Mardi 3 mars 2009
Intégrer les minorités ethniques (1/2)
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#1 Par
le
03.03.2009 à 22:34
Bonjour à tous,
Cet article est vraiment passionnant et m'interpelle à plus d'un titre.
Cela implique que l'État mette en place une organisation qui puisse permettre cet apprentissage et que, par conséquent, il affiche réellement sa volonté d'intégration dans le cadre de la scolarisation, ce qui impliquerait des efforts dans la formation du corps enseignant (et pas seulement en ce qui concerne les langues).
Comme tu l'écris, l'intégration est un phénomène complexe, et cet apprentissage peut la faciliter, sans pour autant en être la seule solution, d'autant plus que le terme intégration renvoie à celui de discrimination.
J'ai trouvé deux articles intéressants sur le sujet : "L'identité française entre archaïsme et modernité" de Claude Liauzu (qui fût une de mes influences durant mes études), et "Les jeunes d'origine maghrébine en France : Les limites de l'intégration par l'école" d'Abdeljalil Akkari.
Par l'expérience que j'ai, dans ma pratique, des "minorités" ethniques, je constate qu'au-delà de la langue, les croyances issues de leurs cultures, donc leur positionnement sur la Spirale Dynamique, ont un fort impact sur leurs comportements, et cela se trouve être, parfois, une frontière d'incompréhension plus importante que la maîtrise de la langue.
Bien amicalement,
Pascal
Cet article est vraiment passionnant et m'interpelle à plus d'un titre.
Cela implique que l'État mette en place une organisation qui puisse permettre cet apprentissage et que, par conséquent, il affiche réellement sa volonté d'intégration dans le cadre de la scolarisation, ce qui impliquerait des efforts dans la formation du corps enseignant (et pas seulement en ce qui concerne les langues).
Comme tu l'écris, l'intégration est un phénomène complexe, et cet apprentissage peut la faciliter, sans pour autant en être la seule solution, d'autant plus que le terme intégration renvoie à celui de discrimination.
J'ai trouvé deux articles intéressants sur le sujet : "L'identité française entre archaïsme et modernité" de Claude Liauzu (qui fût une de mes influences durant mes études), et "Les jeunes d'origine maghrébine en France : Les limites de l'intégration par l'école" d'Abdeljalil Akkari.
Par l'expérience que j'ai, dans ma pratique, des "minorités" ethniques, je constate qu'au-delà de la langue, les croyances issues de leurs cultures, donc leur positionnement sur la Spirale Dynamique, ont un fort impact sur leurs comportements, et cela se trouve être, parfois, une frontière d'incompréhension plus importante que la maîtrise de la langue.
Bien amicalement,
Pascal
#2 Par
le
03.03.2009 à 22:55
Bonjour à tou(te)s,
J'attends avec impatience la deuxième partie et, en même temps, j'aimerais partager avec vous ce que cette première partie fait résonner en moi.
Mes grands parents sont nés en Arménie, mes parents sont nés en Turquie (minorité arménienne dans une société turque), mon frère et moi en France (minorité arménienne dans une société française).
Je me trouve dans le premier cas de figure : langue française apprise à l'école (même si mes parents parlaient français), langue arménienne apprise "à la maison". Une grande communauté arménienne était présente dans la ville où j'ai grandi, mais la perception séparée dont parle le billet est vraie pour moi.
La langue arménienne était pour moi une langue "pratique" (utilisation au quotidien), parlée dans la famille. Elle n'a jamais eu le côté académique de la langue française : j'ai fait toutes mes études en français, je pense en français, etc. Ce qui a mené à une séparation marquée entre famille et pas famille au niveau langue (et sûrement à d'autres niveaux par "contagion", mais il me faudrait plus de temps pour y réfléchir et préciser).
