Vendredi 16 octobre 2009
Le salaire de l'empathie
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#1 Par
le
16.10.2009 à 09:29
Bonjour Fabien,
Avec un texte aussi long, je me dis que tu vas mieux et j'en suis très heureux.
J'apprécie beaucoup ton témoignage car il rend hommage à un système, tout compte fait pas si mauvais que ça en dépit de ce qu'on lit dans les médias, et au personnel hospitalier dont le dévouement mérite l'admiration.
"Toutes les activités ont une valeur égale."
Cette phrase peut choquer car derrière le mot valeur notre monde ORANGE y met une somme d'argent.
Il y a quelques années j'ai suivi une formation à la gestion des conflits. Le formateur nous a dit avoir participé à la grande négociation avec les infirmières quand elles sont descendues dans la rue pour manifester leur mécontentement. Les pouvoirs publics ont pensé qu'elles voulaient plus d'argent. Après avoir patiemment écouté le personnel soignant, ce formateur nous a expliqué que ce qu'elles recherchaient était surtout de la reconnaissance pour leur travail. Pas du fric.
Si tu as montré au personnel de l'hôpital à quel point ces manifestations de l'amour t'ont touché, tu lui auras apporté plus que le salaire en fin de mois. Déjà l'écriture de ce billet est une belle façon de le remercier.
Je te souhaite un bon rétablissement !
Amicalement,
Jean-Nicolas
Avec un texte aussi long, je me dis que tu vas mieux et j'en suis très heureux.
J'apprécie beaucoup ton témoignage car il rend hommage à un système, tout compte fait pas si mauvais que ça en dépit de ce qu'on lit dans les médias, et au personnel hospitalier dont le dévouement mérite l'admiration.
"Toutes les activités ont une valeur égale."
Cette phrase peut choquer car derrière le mot valeur notre monde ORANGE y met une somme d'argent.
Il y a quelques années j'ai suivi une formation à la gestion des conflits. Le formateur nous a dit avoir participé à la grande négociation avec les infirmières quand elles sont descendues dans la rue pour manifester leur mécontentement. Les pouvoirs publics ont pensé qu'elles voulaient plus d'argent. Après avoir patiemment écouté le personnel soignant, ce formateur nous a expliqué que ce qu'elles recherchaient était surtout de la reconnaissance pour leur travail. Pas du fric.
Si tu as montré au personnel de l'hôpital à quel point ces manifestations de l'amour t'ont touché, tu lui auras apporté plus que le salaire en fin de mois. Déjà l'écriture de ce billet est une belle façon de le remercier.
Je te souhaite un bon rétablissement !
Amicalement,
Jean-Nicolas
#2 Par
le
16.10.2009 à 13:53
Bonjour à tous,
Fabien, alors que je lisais ton billet, je me suis interrompue à mi-chemin en me disant que tu avais reçu un traitement de faveur en raison de ton côté "exagérément sympathique", et qu'un autre type « exagérément antipathique et agressif » aurait sans doute reçu moins de marques d'empathie.
Et puis, en lisant la phrase "ce n'est pas le cas : malgré la pression qu'il y a dans des services d'urgence, malgré le stress et la détresse qu'il y a dans un service de chirurgie, malgré l'agressivité que l'inquiétude et la douleur provoquent chez certains patients ou chez leurs proches, j'ai vu une écrasante majorité du personnel se comporter ainsi", je me suis souvenue d'un séjour, il y a 8 ans presque jour pour jour, dans un service de réanimation et de soins intensifs d'un hôpital parisien où j'ai frôlé la mort.
J'y ai vu, comme toi, une écrasante majorité du personnel activer son centre émotionnel extérieur alors qu'ils étaient payés pour autre chose. Et surtout, j'ai vu le chef de service, inhumain, activer son centre mental extérieur avec une froideur incroyable, parlant de moi comme si j'étais un "cas d'école", comme si j'étais déjà morte.
Je ne connaissais alors pas la Spirale Dynamique. J'avais été choquée en imaginant la différence de salaire entre le « professeur inhumain » et « l'aide-soignante débordante d'empathie », et je m'étais alors intérieurement révoltée contre cette différence anormale de salaire, estimant qu'aides-soignantes et infirmiers jouaient un rôle essentiel auprès des malades. J'étais probablement à cette époque au plus haut de mon ORANGE culminant/dominant… Comme quoi ORANGE peut parfois réaliser l'absurdité de ses valeurs.
J'espère que tu te rétablis bien et je suis contente de te lire à nouveau.
Très amicalement,
Aurore
Fabien, alors que je lisais ton billet, je me suis interrompue à mi-chemin en me disant que tu avais reçu un traitement de faveur en raison de ton côté "exagérément sympathique", et qu'un autre type « exagérément antipathique et agressif » aurait sans doute reçu moins de marques d'empathie.
