Jeudi 26 février 2009
Hyntuïscyon
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#1 Par
le
27.02.2009 à 12:59
Intuitif effectivement, mais, comme tu le dis dans le stage "Ennéagramme : Intuition", le centre intuitif gagne à être conforté par les autres centres, le mental en l'occurrence. Oui, cette information donne envie d'agir.
#2 Par
le
01.03.2009 à 16:39
Bonjour Fabien,
Mes enfants sont bilingues, mes neveux sont trilingues, et ce depuis leur plus jeune âge. Je n'ai pas l'impression qu'ils soient racistes ou xénophobes.
Mais à dire vrai, je pense qu'il n'y a pas de réponse simple à ta question. Je suis, pour ma part, convaincu que l'éducation et la transmission des mèmes a une influence bien plus importante sur les croyances racistes que le fait de prononcer des mots de culture différente. Ce serait presque trop beau pour être vrai.
Amicalement,
Jean-Nicolas
Mes enfants sont bilingues, mes neveux sont trilingues, et ce depuis leur plus jeune âge. Je n'ai pas l'impression qu'ils soient racistes ou xénophobes.
Mais à dire vrai, je pense qu'il n'y a pas de réponse simple à ta question. Je suis, pour ma part, convaincu que l'éducation et la transmission des mèmes a une influence bien plus importante sur les croyances racistes que le fait de prononcer des mots de culture différente. Ce serait presque trop beau pour être vrai.
Amicalement,
Jean-Nicolas
#3 Par
le
02.03.2009 à 08:38
Bonjour Jean-Nicolas,
Il me semble que la question importante est de savoir à quel niveau d'existence de la Spirale Dynamique apparaît le racisme et la xénophobie.
Je pense que c'est dès VIOLET. De très nombreuses tribus en VIOLET se désignent elles-mêmes par un mot qui signifie « les êtres humains », ce qui implique que les autres sont des choses étranges assez proches de l'animal. D'un point de vue plus théorique, faire le lien entre racisme et xénophobie d'une part et insécurité d'autre part me paraît évident.
Certes, les vMèmes suivant peuvent en rajouter une couche, mais le fondement de cette attitude négative vis-à-vis des autres est là, et si on règle le problème à la base, peut-être n'apparaîtra-t-il jamais.
Or, comment VIOLET apprend-il ? Par habituation et conditionnement pavlovien — stage "Spirale Dynamique : Bases". La piste soulevée dans ma question — qui était, je l'avoue, une question rhétorique — va dans ce type d'apprentissage.
"Ce serait presque trop beau pour être vrai."
Je crois de nombreux problèmes (je n'ai pas dit tous !) ne sont difficiles à résoudre que parce qu'on les traite au mauvais niveau. Si on sait exactement où intervenir, ils peuvent être réglés facilement et rapidement.
Par exemple, on a considéré pendant très longtemps que guérir une phobie était quelque chose de très difficile et de très long. C'était vrai, mais parce qu'on utilisait des thérapies de la parole totalement inappropriées. La PNL a inventé une technique qui est très efficace pour les phobies simples (et uniquement celles-là) parce qu'elle fonctionne — sans le savoir ! — au niveau VIOLET et utilise le mécanisme de cause-effet de ce vMème.
Ce n'est donc pas uniquement en raison de l'orientation de mon ennéatype que je ne suis pas entièrement en accord avec toi sur ce sujet.
Très amicalement,
Fabien
Il me semble que la question importante est de savoir à quel niveau d'existence de la Spirale Dynamique apparaît le racisme et la xénophobie.
Je pense que c'est dès VIOLET. De très nombreuses tribus en VIOLET se désignent elles-mêmes par un mot qui signifie « les êtres humains », ce qui implique que les autres sont des choses étranges assez proches de l'animal. D'un point de vue plus théorique, faire le lien entre racisme et xénophobie d'une part et insécurité d'autre part me paraît évident.
Certes, les vMèmes suivant peuvent en rajouter une couche, mais le fondement de cette attitude négative vis-à-vis des autres est là, et si on règle le problème à la base, peut-être n'apparaîtra-t-il jamais.
Or, comment VIOLET apprend-il ? Par habituation et conditionnement pavlovien — stage "Spirale Dynamique : Bases". La piste soulevée dans ma question — qui était, je l'avoue, une question rhétorique — va dans ce type d'apprentissage.