Pour finir, une réflexion sur un enseignement avec des cours en deux langues. Comment le mettre en place ? Soit ce sont des écoles où plusieurs minorités sont présentes, et pour certains cours, les élèves de chaque minorité se retrouvent pour suivre un enseignement dans leur langue. Soit c'est au niveau des écoles que les minorités sont séparées (une école chinoise, une école turque, etc.) et suivent des cours indifféremment dans les deux langues. Dans ces deux cas de figures, il y aura une autre forme de séparation, pas au niveau langue mais au niveau des groupes d'élèves.
Amicalement,
Sevan
J'attends avec impatience la deuxième partie et, en même temps, j'aimerais partager avec vous ce que cette première partie fait résonner en moi.
Mes grands parents sont nés en Arménie, mes parents sont nés en Turquie (minorité arménienne dans une société turque), mon frère et moi en France (minorité arménienne dans une société française).
Je me trouve dans le premier cas de figure : langue française apprise à l'école (même si mes parents parlaient français), langue arménienne apprise "à la maison". Une grande communauté arménienne était présente dans la ville où j'ai grandi, mais la perception séparée dont parle le billet est vraie pour moi.
La langue arménienne était pour moi une langue "pratique" (utilisation au quotidien), parlée dans la famille. Elle n'a jamais eu le côté académique de la langue française : j'ai fait toutes mes études en français, je pense en français, etc. Ce qui a mené à une séparation marquée entre famille et pas famille au niveau langue (et sûrement à d'autres niveaux par "contagion", mais il me faudrait plus de temps pour y réfléchir et préciser).
Pour finir, une réflexion sur un enseignement avec des cours en deux langues. Comment le mettre en place ? Soit ce sont des écoles où plusieurs minorités sont présentes, et pour certains cours, les élèves de chaque minorité se retrouvent pour suivre un enseignement dans leur langue. Soit c'est au niveau des écoles que les minorités sont séparées (une école chinoise, une école turque, etc.) et suivent des cours indifféremment dans les deux langues. Dans ces deux cas de figures, il y aura une autre forme de séparation, pas au niveau langue mais au niveau des groupes d'élèves.
Amicalement,
Sevan
#3 Par
le
04.03.2009 à 08:10
Bonjour à tous,
@Pascal :
Merci pour ces deux références.
"Je constate qu'au-delà de la langue, les croyances issues de leurs cultures, donc leur positionnement sur la Spirale Dynamique, ont un fort impact sur leurs comportements, et cela se trouve être, parfois, une frontière d'incompréhension plus importante que la maîtrise de la langue."
Tu as raison. Franchir la barrière de la langue me semble toutefois être un préalable à la compréhension réelle des autres différences.
Tu as aussi raison sur la formation des enseignants. Notre société est devenue multiculturelle. C'est un fait, et pourtant la plupart des enseignants, ou des cadres et chefs d'entreprise, ne savent hélas absolument pas gérer la situation.
@Sevan : parev, intchbess ess ?
"Il y aura une autre forme de séparation, pas au niveau langue mais au niveau des groupes d'élèves."
Tu as raison, toi aussi ! (Échanger de bon matin avec des ennéatypes 9 a sur moi une influence lénifiante…) Mais comment faire ? Il est impossible d'apprendre toutes les langues parlées dans le pays de résidence. Le pont entre les différents groupes d'élèves se fait alors par la langue officielle du pays.
Cette approche bilingue est donc quand même liée au concept d'État-nation, qui est apparu avec BLEU. C'est imparfait, mais mieux que rien. L'espéranto, plus proche de VERT, cherchait à offrir les mêmes avantages au niveau de l'humanité tout entière (même si son vocabulaire est construit presque uniquement à partir de langues indo-européennes), mais c'était à sa création une idée prématurée, et il est peu vraisemblable qu'il soit réellement utilisé un jour.
Très amicalement,
Fabien
@Pascal :
Merci pour ces deux références.
"Je constate qu'au-delà de la langue, les croyances issues de leurs cultures, donc leur positionnement sur la Spirale Dynamique, ont un fort impact sur leurs comportements, et cela se trouve être, parfois, une frontière d'incompréhension plus importante que la maîtrise de la langue."