Et puis, en lisant la phrase "ce n'est pas le cas : malgré la pression qu'il y a dans des services d'urgence, malgré le stress et la détresse qu'il y a dans un service de chirurgie, malgré l'agressivité que l'inquiétude et la douleur provoquent chez certains patients ou chez leurs proches, j'ai vu une écrasante majorité du personnel se comporter ainsi", je me suis souvenue d'un séjour, il y a 8 ans presque jour pour jour, dans un service de réanimation et de soins intensifs d'un hôpital parisien où j'ai frôlé la mort.
J'y ai vu, comme toi, une écrasante majorité du personnel activer son centre émotionnel extérieur alors qu'ils étaient payés pour autre chose. Et surtout, j'ai vu le chef de service, inhumain, activer son centre mental extérieur avec une froideur incroyable, parlant de moi comme si j'étais un "cas d'école", comme si j'étais déjà morte.
Je ne connaissais alors pas la Spirale Dynamique. J'avais été choquée en imaginant la différence de salaire entre le « professeur inhumain » et « l'aide-soignante débordante d'empathie », et je m'étais alors intérieurement révoltée contre cette différence anormale de salaire, estimant qu'aides-soignantes et infirmiers jouaient un rôle essentiel auprès des malades. J'étais probablement à cette époque au plus haut de mon ORANGE culminant/dominant… Comme quoi ORANGE peut parfois réaliser l'absurdité de ses valeurs.
J'espère que tu te rétablis bien et je suis contente de te lire à nouveau.
Très amicalement,
Aurore
#3 Par
le
16.10.2009 à 17:54
Bonjour à tous,
Merci de vos réponses et de votre amical soutien.
Aurore, je n'ai pas parlé dans mon billet du médecin, parce que je ne souhaitais pas faire de comparaison, simplement souligner que le salaire des brancardiers, aides-soignants et infirmiers ne prenait pas en compte leur richesse émotionnelle et que cela me semblait injuste.
Le médecin qui s'est occupé de moi en chirurgie est un homme jeune, qui était présent tard le dimanche soir et tôt le lundi matin, qui m'a informé avec beaucoup de précision, et qui a pris en compte avec calme et gentillesse mon stress et celui de Patricia. L'émotionnel extérieur était moins manifeste que chez les personnes dont j'ai parlé dans mon billet, mais je l'ai trouvé présent et de manière très saine.
Il me semble normal que le centre émotionnel extérieur s'exprime différemment chez le médecin qui a des décisions lourdes à prendre, des nouvelles douloureuses à annoncer, et des choix parfois désagréables à faire.
Toutes les tâches se valent et tous les centres se valent. Je le savais bien sûr, mais là, j'en eu une conscience encore renforcée par cette expérience. Après bien entendu, les tâches sont plus ou moins bien faites et les centres plus ou moins bien utilisés. Il semble qu'avec le médecin, j'ai eu plus de chances que toi…
Très amicalement,
Fabien
Merci de vos réponses et de votre amical soutien.
Aurore, je n'ai pas parlé dans mon billet du médecin, parce que je ne souhaitais pas faire de comparaison, simplement souligner que le salaire des brancardiers, aides-soignants et infirmiers ne prenait pas en compte leur richesse émotionnelle et que cela me semblait injuste.
Le médecin qui s'est occupé de moi en chirurgie est un homme jeune, qui était présent tard le dimanche soir et tôt le lundi matin, qui m'a informé avec beaucoup de précision, et qui a pris en compte avec calme et gentillesse mon stress et celui de Patricia. L'émotionnel extérieur était moins manifeste que chez les personnes dont j'ai parlé dans mon billet, mais je l'ai trouvé présent et de manière très saine.
Il me semble normal que le centre émotionnel extérieur s'exprime différemment chez le médecin qui a des décisions lourdes à prendre, des nouvelles douloureuses à annoncer, et des choix parfois désagréables à faire.
Toutes les tâches se valent et tous les centres se valent. Je le savais bien sûr, mais là, j'en eu une conscience encore renforcée par cette expérience. Après bien entendu, les tâches sont plus ou moins bien faites et les centres plus ou moins bien utilisés. Il semble qu'avec le médecin, j'ai eu plus de chances que toi…
Très amicalement,
Fabien
#4 Par
le
17.10.2009 à 09:14
Bonjour à tous,
Je voudrais rajouter un petit complément à mon commentaire d'hier après-midi. J'y écrivais : "Toutes les tâches se valent et tous les centres se valent. […] Après bien entendu, les tâches sont plus ou moins bien faites et les centres plus ou moins bien utilisés."
Un des éléments-clés de la bonne réalisation des tâches et du bon fonctionnement des centres est que la personne se sente profondément connectée à une mission. Dans les hôpitaux, cela semble être le plus souvent le cas. Hier soir, j'entendais aux actualités télévisées, un infirmier interviewé à propos de la vaccination contre la grippe. Le reporter lui demandait s'il se faisait vacciner pour lui ou pour les patients. L'infirmier l'a regardé absolument stupéfait, puis a répondu ce qui était pour lui une évidence : « Pour les patients, bien sûr ! »
En amenant non seulement l'organisation, mais chaque service d'icelle à définir sa vision et sa mission, et en donnant les moyens qu'elles ne restent pas lettre morte, la sociocratie permet cette mobilisation des talents et des centres.