"Ce serait presque trop beau pour être vrai."
Je crois de nombreux problèmes (je n'ai pas dit tous !) ne sont difficiles à résoudre que parce qu'on les traite au mauvais niveau. Si on sait exactement où intervenir, ils peuvent être réglés facilement et rapidement.
Par exemple, on a considéré pendant très longtemps que guérir une phobie était quelque chose de très difficile et de très long. C'était vrai, mais parce qu'on utilisait des thérapies de la parole totalement inappropriées. La PNL a inventé une technique qui est très efficace pour les phobies simples (et uniquement celles-là) parce qu'elle fonctionne — sans le savoir ! — au niveau VIOLET et utilise le mécanisme de cause-effet de ce vMème.
Ce n'est donc pas uniquement en raison de l'orientation de mon ennéatype que je ne suis pas entièrement en accord avec toi sur ce sujet.
Très amicalement,
Fabien
#4 Par
le
02.03.2009 à 10:01
Bonjour Fabien,
Merci beaucoup pour cet éclairage.
Je voyais l'apparition du racisme plus tard dans l'évolution de la Spirale Dynamique, mais, effectivement, avec le lien xénophobie-peur, rien ne s'oppose à du racisme en VIOLET.
Par contre, j'ai encore une question: le racisme serait-il lié à une phobie (de l'autre) "simple" ? Dans ce cas, on pourrait quasiment traiter la xénophobie avec la technique PNL, et là c'est plutôt une bonne nouvelle !
Amicalement,
Jean-Nicolas
Merci beaucoup pour cet éclairage.
Je voyais l'apparition du racisme plus tard dans l'évolution de la Spirale Dynamique, mais, effectivement, avec le lien xénophobie-peur, rien ne s'oppose à du racisme en VIOLET.
Par contre, j'ai encore une question: le racisme serait-il lié à une phobie (de l'autre) "simple" ? Dans ce cas, on pourrait quasiment traiter la xénophobie avec la technique PNL, et là c'est plutôt une bonne nouvelle !
Amicalement,
Jean-Nicolas
#5 Par
le
02.03.2009 à 11:33
Passionnant ! Une question supplémentaire un peu hors sujet. Je suppose que la technique PNL dont tu parles est la double dissociation. Je n'ai jamais perçu de lien avec VIOLET, ni d'ailleurs compris pourquoi elle est efficace. Peux-tu expliciter, Fabien ?
#6 Par
le
02.03.2009 à 15:11
Bonjour à tous,
Commençons par un petit rappel. Une phobie est une peur intense, irraisonnée et non maîtrisable d'un « objet phobogène » ; cette peur est disproportionnée par rapport à la dangerosité réelle de l'objet. On distingue trois sortes de phobie : la phobie simple, l'agoraphobie (peur des espaces extérieurs et des lieux publics) et les phobies sociales (peur d'être observé et jugé par les autres).
La phobie simple est appelée aussi phobie spécifique parce que la peur est celle d'un objet précis (couteaux, abeilles, pigeons, etc.) ou d'une situation spécifique (orage, hauteur, hôpital, etc.). Certaines personnes endurent une ou deux phobies simples, et d'autres un grand nombre d'entre elles.
On estime que près de 25 % de la population souffre plus ou moins de phobie — c'est de loin la pathologie psychiatrique la plus fréquente —, et que 5 % des gens en sont véritablement gênés.
La technique PNL que j'évoquais ce matin n'est vraiment efficace que pour les phobies simples et pour les personnes en ayant un nombre limité ; il en est d'ailleurs de même des autres formes de thérapie cognitive et comportementale des phobies.
Coriolan, cette technique est effectivement la double dissociation, que les Américains appellent bien souvent la Fast Phobia Cure. Comme toutes les techniques originelles de la PNL, elle est née d'une modélisation, c'est-à-dire qu'il n'y a pas derrière une théorie ou une explication, juste le constat que cela marche chez certaines personnes et peut être transposé à d'autres. Cela ne m'étonne donc pas que l'on ne t'ait pas expliqué le lien avec la cause-effet à la mode VIOLET. C'est Patricia et moi qui avons trouvé et enseigné cette explication, dont je ne sais pas si elle a été un mème fécond.