Tu as raison. Franchir la barrière de la langue me semble toutefois être un préalable à la compréhension réelle des autres différences.
Tu as aussi raison sur la formation des enseignants. Notre société est devenue multiculturelle. C'est un fait, et pourtant la plupart des enseignants, ou des cadres et chefs d'entreprise, ne savent hélas absolument pas gérer la situation.
@Sevan : parev, intchbess ess ?
"Il y aura une autre forme de séparation, pas au niveau langue mais au niveau des groupes d'élèves."
Tu as raison, toi aussi ! (Échanger de bon matin avec des ennéatypes 9 a sur moi une influence lénifiante…) Mais comment faire ? Il est impossible d'apprendre toutes les langues parlées dans le pays de résidence. Le pont entre les différents groupes d'élèves se fait alors par la langue officielle du pays.
Cette approche bilingue est donc quand même liée au concept d'État-nation, qui est apparu avec BLEU. C'est imparfait, mais mieux que rien. L'espéranto, plus proche de VERT, cherchait à offrir les mêmes avantages au niveau de l'humanité tout entière (même si son vocabulaire est construit presque uniquement à partir de langues indo-européennes), mais c'était à sa création une idée prématurée, et il est peu vraisemblable qu'il soit réellement utilisé un jour.
Très amicalement,
Fabien
#3.1 Par
le
04.03.2009 à 10:56
Bonjour à tou(te)s
@Fabien : lav ém, isk toun ?
Lire ou entendre de l'arménien là où je ne l'attends pas déclenche chez moi une émotion où surprise, joie et sensation de proximité se mélangent (oui, c'est beaucoup pour un 9 qui réprime l'émotionnel).
Échange d'influence : apaisement de 9 et joie de 7…
Amicalement,
Sevan
@Fabien : lav ém, isk toun ?
Lire ou entendre de l'arménien là où je ne l'attends pas déclenche chez moi une émotion où surprise, joie et sensation de proximité se mélangent (oui, c'est beaucoup pour un 9 qui réprime l'émotionnel).
Échange d'influence : apaisement de 9 et joie de 7…
Amicalement,
Sevan
#3.2 Par
le
04.03.2009 à 11:39
Yes ? Lav 'em. Chnorhagal 'em.
Mes trouvailles de langue arménienne sur l'Internet s'arrêtent là, hélas, en espérant qu'il n'y a pas de faute.
Très amicalement,
Fabien
Mes trouvailles de langue arménienne sur l'Internet s'arrêtent là, hélas, en espérant qu'il n'y a pas de faute.
Très amicalement,
Fabien
#3.3 Par
le
04.03.2009 à 13:36
Sans faute !
J'en profite pour faire part d'un conflit interne.
Une partie de moi a envie de traduire le court dialogue en arménien, pour que ceux et celles qui veulent tout suivre puissent comprendre. C'est un côté qui renforce la perception de séparation : s'il y a des gens qui ne comprennent pas l'arménien, j'évite de le parler. Avant tout pour éviter d'exclure, ou que les gens pensent qu'une autre langue est utilisée pour "crypter" la conversation.
Une autre partie se dit que, vus le contexte du billet et la teneur du dialogue, ce n'est pas vraiment la peine : certaines personnes auront deviné, d'autres pourront retrouver la traduction sous Internet, et d'autres ne sont pas gênés de ne pas comprendre.
Cette deuxième partie l'emporte.
Amicalement,
Sevan
J'en profite pour faire part d'un conflit interne.
Une partie de moi a envie de traduire le court dialogue en arménien, pour que ceux et celles qui veulent tout suivre puissent comprendre. C'est un côté qui renforce la perception de séparation : s'il y a des gens qui ne comprennent pas l'arménien, j'évite de le parler. Avant tout pour éviter d'exclure, ou que les gens pensent qu'une autre langue est utilisée pour "crypter" la conversation.