Très amicalement,
Fabien
Je voudrais rajouter un petit complément à mon commentaire d'hier après-midi. J'y écrivais : "Toutes les tâches se valent et tous les centres se valent. […] Après bien entendu, les tâches sont plus ou moins bien faites et les centres plus ou moins bien utilisés."
Un des éléments-clés de la bonne réalisation des tâches et du bon fonctionnement des centres est que la personne se sente profondément connectée à une mission. Dans les hôpitaux, cela semble être le plus souvent le cas. Hier soir, j'entendais aux actualités télévisées, un infirmier interviewé à propos de la vaccination contre la grippe. Le reporter lui demandait s'il se faisait vacciner pour lui ou pour les patients. L'infirmier l'a regardé absolument stupéfait, puis a répondu ce qui était pour lui une évidence : « Pour les patients, bien sûr ! »
En amenant non seulement l'organisation, mais chaque service d'icelle à définir sa vision et sa mission, et en donnant les moyens qu'elles ne restent pas lettre morte, la sociocratie permet cette mobilisation des talents et des centres.
Très amicalement,
Fabien
#5 Par
le
17.10.2009 à 10:06
Il y a dans la définition d'une mission, quel que soit le vMème, une dimension spirituelle, et c'est pourquoi il me semble difficile en ORANGE d'en définir une et de la respecter vraiment. L'hôpital me paraît être une structure qu'il faut particulièrement protéger des excès de ORANGE (ces médecins d'hôpital, heureusement très minoritaires, demandant des dessous de table avant une opération), sans doute en gardant la priorité de BLEU, ORANGE étant présent pour l'efficacité mais restant secondaire… en attendant une transition où VERT sera dominant avec un ORANGE secondaire. Qu'en pensez-vous ?
#6 Par
le
17.10.2009 à 11:15
Bonjour Wallace, Fabien et les autres,
@Fabien : très beau billet, illustrant bien la valeur équivalente des activités pour l'utilisation extérieure des centres.
@Wallace : la dimension spirituelle est peut-être présente pour une définition personnelle d'une vision ou mission. Pour une organisation, un service ou une équipe, c'est moins le cas.
Ayant suivi le stage Sociocratie : Bases, j'ai commencé à utiliser des méthodes sociocratiques pour gérer mon équipe : structure de cercle, décisions par consentement, élection sans candidat. Ce n'est pas une sociocratie car il n'y a qu'un cercle et pas de double lien. En revanche, je suis convaincu que les méthodes et outils sociocratiques peuvent apporter beaucoup d'améliorations.
Dans le cadre des réunions de cercle, nous avons défini ensemble vision, mission et objectifs de l'équipe (qui seront validés par consentement à la prochaine réunion). Dans notre cas, il n'y a aucune dimension spirituelle dans nos définitions (l'équipe est située en ORANGE avec un peu de VERT).
Avoir des objectifs, réussir, progresser, ça plaît à ORANGE. La définition de la vision et de la mission permet de définir les objectifs, et d'autres outils permettent d'organiser la mise en œuvre pour atteindre ces objectifs.
Je n'ai pas encore de recul sur le fait que cela va rester lettre morte ou pas, mais le fait de définir à notre niveau ce que nous avons envie de "produire" ensemble, comment et pourquoi était important pour beaucoup ; et cela a permis de faire prendre conscience à tou-te-s des idées et valeurs que nous partagions sans que cela soit forcément conscient. Pas de dimension spirituelle, mais il y a un esprit de groupe renforcé.
Très amicalement,
Sevan
@Fabien : très beau billet, illustrant bien la valeur équivalente des activités pour l'utilisation extérieure des centres.
@Wallace : la dimension spirituelle est peut-être présente pour une définition personnelle d'une vision ou mission. Pour une organisation, un service ou une équipe, c'est moins le cas.
Ayant suivi le stage Sociocratie : Bases, j'ai commencé à utiliser des méthodes sociocratiques pour gérer mon équipe : structure de cercle, décisions par consentement, élection sans candidat. Ce n'est pas une sociocratie car il n'y a qu'un cercle et pas de double lien. En revanche, je suis convaincu que les méthodes et outils sociocratiques peuvent apporter beaucoup d'améliorations.
Dans le cadre des réunions de cercle, nous avons défini ensemble vision, mission et objectifs de l'équipe (qui seront validés par consentement à la prochaine réunion). Dans notre cas, il n'y a aucune dimension spirituelle dans nos définitions (l'équipe est située en ORANGE avec un peu de VERT).
Avoir des objectifs, réussir, progresser, ça plaît à ORANGE. La définition de la vision et de la mission permet de définir les objectifs, et d'autres outils permettent d'organiser la mise en œuvre pour atteindre ces objectifs.
Je n'ai pas encore de recul sur le fait que cela va rester lettre morte ou pas, mais le fait de définir à notre niveau ce que nous avons envie de "produire" ensemble, comment et pourquoi était important pour beaucoup ; et cela a permis de faire prendre conscience à tou-te-s des idées et valeurs que nous partagions sans que cela soit forcément conscient. Pas de dimension spirituelle, mais il y a un esprit de groupe renforcé.
