir comment des enfants maîtrisant à peine la lecture (en cours préparatoire ou CE2) sont capables d'aller faire une recherche sur l'Internet (par exemple pour "capture dialga dans pokemon pearl"), de trouver et de savoir utiliser les réponses !
Amicalement.
#3 Par
le
07.06.2010 à 03:05
Bonjour à tou-te-s,
Personnellement, j'ai constaté que la lecture sur écran m'amène effectivement à survoler la page et à ne pas tout lire si le sujet ne me passionne pas.
D'autre part, au boulot, je diffuse le compte rendu d'une réunion hebdomadaire par mail. Après quelque temps, je me suis rendu compte que le demandeur du compte rendu ne le lisait pas : il m'a dit que vu la quantité de mails qu'il traite, pour qu'il puisse avoir l'info, il valait mieux qu'on vienne lui en parler.
@Aurore :
Il s'agit du pourcentage de texte lu : un lecteur moyen ne lira que 24,2 % du billet. Tu peux retrouver les détails dans l'article du site UseIt.
Par ailleurs, j'ai aussi lancé la recherche dont tu parles : la lecture des réponses m'a fait mal au crâne rapport au "style" des réponses ; c'est du langage SMS avec des fautes, si ce concept peut exister.
Amicalement,
Sevan
Personnellement, j'ai constaté que la lecture sur écran m'amène effectivement à survoler la page et à ne pas tout lire si le sujet ne me passionne pas.
D'autre part, au boulot, je diffuse le compte rendu d'une réunion hebdomadaire par mail. Après quelque temps, je me suis rendu compte que le demandeur du compte rendu ne le lisait pas : il m'a dit que vu la quantité de mails qu'il traite, pour qu'il puisse avoir l'info, il valait mieux qu'on vienne lui en parler.
@Aurore :
Il s'agit du pourcentage de texte lu : un lecteur moyen ne lira que 24,2 % du billet. Tu peux retrouver les détails dans l'article du site UseIt.
Par ailleurs, j'ai aussi lancé la recherche dont tu parles : la lecture des réponses m'a fait mal au crâne rapport au "style" des réponses ; c'est du langage SMS avec des fautes, si ce concept peut exister.
Amicalement,
Sevan
#4 Par
le
07.06.2010 à 09:32
Bonjour à tous,
@Claude Marie :
J'ai aussi constaté cette inflation de demande d'écrits qui ne seront pas lus, rapports, demandes d'explications, voire livres ! Je ne sais toutefois pas très bien l'expliquer. La présence d'un écrit que l'on n'a pas le temps ou l'envie de lire est-elle sécurisante ?
@Aurore :
"Fabien, veux-tu dire que, statistiquement, seuls 24,2 % des lecteurs liront le billet jusqu'au bout ou bien que, du fait d'un survol rapide, ils ne liront que 24,2 % des mots (ce qui doit considérablement gêner la compréhension !?)."
La seconde hypothèse comme t'a répondu Sevan.
Cette question m'a bien rendu perplexe. Je me suis relu hier soir en découvrant ton message, et ce matin juste avant de répondre. Je n'ai pas réussi à trouver en quoi mon texte était ambigu. Est-ce aveuglement de ma part ou nous as-tu donné un exemple de lecture-survol ?
Quant à la diminution de la compréhension, cela dépend de la proportion lue. Il y a toujours dans un texte beaucoup de mots inutiles, de concepts répétés, d'exemples pas toujours indispensables, etc. Moi qui ai une forte capacité d'abstraction, je ne compte plus les fois où j'ai lu un bouquin de 300 pages et où je me suis dit à la fin que l'auteur aurait pu — et dû pour économiser mon précieux temps — dire la même chose en 100. Si l'algorithme personnel de sélection de ce qui est lu est efficace, la déperdition est bien inférieure au pourcentage de texte ignoré.
@Aurore & Sevan :
J'ai aussi fait la recherche indiquée — dire que demain quelqu'un qui cherchera Dialga sur un moteur de recherche tombera peut-être sur ce blog ! Comme Sevan, je trouve les réponses difficilement lisibles. Ceci dit, cela confirme que toute une génération est en train de s'affranchir des contraintes de l'écrit.
Très amicalement,
Fabien
@Claude Marie :
J'ai aussi constaté cette inflation de demande d'écrits qui ne seront pas lus, rapports, demandes d'explications, voire livres ! Je ne sais toutefois pas très bien l'expliquer. La présence d'un écrit que l'on n'a pas le temps ou l'envie de lire est-elle sécurisante ?
@Aurore :
"Fabien, veux-tu dire que, statistiquement, seuls 24,2 % des lecteurs liront le billet jusqu'au bout ou bien que, du fait d'un survol rapide, ils ne liront que 24,2 % des mots (ce qui doit considérablement gêner la compréhension !?)."
La seconde hypothèse comme t'a répondu Sevan.
Cette question m'a bien rendu perplexe. Je me suis relu hier soir en découvrant ton message, et ce matin juste avant de répondre. Je n'ai pas réussi à trouver en quoi mon texte était ambigu. Est-ce aveuglement de ma part ou nous as-tu donné un exemple de lecture-survol ?
Quant à la diminution de la compréhension, cela dépend de la proportion lue. Il y a toujours dans un texte beaucoup de mots inutiles, de concepts répétés, d'exemples pas toujours indispensables, etc. Moi qui ai une forte capacité d'abstraction, je ne compte plus les fois où j'ai lu un bouquin de 300 pages et où je me suis dit à la fin que l'auteur aurait pu — et dû pour économiser mon précieux temps — dire la même chose en 100. Si l'algorithme personnel de sélection de ce qui est lu est efficace, la déperdition est bien inférieure au pourcentage de texte ignoré.
@Aurore & Sevan :
J'ai aussi fait la recherche indiquée — dire que demain quelqu'un qui cherchera Dialga sur un moteur de recherche tombera peut-être sur ce blog ! Comme Sevan, je trouve les réponses difficilement lisibles. Ceci dit, cela confirme que toute une génération est en train de s'affranchir des contraintes de l'écrit.
Très amicalement,
Fabien
#5 Par
le
07.06.2010 à 10:33
Bonjour à tou-te-s,
"Est-ce aveuglement de ma part ou nous as-tu donné un exemple de lecture-survol ?"
Je penche pour l'exemple de lecture-survol car j'ai de mon côté aussi relu la partie pour voir si une autre interprétation était possible. Personnellement, je ne voyais qu'une interprétation.
Un autre point allait en ce sens, mais est davantage sujet à interprétation. Aurore demandait :"'De nouvelles méthodes de présentation et d'acquisition de l'information sont en train de naître.' Vas-tu nous en parler prochainement ?" Or la phrase du billet continue par "et il est impossible de savoir ce qu'elles seront". Même si Fabien a d'excellentes intuitions, je pensais pour ma part que cette précision impliquait qu'il n'allait pas en parler prochainement.
Amicalement,
Sevan
"Est-ce aveuglement de ma part ou nous as-tu donné un exemple de lecture-survol ?"
Je penche pour l'exemple de lecture-survol car j'ai de mon côté aussi relu la partie pour voir si une autre interprétation était possible. Personnellement, je ne voyais qu'une interprétation.
Un autre point allait en ce sens, mais est davantage sujet à interprétation. Aurore demandait :"'De nouvelles méthodes de présentation et d'acquisition de l'information sont en train de naître.' Vas-tu nous en parler prochainement ?" Or la phrase du billet continue par "et il est impossible de savoir ce qu'elles seront". Même si Fabien a d'excellentes intuitions, je pensais pour ma part que cette précision impliquait qu'il n'allait pas en parler prochainement.
Amicalement,
Sevan
#6 Par
le
07.06.2010 à 14:54
Bonjour à tous,
Fabien écrit : "J'ai aussi constaté cette inflation de demande d'écrits qui ne seront pas lus, rapports, demandes d'explications, voire livres ! Je ne sais toutefois pas très bien l'expliquer. La présence d'un écrit que l'on n'a pas le temps ou l'envie de lire est-elle sécurisante ?"
Je me demande si ce phénomène n'est pas un marqueur de plus de la transition ORANGE-VERT accompagnée du creux γ en BLEU :
Très amicalement,
Claude Marie
Fabien écrit : "J'ai aussi constaté cette inflation de demande d'écrits qui ne seront pas lus, rapports, demandes d'explications, voire livres ! Je ne sais toutefois pas très bien l'expliquer. La présence d'un écrit que l'on n'a pas le temps ou l'envie de lire est-elle sécurisante ?"
Je me demande si ce phénomène n'est pas un marqueur de plus de la transition ORANGE-VERT accompagnée du creux γ en BLEU :
- ORANGE a inventé les écrits jetables au même titre que de nombreux objets de consommation courante. Les poubelles sont pleines de produits alimentaires, de vêtements, etc., qui n'ont pas été utilisés malgré le fait qu'ils aient été achetés et stockés durant une certaine période. Nos ordinateurs et nos bibliothèques regorgent d'écrits de ce type acquis en espérant en tirer un profit quelconque, mais qui ne seront jamais lus.
- VERT considère que chacun a le droit de s'exprimer, par écrit s'il le souhaite, sur n'importe quel sujet, quel que soit son niveau de connaissance, ce qui signifie qu'il n'est pas nécessaire de lire ce qui aurait pu être écrit auparavant sur ce thème. Seuls quelques extraterrestres se risquent à limiter l'accès à leur blog.
- BLEU moderne cherche avant tout à se protéger en établissant des écrits contraignants (des règles, des procédures, des directives, des lois, etc.) et en faisant établir des écrits pour toutes actions ou décisions de manière à se prémunir contre d'éventuelles critiques ou attaques en responsabilité.