Une autre partie se dit que, vus le contexte du billet et la teneur du dialogue, ce n'est pas vraiment la peine : certaines personnes auront deviné, d'autres pourront retrouver la traduction sous Internet, et d'autres ne sont pas gênés de ne pas comprendre.
Cette deuxième partie l'emporte.
Amicalement,
Sevan
#3.4 Par
le
04.03.2009 à 14:47
Bonjour à tous,
Sevan, en rédigeant mon dernier message, je me suis posé exactement la même question et je suis arrivé à la même conclusion.
Très amicalement,
Fabien
Sevan, en rédigeant mon dernier message, je me suis posé exactement la même question et je suis arrivé à la même conclusion.
Très amicalement,
Fabien
#4 Par
le
05.03.2009 à 15:52
Bonjour à tous,
Il m'a été difficile de réagir, tellement le sujet est complexe et aborde un élément fondamental de ma personnalité. Je me sens tellement concerné et j'ai tellement à dire et à raconter qu'il me faudrait écrire un livre pour à peu près y parvenir.
L'émotion passée, je vais tenter de ne pas déborder de l'article.
Je suis né à Paris de parents tunisiens arrivés en France en 1974. Ma langue maternelle est un dialecte, le « tunisien ». Il dérive des différentes langues arabes et berbères de Tunisie, de Tripoli, d'Algérie et du Maroc, mais aussi de l'hébreu, de l'espagnol, de l'italien, du turc et du français. Il est couramment utilisé par tous les Tunisiens, mais n'est pas enseigné à l'école, la langue officielle étant l'arabe littéraire, langue rarement utilisée que je ne comprends pas.
À mon sens, l'explication est à chercher dans l'histoire coloniale de certaines régions. Dans le cas du « Maghreb », il y a seulement un peu plus d'un siècle, les frontières n'existaient pas entre la Tunisie, l'Algérie, le Maroc et la Libye. Je pense que ces pays trop jeunes n'ont pas eu le temps de mettre en place le BLEU suffisant pour que leurs dialectes respectifs deviennent des langues nationales.
L'enseignement de mon dialecte maternel n'existe tout simplement pas.
Je pense donc que l'enseignement de la langue d'origine à l'école (BLEU) n'est pas réaliste, ni même possible pour une grande partie des migrants issus de pays n'ayant pas complètement intégré ce niveau. C'est vrai pour le Maghreb, mais que dire pour l'Afrique en général ?
Cette belle recherche est très utile pour nombre de migrants, issus de pays aux frontières linguistiques stabilisées (dont les langues sont formalisées et enseignées en BLEU).
Mais une série de questions me vient. Les personnes pratiquant ces langues ont-elles plus de probabilité d'avoir intégré BLEU ? Et donc leurs enfants plus de capacités à « s'intégrer » ? Sont-ils ceux qui émigrent le plus ? D'où viennent les immigrés du monde entier qui ont le plus de difficultés à « s' intégrer », et quels sont leurs vMèmes dominants ? N'est-il pas utopique de croire qu'émigrer par nécessité peut être sans souffrance, quels que soient le pays de destination et la qualité de son accueil ? Etc. Il y a tant à dire…
Dans mon cas, ce qui m'a le plus permis de réparer cette « perception de séparation » (à part la découverte de la Spirale Dynamique bien sûr), ce sont des recherches effectuées seul et à tâtons, en achetant des livres pour connaître l'histoire contemporaine et l'environnement politique, social et économique du pays d'origine de mes parents. Comprendre ce qu'ont été les conditions de vie de mes grands-parents, ce qui a poussé mes parents à venir en France, ce qui a conditionné mon éducation, les forces en présence…
Je pense donc qu'il serait beaucoup plus pertinent et réaliste d'enseigner à l'école aux enfants d'immigrés l'histoire de leurs parents, de leurs pays d'origine. Dans mon cas, cela a été bien plus bénéfique que les cours d'arabe que je n'ai malheureusement pas poursuivis.