Très amicalement,
Sevan
#7 Par
le
18.10.2009 à 18:16
Sevan, j'ai une conception laïque et, un peu à cause de Fabien, très large de la spiritualité. Pourrais-tu, en la modifiant pour que ton entreprise ne soit pas reconnaissable, nous donner la vision et la mission de ton service ? J'étais aussi au stage sur la sociocratie, et un exemple de plus serait passionnant.
#8 Par
le
18.10.2009 à 22:57
Wallace,
Je demanderai le consentement des membres du cercle avant de partager ici nos définitions.
En attendant, je peux te donner un exemple que j'ai lu dans We the people de John Buck et Sharon Villines (je traduis) : un fabricant de ressort ayant pour vision "les gens conduisant leur voiture confortablement, même sur des routes cahoteuses" et pour mission "fournir aux fabricants de voiture des ressorts de haute qualité pour les amortisseurs".
Personnellement, j'ai peine à trouver une dimension spirituelle dans cette mission.
Il y a sûrement des missions qui comportent une dimension spirituelle, mais je pense que ce n'est pas systématique.
Très amicalement,
Sevan
Je demanderai le consentement des membres du cercle avant de partager ici nos définitions.
En attendant, je peux te donner un exemple que j'ai lu dans We the people de John Buck et Sharon Villines (je traduis) : un fabricant de ressort ayant pour vision "les gens conduisant leur voiture confortablement, même sur des routes cahoteuses" et pour mission "fournir aux fabricants de voiture des ressorts de haute qualité pour les amortisseurs".
Personnellement, j'ai peine à trouver une dimension spirituelle dans cette mission.
Il y a sûrement des missions qui comportent une dimension spirituelle, mais je pense que ce n'est pas systématique.
Très amicalement,
Sevan
#9 Par
le
19.10.2009 à 11:20
Bonjour Sevan, je n'ai pas été très précis dans mon message précédent. Je considère que l'essence est toujours présente et donc que la dimension spirituelle d'un être humain l'est (presque) toujours aussi. Dans la vision que tu décris, il n'y a évidemment rien d'explicite, et pourtant il me semble qu'il y a une étincelle d'amour pour les autres et donc une touche de spiritualité. J'ai appris avec Fabien, il y a très longtemps, une technique qui s'appelle Core Transformation et qui permet de trouver dans chaque moment de notre existence cette dimension spirituelle dont nous ne sommes pas toujours conscients. Je n'ose la résumer ici de peur de trahir la pensée de son créateur. Peut-être Fabien voudra-t-il le faire.
Je trouve superbe que tu demandes le consentement de ton équipe avant de nous livrer sa vision et sa mission. Ça, c'est de la congruence et du respect.
Très amicalement.
Je trouve superbe que tu demandes le consentement de ton équipe avant de nous livrer sa vision et sa mission. Ça, c'est de la congruence et du respect.
Très amicalement.
#10 Par
le
20.10.2009 à 11:13
Bonjour Sevan, Wallace et les autres,
Moi aussi Sevan, je trouve passionnante la niche sociocratique que tu essayes de créer dans ton entreprise, et j'espère que tu pourras un jour nous en faire un instructif compte rendu, ici ou même sous forme d'un petit article.
Quant à Core Transformation, me voilà avec la patate chaude ! C'est une technique due à Connirae Andreas, une personne que je respecte profondément pour sa richesse intérieure. J'ai effectivement enseigné la technique — je peux encore le faire s'il y a des personnes intéressées… —, mais cela prend une petite journée et n'est donc pas facilement résumable. Connirae Andreas a écrit un bouqin sur le sujet, mais apprendre cette technique par un livre est loin d'être évident.
Disons, en simplifiant grandement, qu'il y a trois phases :
Très amicalement,
Fabien
Moi aussi Sevan, je trouve passionnante la niche sociocratique que tu essayes de créer dans ton entreprise, et j'espère que tu pourras un jour nous en faire un instructif compte rendu, ici ou même sous forme d'un petit article.
Quant à Core Transformation, me voilà avec la patate chaude ! C'est une technique due à Connirae Andreas, une personne que je respecte profondément pour sa richesse intérieure. J'ai effectivement enseigné la technique — je peux encore le faire s'il y a des personnes intéressées… —, mais cela prend une petite journée et n'est donc pas facilement résumable. Connirae Andreas a écrit un bouqin sur le sujet, mais apprendre cette technique par un livre est loin d'être évident.
Disons, en simplifiant grandement, qu'il y a trois phases :
- À partir d'un comportement quel qu'il soit, une montée des valeurs utilisant un questionnement spécifique, permet d'accéder à un état essentiel auquel il est connecté ;
- Le comportement est revu comme si l'état essentiel était la motivation consciente unique ;
- L'accès à l'état essentiel est généralisé à d'autres contextes et moments de l'existence.
Très amicalement,
Fabien
#11 Par
le
20.10.2009 à 18:55
Bonjour Fabien, Wallace et les autres,
Ayant obtenu le consentement du cercle, voici :
Fabien dit : "Pourquoi pas un petit article ?"