Comment fonctionne une double dissociation ? Précisons que ce que je vais dire ci-dessous n'est pas une explication complète — loin s'en faut — de la technique, dont la pratique nécessite un apprentissage avec un enseignant qualifié, plus quelques autres compétences que la maîtrise pure de l'outil.
Supposons que j'ai développé une phobie des chiens après avoir été mordu par l'un d'entre eux alors que je me promenais dans une rue. La séquence des événements est la suivante :
Un élément clé de la technique de la double dissociation consiste à vivre la scène traumatique à l'envers. La séquence des événements devient alors :
Bien pratiquée, cette technique permet de guérir en moins d'une heure des phobies qui traînaient depuis des dizaines d'années. Elle utilise le style de pensée de VIOLET qui est mental sans être rationnel.
Tu poses maintenant, Jean-Nicolas, la question de savoir si le racisme et la xénophobie sont des phobies simples. Je ne me l'étais jamais demandé, mais cela fait fichtrement sens : dans le mot xénophobie, il y a phobie ! Franchement, ce serait à essayer. Le seul obstacle me semble être que les gens qui ont une phobie des abeilles aimeraient en être débarrassés, alors que ceux qui ont une phobie des étrangers ne sont pas forcément demandeurs…
En tout cas, nous voici avec dans l'article une méthode préventive, et là une méthode curative potentielle. Des lendemains qui chantent s'ouvrent à nous !
Très amicalement,
Fabien
P.-S. : en écrivant cette réponse, je me suis souvenu d'une information à laquelle je n'avais pas pensé ce matin. En dehors des trois formes de phobie mentionnées ci-dessus, il existe aussi la « phobie de l'enfant » (peur nocturne, peur d'être séparée de la mère, peur des monstres, peur de l'école, etc.), qui n'est pas une phobie au sens strict du terme car elle est transitoire et semble faire partie du développement normal de la plupart des individus.
Or, parmi les phobies de l'enfant recensées, il y a la peur des étrangers qui apparaît vers le sixième mois et disparaît, comme les autres phobies de l'enfant, spontanément un peu plus tard. Au sixième mois, nous sommes en pleine période d'installation de VIOLET. Les racistes et les xénophobes pourraient-ils être des gens dont la mise en place de VIOLET a été perturbée pour une raison ou pour une autre, transformant une phobie de l'enfant en une phobie simple ?
Commençons par un petit rappel. Une phobie est une peur intense, irraisonnée et non maîtrisable d'un « objet phobogène » ; cette peur est disproportionnée par rapport à la dangerosité réelle de l'objet. On distingue trois sortes de phobie : la phobie simple, l'agoraphobie (peur des espaces extérieurs et des lieux publics) et les phobies sociales (peur d'être observé et jugé par les autres).
La phobie simple est appelée aussi phobie spécifique parce que la peur est celle d'un objet précis (couteaux, abeilles, pigeons, etc.) ou d'une situation spécifique (orage, hauteur, hôpital, etc.). Certaines personnes endurent une ou deux phobies simples, et d'autres un grand nombre d'entre elles.
On estime que près de 25 % de la population souffre plus ou moins de phobie — c'est de loin la pathologie psychiatrique la plus fréquente —, et que 5 % des gens en sont véritablement gênés.
La technique PNL que j'évoquais ce matin n'est vraiment efficace que pour les phobies simples et pour les personnes en ayant un nombre limité ; il en est d'ailleurs de même des autres formes de thérapie cognitive et comportementale des phobies.
Coriolan, cette technique est effectivement la double dissociation, que les Américains appellent bien souvent la Fast Phobia Cure. Comme toutes les techniques originelles de la PNL, elle est née d'une modélisation, c'est-à-dire qu'il n'y a pas derrière une théorie ou une explication, juste le constat que cela marche chez certaines personnes et peut être transposé à d'autres. Cela ne m'étonne donc pas que l'on ne t'ait pas expliqué le lien avec la cause-effet à la mode VIOLET. C'est Patricia et moi qui avons trouvé et enseigné cette explication, dont je ne sais pas si elle a été un mème fécond.
Comment fonctionne une double dissociation ? Précisons que ce que je vais dire ci-dessous n'est pas une explication complète — loin s'en faut — de la technique, dont la pratique nécessite un apprentissage avec un enseignant qualifié, plus quelques autres compétences que la maîtrise pure de l'outil.