Mais il s'agit là d'un sujet très délicat, notamment dans les pays où BLEU est fort, car il n'y a pour lui qu'une lecture historique possible, la sienne. Pourtant ORANGE a créé l'information… Les ouvrages existent et beaucoup ont donné une vie de travail, l'ont risquée ou même perdue pour transmettre.
Serait-il si difficile d'offrir aux enfants d'immigrés un espace dans l'école où chaque élève, quelle que soit son origine, puisse être guidé sur une année ou deux (en parallèle du programme généraliste) afin de faire un travail de recherche et de compréhension historique, ethnologique, sur ses origines (utopique ?) ?
Je pense que ce serait vraiment, reconnaître, accepter, valoriser, respecter, intégrer la vérité biculturelle au lieu de la nier.
Là encore il y a tant à dire… C'est avec un sentiment de frustration que je poste ce commentaire.
Samy
Il m'a été difficile de réagir, tellement le sujet est complexe et aborde un élément fondamental de ma personnalité. Je me sens tellement concerné et j'ai tellement à dire et à raconter qu'il me faudrait écrire un livre pour à peu près y parvenir.
L'émotion passée, je vais tenter de ne pas déborder de l'article.
Je suis né à Paris de parents tunisiens arrivés en France en 1974. Ma langue maternelle est un dialecte, le « tunisien ». Il dérive des différentes langues arabes et berbères de Tunisie, de Tripoli, d'Algérie et du Maroc, mais aussi de l'hébreu, de l'espagnol, de l'italien, du turc et du français. Il est couramment utilisé par tous les Tunisiens, mais n'est pas enseigné à l'école, la langue officielle étant l'arabe littéraire, langue rarement utilisée que je ne comprends pas.
À mon sens, l'explication est à chercher dans l'histoire coloniale de certaines régions. Dans le cas du « Maghreb », il y a seulement un peu plus d'un siècle, les frontières n'existaient pas entre la Tunisie, l'Algérie, le Maroc et la Libye. Je pense que ces pays trop jeunes n'ont pas eu le temps de mettre en place le BLEU suffisant pour que leurs dialectes respectifs deviennent des langues nationales.
L'enseignement de mon dialecte maternel n'existe tout simplement pas.
Je pense donc que l'enseignement de la langue d'origine à l'école (BLEU) n'est pas réaliste, ni même possible pour une grande partie des migrants issus de pays n'ayant pas complètement intégré ce niveau. C'est vrai pour le Maghreb, mais que dire pour l'Afrique en général ?
Cette belle recherche est très utile pour nombre de migrants, issus de pays aux frontières linguistiques stabilisées (dont les langues sont formalisées et enseignées en BLEU).
Mais une série de questions me vient. Les personnes pratiquant ces langues ont-elles plus de probabilité d'avoir intégré BLEU ? Et donc leurs enfants plus de capacités à « s'intégrer » ? Sont-ils ceux qui émigrent le plus ? D'où viennent les immigrés du monde entier qui ont le plus de difficultés à « s' intégrer », et quels sont leurs vMèmes dominants ? N'est-il pas utopique de croire qu'émigrer par nécessité peut être sans souffrance, quels que soient le pays de destination et la qualité de son accueil ? Etc. Il y a tant à dire…
Dans mon cas, ce qui m'a le plus permis de réparer cette « perception de séparation » (à part la découverte de la Spirale Dynamique bien sûr), ce sont des recherches effectuées seul et à tâtons, en achetant des livres pour connaître l'histoire contemporaine et l'environnement politique, social et économique du pays d'origine de mes parents. Comprendre ce qu'ont été les conditions de vie de mes grands-parents, ce qui a poussé mes parents à venir en France, ce qui a conditionné mon éducation, les forces en présence…
Je pense donc qu'il serait beaucoup plus pertinent et réaliste d'enseigner à l'école aux enfants d'immigrés l'histoire de leurs parents, de leurs pays d'origine. Dans mon cas, cela a été bien plus bénéfique que les cours d'arabe que je n'ai malheureusement pas poursuivis.