Peut-être à l'occasion d'une réunion où nous ferons le point sur cette nouvelle façon de fonctionner.
Très amicalement,
Sevan
Ayant obtenu le consentement du cercle, voici :
- Sa vision : Un client satisfait par l'apport du savoir-faire du cercle répondant à ses besoins.
- Sa mission : Développer un savoir-faire en favorisant les échanges d'informations, de connaissances et d'expériences, en permettant à ses membres de progresser et de se développer dans le respect des valeurs du cercle.
Fabien dit : "Pourquoi pas un petit article ?"
Peut-être à l'occasion d'une réunion où nous ferons le point sur cette nouvelle façon de fonctionner.
Très amicalement,
Sevan
#11.1 Par
le
21.10.2009 à 09:20
Merci beaucoup Sevan… et merci à ton cercle. Serait-il possible d'avoir aussi les valeurs du cercle puisqu'elles ont été listées en même temps et que la mission en parle ?
#11.2 Par
le
21.10.2009 à 11:30
Bonjour Wallace,
Les valeurs apparaissent déjà dans la vision et la mission, nous avions listé :
Amicalement,
Sevan
Les valeurs apparaissent déjà dans la vision et la mission, nous avions listé :
- Satisfaction client
- Échanger
- Progresser
- Fixer ses limites et les (faire) respecter
- Travail intéressant
Amicalement,
Sevan
#11.4 Par
le
17.01.2010 à 12:31
Bonjour à tout-te-s,
Voici un petit point sur le mode de fonctionnement utilisant des méthodes sociocratiques que j'ai proposées à mon équipe. Après trois mois, nous avons fait un tour de cercle pour décider si nous continuons sur ce mode ou pas.
Pour les aspects positifs :
Amicalement,
Sevan
Voici un petit point sur le mode de fonctionnement utilisant des méthodes sociocratiques que j'ai proposées à mon équipe. Après trois mois, nous avons fait un tour de cercle pour décider si nous continuons sur ce mode ou pas.
Pour les aspects positifs :
- mobilise tout le monde, les membres se sentent moins séparés, plus dans une vraie équipe ;
- permet une participation plus active (moins spectateur, plus acteur) ;
- favorise le dialogue, les propositions et les initiatives ;
- permet des réunions moins pénibles que les réunions "classiques" ;
- crée un espace dédié aux sujets de fond, à l'organisation ;
- permet une intégration plus rapide des nouveaux membres.
- les réunions durent plus longtemps ;
- les sujets de discussions ne sont pas forcément concrets surtout au début ;
- au démarrage, certains membres se sont sentis plus suiveurs que moteurs.
- La double casquette de leader et de facilitateur m'a empêché d'intervenir complètement dans la définition des vision et mission ; en effet, si je poussais dans une direction trop différente de ce qui émergeait, les autres membres n'auraient pas pu savoir si je le faisais pour obtenir une vision plus large en tant que facilitateur, ou pour tirer la vision de l'équipe vers la mienne en tant que leader opérationnel ;
- La double casquette de leader et de "celui qui connaît le mieux la sociocratie" a sûrement encouragé certains membres à être "suiveurs plutôt que moteurs".
Amicalement,
Sevan
#11.5 Par
le
18.01.2010 à 10:06
Bonjour Sevan,
Merci beaucoup pour ce bilan d'étape. Sachant que tu n'as la possibilité d'appliquer qu'une partie des outils de la sociocratie, je trouve que c'est un beau résultat : les aspects positifs sont plus nombreux que les négatifs, et surtout les membres de ton équipe désirent continuer.
Reprenons point par point ce que tu estimes être négatif.
"Les réunions durent plus longtemps."
Ce n'est pas la durée des réunions qui est un critère important, me semble-t-il, c'est leur productivité. Si celle-ci est bonne, tout va bien.
Si par contre, il y a trop de bavardage, j'aurai envie de dire que c'est peut-être normal dans un premier temps et que cela devrait s'estomper naturellement. Je me souviens d'une anecdote que m'avait racontée mon père. Il était en poste à l'étranger, et un ordre religieux avait invité des membres de l'ambassade à l'occasion, je crois, du centenaire de leur installation dans le pays. Les moines de cet ordre avaient fait vœu de silence. Le supérieur et ceux qui, comme lui, avaient de nombreux contacts obligés avec l'extérieur n'y étaient pas soumis. Lors de la réception, le supérieur a annoncé qu'en cette journée exceptionnelle, il levait le vœu de silence pour la durée du repas. Mon père m'a dit que, soudain, on se serait cru dans une volière tellement tous les religieux parlaient ensemble, vite et fort. Puis au bout de dix minutes, ils se sont tus peu à peu, et aucun d'entre eux n'a plus prononcé un mot du repas…
Si les réunions continuaient à durer trop, il faudrait par contre réfléchir en termes d'élaboration de l'ordre du jour et de facilitation. Peut-être ne maintiens-tu pas un cadre assez ferme sur les protocoles sociocratiques ?
"Les sujets de discussions ne sont pas forcément concrets surtout au début."