Très amicalement,
Claude Marie
#7 Par
le
07.06.2010 à 19:19
Bonjour à tous,
Fabien : "Est-ce aveuglement de ma part ou nous as-tu donné un exemple de lecture-survol ?"
Sevan : "Je penche pour l'exemple de lecture-survol."
Moi je suis certaine de ne pas avoir fait une lecture-survol car j'ai lu le texte deux fois (une première fois en survol le matin et une seconde fois attentivement l'après-midi). Dans mon cas, je penche plutôt pour une distorsion de la réalité (hélas trop fréquente chez moi).
Sevan : "Un autre point allait en ce sens, mais est davantage sujet à interprétation. Aurore demandait : ''De nouvelles méthodes de présentation et d'acquisition de l'information sont en train de naître.' Vas-tu nous en parler prochainement ?' Or la phrase du billet continue par "et il est impossible de savoir ce qu'elles seront". Même si Fabien a d'excellentes intuitions, je pensais pour ma part que cette précision impliquait qu'il n'allait pas en parler prochainement."
Dans ce cas précis, je suis certaine d'une libre interprétation. Je me raccrochais à cette phrase du début de texte de Fabien : "J'aurais certainement l'occasion de revenir plus en détail sur cette notion." J'ai collé sur "cette notion", les nouvelles méthodes de présentation et d'acquisition de l'information, alors que Fabien parlait d'autre chose.
"Dire que demain quelqu'un qui cherchera Dialga sur un moteur de recherche tombera peut-être sur ce blog !"
J'y ai pensé en postant mon commentaire… Et cette idée m'amuse vraiment !
Je vous livre un ressenti : ce billet m'a un peu — beaucoup — désespérée. J'ai l'impression d'être un dinosaure.
J'attache à l'écriture et à la lecture une grande importance : lire une phrase comme telle que "De même dans une société post-alphabétisée, les personnes seraient capables d'apprendre à lire, mais cela paraîtrait inutile au plus grand nombre d'entre elles, et elles choisiraient de ne pas le faire" m'horrifie littéralement.
De même la propagation du langage SMS me laisse déconcertée (devant tant de fautes d'orthographe, même si mon orthographe est loin d'être irréprochable). Je suis d'ailleurs incapable de lire un texte en SMS abrégé.
Je crois qu'en fait, je n'ai pas envie de connaître cette société post-alphabétisée…
Amicalement.
Fabien : "Est-ce aveuglement de ma part ou nous as-tu donné un exemple de lecture-survol ?"
Sevan : "Je penche pour l'exemple de lecture-survol."
Moi je suis certaine de ne pas avoir fait une lecture-survol car j'ai lu le texte deux fois (une première fois en survol le matin et une seconde fois attentivement l'après-midi). Dans mon cas, je penche plutôt pour une distorsion de la réalité (hélas trop fréquente chez moi).
Sevan : "Un autre point allait en ce sens, mais est davantage sujet à interprétation. Aurore demandait : ''De nouvelles méthodes de présentation et d'acquisition de l'information sont en train de naître.' Vas-tu nous en parler prochainement ?' Or la phrase du billet continue par "et il est impossible de savoir ce qu'elles seront". Même si Fabien a d'excellentes intuitions, je pensais pour ma part que cette précision impliquait qu'il n'allait pas en parler prochainement."
Dans ce cas précis, je suis certaine d'une libre interprétation. Je me raccrochais à cette phrase du début de texte de Fabien : "J'aurais certainement l'occasion de revenir plus en détail sur cette notion." J'ai collé sur "cette notion", les nouvelles méthodes de présentation et d'acquisition de l'information, alors que Fabien parlait d'autre chose.
"Dire que demain quelqu'un qui cherchera Dialga sur un moteur de recherche tombera peut-être sur ce blog !"
J'y ai pensé en postant mon commentaire… Et cette idée m'amuse vraiment !
Je vous livre un ressenti : ce billet m'a un peu — beaucoup — désespérée. J'ai l'impression d'être un dinosaure.
J'attache à l'écriture et à la lecture une grande importance : lire une phrase comme telle que "De même dans une société post-alphabétisée, les personnes seraient capables d'apprendre à lire, mais cela paraîtrait inutile au plus grand nombre d'entre elles, et elles choisiraient de ne pas le faire" m'horrifie littéralement.
De même la propagation du langage SMS me laisse déconcertée (devant tant de fautes d'orthographe, même si mon orthographe est loin d'être irréprochable). Je suis d'ailleurs incapable de lire un texte en SMS abrégé.
Je crois qu'en fait, je n'ai pas envie de connaître cette société post-alphabétisée…
Amicalement.
#8 Par
le
08.06.2010 à 09:01
Bonjour à tous,
Un extraterrestre, un dinosaure et quelques homo sapiens sapiens, cette conversation devient un écosystème tout à fait sympathique !
Claude Marie, merci pour ton analyse de l'inflation de l'écrit non lu. Je la trouve fort pertinente.
"Je vous livre un ressenti : ce billet m'a un peu — beaucoup — désespérée."
Comme toi, Aurore, "j'attache à l'écriture et à la lecture une grande importance". Mes livres et mon lecteur électronique sont mes petits genii loci. Cependant, plus encore que les livres, j'aime les idées qu'ils véhiculent.
Et là je suis obligé de constater et d'accepter la réalité. J'écrivais dans l'article : "Régulièrement, j'entends des personnes ayant un haut niveau d'études et une compétence et une intelligence certaines manifester pourtant des capacités de lecture très médiocres." Tu nous en donnes une petite illustration. Tu es une femme cultivée et intelligente et, quand tu étais en France, tu occupais une fonction de cadre supérieur. Or voilà que tu lis un billet de 943 mots — que tu le lis même deux fois ! — et que nous nous retrouvons avec deux erreurs d'interprétation du texte. Combien alors pour un livre entier ? (Pour information, Spirale Dynamique fait 58 751 mots, et Le Grand Livre de l'Ennéagramme 126 997, sans compter les illustrations ; je n'ose pas faire la règle de trois.) La réalité est donc que l'écrit et la lecture ne sont plus des moyens efficaces de transmettre l'information — l'ont-ils d'ailleurs jamais été ? Personnellement, c'est cela qui m'"horrifie" et me laisse "un peu désespéré". Pas trop quand même : mon métier consiste à transmettre de l'information par des conversations, et j'adore cela.
Une société post-alphabétisée ne sera pas une société de débiles et d'incultes. Ce sera une société qui aura inventé d'autres moyens de diffuser et comprendre. Étant plutôt optimiste, j'espère que la situation ne sera pas pire, voire meilleure.
En attendant, je continue quand même à écrire, sur ce blog entre autres.
Très amicalement,
Fabien
Un extraterrestre, un dinosaure et quelques homo sapiens sapiens, cette conversation devient un écosystème tout à fait sympathique !
Claude Marie, merci pour ton analyse de l'inflation de l'écrit non lu. Je la trouve fort pertinente.
"Je vous livre un ressenti : ce billet m'a un peu — beaucoup — désespérée."
Comme toi, Aurore, "j'attache à l'écriture et à la lecture une grande importance". Mes livres et mon lecteur électronique sont mes petits genii loci. Cependant, plus encore que les livres, j'aime les idées qu'ils véhiculent.
Et là je suis obligé de constater et d'accepter la réalité. J'écrivais dans l'article : "Régulièrement, j'entends des personnes ayant un haut niveau d'études et une compétence et une intelligence certaines manifester pourtant des capacités de lecture très médiocres." Tu nous en donnes une petite illustration. Tu es une femme cultivée et intelligente et, quand tu étais en France, tu occupais une fonction de cadre supérieur. Or voilà que tu lis un billet de 943 mots — que tu le lis même deux fois ! — et que nous nous retrouvons avec deux erreurs d'interprétation du texte. Combien alors pour un livre entier ? (Pour information, Spirale Dynamique fait 58 751 mots, et Le Grand Livre de l'Ennéagramme 126 997, sans compter les illustrations ; je n'ose pas faire la règle de trois.) La réalité est donc que l'écrit et la lecture ne sont plus des moyens efficaces de transmettre l'information — l'ont-ils d'ailleurs jamais été ? Personnellement, c'est cela qui m'"horrifie" et me laisse "un peu désespéré". Pas trop quand même : mon métier consiste à transmettre de l'information par des conversations, et j'adore cela.
Une société post-alphabétisée ne sera pas une société de débiles et d'incultes. Ce sera une société qui aura inventé d'autres moyens de diffuser et comprendre. Étant plutôt optimiste, j'espère que la situation ne sera pas pire, voire meilleure.
En attendant, je continue quand même à écrire, sur ce blog entre autres.
Très amicalement,
Fabien
#9 Par
le
08.06.2010 à 10:06
Bonjour à tous les "extraterrestres, dinosaures et quelques homo sapiens sapiens" sympathiques qui passent et repassent !
J'ai suivi avec beaucoup de plaisir cette conversation et je ne peux pas m'empêcher de vous faire part d'un article de Science et Vie de septembre 2009 intitulé "La lecture change, nos cerveaux aussi !" Cet article n'étant pas disponible en libre accès, je ne vous en fournirai qu'un très bref résumé.
Une étude menée par le psychiatre américain Gary Small du Semel Institute for Neuroscience and Human Behavior de l'Université de Californie montrerait que la lecture de textes sur des supports électroniques entraînerait une révolution de notre rapport à la lecture et une modification de notre cortex.
En effet, lors de la lecture de supports papier, un IRM montrerait que tout le monde active les mêmes zones du cerveau. Mais en passant à des supports numériques, les personnes ayant l'habitude de surfer sur l'Internet (et uniquement celles-là) développeraient un important surcroît d'activité dans les centres du cerveau contrôlant les prises de décisions et les raisonnements complexes.