Mais il s'agit là d'un sujet très délicat, notamment dans les pays où BLEU est fort, car il n'y a pour lui qu'une lecture historique possible, la sienne. Pourtant ORANGE a créé l'information… Les ouvrages existent et beaucoup ont donné une vie de travail, l'ont risquée ou même perdue pour transmettre.
Serait-il si difficile d'offrir aux enfants d'immigrés un espace dans l'école où chaque élève, quelle que soit son origine, puisse être guidé sur une année ou deux (en parallèle du programme généraliste) afin de faire un travail de recherche et de compréhension historique, ethnologique, sur ses origines (utopique ?) ?
Je pense que ce serait vraiment, reconnaître, accepter, valoriser, respecter, intégrer la vérité biculturelle au lieu de la nier.
Là encore il y a tant à dire… C'est avec un sentiment de frustration que je poste ce commentaire.
Samy
#5 Par
le
05.03.2009 à 17:02
Bonjour Samy,
Merci d'abord de ton message. La réflexion complémentaire que tu apportes est très intéressante et l'émotion qui transparaît entre les lignes est belle, juste et communicative.
Je n'avais pensé à l'existence de ces langues non formalisées, ou plutôt je n'étais pas conscient qu'elles pouvaient concerner la totalité de la population d'un pays.
À la réflexion, je me demande si cela change vraiment quelque chose à la possibilité d'un enseignement à l'école. Pour prendre l'exemple des Tunisiens, il y en a certainement de nombreux en France qui seraient heureux et fiers de donner des cours, voire même de commencer à rendre peu à peu la langue plus aisément transmissible : écriture d'un dictionnaire, d'une grammaire, etc. Cela a été fait en France pour beaucoup de patois régionaux, et pourrait donc être généralisé.
Du point de vue de la Spirale Dynamique, tu as raison sur le fait que la formalisation des langues débute avec BLEU. Par contre, une langue peut être relativement stable bien avant.
"Serait-il si difficile d'offrir aux enfants d'immigrés un espace dans l'école où chaque élève, quelle que soit son origine, puisse être guidé sur une année ou deux (en parallèle du programme généraliste) afin de faire un travail de recherche et de compréhension historique, ethnologique, sur ses origines (utopique ?) ?"
Je ne pense vraiment pas que ce soit utopique. Bien au contraire, je trouve l'idée excellente et complémentaire de celle de l'enseignement de la langue.
Ces enfants devraient même pouvoir ensuite retransmettre leurs découvertes à leurs condisciples de toutes origines (y compris indigène). Et/ou peut-être réaliser cette recherche en binôme avec un enfant volontaire du pays d'accueil. Qu'en penses-tu ?
"N'est-il pas utopique de croire qu'émigrer par nécessité peut être sans souffrance, quels que soient le pays de destination et la qualité de son accueil ?"
Sans doute, une émigration par nécessité ne peut-elle pas être sans souffrance. Cependant, les gens qui émigrent ont, en même temps, une forte espérance. Alors un accueil qui alimente cette espérance, qui est porteur de fraternité et qui respecte le courage qu'il faut pour quitter son pays d'origine, cela ne devrait quand même pas faire de mal…
"D'où viennent les immigrés du monde entier qui ont le plus de difficultés à « s'intégrer », et quels sont leurs vMèmes dominants ?"
C'est une bonne question, mais je n'ai pas connaissance d'étude sur le sujet. Peut-être un de nos lecteurs ?
Très amicalement,
Fabien
Merci d'abord de ton message. La réflexion complémentaire que tu apportes est très intéressante et l'émotion qui transparaît entre les lignes est belle, juste et communicative.
Je n'avais pensé à l'existence de ces langues non formalisées, ou plutôt je n'étais pas conscient qu'elles pouvaient concerner la totalité de la population d'un pays.