Là aussi, il s'agit de travailler la manière d'élaborer l'ordre du jour et la facilitation.
"Au démarrage, certains membres se sont sentis plus suiveurs que moteurs."
Cela me semble normal. C'est une situation acceptable, face à laquelle on ne peut que lâcher prise. Certains n'ont pas envie d'être moteurs, et c'est leur droit. L'important est qu'il soit clair qu'ils peuvent le devenir dès qu'ils le souhaitent.
Très amicalement,
Fabien
Merci beaucoup pour ce bilan d'étape. Sachant que tu n'as la possibilité d'appliquer qu'une partie des outils de la sociocratie, je trouve que c'est un beau résultat : les aspects positifs sont plus nombreux que les négatifs, et surtout les membres de ton équipe désirent continuer.
Reprenons point par point ce que tu estimes être négatif.
"Les réunions durent plus longtemps."
Ce n'est pas la durée des réunions qui est un critère important, me semble-t-il, c'est leur productivité. Si celle-ci est bonne, tout va bien.
Si par contre, il y a trop de bavardage, j'aurai envie de dire que c'est peut-être normal dans un premier temps et que cela devrait s'estomper naturellement. Je me souviens d'une anecdote que m'avait racontée mon père. Il était en poste à l'étranger, et un ordre religieux avait invité des membres de l'ambassade à l'occasion, je crois, du centenaire de leur installation dans le pays. Les moines de cet ordre avaient fait vœu de silence. Le supérieur et ceux qui, comme lui, avaient de nombreux contacts obligés avec l'extérieur n'y étaient pas soumis. Lors de la réception, le supérieur a annoncé qu'en cette journée exceptionnelle, il levait le vœu de silence pour la durée du repas. Mon père m'a dit que, soudain, on se serait cru dans une volière tellement tous les religieux parlaient ensemble, vite et fort. Puis au bout de dix minutes, ils se sont tus peu à peu, et aucun d'entre eux n'a plus prononcé un mot du repas…
Si les réunions continuaient à durer trop, il faudrait par contre réfléchir en termes d'élaboration de l'ordre du jour et de facilitation. Peut-être ne maintiens-tu pas un cadre assez ferme sur les protocoles sociocratiques ?
"Les sujets de discussions ne sont pas forcément concrets surtout au début."
Là aussi, il s'agit de travailler la manière d'élaborer l'ordre du jour et la facilitation.
"Au démarrage, certains membres se sont sentis plus suiveurs que moteurs."
Cela me semble normal. C'est une situation acceptable, face à laquelle on ne peut que lâcher prise. Certains n'ont pas envie d'être moteurs, et c'est leur droit. L'important est qu'il soit clair qu'ils peuvent le devenir dès qu'ils le souhaitent.
Très amicalement,
Fabien
#11.6 Par
le
18.01.2010 à 12:28
Bonjour Fabien,
Merci pour tes commentaires.
Je ne le précisais pas, mais les points positifs et négatifs listés sont ceux cités par les membres pendant le bilan, pas les miens.
Aujourd'hui, le tour de cercle final pour évaluer la réunion a permis de constater qu'on avait réussi à traiter tout l'ordre du jour malgré un programme chargé, à la grande surprise de certains membres.
Effectivement, avec le temps, certains mécanismes sont mieux rodés. Et un travail sur l'ordre du jour et la facilitation est sûrement un axe qui apporterait l'amélioration la plus notable.
Amicalement,
Sevan
Merci pour tes commentaires.
Je ne le précisais pas, mais les points positifs et négatifs listés sont ceux cités par les membres pendant le bilan, pas les miens.
Aujourd'hui, le tour de cercle final pour évaluer la réunion a permis de constater qu'on avait réussi à traiter tout l'ordre du jour malgré un programme chargé, à la grande surprise de certains membres.
Effectivement, avec le temps, certains mécanismes sont mieux rodés. Et un travail sur l'ordre du jour et la facilitation est sûrement un axe qui apporterait l'amélioration la plus notable.
Amicalement,
Sevan
#11.7 Par
le
19.01.2010 à 10:48
Une troisième fois merci à Sevan pour le suivi. C'est très encourageant de savoir qu'il est possible de faire quelque chose de positif même avec une utilisation partielle des outils de la sociocratie. Très amicalement.
#12 Par
le
20.10.2009 à 22:44
Bonsoir à tous,
Je n'ai pas encore pris connaissance des derniers échanges et je réponds uniquement au billet de Fabien.
"Dans une organisation, « toutes les activités ont une valeur égale ». Quand nous animons nos formations à la Sociocratie, cette assertion de Gérard Endenburg, le fondateur de la méthode, est une de celles qui surprend, voire choque, le plus."
Je suis bien en accord avec cette affirmation qui prend en considération l'individu dans son intégralité et pas une seule partie de ce qu'il est.
"Pourtant elle comporte une certaine part de logique. Si une tâche est réalisée, c'est qu'elle est indispensable au fonctionnement de l'organisation, et puisqu'elle est indispensable comme toutes les autres tâches, il n'y a aucune raison de lui accorder plus ou moins de valeur."