Supposons que j'ai développé une phobie des chiens après avoir été mordu par l'un d'entre eux alors que je me promenais dans une rue. La séquence des événements est la suivante :
- Je marche dans la rue. Je vais bien.
- Un chien me mord.
- Je marche dans la rue. Je vais mal.
Un élément clé de la technique de la double dissociation consiste à vivre la scène traumatique à l'envers. La séquence des événements devient alors :
- Je marche dans la rue. Je vais mal.
- Un chien me mord.
- Je marche dans la rue. Je vais bien.
Bien pratiquée, cette technique permet de guérir en moins d'une heure des phobies qui traînaient depuis des dizaines d'années. Elle utilise le style de pensée de VIOLET qui est mental sans être rationnel.
Tu poses maintenant, Jean-Nicolas, la question de savoir si le racisme et la xénophobie sont des phobies simples. Je ne me l'étais jamais demandé, mais cela fait fichtrement sens : dans le mot xénophobie, il y a phobie ! Franchement, ce serait à essayer. Le seul obstacle me semble être que les gens qui ont une phobie des abeilles aimeraient en être débarrassés, alors que ceux qui ont une phobie des étrangers ne sont pas forcément demandeurs…
En tout cas, nous voici avec dans l'article une méthode préventive, et là une méthode curative potentielle. Des lendemains qui chantent s'ouvrent à nous !
Très amicalement,
Fabien
P.-S. : en écrivant cette réponse, je me suis souvenu d'une information à laquelle je n'avais pas pensé ce matin. En dehors des trois formes de phobie mentionnées ci-dessus, il existe aussi la « phobie de l'enfant » (peur nocturne, peur d'être séparée de la mère, peur des monstres, peur de l'école, etc.), qui n'est pas une phobie au sens strict du terme car elle est transitoire et semble faire partie du développement normal de la plupart des individus.
Or, parmi les phobies de l'enfant recensées, il y a la peur des étrangers qui apparaît vers le sixième mois et disparaît, comme les autres phobies de l'enfant, spontanément un peu plus tard. Au sixième mois, nous sommes en pleine période d'installation de VIOLET. Les racistes et les xénophobes pourraient-ils être des gens dont la mise en place de VIOLET a été perturbée pour une raison ou pour une autre, transformant une phobie de l'enfant en une phobie simple ?
#6.1 Par
le
03.03.2009 à 15:15
Merci Fabien de ta réponse. Je n'espérais pas quelque chose d'aussi passionnant. J'ai appris, et cela a été difficile, à accepter d'utiliser des techniques dont je ne comprenais pas le fonctionnement, mais encore aujourd'hui, je préfère quand il y a une explication rationnelle…
#7 Par
le
02.03.2009 à 18:00
Bonjour à tous,
"Cela ne m'étonne donc pas que l'on ne t'ait pas expliqué le lien avec la cause-effet à la mode VIOLET. C'est Patricia et moi qui avons trouvé et enseigné cette explication, dont je ne sais pas si elle a été un mème fécond."
Merci Fabien pour cette brillante explication ! Je me pose effectivement souvent la question de savoir comment une double dissociation peut aussi bien fonctionner… J'ai ma réponse !
"Les racistes et les xénophobes pourraient-ils être des gens dont la mise en place de VIOLET a été perturbée pour une raison ou pour une autre, transformant une phobie de l'enfant en une phobie simple ?"
Hum hum… N'as-tu jamais rencontré des gens qui avaient développé du racisme ou de la xénophobie à un âge avancé ? Il me semble qu'il n'y pas d'âge pour développer ces tendances.
Par contre, il est certain que des enfants immergés jeunes avec des étrangers ne "voient" même plus les différences. Les notions de "racisme" ou de "xénophobie" leur sont alors étrangères. Effectivement, on peut se dire qu'ils ont intégré dès l'installation de VIOLET que des "gens différents" peuvent faire partie de leur tribu et les protéger. C'est le cas de mes enfants (mon fils aîné a été élevé de 5 mois à 3 ans par une nounou africaine, et mon cadet par des Indiennes).