Serait-ce un indicateur supplémentaire que plus on "monte" dans la Spirale Dynamique, plus on gère la complexité ?
D'autre part, la lecture sur écran serait plus lente que la lecture sur papier (-25 %). Une des multiples raisons développées dans l'article serait liée à la vision fovéale. Ainsi, l'œil humain ne serait pas capable de distinguer plus de 4 à 6 lettres à la fois (grosso modo un mot court), ce qui amènerait le système cognitif à être obligé de reconnaître des chaînes de caractères. Celles-ci seraient alors mises en relation avec notre dictionnaire mental qui activerait alors automatiquement le sens du mot.
D'après ces résultats, il me semble donc que le langage SMS soit bel et bien une nécessité bio-psycho-sociologique !
J'en arrêterai là sur cet article qui décrit encore énormément de faits très intéressants sur les changements qu'implique la lecture sur écran (surcharge et désorientation cognitive, mode d'assimilation des informations, complexité des niveaux de lecture, impact sur l'écriture et son avenir, etc.).
En attendant, moi aussi, j'ai l'impression d'être un dinosaure quand je lis certains SMS que je reçois. Mais finalement, l'important c'est que je les comprenne…
Très bonne journée à tout l'écosystème !
Greg
J'ai suivi avec beaucoup de plaisir cette conversation et je ne peux pas m'empêcher de vous faire part d'un article de Science et Vie de septembre 2009 intitulé "La lecture change, nos cerveaux aussi !" Cet article n'étant pas disponible en libre accès, je ne vous en fournirai qu'un très bref résumé.
Une étude menée par le psychiatre américain Gary Small du Semel Institute for Neuroscience and Human Behavior de l'Université de Californie montrerait que la lecture de textes sur des supports électroniques entraînerait une révolution de notre rapport à la lecture et une modification de notre cortex.
En effet, lors de la lecture de supports papier, un IRM montrerait que tout le monde active les mêmes zones du cerveau. Mais en passant à des supports numériques, les personnes ayant l'habitude de surfer sur l'Internet (et uniquement celles-là) développeraient un important surcroît d'activité dans les centres du cerveau contrôlant les prises de décisions et les raisonnements complexes.
Serait-ce un indicateur supplémentaire que plus on "monte" dans la Spirale Dynamique, plus on gère la complexité ?
D'autre part, la lecture sur écran serait plus lente que la lecture sur papier (-25 %). Une des multiples raisons développées dans l'article serait liée à la vision fovéale. Ainsi, l'œil humain ne serait pas capable de distinguer plus de 4 à 6 lettres à la fois (grosso modo un mot court), ce qui amènerait le système cognitif à être obligé de reconnaître des chaînes de caractères. Celles-ci seraient alors mises en relation avec notre dictionnaire mental qui activerait alors automatiquement le sens du mot.
D'après ces résultats, il me semble donc que le langage SMS soit bel et bien une nécessité bio-psycho-sociologique !
J'en arrêterai là sur cet article qui décrit encore énormément de faits très intéressants sur les changements qu'implique la lecture sur écran (surcharge et désorientation cognitive, mode d'assimilation des informations, complexité des niveaux de lecture, impact sur l'écriture et son avenir, etc.).
En attendant, moi aussi, j'ai l'impression d'être un dinosaure quand je lis certains SMS que je reçois. Mais finalement, l'important c'est que je les comprenne…
Très bonne journée à tout l'écosystème !
Greg
#11 Par
le
08.06.2010 à 19:19
Tro bi1, on peu envoyé d sms pr répondr! en +, Fabi1, i mé tro la pression pr l'ortograf d'abitud mé la, tro pa! i fo profiT!
#12 Par
le
09.06.2010 à 05:55
Fin de la récéréation ? Étant donnée la longueur de ton SMS, Sevan, on pressent l'expert… Mènes-tu une double vie en participant aussi à des sites de « djeunes » ?
Très amicalement,
Fabien
Très amicalement,
Fabien
#13 Par
le
09.06.2010 à 08:00
Tarézon Sev, fo profiT. Mé j C pa écrir en sms. En + j C pas lir. Le dino 10paré é ne revi1 pa.
#14 Par
le
09.06.2010 à 09:16
Fabien,
Pas d'expertise particulière, mais j'avoue avoir passé un peu de temps pour faire quelques recherches sur "langage SMS". Associé à la façon de parler de quelques "djeunes" de ma famille, j'ai essayé de forger la phrase la plus crédible et compréhensible.
Amicalement,
Sevan
Pas d'expertise particulière, mais j'avoue avoir passé un peu de temps pour faire quelques recherches sur "langage SMS". Associé à la façon de parler de quelques "djeunes" de ma famille, j'ai essayé de forger la phrase la plus crédible et compréhensible.
Amicalement,
Sevan
#15 Par
le
09.06.2010 à 09:44
é moi osi j've joué! Fabi1, té pa cap de posT le proch1 bié en SMS! le tô 2 lektur seré pourten + for! biz
#17 Par
le
09.06.2010 à 16:08
Bonjour à tous,
Merci beaucoup de me faire rire. Plus sérieusement, il me semble qu'il y a des confusions de niveaux. Je doute fort que le langage SMS soit l'outil permettant d'accéder à VERT, JAUNE et au-delà. La nature holarchique de la spirale implique de développer préalablement les compétences de mémorisation, de concentration, de rigueur, de structure et d'abstraction nécessaires pour lire et comprendre réellement un texte, compétences indissociables de BLEU et ORANGE. Que dans le futur, ces compétences soient acquises dans un autre but et pour d'autres applications que la lecture est fort possible. Reste que sans elles, on ne peut évoluer au-delà de ROUGE ou de VIOLET.
Je soupçonne que le langage SMS appartient en bonne partie à ces deux derniers vMèmes et que s'extasier sur des bambins qui tapotent sur des ordinateurs ou des portables revient à confondre le post-rationnel avec le pré-rationnel.
Très amicalement
Claude Marie
Merci beaucoup de me faire rire. Plus sérieusement, il me semble qu'il y a des confusions de niveaux. Je doute fort que le langage SMS soit l'outil permettant d'accéder à VERT, JAUNE et au-delà. La nature holarchique de la spirale implique de développer préalablement les compétences de mémorisation, de concentration, de rigueur, de structure et d'abstraction nécessaires pour lire et comprendre réellement un texte, compétences indissociables de BLEU et ORANGE. Que dans le futur, ces compétences soient acquises dans un autre but et pour d'autres applications que la lecture est fort possible. Reste que sans elles, on ne peut évoluer au-delà de ROUGE ou de VIOLET.
Je soupçonne que le langage SMS appartient en bonne partie à ces deux derniers vMèmes et que s'extasier sur des bambins qui tapotent sur des ordinateurs ou des portables revient à confondre le post-rationnel avec le pré-rationnel.
Très amicalement
Claude Marie
#18 Par
le
09.06.2010 à 19:02
Bonjour à tou-te-s,
Claude Marie, je ne vois pas qui fait des confusions de niveaux. Je ne vois aucune phrase dans le billet ou les commentaires qui associe le langage SMS à un moyen d'accéder à VERT ou JAUNE.
Pour écrire ou lire en langage SMS il faut de toute façon connaître l'alphabet et la prononciation des lettres. C'est une écriture plus proche de l'oralité, mais personne ne dit que nous allons tous écrire et lire le langage SMS sous peu.
De plus, je pense qu'écrire en langage SMS et le lire est assez complexe car il n'y a pas de règles établies, il y a un effort de 'conversion' pour coder/décoder les mots et a priori il faut manipuler un téléphone portable ou un ordinateur. Ceux et celles qui y arrivent gèrent une certaine forme de complexité, non ?
Amicalement,
Sevan
Claude Marie, je ne vois pas qui fait des confusions de niveaux. Je ne vois aucune phrase dans le billet ou les commentaires qui associe le langage SMS à un moyen d'accéder à VERT ou JAUNE.
Pour écrire ou lire en langage SMS il faut de toute façon connaître l'alphabet et la prononciation des lettres. C'est une écriture plus proche de l'oralité, mais personne ne dit que nous allons tous écrire et lire le langage SMS sous peu.
De plus, je pense qu'écrire en langage SMS et le lire est assez complexe car il n'y a pas de règles établies, il y a un effort de 'conversion' pour coder/décoder les mots et a priori il faut manipuler un téléphone portable ou un ordinateur. Ceux et celles qui y arrivent gèrent une certaine forme de complexité, non ?
Amicalement,
Sevan
#19 Par
le
09.06.2010 à 21:06
Bonjour à tous,
Sevan, si j'ai bien lu le commentaire de Greg on a :
Ceci dit, je n'ai rien contre les SMS.
Très amicalement,
Claude Marie
Sevan, si j'ai bien lu le commentaire de Greg on a :
- La lecture sur écran active des zones du cerveau gérant plus de complexité que sur support papier ;
- Pour des raisons ophtalmologiques, des mots courts facilitent la lecture sur écran ;
- Le SMS est donc nécessaire pour accéder à la complexité des niveaux de la Spirale au-delà des niveaux privilégiant l'écrit.
Ceci dit, je n'ai rien contre les SMS.
Très amicalement,
Claude Marie
#20 Par
le
10.06.2010 à 08:37
Bonjour à tous,
J'étais absent hier toute la journée pour cause de démarrage de la sociocratie dans une petite entreprise de la région parisienne — une journée extraordinaire par la richesse de l'intelligence collective, intelligence mentale et émotionnelle —, et j'avoue qu'en voyant les contributions du jour, j'ai ressenti une certaine fatigue à l'idée de devoir les déchiffrer ! Mais je ne peux pas me plaindre. C'est de ma faute. C'est moi qui ai commencé, et visiblement ma proposition "Fin de la récréation ?" n'a pas reçu le consentement de tous !