À la réflexion, je me demande si cela change vraiment quelque chose à la possibilité d'un enseignement à l'école. Pour prendre l'exemple des Tunisiens, il y en a certainement de nombreux en France qui seraient heureux et fiers de donner des cours, voire même de commencer à rendre peu à peu la langue plus aisément transmissible : écriture d'un dictionnaire, d'une grammaire, etc. Cela a été fait en France pour beaucoup de patois régionaux, et pourrait donc être généralisé.
Du point de vue de la Spirale Dynamique, tu as raison sur le fait que la formalisation des langues débute avec BLEU. Par contre, une langue peut être relativement stable bien avant.
"Serait-il si difficile d'offrir aux enfants d'immigrés un espace dans l'école où chaque élève, quelle que soit son origine, puisse être guidé sur une année ou deux (en parallèle du programme généraliste) afin de faire un travail de recherche et de compréhension historique, ethnologique, sur ses origines (utopique ?) ?"
Je ne pense vraiment pas que ce soit utopique. Bien au contraire, je trouve l'idée excellente et complémentaire de celle de l'enseignement de la langue.
Ces enfants devraient même pouvoir ensuite retransmettre leurs découvertes à leurs condisciples de toutes origines (y compris indigène). Et/ou peut-être réaliser cette recherche en binôme avec un enfant volontaire du pays d'accueil. Qu'en penses-tu ?
"N'est-il pas utopique de croire qu'émigrer par nécessité peut être sans souffrance, quels que soient le pays de destination et la qualité de son accueil ?"
Sans doute, une émigration par nécessité ne peut-elle pas être sans souffrance. Cependant, les gens qui émigrent ont, en même temps, une forte espérance. Alors un accueil qui alimente cette espérance, qui est porteur de fraternité et qui respecte le courage qu'il faut pour quitter son pays d'origine, cela ne devrait quand même pas faire de mal…
"D'où viennent les immigrés du monde entier qui ont le plus de difficultés à « s'intégrer », et quels sont leurs vMèmes dominants ?"
C'est une bonne question, mais je n'ai pas connaissance d'étude sur le sujet. Peut-être un de nos lecteurs ?
Très amicalement,
Fabien
#6 Par
le
05.03.2009 à 23:13
Bonjour à tous,
Une anecdote m'est arrivée, il y a quelques années lors d'un examen que je faisais passer à un Haïtien que je n'ai pas admis au vu de son évaluation. En prenant connaissance de son résultat, il me dit que c'était parce qu'il était noir. Je lui ai répondu qu'il me disait cela parce que je ne l'étais pas et il me répondit que oui.
La vision de l'autre est bien souvent le résultat de nos propres représentations que nous en avons, et qui nous sont transmises sous forme de préjugés provenant de conflits historiques non réglés tels les colonisations et décolonisations qui font remonter peurs et haines.
Cela indique une peur de l'inconnu, donc un manque de connaissance de la culture de l'autre et de la sienne, et c'est une piste intéressante à suivre que celle de cet apprentissage interculturel, mais aussi transdisciplinaire (ce n'est pas la seule) qui pourrait amener vers plus d'acceptation, de symbiose.
Bien amicalement,
Pascal
Une anecdote m'est arrivée, il y a quelques années lors d'un examen que je faisais passer à un Haïtien que je n'ai pas admis au vu de son évaluation. En prenant connaissance de son résultat, il me dit que c'était parce qu'il était noir. Je lui ai répondu qu'il me disait cela parce que je ne l'étais pas et il me répondit que oui.
La vision de l'autre est bien souvent le résultat de nos propres représentations que nous en avons, et qui nous sont transmises sous forme de préjugés provenant de conflits historiques non réglés tels les colonisations et décolonisations qui font remonter peurs et haines.
Cela indique une peur de l'inconnu, donc un manque de connaissance de la culture de l'autre et de la sienne, et c'est une piste intéressante à suivre que celle de cet apprentissage interculturel, mais aussi transdisciplinaire (ce n'est pas la seule) qui pourrait amener vers plus d'acceptation, de symbiose.