Une anecdote : l'autre jour en les déposant à l'école, j'ai repéré un élève albinos et j'ai dit à mes fils : "Vous avez vu cet enfant ?" Aucun des deux n'a eu de réaction particulière ; ils m'ont expliqué naturellement que c'était un élève de la classe Y et qu'il était arrivé en janvier. La différence physique ou de couleur de peau ne faisait tout simplement pas sens pour eux !
Encore un grand merci Fabien pour tes éclairages passionnants sur les phobies, les enfants, etc.
Amicalement.
"Cela ne m'étonne donc pas que l'on ne t'ait pas expliqué le lien avec la cause-effet à la mode VIOLET. C'est Patricia et moi qui avons trouvé et enseigné cette explication, dont je ne sais pas si elle a été un mème fécond."
Merci Fabien pour cette brillante explication ! Je me pose effectivement souvent la question de savoir comment une double dissociation peut aussi bien fonctionner… J'ai ma réponse !
"Les racistes et les xénophobes pourraient-ils être des gens dont la mise en place de VIOLET a été perturbée pour une raison ou pour une autre, transformant une phobie de l'enfant en une phobie simple ?"
Hum hum… N'as-tu jamais rencontré des gens qui avaient développé du racisme ou de la xénophobie à un âge avancé ? Il me semble qu'il n'y pas d'âge pour développer ces tendances.
Par contre, il est certain que des enfants immergés jeunes avec des étrangers ne "voient" même plus les différences. Les notions de "racisme" ou de "xénophobie" leur sont alors étrangères. Effectivement, on peut se dire qu'ils ont intégré dès l'installation de VIOLET que des "gens différents" peuvent faire partie de leur tribu et les protéger. C'est le cas de mes enfants (mon fils aîné a été élevé de 5 mois à 3 ans par une nounou africaine, et mon cadet par des Indiennes).
Une anecdote : l'autre jour en les déposant à l'école, j'ai repéré un élève albinos et j'ai dit à mes fils : "Vous avez vu cet enfant ?" Aucun des deux n'a eu de réaction particulière ; ils m'ont expliqué naturellement que c'était un élève de la classe Y et qu'il était arrivé en janvier. La différence physique ou de couleur de peau ne faisait tout simplement pas sens pour eux !
Encore un grand merci Fabien pour tes éclairages passionnants sur les phobies, les enfants, etc.
Amicalement.
#8 Par
le
02.03.2009 à 18:23
Bonjour à tous,
"N'as-tu jamais rencontré des gens qui avaient développé du racisme ou de la xénophobie à un âge avancé ?"
Ben justement, non. En creusant bien, tous ceux (sauf événement traumatique bien spécifique) que j'ai vus manifester du racisme ou de la xénophobie à un âge avancé étaient racistes ou xénophobes bien avant : nouveaux comportements, vieilles valeurs !
À propos, je ne saurai trop vous conseiller d'aller voir Gran Torino, le superbe dernier film de Clint Eastwood : le chemin inverse !
Très amicalement,
Fabien
P.-S. : à propos d'albinos, avez-vous lu le billet intitulé “Sale Blanc !” ?
"N'as-tu jamais rencontré des gens qui avaient développé du racisme ou de la xénophobie à un âge avancé ?"
Ben justement, non. En creusant bien, tous ceux (sauf événement traumatique bien spécifique) que j'ai vus manifester du racisme ou de la xénophobie à un âge avancé étaient racistes ou xénophobes bien avant : nouveaux comportements, vieilles valeurs !
À propos, je ne saurai trop vous conseiller d'aller voir Gran Torino, le superbe dernier film de Clint Eastwood : le chemin inverse !
Très amicalement,
Fabien
P.-S. : à propos d'albinos, avez-vous lu le billet intitulé “Sale Blanc !” ?
#9 Par
le
11.03.2009 à 09:21
Bonjour à tous,
Cette utilité de l'accoutumance à des mots et des noms appartenant à des cultures diverses est confirmée par une autre étude menée par deux chercheurs de l'Université de Stockholm. Ils ont étudié 641 immigrés venant d'Asie, d'Afrique ou des pays slaves, et ayant changé de nom pour adopter un patronyme ethniquement neutre ou à consonance suédoise.