Chaque tâche, quelle qu'elle soit, est indispensable et combien même, peut-elle paraître insignifiante, l'ensemble peut en dépendre et parfois d'une manière bien surprenante.
"À ceci, ORANGE répond par la loi du marché, arguant, par exemple, qu'il est beaucoup plus difficile de trouver un grand chirurgien qu'une bonne aide-soignante."
Que veut dire grand et bonne dans le langage ORANGE : quantité, rendement, rentabilité, objectif réalisé ? Et au détriment, parfois, d'une certaine qualité, notamment humaine, lorsque le vMème n'est pas adapté à son environnement.
"Mon état a commencé par nécessiter deux analyses, puis par un processus d'escalade devant leurs mauvais résultats une radio, une échographie, puis un scanner — tout ceci fait et interprété en moins de trois heures, excellent rappel de l'efficacité que peuvent avoir les organisations centrées en BLEU malgré les critiques que ORANGE multiplie à leur égard."
L'hôpital en BLEU semble adapté à ses missions (normes, procédures, protocoles) où le non-respect des règles peut avoir des conséquences dramatiques.
ORANGE, qui critique et essaye de modifier l'organisation des structures hospitalières, oublie dans ses intentions de prendre en considération la dimension humaine, et cela entraîne de nombreux dysfonctionnements, notamment concernant la difficulté que peuvent rencontrer les soignants et aides-soignants dans leur quotidien professionnel qui est sous tension (et les groupes de paroles où ils peuvent s'exprimer sur leur vécu sont toujours les bienvenus).
Sur l'exemple du brancardier, de l'infirmière et de l'aide soignante : les hôpitaux sont parfois différents les uns des autres, et la façon dont sont exprimés les centres dépend aussi de l'environnement immédiat (entre autres). Je parle là de l'ambiance générale de l'hôpital, des différentes spécialités réparties dans des bâtiments parfois disparates quant à leur vétusté, des cadres et de l'individu lui-même, voire même des patients (là, je parle des enfants, adultes ou personnes âgées). Malgré le poids de tout cela, de la douleur, de la souffrance, les soignants exprime cette chaleur si nécessaire aux patients, et cela est remarquable.
"Je pourrais lister plusieurs autres situations semblables. Je pourrais aussi croire qu'un tel traitement est expliqué par mon côté exagérément sympathique ; ce n'est pas le cas."
Exagérément, non Fabien, seulement très sympathique ! Et puis il est vrai que tu as des qualités empathiques, et cela joue beaucoup dans la relation, dans l'expression de l'émotionnel des soignants. Je m'explique au vu de mon expérience : suivant la personne soignée ou le soignant, l'émotionnel extérieur est présent ou non, et cela dépend aussi de ce qui est exprimé par le patient ; si l'émotionnel n'est pas exprimé, l'autre qui est en relation aura tendance à ne pas exprimer le sien, ou moins, sauf au début de l'hospitalisation.
"Malgré la pression qu'il y a dans des services d'urgence, malgré le stress et la détresse qu'il y a dans un service de chirurgie, malgré l'agressivité que l'inquiétude et la douleur provoquent chez certains patients ou chez leurs proches, j'ai vu une écrasante majorité du personnel se comporter ainsi. Bien sûr, il existe des contre-exemples, peut-être même en avez-vous connus ou vécus, et c'est douloureux même si cela ne change pas la nature de mon propos."
Oui, c'est la tendance générale, et ce n'est certainement pas pour rien qu'ils ont choisi ces métiers.
Je voudrais témoigner de mon expérience :
C'est une bonne question car pour le moment, sauf dans certains secteurs professionnels spécifiques, l'expression de l'émotionnel extérieur est du domaine du bénévolat… Peut-être parce qu'il n'y a pas de formation pour cela, pas de qualification, pas de etc., donc pas de reconnaissance financière… Parce que l'émotionnel extérieur doit être un "acte gratuit" et dire "je donne, mais ce n'est pas gratuit" est perçu comme parfois comme une "abomination". En fait, "donner" n'est jamais gratuit, combien même l'on s'en défend, car il y a toujours un retour, même inattendu…
Bien amicalement,
Pascal
Je n'ai pas encore pris connaissance des derniers échanges et je réponds uniquement au billet de Fabien.
"Dans une organisation, « toutes les activités ont une valeur égale ». Quand nous animons nos formations à la Sociocratie, cette assertion de Gérard Endenburg, le fondateur de la méthode, est une de celles qui surprend, voire choque, le plus."
Je suis bien en accord avec cette affirmation qui prend en considération l'individu dans son intégralité et pas une seule partie de ce qu'il est.
"Pourtant elle comporte une certaine part de logique. Si une tâche est réalisée, c'est qu'elle est indispensable au fonctionnement de l'organisation, et puisqu'elle est indispensable comme toutes les autres tâches, il n'y a aucune raison de lui accorder plus ou moins de valeur."
Chaque tâche, quelle qu'elle soit, est indispensable et combien même, peut-elle paraître insignifiante, l'ensemble peut en dépendre et parfois d'une manière bien surprenante.