Je retourne demain dans cette entreprise et ayant du travail de bilan et de préparation, je n'ai donc guère le temps aujourd'hui de répondre à ce qui s'est dit. Deux points cependant.
Aurore : "Tarézon Sev, fo profiT. Mé j C pa écrir en sms. En + j C pas lir. Le dino 10paré é ne revi1 pa."
Aurore, personne — et surtout pas moi — ne t'a remis en cause. Je me suis contenté de dire que ton témoignage corroborait une partie de ce que j'avais écrit, et la conclusion que j'en ai tiré ne concernait que le principe de la lecture : "La réalité est donc que l'écrit et la lecture ne sont plus des moyens efficaces de transmettre l'information — l'ont-ils d'ailleurs jamais été ?"
Marie Claude et Sevan, je vous laisse donc échanger. Je voudrais simplement rappeler que le langage SMS n'est en fait pas très récent. Il suffit, par exemple, d'être allé aux États-Unis pour voir partout, y compris sur des panneaux officiels, des expressions comme « Xing » (pour crossing) ou « 4 you » (pour for you).
Très amicalement,
Fabien
J'étais absent hier toute la journée pour cause de démarrage de la sociocratie dans une petite entreprise de la région parisienne — une journée extraordinaire par la richesse de l'intelligence collective, intelligence mentale et émotionnelle —, et j'avoue qu'en voyant les contributions du jour, j'ai ressenti une certaine fatigue à l'idée de devoir les déchiffrer ! Mais je ne peux pas me plaindre. C'est de ma faute. C'est moi qui ai commencé, et visiblement ma proposition "Fin de la récréation ?" n'a pas reçu le consentement de tous !
Je retourne demain dans cette entreprise et ayant du travail de bilan et de préparation, je n'ai donc guère le temps aujourd'hui de répondre à ce qui s'est dit. Deux points cependant.
Aurore : "Tarézon Sev, fo profiT. Mé j C pa écrir en sms. En + j C pas lir. Le dino 10paré é ne revi1 pa."
Aurore, personne — et surtout pas moi — ne t'a remis en cause. Je me suis contenté de dire que ton témoignage corroborait une partie de ce que j'avais écrit, et la conclusion que j'en ai tiré ne concernait que le principe de la lecture : "La réalité est donc que l'écrit et la lecture ne sont plus des moyens efficaces de transmettre l'information — l'ont-ils d'ailleurs jamais été ?"
Marie Claude et Sevan, je vous laisse donc échanger. Je voudrais simplement rappeler que le langage SMS n'est en fait pas très récent. Il suffit, par exemple, d'être allé aux États-Unis pour voir partout, y compris sur des panneaux officiels, des expressions comme « Xing » (pour crossing) ou « 4 you » (pour for you).
Très amicalement,
Fabien
#20.1 Par
le
11.06.2010 à 17:25
Je suis toujours aussi curieux. Fabien, pourrais-tu nous dire comment la sociocratie a été accueillie et pourquoi tu es si content ? Au moins un peu. Merci.
#20.2 Par
le
12.06.2010 à 08:35
Bonjour à tous,
Décidément dans cette conversation, je ne fais pas très attention aux conséquences de ce que j'écris ! Enfin, voilà un bref compte rendu. Patricia et moi sommes en train d'installer la sociocratie dans une PME de la région parisienne. Le nombre de membres du personnel étant relativement faible, il a été décidé de former tout le monde sur une journée, plutôt que de recourir à des formations différentes pour les membres et pour les facilitateurs. Nous avons fait cette journée de formation mercredi et hier vendredi, nous avons facilité la première réunion de cercle.
Plusieurs personnes sont arrivées très réservées à propos de la sociocratie à la formation, ce qui ne les a pas empêchées d'y participer avec sérieux et ouverture. Durant la formation, nous avons bien évidemment exploré et pratiqué les quatre règles de la sociocratie.
Lors de la définition du consentement, nous avons travaillé sur une proposition que j'avais amenée concernant un problème de société relativement complexe et en 45 minutes, le groupe est arrivé à un accord concret et pratique. J'ai trouvé cela remarquable.
Lorsque nous avons étudié le travail des cercles, nous sommes évidemment passés par le très abominable tableau à neuf cases. En moins de vingt minutes, le groupe a réussi à cartographier très précisément un protocole utilisé dans l'entreprise, à y trouver deux failles et à imaginer des solutions concrètes et à coût quasiment nul pour les combler.
Dès l'après-midi, des choses qui n'avaient jamais été dites ont été exprimées, des mécontentements, des frustrations, des souffrances et des chagrins même. La confiance et la qualité humaine qui ont été manifestées à ce moment-là m'ont vraiment bouleversé — j'avais les larmes aux yeux à un moment —, et le lendemain, les participants ont exprimé (dans un autre contexte) combien ils avaient été touchés.
Lors de l'animation du premier cercle, il y a une participation et une volonté de coopération et d'intégration de tous extraordinaires. Une personne a été élue (sans candidat) à une fonction qui était difficile pour elle en raison de sa personnalité. Elle a accepté néanmoins et déclaré qu'elle allait faire de son mieux et que si elle n'y arrivait pas, elle remettrait elle-même son mandat en jeu et elle a ajouté : « Je ne ferai rien qui puisse porter tort à la sociocratie. » Il y a là un courage et une appropriation du modèle qui m'ont aussi beaucoup ému.
Je dis souvent que la sociocratie me connecte à l'espérance. J'ai eu l'impression que nous étions plusieurs dans cette situation. J'ai rencontré de belles personnes, et la sociocratie a créé des conditions de vie qui leur permet de le montrer.
Très amicalement,
Fabien
Décidément dans cette conversation, je ne fais pas très attention aux conséquences de ce que j'écris ! Enfin, voilà un bref compte rendu. Patricia et moi sommes en train d'installer la sociocratie dans une PME de la région parisienne. Le nombre de membres du personnel étant relativement faible, il a été décidé de former tout le monde sur une journée, plutôt que de recourir à des formations différentes pour les membres et pour les facilitateurs. Nous avons fait cette journée de formation mercredi et hier vendredi, nous avons facilité la première réunion de cercle.
Plusieurs personnes sont arrivées très réservées à propos de la sociocratie à la formation, ce qui ne les a pas empêchées d'y participer avec sérieux et ouverture. Durant la formation, nous avons bien évidemment exploré et pratiqué les quatre règles de la sociocratie.
Lors de la définition du consentement, nous avons travaillé sur une proposition que j'avais amenée concernant un problème de société relativement complexe et en 45 minutes, le groupe est arrivé à un accord concret et pratique. J'ai trouvé cela remarquable.
Lorsque nous avons étudié le travail des cercles, nous sommes évidemment passés par le très abominable tableau à neuf cases. En moins de vingt minutes, le groupe a réussi à cartographier très précisément un protocole utilisé dans l'entreprise, à y trouver deux failles et à imaginer des solutions concrètes et à coût quasiment nul pour les combler.
Dès l'après-midi, des choses qui n'avaient jamais été dites ont été exprimées, des mécontentements, des frustrations, des souffrances et des chagrins même. La confiance et la qualité humaine qui ont été manifestées à ce moment-là m'ont vraiment bouleversé — j'avais les larmes aux yeux à un moment —, et le lendemain, les participants ont exprimé (dans un autre contexte) combien ils avaient été touchés.
Lors de l'animation du premier cercle, il y a une participation et une volonté de coopération et d'intégration de tous extraordinaires. Une personne a été élue (sans candidat) à une fonction qui était difficile pour elle en raison de sa personnalité. Elle a accepté néanmoins et déclaré qu'elle allait faire de son mieux et que si elle n'y arrivait pas, elle remettrait elle-même son mandat en jeu et elle a ajouté : « Je ne ferai rien qui puisse porter tort à la sociocratie. » Il y a là un courage et une appropriation du modèle qui m'ont aussi beaucoup ému.
Je dis souvent que la sociocratie me connecte à l'espérance. J'ai eu l'impression que nous étions plusieurs dans cette situation. J'ai rencontré de belles personnes, et la sociocratie a créé des conditions de vie qui leur permet de le montrer.
Très amicalement,
Fabien
#20.3 Par
le
12.06.2010 à 15:00
Merci Fabien d'avoir pris le temps de faire ce partage. J'espère vraiment pouvoir démarrer la sociocratie quelque part et vivre cela un jour.
#21 Par
le
10.06.2010 à 12:25
Bonjour à tou-te-s,
Claude Marie, effectivement, en relisant le message de Greg, je vois mieux le lien que tu mentionnais.
Le lien entre langage SMS et VIOLET ou ROUGE que tu proposes n'est pas clair pour moi en revanche. Tu veux bien préciser à quoi tu penses ?
Amicalement,
Sevan
Claude Marie, effectivement, en relisant le message de Greg, je vois mieux le lien que tu mentionnais.
Le lien entre langage SMS et VIOLET ou ROUGE que tu proposes n'est pas clair pour moi en revanche. Tu veux bien préciser à quoi tu penses ?
Amicalement,
Sevan
#22 Par
le
11.06.2010 à 11:29
Bonjour à tou-t-es,
Je souhaite vous donner quelques informations supplémentaires sur la complexité induite par la lecture sur écran. J'ai donc relu l'article de Science et Vie (eh bien oui, moi aussi, j'ai un taux de lecture très médiocre !).