En excluant, autant que faire se peut, tous les autres facteurs (âge, lieu de résidence, inflation, etc.), le seul changement de nom a été responsable d'une augmentation de leurs revenus — tenez-vous bien — de 141 % dans les trois ans qui l'ont suivi.
Je trouve que mettre des gens devant un tel choix, devoir changer de nom ou végéter économiquement, d'une tristesse indicible.
Très amicalement,
Fabien
Source : Mahmood Arai & Peter Skogman Thoursie, "Renouncing Personal Names : An Empirical Examination of Surname Change and Earnings", Journal of Labor Economics, Janvier 2009, Volume 27, N° 1, p. 127-147.
Cette utilité de l'accoutumance à des mots et des noms appartenant à des cultures diverses est confirmée par une autre étude menée par deux chercheurs de l'Université de Stockholm. Ils ont étudié 641 immigrés venant d'Asie, d'Afrique ou des pays slaves, et ayant changé de nom pour adopter un patronyme ethniquement neutre ou à consonance suédoise.
En excluant, autant que faire se peut, tous les autres facteurs (âge, lieu de résidence, inflation, etc.), le seul changement de nom a été responsable d'une augmentation de leurs revenus — tenez-vous bien — de 141 % dans les trois ans qui l'ont suivi.
Je trouve que mettre des gens devant un tel choix, devoir changer de nom ou végéter économiquement, d'une tristesse indicible.
Très amicalement,
Fabien
Source : Mahmood Arai & Peter Skogman Thoursie, "Renouncing Personal Names : An Empirical Examination of Surname Change and Earnings", Journal of Labor Economics, Janvier 2009, Volume 27, N° 1, p. 127-147.
#10 Par
le
11.03.2009 à 15:24
Bonjour Fabien,
Rien d'original malheureusement dans ce qui suit. Comme beaucoup, j'ai aussi personnellement vécu cela, au début de ma carrière professionnelle, en travaillant dans un call center où nous faisions des études de marchés auprès de directions informatiques, pour le compte de constructeurs. Nous devions changer notre identité… "occidentalisée" bien sûr.
Et c'est toujours une pratique courante en France, mais aussi à l'offshore. J'ai travaillé (pas très longtemps) à la mise en place de la filiale commerciale parisienne de PCCI, le plus gros call center sénégalais basé à Dakar (ils travaillent pour ORANGE, Free, SFR etc.). Les téléacteurs portent, absolument tous, des noms et prénoms occidentaux. Dramatique, et en plus ridicule tellement, malgré les formations de diction, leur accent est prononcé.
Une petite anecdote. Je suis en recherche d'emploi pour un poste de commercial en SSII. J'ai passé la semaine dernière un bon entretien au terme duquel le directeur général, à l'aise et intéressé par mon profil, me demande : "Vous travaillez le vendredi après-midi ou vous faites shabbat ?" Je lui demande : "Pardon ?" Je n'avais pas compris. Il réagit surpris : "S*** X******, c'est juif ?" Je lui réponds que peut-être, mais que je ne le suis pas, que j'étais de culture musulmane laïque, et que j'ai une vie spirituelle, mais en dehors des religions, etc. Il me répond que cela ne pose absolument pas problème, et finit, pour "rire", par me dire : "Eh bien, vous avez de la chance. Avec votre nom, vous ne devez pas avoir de problème pour avoir des entretiens dans l'informatique." Je ne m'étais jamais rendu compte avant cet échange qu'absolument tous mes "patrons" SSII avaient été juifs !!! Il avait raison. Je n'ai aucun mal à décrocher des entretiens. Et si je m'appelais Abdelrazzak Bougelben (très tunisien aussi…), en serait-il de même ? Maintenant j'en doute.
Pour information, ils m'ont rappelé, ravis de l'entretien, et je rencontre le PDG demain…
Samy
Rien d'original malheureusement dans ce qui suit. Comme beaucoup, j'ai aussi personnellement vécu cela, au début de ma carrière professionnelle, en travaillant dans un call center où nous faisions des études de marchés auprès de directions informatiques, pour le compte de constructeurs. Nous devions changer notre identité… "occidentalisée" bien sûr.
Et c'est toujours une pratique courante en France, mais aussi à l'offshore. J'ai travaillé (pas très longtemps) à la mise en place de la filiale commerciale parisienne de PCCI, le plus gros call center sénégalais basé à Dakar (ils travaillent pour ORANGE, Free, SFR etc.). Les téléacteurs portent, absolument tous, des noms et prénoms occidentaux. Dramatique, et en plus ridicule tellement, malgré les formations de diction, leur accent est prononcé.