"À ceci, ORANGE répond par la loi du marché, arguant, par exemple, qu'il est beaucoup plus difficile de trouver un grand chirurgien qu'une bonne aide-soignante."
Que veut dire grand et bonne dans le langage ORANGE : quantité, rendement, rentabilité, objectif réalisé ? Et au détriment, parfois, d'une certaine qualité, notamment humaine, lorsque le vMème n'est pas adapté à son environnement.
"Mon état a commencé par nécessiter deux analyses, puis par un processus d'escalade devant leurs mauvais résultats une radio, une échographie, puis un scanner — tout ceci fait et interprété en moins de trois heures, excellent rappel de l'efficacité que peuvent avoir les organisations centrées en BLEU malgré les critiques que ORANGE multiplie à leur égard."
L'hôpital en BLEU semble adapté à ses missions (normes, procédures, protocoles) où le non-respect des règles peut avoir des conséquences dramatiques.
ORANGE, qui critique et essaye de modifier l'organisation des structures hospitalières, oublie dans ses intentions de prendre en considération la dimension humaine, et cela entraîne de nombreux dysfonctionnements, notamment concernant la difficulté que peuvent rencontrer les soignants et aides-soignants dans leur quotidien professionnel qui est sous tension (et les groupes de paroles où ils peuvent s'exprimer sur leur vécu sont toujours les bienvenus).
Sur l'exemple du brancardier, de l'infirmière et de l'aide soignante : les hôpitaux sont parfois différents les uns des autres, et la façon dont sont exprimés les centres dépend aussi de l'environnement immédiat (entre autres). Je parle là de l'ambiance générale de l'hôpital, des différentes spécialités réparties dans des bâtiments parfois disparates quant à leur vétusté, des cadres et de l'individu lui-même, voire même des patients (là, je parle des enfants, adultes ou personnes âgées). Malgré le poids de tout cela, de la douleur, de la souffrance, les soignants exprime cette chaleur si nécessaire aux patients, et cela est remarquable.
"Je pourrais lister plusieurs autres situations semblables. Je pourrais aussi croire qu'un tel traitement est expliqué par mon côté exagérément sympathique ; ce n'est pas le cas."
Exagérément, non Fabien, seulement très sympathique ! Et puis il est vrai que tu as des qualités empathiques, et cela joue beaucoup dans la relation, dans l'expression de l'émotionnel des soignants. Je m'explique au vu de mon expérience : suivant la personne soignée ou le soignant, l'émotionnel extérieur est présent ou non, et cela dépend aussi de ce qui est exprimé par le patient ; si l'émotionnel n'est pas exprimé, l'autre qui est en relation aura tendance à ne pas exprimer le sien, ou moins, sauf au début de l'hospitalisation.
"Malgré la pression qu'il y a dans des services d'urgence, malgré le stress et la détresse qu'il y a dans un service de chirurgie, malgré l'agressivité que l'inquiétude et la douleur provoquent chez certains patients ou chez leurs proches, j'ai vu une écrasante majorité du personnel se comporter ainsi. Bien sûr, il existe des contre-exemples, peut-être même en avez-vous connus ou vécus, et c'est douloureux même si cela ne change pas la nature de mon propos."
Oui, c'est la tendance générale, et ce n'est certainement pas pour rien qu'ils ont choisi ces métiers.
Je voudrais témoigner de mon expérience :
- En structure hospitalière notamment, seul l'instinctif extérieur et le mental extérieur sont pris en compte dans les rémunérations. Cependant, je peux voir que dans certaines unités, en particulier les unités de soins palliatifs et les unités mobiles douleurs et soins palliatifs, l'émotionnel extérieur est pris en considération dans le recrutement et a une part importante dans celui-ci (corps médical compris dans certaines structures).
- Je me suis rendu compte (confirmé par d'autres accompagnants) que, suivant le patient, les différents centres peuvent être activés en fonction de la demande propre de la personne (là dans le cadre d'une relation d'accompagnement). Certains vont vouloir que l'accompagnant fasse ceci ou cela et ont besoin d'un lien dans le faire, pour d'autres ce sera des discussions philosophiques, politiques ou autres, et avec d'autres, nous serons dans une relation plus axée sur l'émotionnel extérieur. D'ailleurs cela varie en fonction de la position des centres des différents individus en présence.
- Plus on "monte" son centre émotionnel (là je parle notamment pour les centres émotionnels réprimés), plus la personne en face va exprimer le sien.
C'est une bonne question car pour le moment, sauf dans certains secteurs professionnels spécifiques, l'expression de l'émotionnel extérieur est du domaine du bénévolat… Peut-être parce qu'il n'y a pas de formation pour cela, pas de qualification, pas de etc., donc pas de reconnaissance financière… Parce que l'émotionnel extérieur doit être un "acte gratuit" et dire "je donne, mais ce n'est pas gratuit" est perçu comme parfois comme une "abomination". En fait, "donner" n'est jamais gratuit, combien même l'on s'en défend, car il y a toujours un retour, même inattendu…
Bien amicalement,
Pascal
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