Alors que jusqu'il y a encore 30 ans, la lecture était linéaire (on commence la lecture au début du texte et on finit à la fin), les pages électroniques poussent notre regard à aller et venir entre différents supports d'informations disséminés sur une, voire plusieurs pages alors même que nous n'avons pas fini de lire le paragraphe que nous avions commencé.
De plus, les liens hypertextes qui ouvrent de nouvelles fenêtres avec des infos supplémentaires ainsi que le scrolling détruisent la « stabilité » nécessaire à la mémorisation des coordonnées spatiales des mots importants dans un texte. Ce qui a pour effet de rendre plus difficile la vérification d'une information.
En outre, le temps de chargement d'une nouvelle page internet ou le changement de page sur la plupart des lecteurs d'e-books est de 1 à 3 secondes. Un « flash noir » accompagne alors les transitions entre les pages, ce qui efface en partie la mémoire de l'image de la page que l'on vient de lire. Ainsi, on décroche et on peine à se souvenir de ce que l'on était en train de lire.
Tout ceci entraîne alors une désorientation cognitive qui pousse à ouvrir de plus en plus de fenêtres et à en oublier l'objectif initial de notre lecture, nous faisant perdre ainsi jusqu'à 30 % de notre force de travail.
Nul doute que dans ces conditions, si nous ne sommes pas entraînés, la lecture sur papier ait encore de nombreuses années devant elle.
Très bonne journée à tou-t-es,
Greg
Je souhaite vous donner quelques informations supplémentaires sur la complexité induite par la lecture sur écran. J'ai donc relu l'article de Science et Vie (eh bien oui, moi aussi, j'ai un taux de lecture très médiocre !).
Alors que jusqu'il y a encore 30 ans, la lecture était linéaire (on commence la lecture au début du texte et on finit à la fin), les pages électroniques poussent notre regard à aller et venir entre différents supports d'informations disséminés sur une, voire plusieurs pages alors même que nous n'avons pas fini de lire le paragraphe que nous avions commencé.
De plus, les liens hypertextes qui ouvrent de nouvelles fenêtres avec des infos supplémentaires ainsi que le scrolling détruisent la « stabilité » nécessaire à la mémorisation des coordonnées spatiales des mots importants dans un texte. Ce qui a pour effet de rendre plus difficile la vérification d'une information.
En outre, le temps de chargement d'une nouvelle page internet ou le changement de page sur la plupart des lecteurs d'e-books est de 1 à 3 secondes. Un « flash noir » accompagne alors les transitions entre les pages, ce qui efface en partie la mémoire de l'image de la page que l'on vient de lire. Ainsi, on décroche et on peine à se souvenir de ce que l'on était en train de lire.
Tout ceci entraîne alors une désorientation cognitive qui pousse à ouvrir de plus en plus de fenêtres et à en oublier l'objectif initial de notre lecture, nous faisant perdre ainsi jusqu'à 30 % de notre force de travail.
Nul doute que dans ces conditions, si nous ne sommes pas entraînés, la lecture sur papier ait encore de nombreuses années devant elle.
Très bonne journée à tou-t-es,
Greg
#23 Par
le
11.06.2010 à 16:23
Bonjour à tous,
Sevan : "Le lien entre langage SMS et VIOLET ou ROUGE que tu proposes n'est pas clair pour moi en revanche. Tu veux bien préciser à quoi tu penses ?"
C'est plus une intuition qu'une déduction logique. Le ton de ton commentaire par exemple ("Fabi1, i mé tro la pression pr l'ortograf d'abitud mé la, tro pa! i fo profiT!") et la réponse de Fabien ("Fin de la récréation ?"), qui n'obtient guère de succès, me font penser à un chat BLEU, Fabien, qui essaie d'empêcher des souris en ROUGE, les stagiaires de l'institut, de danser.
L'emploi du SMS me semble avoir pour fonction première de maintenir les liens entre les membres des tribus modernes. Il est également proche du langage parlé. Ceci suggère VIOLET. Le deuxième aspect est, comme tu le soulignes, Sevan, dans ton message, le non-respect de l'orthographe, de la syntaxe, bref des règles, ce qui amène à ROUGE.
J'ai eu l'occasion, il y a quelques années de travailler avec trois « djeunes », pros du SMS, mais faibles en lecture et rédaction, malgré leurs diplômes. Ce qui m'a rapidement surprise est le fait qu'ils n'arrivaient pas à communiquer entre eux lorsqu'il s'agissait d'organisation. Je les avais par exemple laissés libres de fixer leurs horaires et leur programme avec comme seule contrainte qu'un des trois au moins devait être atteignable pour répondre aux questions des clients. Ils n'ont pas réussi à répondre à cette demande car ils communiquaient par SMS ou oralement mais avec un style type SMS, peu précis, traitant de l'instant présent ou du futur proche. L'un croyait avoir compris que l'autre venait à 8h00, alors que l'autre était convaincu d'avoir dit qu'il était à l'extérieur ce jour-là, etc.
J'ai finalement rédigé un règlement BLEU fixant les horaires de chacun. Ils semblaient soulagés. J'en ai déduit que leur mode de communication correspondait à un vMème précédant BLEU, soit VIOLET ou ROUGE. Ils avaient par ailleurs atteint ORANGE dans d'autres domaines.
Le tout me fait penser que le langage SMS correspond à un creux γ en ROUGE, et surtout en VIOLET.
Très amicalement,
Claude Marie
Sevan : "Le lien entre langage SMS et VIOLET ou ROUGE que tu proposes n'est pas clair pour moi en revanche. Tu veux bien préciser à quoi tu penses ?"
C'est plus une intuition qu'une déduction logique. Le ton de ton commentaire par exemple ("Fabi1, i mé tro la pression pr l'ortograf d'abitud mé la, tro pa! i fo profiT!") et la réponse de Fabien ("Fin de la récréation ?"), qui n'obtient guère de succès, me font penser à un chat BLEU, Fabien, qui essaie d'empêcher des souris en ROUGE, les stagiaires de l'institut, de danser.
L'emploi du SMS me semble avoir pour fonction première de maintenir les liens entre les membres des tribus modernes. Il est également proche du langage parlé. Ceci suggère VIOLET. Le deuxième aspect est, comme tu le soulignes, Sevan, dans ton message, le non-respect de l'orthographe, de la syntaxe, bref des règles, ce qui amène à ROUGE.
J'ai eu l'occasion, il y a quelques années de travailler avec trois « djeunes », pros du SMS, mais faibles en lecture et rédaction, malgré leurs diplômes. Ce qui m'a rapidement surprise est le fait qu'ils n'arrivaient pas à communiquer entre eux lorsqu'il s'agissait d'organisation. Je les avais par exemple laissés libres de fixer leurs horaires et leur programme avec comme seule contrainte qu'un des trois au moins devait être atteignable pour répondre aux questions des clients. Ils n'ont pas réussi à répondre à cette demande car ils communiquaient par SMS ou oralement mais avec un style type SMS, peu précis, traitant de l'instant présent ou du futur proche. L'un croyait avoir compris que l'autre venait à 8h00, alors que l'autre était convaincu d'avoir dit qu'il était à l'extérieur ce jour-là, etc.
J'ai finalement rédigé un règlement BLEU fixant les horaires de chacun. Ils semblaient soulagés. J'en ai déduit que leur mode de communication correspondait à un vMème précédant BLEU, soit VIOLET ou ROUGE. Ils avaient par ailleurs atteint ORANGE dans d'autres domaines.
Le tout me fait penser que le langage SMS correspond à un creux γ en ROUGE, et surtout en VIOLET.
Très amicalement,
Claude Marie
#24 Par
le
11.06.2010 à 17:06
Bonjour à tou-te-s,
@Fabien :
"Je voudrais simplement rappeler que le langage SMS n'est en fait pas très récent. Il suffit, par exemple, d'être allé aux États-Unis pour voir partout, y compris sur des panneaux officiels, des expressions comme « Xing » (pour crossing) ou « 4 you » (pour for you)."
Avant le téléphone portable, il y a eu le télégraphe qui permettait de transmettre des messages en morse. Et il y avait déjà un "style télégraphique", qui a été repris pour la radio ensuite. Par exemple, pour indiquer qu'on cherchait quelqu'un avec qui communiquer, on transmettait les lettres CQ (seek you, soit "te cherche"). Le nom d'un des premiers outils de messagerie instantané ICQ (I seek you) vient de là, je pense.
Les besoins d'abréviation dans la communication à distance remontent effectivement donc à bien avant le SMS. En revanche, l'accélération du rythme quotidien et la multiplication des communications simultanées pousseraient effectivement à utiliser des abréviations alors que la longueur du message n'implique plus un surcoût financier.
@Claude Marie :
Merci pour tes exemples. J'avais aussi pensé au creux γ en ROUGE pour les ados qui ne veulent pas se faire comprendre des parents qui liraient leurs conversations.
Amicalement,
Sevan
@Fabien :
"Je voudrais simplement rappeler que le langage SMS n'est en fait pas très récent. Il suffit, par exemple, d'être allé aux États-Unis pour voir partout, y compris sur des panneaux officiels, des expressions comme « Xing » (pour crossing) ou « 4 you » (pour for you)."
Avant le téléphone portable, il y a eu le télégraphe qui permettait de transmettre des messages en morse. Et il y avait déjà un "style télégraphique", qui a été repris pour la radio ensuite. Par exemple, pour indiquer qu'on cherchait quelqu'un avec qui communiquer, on transmettait les lettres CQ (seek you, soit "te cherche"). Le nom d'un des premiers outils de messagerie instantané ICQ (I seek you) vient de là, je pense.
Les besoins d'abréviation dans la communication à distance remontent effectivement donc à bien avant le SMS. En revanche, l'accélération du rythme quotidien et la multiplication des communications simultanées pousseraient effectivement à utiliser des abréviations alors que la longueur du message n'implique plus un surcoût financier.