Une petite anecdote. Je suis en recherche d'emploi pour un poste de commercial en SSII. J'ai passé la semaine dernière un bon entretien au terme duquel le directeur général, à l'aise et intéressé par mon profil, me demande : "Vous travaillez le vendredi après-midi ou vous faites shabbat ?" Je lui demande : "Pardon ?" Je n'avais pas compris. Il réagit surpris : "S*** X******, c'est juif ?" Je lui réponds que peut-être, mais que je ne le suis pas, que j'étais de culture musulmane laïque, et que j'ai une vie spirituelle, mais en dehors des religions, etc. Il me répond que cela ne pose absolument pas problème, et finit, pour "rire", par me dire : "Eh bien, vous avez de la chance. Avec votre nom, vous ne devez pas avoir de problème pour avoir des entretiens dans l'informatique." Je ne m'étais jamais rendu compte avant cet échange qu'absolument tous mes "patrons" SSII avaient été juifs !!! Il avait raison. Je n'ai aucun mal à décrocher des entretiens. Et si je m'appelais Abdelrazzak Bougelben (très tunisien aussi…), en serait-il de même ? Maintenant j'en doute.
Pour information, ils m'ont rappelé, ravis de l'entretien, et je rencontre le PDG demain…
Samy
#11 Par
le
12.03.2009 à 11:14
Bonjour Samy et tous les autres,
Effectivement, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. L'intérêt de l'étude suédoise, c'est qu'elle objective un phénomène qui était jusque-là de l'ordre de l'impression, et qu'elle en montre l'ampleur.
Je crois que, dans cette étude et dans ta réponse, il y a trois phénomènes distincts qui relèvent d'un mécanisme commun, mais qui me semblent d'un niveau de « gravité » différent :
Fabien
P.-S. : continuons en VIOLET. Samy, je croise les doigts pour ton rendez-vous de ce jour !
Effectivement, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. L'intérêt de l'étude suédoise, c'est qu'elle objective un phénomène qui était jusque-là de l'ordre de l'impression, et qu'elle en montre l'ampleur.
Je crois que, dans cette étude et dans ta réponse, il y a trois phénomènes distincts qui relèvent d'un mécanisme commun, mais qui me semblent d'un niveau de « gravité » différent :
- Par leur nom, des gens se reconnaissent comme appartenant à une même communauté en VIOLET, ce qui active les processus de cohésion interne et de réciprocité du vMème. On s'aide entre Juifs, entre Corréziens, entre anciens de Polytechnique, etc. Certes, c'est une injustice, mais il y a là un soutien à sa communauté qui n'est pas forcément un rejet formel des autres. On ne peut pas rêver (cauchemarder ?) d'un être humain totalement objectif, et VIOLET est enraciné tellement profondément dans l'âme humaine que je crois que ce type de préférence est tolérable— ces mystères qui nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur ! — si elle n'est qu'un choix fait quand toutes choses sont égales par ailleurs, et non pas une discrimination.
- Dans un call center, la personne doit renoncer à son nom. VIOLET est là encore, avec comme objectif de rassurer le client. Le renoncement au nom est temporaire et limité à la sphère professionnelle où, de toute façon, d'autres aspects de notre identité ne peuvent pas toujours être exprimés (cf. la théorie des masques en Ennéagramme). C'est quand même pour les téléacteurs une souffrance totalement inutile qu'il faudrait cesser de leur imposer. Comment ?
- Dans l'étude suédoise, un pas supplémentaire est franchi puisque le changement de nom est définitif et touche tous les contextes de l'existence. Là, la personne est niée dans sa totalité, coupée de ses racines en VIOLET qui forment la base de sa personnalité. Je pense que les dégâts psychologiques sur les personnes et sur leur entourage, notamment les enfants, sont considérables.
Fabien
P.-S. : continuons en VIOLET. Samy, je croise les doigts pour ton rendez-vous de ce jour !