@Claude Marie :
Merci pour tes exemples. J'avais aussi pensé au creux γ en ROUGE pour les ados qui ne veulent pas se faire comprendre des parents qui liraient leurs conversations.
Amicalement,
Sevan
#25 Par
le
11.06.2010 à 21:25
Hello tout le monde,
J'ai du mal avec cette idée du SMS, expression de VIOLET et ROUGE.
Il me semble que la rédaction d'un SMS répond à des règles très précises (certes très différentes de l'orthographe classique). J'ai d'ailleurs fait une petite recherche car je me suis dit que soit je restais un dinosaure, soit je développais la compétence SMS. À ma grande surprise, j'ai trouvé Phil Marso, un auteur de livres écrits en langage SMS. Il propose même un lexique/dictionnaire et un cours de SMS !
Qu'un individu culminant en BLEU ou au-delà exprime dans un SMS une part de son VIOLET (lien à la tribu) ou de son ROUGE (creux γ de l'ado), je le conçois complètement ! C'est d'ailleurs ce que vous avez dit (si j'ai bien lu…).
"Le tout me fait penser que le langage SMS correspond à un creux γ en ROUGE."
Je ne vis pas en Europe et ne sais donc pas trop comment y sont utilisés les SMS (à noter qu'avant mon départ à l'étranger, je ne savais pas même pas envoyer un SMS). Par contre, dans les communautés d'expatriés dans lesquelles je vis aujourd'hui, le SMS est très utilisé pour transmettre un bref message, pour signifier un retard, envoyer une info sans déranger l'autre ; il remplace aussi les boîtes vocales (qui sont inexistantes chez certains opérateurs ou trop compliquées à mettre en œuvre pour celui qui ne parle pas la langue du pays). Il s'agit donc simplement d'efficacité et de pragmatisme. L'utilisation du SMS n'y a donc rien à voir avec un creux γ en ROUGE.
Les anglophones sont de grandes utilisatrices du SMS : je sais d'ailleurs lire du SMS en anglais depuis 5 ans, alors que je n'ai appris que cette semaine à lire du SMS en français (comme quoi ce blog mène à tout !).
Désolée, je la ramène souvent avec le "ailleurs qu'en France"…
Il me paraît totalement impossible qu'un individu culminant en VIOLET ou ROUGE puisse rédiger un message sur un téléphone portable en SMS car cela implique déjà un grand niveau de complexité et une capacité de lecture et d'écriture. Quelques exemples pour illustrer ma remarque.
Un enfant en VIOLET ou ROUGE culminant sera incapable de lire ou écrire un SMS car il n'a pas encore acquis la capacité de lecture et d'écriture.
Certains enfants peuvent utiliser un ordinateur dès l'âge de 18 mois avec des claviers spéciaux (c'était le cas de mes fils que j'ai longuement observés). L'observation de leurs activités démontre toutefois qu'ils n'effectuent pas des opérations complexes : ils font des choses en rapport avec les capacités de leur âge (assembler, reconnaître et trier des formes et des couleurs, reconnaître des chiffres — plus tard vers 3 ans —, identifier des différences, etc.). C'est le support (ordinateur) et la souris qui donnent l'illusion de la complexité. Mais au fond, la souris n'est, à ce moment-là, qu'un outil qui devient une prolongation de leur bras ou de leur main.
Quant aux individus adultes authentiquement culminants en VIOLET ou en ROUGE (j'en ai côtoyé tous les jours pendant deux ans en Inde, notamment la nounou de mon fils qui était quasiment analphabète), ils me semblent également incapables d'envoyer un SMS. Pour l'anecdote, lorsque j'ai dû apprendre à la nounou indienne de mon fils à me téléphoner en cas d'urgence, j'ai dû lui montrer plusieurs fois les gestes basiques : décrocher le téléphone, appuyer sur le bouton, composer les chiffres, etc. Je lui ai fait répéter l'enchaînement de gestes jusqu'à ce qu'il soit acquis (d'ailleurs, j'ai failli devenir dingue !). Bref, elle a appris par reproduction de mes gestes. Au début, je vérifiais toutes les semaines qu'elle savait toujours composer le numéro, puis tous les mois… Si elle n'effectuait pas le geste assez souvent, elle l'oubliait. Par contre le chauffeur, en BLEU culminant/dominant, qui savait parfaitement lire et écrire en plusieurs langues, était à peu près capable de lire et écrire un SMS basique.
Bien amicalement.
J'ai du mal avec cette idée du SMS, expression de VIOLET et ROUGE.
Il me semble que la rédaction d'un SMS répond à des règles très précises (certes très différentes de l'orthographe classique). J'ai d'ailleurs fait une petite recherche car je me suis dit que soit je restais un dinosaure, soit je développais la compétence SMS. À ma grande surprise, j'ai trouvé Phil Marso, un auteur de livres écrits en langage SMS. Il propose même un lexique/dictionnaire et un cours de SMS !
Qu'un individu culminant en BLEU ou au-delà exprime dans un SMS une part de son VIOLET (lien à la tribu) ou de son ROUGE (creux γ de l'ado), je le conçois complètement ! C'est d'ailleurs ce que vous avez dit (si j'ai bien lu…).
"Le tout me fait penser que le langage SMS correspond à un creux γ en ROUGE."
Je ne vis pas en Europe et ne sais donc pas trop comment y sont utilisés les SMS (à noter qu'avant mon départ à l'étranger, je ne savais pas même pas envoyer un SMS). Par contre, dans les communautés d'expatriés dans lesquelles je vis aujourd'hui, le SMS est très utilisé pour transmettre un bref message, pour signifier un retard, envoyer une info sans déranger l'autre ; il remplace aussi les boîtes vocales (qui sont inexistantes chez certains opérateurs ou trop compliquées à mettre en œuvre pour celui qui ne parle pas la langue du pays). Il s'agit donc simplement d'efficacité et de pragmatisme. L'utilisation du SMS n'y a donc rien à voir avec un creux γ en ROUGE.
Les anglophones sont de grandes utilisatrices du SMS : je sais d'ailleurs lire du SMS en anglais depuis 5 ans, alors que je n'ai appris que cette semaine à lire du SMS en français (comme quoi ce blog mène à tout !).
Désolée, je la ramène souvent avec le "ailleurs qu'en France"…
Il me paraît totalement impossible qu'un individu culminant en VIOLET ou ROUGE puisse rédiger un message sur un téléphone portable en SMS car cela implique déjà un grand niveau de complexité et une capacité de lecture et d'écriture. Quelques exemples pour illustrer ma remarque.
Un enfant en VIOLET ou ROUGE culminant sera incapable de lire ou écrire un SMS car il n'a pas encore acquis la capacité de lecture et d'écriture.
Certains enfants peuvent utiliser un ordinateur dès l'âge de 18 mois avec des claviers spéciaux (c'était le cas de mes fils que j'ai longuement observés). L'observation de leurs activités démontre toutefois qu'ils n'effectuent pas des opérations complexes : ils font des choses en rapport avec les capacités de leur âge (assembler, reconnaître et trier des formes et des couleurs, reconnaître des chiffres — plus tard vers 3 ans —, identifier des différences, etc.). C'est le support (ordinateur) et la souris qui donnent l'illusion de la complexité. Mais au fond, la souris n'est, à ce moment-là, qu'un outil qui devient une prolongation de leur bras ou de leur main.
Quant aux individus adultes authentiquement culminants en VIOLET ou en ROUGE (j'en ai côtoyé tous les jours pendant deux ans en Inde, notamment la nounou de mon fils qui était quasiment analphabète), ils me semblent également incapables d'envoyer un SMS. Pour l'anecdote, lorsque j'ai dû apprendre à la nounou indienne de mon fils à me téléphoner en cas d'urgence, j'ai dû lui montrer plusieurs fois les gestes basiques : décrocher le téléphone, appuyer sur le bouton, composer les chiffres, etc. Je lui ai fait répéter l'enchaînement de gestes jusqu'à ce qu'il soit acquis (d'ailleurs, j'ai failli devenir dingue !). Bref, elle a appris par reproduction de mes gestes. Au début, je vérifiais toutes les semaines qu'elle savait toujours composer le numéro, puis tous les mois… Si elle n'effectuait pas le geste assez souvent, elle l'oubliait. Par contre le chauffeur, en BLEU culminant/dominant, qui savait parfaitement lire et écrire en plusieurs langues, était à peu près capable de lire et écrire un SMS basique.
Bien amicalement.
#26 Par
le
11.06.2010 à 22:20
Bonsoir Aurore et les autres,
Deux petites remarques :
Sevan
Deux petites remarques :
- De mon côté, je ne lie pas le langage SMS à un vMème particulier. Le medium (les SMS) est né récemment mais les abréviations du même type existaient déjà. À partir du moment où on sait lire et écrire, on peut utiliser ces abréviations, pour différentes raisons.
- "Le tout me fait penser que le langage SMS correspond à un creux γ en ROUGE." Petite confusion : Claude Marie parle de langage SMS, tu parles de SMS sans préciser comment ceux-ci sont rédigés.
Sevan
#27 Par
le
12.06.2010 à 08:06
Bonjour à tous,
Je n'ai toujours pas le temps de m'impliquer réellement dans cette conversation, juste celui de vous lire et de lancer une ou deux remarques en passant.
Aurore, le cas de Phil Marso ne me semble pas réellement pertinent. Ce qu'il fait n'est pas une utilisation du langage SMS, mais plutôt une extrapolation montrant ce qu'on peut faire avec le principe du langage SMS. Quand on cherche des lexiques SMS sur l'Internet, on voit qu'ils comprennent généralement quelques dizaines de mots, alors que la langue française en compte plus de 100 000 et que les dictionnaires destinés aux enfants de 8 à 14 ans en référencent 2000 à 20 000. Et si on regarde ce qui est réellement échangé par SMS, le moins qu'on puisse dire est que le contenu est d'une pauvreté extrême. Le niveau de complexité syntaxique et sémantique réel est donc faible, et je me demande — sans avoir cherché à vérifier — si on n'est quand même pas assez proche des langues primitives.
Sevan a raison d'insister sur la différence entre le langage et l'outil. Il me semble qu'il faudrait faire la différence entre le langage lui-même, la technologie qui lui sert de support, le(s) public(s) qui l'utilise(nt). Peut-être est-ce parce que ces distinctions n'ont pas été faites assez rigoureusement que cette discussion n'arrive pas à un consensus ?
N'y aurait-il pas un lien entre l'utilisation du langage SMS et l'impatience ORANGE évoquée dans “Tabitou ?".
Très amicalement,
Fabien
Je n'ai toujours pas le temps de m'impliquer réellement dans cette conversation, juste celui de vous lire et de lancer une ou deux remarques en passant.
Aurore, le cas de Phil Marso ne me semble pas réellement pertinent. Ce qu'il fait n'est pas une utilisation du langage SMS, mais plutôt une extrapolation montrant ce qu'on peut faire avec le principe du langage SMS. Quand on cherche des lexiques SMS sur l'Internet, on voit qu'ils comprennent généralement quelques dizaines de mots, alors que la langue française en compte plus de 100 000 et que les dictionnaires destinés aux enfants de 8 à 14 ans en référencent 2000 à 20 000. Et si on regarde ce qui est réellement échangé par SMS, le moins qu'on puisse dire est que le contenu est d'une pauvreté extrême. Le niveau de complexité syntaxique et sémantique réel est donc faible, et je me demande — sans avoir cherché à vérifier — si on n'est quand même pas assez proche des langues primitives.
Sevan a raison d'insister sur la différence entre le langage et l'outil. Il me semble qu'il faudrait faire la différence entre le langage lui-même, la technologie qui lui sert de support, le(s) public(s) qui l'utilise(nt). Peut-être est-ce parce que ces distinctions n'ont pas été faites assez rigoureusement que cette discussion n'arrive pas à un consensus ?
N'y aurait-il pas un lien entre l'utilisation du langage SMS et l'impatience ORANGE évoquée dans “Tabitou ?".
Très amicalement,
Fabien
#28 Par
le
12.06.2010 à 13:04
Hi Sevan et les autres,
"Petite confusion : Claude Marie parle de langage SMS, tu parles de SMS sans préciser comment ceux-ci sont rédigés."
Je n’ai pas précisé parce que cela me paraissait évident : je parlais bien de SMS en langage SMS.
Amicalement.
"Petite confusion : Claude Marie parle de langage SMS, tu parles de SMS sans préciser comment ceux-ci sont rédigés."
Je n’ai pas précisé parce que cela me paraissait évident : je parlais bien de SMS en langage SMS.
Amicalement.
#29 Par
le
12.06.2010 à 21:56
Bonjour à tou-te-s,
Je ne sais pas pour vous mais j'ai l'impression que nos échanges vont dans le sens du billet : une conversation orale aurait évité les réponses fondées sur des suppositions erronées elles-mêmes dues à une incompréhension des commentaires postés par écrit.
Pour pouvoir suivre ou répondre, il faut maintenant relire une trentaine de commentaires pour être sûr de ne rien rater ou se remémorer ce qu'il s'est "dit" ! Personnellement j'ai du mal.
Amicalement,
Sevan
Je ne sais pas pour vous mais j'ai l'impression que nos échanges vont dans le sens du billet : une conversation orale aurait évité les réponses fondées sur des suppositions erronées elles-mêmes dues à une incompréhension des commentaires postés par écrit.
Pour pouvoir suivre ou répondre, il faut maintenant relire une trentaine de commentaires pour être sûr de ne rien rater ou se remémorer ce qu'il s'est "dit" ! Personnellement j'ai du mal.
Amicalement,
Sevan
#30 Par
le
13.06.2010 à 07:31
Bonjour à tous,
Je suis d'accord avec Sevan. Une bonne conversation aurait sans doute produit de meilleurs résultats et beaucoup plus rapidement.
Comme lui aussi, l'idée de relire tous les commentaires ne me chaut guère. Ce qui fait que je ne sais pas si je vais réellement participer à cet échange dans lequel je n'ai pas eu le temps de m'impliquer jusqu'ici, sauf en semant une ou deux idées en passant.
Ce que je fais à nouveau ce matin avant de partir en animation de stage. Hier soir, je me suis dit que, tout compte fait, le sociolecte SMS n'était qu'une forme moderne de la sténographie. J'ai recherché ce mot sur Wikipédia, et voici quelques extraits de l'article qui lui est consacré et qui montre bien qu'il n'y, en ce domaine, pas grand-chose de nouveau sous le soleil :
Très amicalement,
Fabien
Je suis d'accord avec Sevan. Une bonne conversation aurait sans doute produit de meilleurs résultats et beaucoup plus rapidement.
Comme lui aussi, l'idée de relire tous les commentaires ne me chaut guère. Ce qui fait que je ne sais pas si je vais réellement participer à cet échange dans lequel je n'ai pas eu le temps de m'impliquer jusqu'ici, sauf en semant une ou deux idées en passant.
Ce que je fais à nouveau ce matin avant de partir en animation de stage. Hier soir, je me suis dit que, tout compte fait, le sociolecte SMS n'était qu'une forme moderne de la sténographie. J'ai recherché ce mot sur Wikipédia, et voici quelques extraits de l'article qui lui est consacré et qui montre bien qu'il n'y, en ce domaine, pas grand-chose de nouveau sous le soleil :
Citation (Wikipédia) :
Issus d'un même besoin (écrire rapidement et si possible à la vitesse de la parole), les systèmes d'écriture rapide remontent à fort longtemps. Selon les écrits de Diogène Laërce, les premières traces remonteraient à 430 av. J.-C., date à laquelle Xénophon aurait usé de sténographie pour transcrire les discours de Socrate. En 63 av. J.-C., Tiron, esclave de Cicéron, s'inspirant des notes grecques, inventa sa propre méthode de sténographie. Ses prises de notes ont été conservées. Tout d'abord, Tiron n'abrégeait que les mots les plus populaires en utilisant des indices de contexte. Puis il améliora sa méthode en abrégeant les phrases ou expressions les plus communes. […]
En Europe, au Moyen Âge, les scribes employaient des abréviations dans leurs manuscrits. Ils utilisaient des majuscules initiales comme sigles, contractions de plusieurs mots, mots coupés dans la syllabe initiale, morceaux synthétiques de longues phrases d'utilisation conventionnelle, ainsi que points et accents à diverses hauteurs. Toutes ces ressources constituaient autant de systèmes d'écriture abrégée, dont la fonction n'était pas toujours d'accélérer l'écriture. Il s'agissait parfois de respecter la forme logographique habituelle d'un mot (exemples : « sca » pour « sancta », « nra » pour « nostra », etc.).
Selon Ausone et Sidoine, la sténographie était toujours utilisée au Ve siècle. On trouve des preuves un peu partout, comme dans des circulaires de Charlemagne (748 – 814) envoyées aux religieux dans les écoles presbytérales. […] L'utilisation des notes tironiennes est largement attestée au moins jusqu'au IXe siècle. […] Les notes tironiennes pouvaient servir à écrire des textes entiers, comme des lettres. Les signes les plus courants étaient fréquemment utilisés, en commun avec les caractères latins.
Le Lexicum diplomaticum de Walker contient des informations sur un certain nombre d'abréviations adoptées pendant le Moyen Âge, mais dépourvues de signes spéciaux. Par la suite sont apparus en Angleterre l'Ars Scribendi Characteribus (1412) de Jewel ainsi qu'un ouvrage de Plymouth qui consistaient en une écriture courante où l'on supprimait des consonnes, et parfois des syllabes entières.
En Europe, au Moyen Âge, les scribes employaient des abréviations dans leurs manuscrits. Ils utilisaient des majuscules initiales comme sigles, contractions de plusieurs mots, mots coupés dans la syllabe initiale, morceaux synthétiques de longues phrases d'utilisation conventionnelle, ainsi que points et accents à diverses hauteurs. Toutes ces ressources constituaient autant de systèmes d'écriture abrégée, dont la fonction n'était pas toujours d'accélérer l'écriture. Il s'agissait parfois de respecter la forme logographique habituelle d'un mot (exemples : « sca » pour « sancta », « nra » pour « nostra », etc.).
Selon Ausone et Sidoine, la sténographie était toujours utilisée au Ve siècle. On trouve des preuves un peu partout, comme dans des circulaires de Charlemagne (748 – 814) envoyées aux religieux dans les écoles presbytérales. […] L'utilisation des notes tironiennes est largement attestée au moins jusqu'au IXe siècle. […] Les notes tironiennes pouvaient servir à écrire des textes entiers, comme des lettres. Les signes les plus courants étaient fréquemment utilisés, en commun avec les caractères latins.
Le Lexicum diplomaticum de Walker contient des informations sur un certain nombre d'abréviations adoptées pendant le Moyen Âge, mais dépourvues de signes spéciaux. Par la suite sont apparus en Angleterre l'Ars Scribendi Characteribus (1412) de Jewel ainsi qu'un ouvrage de Plymouth qui consistaient en une écriture courante où l'on supprimait des consonnes, et parfois des syllabes entières.