#12 Par
le
02.04.2009 à 12:31
Bonjour Fabien,
En faisant une brève recherche, j'ai pu trouver la loi (n° 72-964 du 25 octobre 1972), votée "sous Pompidou", relative à la francisation des noms et prénoms des personnes qui acquièrent, recouvrent ou se font reconnaître la nationalité française.
Ils semblent qu'ils aient eu une intuition de l'étude suédoise déjà à l'époque. Les deux premiers articles :
Article 1 – Toute personne qui acquiert ou recouvre la nationalité française peut demander la francisation de son nom seul, de son nom et de ses prénoms ou de l'un d'eux, lorsque leur apparence, leur consonance ou leur caractère étranger peut gêner son intégration dans la communauté française.
Partie de l'article 2 – La francisation d'un nom consiste soit dans la traduction en langue française de son nom, soit dans la modification nécessaire pour faire perdre à ce nom son apparence, sa consonance ou son caractère étranger.
La francisation d'un prénom consiste dans la substitution à ce prénom d'un prénom français ou dans l'attribution complémentaire d'un tel prénom ou, en cas de pluralité de prénoms, dans la suppression du prénom étranger pour ne laisser substituer que le prénom français.
Samy
PS : il fallait dire "Amssa". Le rituel de ta tribu (croiser les doigts) n'a pas marché pour moi !!!! Mais merci quand même.
En faisant une brève recherche, j'ai pu trouver la loi (n° 72-964 du 25 octobre 1972), votée "sous Pompidou", relative à la francisation des noms et prénoms des personnes qui acquièrent, recouvrent ou se font reconnaître la nationalité française.
Ils semblent qu'ils aient eu une intuition de l'étude suédoise déjà à l'époque. Les deux premiers articles :
Article 1 – Toute personne qui acquiert ou recouvre la nationalité française peut demander la francisation de son nom seul, de son nom et de ses prénoms ou de l'un d'eux, lorsque leur apparence, leur consonance ou leur caractère étranger peut gêner son intégration dans la communauté française.
Partie de l'article 2 – La francisation d'un nom consiste soit dans la traduction en langue française de son nom, soit dans la modification nécessaire pour faire perdre à ce nom son apparence, sa consonance ou son caractère étranger.
La francisation d'un prénom consiste dans la substitution à ce prénom d'un prénom français ou dans l'attribution complémentaire d'un tel prénom ou, en cas de pluralité de prénoms, dans la suppression du prénom étranger pour ne laisser substituer que le prénom français.
Samy
PS : il fallait dire "Amssa". Le rituel de ta tribu (croiser les doigts) n'a pas marché pour moi !!!! Mais merci quand même.
#13 Par
le
20.07.2010 à 08:04
Bonjour à tous,
Je suis bien content que l'actualité de la recherche me permette de réactiver une nouvelle fois ce billet et la passionnante conversation qui l'a suivi.
Shiri Lev-Ari, un chercheur de l'Université de Chicago, et son équipe ont réuni des groupes de personnes à qui ont été lues à haute voix des affirmations comme celles qu'on peut trouver dans des quiz. Les participants devaient noter, sur une échelle de 1 à 10, la crédibilité du locuteur, dont ils savaient qu'il ne faisait que lire un texte qui avait été préparé. Résultat :
Très amicalement,
Fabien
Source : Shiri Lev-Ari & Boaz Keysar, "Why don't we believe non-native speakers? The influence of accent on credibility." Journal of Experimental Social Psychology, 2010.
Je suis bien content que l'actualité de la recherche me permette de réactiver une nouvelle fois ce billet et la passionnante conversation qui l'a suivi.
Shiri Lev-Ari, un chercheur de l'Université de Chicago, et son équipe ont réuni des groupes de personnes à qui ont été lues à haute voix des affirmations comme celles qu'on peut trouver dans des quiz. Les participants devaient noter, sur une échelle de 1 à 10, la crédibilité du locuteur, dont ils savaient qu'il ne faisait que lire un texte qui avait été préparé. Résultat :
- 7,5 pour les locuteurs ayant un accent américain « normal » ;
- 6,95 pour ceux ayant un léger accent étranger ;
- 6,84 pour ceux ayant un accent étranger fort.
Très amicalement,
Fabien
Source : Shiri Lev-Ari & Boaz Keysar, "Why don't we believe non-native speakers? The influence of accent on credibility." Journal of Experimental Social Psychology, 2010.
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