Très amicalement,
Fabien
#31 Par
le
14.06.2010 à 09:17
Bonjour à tous,
Aurore, tu écrivais le 11 : "Quant aux individus adultes authentiquement culminants en VIOLET ou en ROUGE (j'en ai côtoyé tous les jours pendant deux ans en Inde, notamment la nounou de mon fils qui était quasiment analphabète), ils me semblent également incapables d'envoyer un SMS."
Il faut se méfier de l'expérience car elle est toujours un cas particulier. C'est encore plus vrai en Spirale Dynamique où nous sommes confrontés à des valeurs de surface, et jamais au vMème qui n'est qu'une abstraction.
De plus, dans tous les niveaux d'existence, il y a des personnes d'intelligence et de capacités très diverses.
Les Mayas, par exemple, avaient incontestablement une culture culminant en ROUGE. Ils ont notamment développé des théories mathématiques et astronomiques extrêmement subtiles. Crois-tu vraiment qu'ils n'auraient pas pu apprendre à se servir — pas à le concevoir, à se servir — d'un téléphone portable ? Le paysan au bas de la hiérarchie sociale peut-être pas, le grand prêtre assurément.
On peut presque certainement dire la même chose à propos de VIOLET. Des tribus de la préhistoire culminant dans ce vMème faisaient des observations astronomiques très fines, et on a retrouvé des plans et des calendriers gravés datant de cette époque. Bâtir un calendrier lunaire me semble une tâche infiniment plus complexe que savoir se servir d'un portable.
Peut-être sous-estimes-tu ces premiers niveaux de la Spirale Dynamique ?
Bien évidemment envoyer un SMS suppose d'avoir une écriture. Par contre, je pense que Sevan et moi avons montré dans cette discussion que l'utilisation des principes sous-tendant le langage SMS existent probablement depuis que l'écriture existe, et que dès que l'on a la complexité cognitive permettant l'apprentissage d'une écriture, on a celle de trouver des moyens de l'abréger.
Dans le cas particulier du SMS, la technologie est bien évidemment ORANGE. Le langage SMS a été, sans doute, rendu nécessaire par les conditions de vie (clavier du téléphone, et recherche d'économie, la taille d'un SMS étant limitée). Cependant, aujourd'hui que nombre de personnes disposent d'un forfait illimité en ce domaine, qu'il existe des systèmes de saisie prédictive efficaces (T9 par exemple), et que les téléphones à clavier complet se multiplient, la question de la motivation à utiliser le langage SMS reste posée. Je n'ai pas le temps d'en parler ce matin.
Très amicalement,
Fabien
Aurore, tu écrivais le 11 : "Quant aux individus adultes authentiquement culminants en VIOLET ou en ROUGE (j'en ai côtoyé tous les jours pendant deux ans en Inde, notamment la nounou de mon fils qui était quasiment analphabète), ils me semblent également incapables d'envoyer un SMS."
Il faut se méfier de l'expérience car elle est toujours un cas particulier. C'est encore plus vrai en Spirale Dynamique où nous sommes confrontés à des valeurs de surface, et jamais au vMème qui n'est qu'une abstraction.
De plus, dans tous les niveaux d'existence, il y a des personnes d'intelligence et de capacités très diverses.
Les Mayas, par exemple, avaient incontestablement une culture culminant en ROUGE. Ils ont notamment développé des théories mathématiques et astronomiques extrêmement subtiles. Crois-tu vraiment qu'ils n'auraient pas pu apprendre à se servir — pas à le concevoir, à se servir — d'un téléphone portable ? Le paysan au bas de la hiérarchie sociale peut-être pas, le grand prêtre assurément.
On peut presque certainement dire la même chose à propos de VIOLET. Des tribus de la préhistoire culminant dans ce vMème faisaient des observations astronomiques très fines, et on a retrouvé des plans et des calendriers gravés datant de cette époque. Bâtir un calendrier lunaire me semble une tâche infiniment plus complexe que savoir se servir d'un portable.
Peut-être sous-estimes-tu ces premiers niveaux de la Spirale Dynamique ?
Bien évidemment envoyer un SMS suppose d'avoir une écriture. Par contre, je pense que Sevan et moi avons montré dans cette discussion que l'utilisation des principes sous-tendant le langage SMS existent probablement depuis que l'écriture existe, et que dès que l'on a la complexité cognitive permettant l'apprentissage d'une écriture, on a celle de trouver des moyens de l'abréger.
Dans le cas particulier du SMS, la technologie est bien évidemment ORANGE. Le langage SMS a été, sans doute, rendu nécessaire par les conditions de vie (clavier du téléphone, et recherche d'économie, la taille d'un SMS étant limitée). Cependant, aujourd'hui que nombre de personnes disposent d'un forfait illimité en ce domaine, qu'il existe des systèmes de saisie prédictive efficaces (T9 par exemple), et que les téléphones à clavier complet se multiplient, la question de la motivation à utiliser le langage SMS reste posée. Je n'ai pas le temps d'en parler ce matin.
Très amicalement,
Fabien
#32 Par
le
14.06.2010 à 19:07
Bonjour à tous,
J'ai pu lire avec intérêt le billet de Fabien et vos commentaires.
Le bonheur dans une conversation, au-delà des idées véhiculées, c'est aussi le décryptage des silences entre les mots et les traits du visage qui y sont associés. Difficile à percevoir dans un SMS, un peu moins dans un livre. Or ces silences correspondent souvent à une ou des émotions ou à une réflexion. Je vois quelques paradoxes dans VERT, notamment la prise en compte des émotions d'une part, et les cacher (volontairement ou non) par ces nouvelles technologies, et notamment les SMS, d'autre part.
Je voulais juste parler un peu de ces silences.
Merci à tous. Amicalement,
Laurent
J'ai pu lire avec intérêt le billet de Fabien et vos commentaires.
Le bonheur dans une conversation, au-delà des idées véhiculées, c'est aussi le décryptage des silences entre les mots et les traits du visage qui y sont associés. Difficile à percevoir dans un SMS, un peu moins dans un livre. Or ces silences correspondent souvent à une ou des émotions ou à une réflexion. Je vois quelques paradoxes dans VERT, notamment la prise en compte des émotions d'une part, et les cacher (volontairement ou non) par ces nouvelles technologies, et notamment les SMS, d'autre part.
Je voulais juste parler un peu de ces silences.
Merci à tous. Amicalement,
Laurent
#33 Par
le
15.06.2010 à 08:47
Bonjour à tous,
"Je vois quelques paradoxes dans VERT, notamment la prise en compte des émotions d'une part, et les cacher (volontairement ou non) par ces nouvelles technologies, et notamment les SMS, d'autre part."
Oui, il y a des paradoxes dans VERT, comme dans tous les vMèmes bien sûr — n'est-ce pas inhérent à l'âme humaine ? —, plus peut-être que dans d'autres du fait justement de l'importance des émotions dont on ne peut attendre cohérence et rigueur.
Ici, il me semble que c'est, en fait, une question de priorités.
Comme le dit le billet, VERT préfère les conversations à l'écrit, et je pense qu'il y a recours chaque fois que possible.
Ensuite viennent les conditions de vie, notamment le coût des conversations téléphoniques et le fait qu'en VERT l'appartenance à une communauté n'implique pas la proximité géographique. Le contact impose donc parfois le recours à l'écrit, voire même à un écrit abrégé comme avec le langage SMS.
Comme tu le soulignes, l'écrit permet le partage des émotions. En ce domaine, VERT ne s'est pas contenté de l'existant. Il a ajouté la nécessité d'intégrer dans ses écrits des marqueurs émotionnels comme le lol des SMS ou comme les émoticônes. Il me semble que le silence est aussi pris en compte : j'ai l'impression qu'actuellement les gens usent et abusent des points de suspension, et je me demande si cela ne joue pas, au moins partiellement, le rôle des silences dans les conversations.
Très amicalement,
Fabien
P.-S. : j'ai parlé plusieurs fois dans les commentaires précédents de l'ancienneté des principes du langage SMS. Voilà un exemple supplémentaire : en 1915, Sacha Guitry inventa pour le chocolat Eleska le slogan « LSK CSKI ! ».
"Je vois quelques paradoxes dans VERT, notamment la prise en compte des émotions d'une part, et les cacher (volontairement ou non) par ces nouvelles technologies, et notamment les SMS, d'autre part."
Oui, il y a des paradoxes dans VERT, comme dans tous les vMèmes bien sûr — n'est-ce pas inhérent à l'âme humaine ? —, plus peut-être que dans d'autres du fait justement de l'importance des émotions dont on ne peut attendre cohérence et rigueur.
Ici, il me semble que c'est, en fait, une question de priorités.
Comme le dit le billet, VERT préfère les conversations à l'écrit, et je pense qu'il y a recours chaque fois que possible.
Ensuite viennent les conditions de vie, notamment le coût des conversations téléphoniques et le fait qu'en VERT l'appartenance à une communauté n'implique pas la proximité géographique. Le contact impose donc parfois le recours à l'écrit, voire même à un écrit abrégé comme avec le langage SMS.
Comme tu le soulignes, l'écrit permet le partage des émotions. En ce domaine, VERT ne s'est pas contenté de l'existant. Il a ajouté la nécessité d'intégrer dans ses écrits des marqueurs émotionnels comme le lol des SMS ou comme les émoticônes. Il me semble que le silence est aussi pris en compte : j'ai l'impression qu'actuellement les gens usent et abusent des points de suspension, et je me demande si cela ne joue pas, au moins partiellement, le rôle des silences dans les conversations.
Très amicalement,
Fabien
P.-S. : j'ai parlé plusieurs fois dans les commentaires précédents de l'ancienneté des principes du langage SMS. Voilà un exemple supplémentaire : en 1915, Sacha Guitry inventa pour le chocolat Eleska le slogan « LSK CSKI ! ».
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