Bien amicalement,
Pascal
#7 Par
le
06.03.2009 à 13:25
Salem Alikoum,
Merci, Fabien pour ton appréciation positive.
"Ces enfants devraient même pouvoir ensuite retransmettre leurs découvertes à leurs condisciples de toutes origines (y compris indigène). Et/ou peut-être réaliser cette recherche en binôme avec un enfant volontaire du pays d'accueil. Qu'en penses-tu ?"
Je pense que c'est une bonne idée. Pour une application, on pourrait même imaginer un cours réalisé en commun dans toute la classe, où le professeur, partant de l’histoire de vie d'un des enfants de la classe volontaire (immigré au pas), guiderait les élèves dans la réalisation de ce travail de recherche. Puis tous (indigènes, ou immigrés) pourraient en fin d’année exposer leurs résultats, forcément singuliers, et en débattre. J'y vois un effet intégrateur extrêmement puissant pour tous (conserver la variété, différencier pour mieux intégrer, et se laisser agresser pour évoluer).
@Pascal :
"C'est une piste intéressante à suivre que celle de cet apprentissage interculturel, mais aussi transdisciplinaire (ce n'est pas la seule) qui pourrait amener vers plus d'acceptation, de symbiose."
Entièrement d'accord. Bien que n'ayant que peu de connaissances sur le sujet (collectif), je pense que, comme tous les autres sujets, nous avons du mal à sortir dans le débat public des guerres de chapelle (analyse BLEU) et, comme l'a souligné Wallace dans un commentaire sur la deuxième partie de ce billet, de l'approche compassionelle (émotionnel VERT), qui empêchent un vrai travail de réflexion (décisions et actions) serein qui soit vraiment intégral (AQAL) et vraiment réparateur.
Samy
Merci, Fabien pour ton appréciation positive.
"Ces enfants devraient même pouvoir ensuite retransmettre leurs découvertes à leurs condisciples de toutes origines (y compris indigène). Et/ou peut-être réaliser cette recherche en binôme avec un enfant volontaire du pays d'accueil. Qu'en penses-tu ?"
Je pense que c'est une bonne idée. Pour une application, on pourrait même imaginer un cours réalisé en commun dans toute la classe, où le professeur, partant de l’histoire de vie d'un des enfants de la classe volontaire (immigré au pas), guiderait les élèves dans la réalisation de ce travail de recherche. Puis tous (indigènes, ou immigrés) pourraient en fin d’année exposer leurs résultats, forcément singuliers, et en débattre. J'y vois un effet intégrateur extrêmement puissant pour tous (conserver la variété, différencier pour mieux intégrer, et se laisser agresser pour évoluer).
@Pascal :
"C'est une piste intéressante à suivre que celle de cet apprentissage interculturel, mais aussi transdisciplinaire (ce n'est pas la seule) qui pourrait amener vers plus d'acceptation, de symbiose."
Entièrement d'accord. Bien que n'ayant que peu de connaissances sur le sujet (collectif), je pense que, comme tous les autres sujets, nous avons du mal à sortir dans le débat public des guerres de chapelle (analyse BLEU) et, comme l'a souligné Wallace dans un commentaire sur la deuxième partie de ce billet, de l'approche compassionelle (émotionnel VERT), qui empêchent un vrai travail de réflexion (décisions et actions) serein qui soit vraiment intégral (AQAL) et vraiment réparateur.
Samy
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reux que ces mini-séries te pl
aisent. Trouver, quand c [...]
mar 7 fév 2012, 15:50
Bonjour à tous,
Fabien, je
voulais te dire à quel point j
e trouve les "articles à [...]
mar 7 fév 2012, 13:17
Bonjour à tous,
Coriolan :
[i]"J'ai trouvé étonnant dans ce dernier billet que l' [...]
lun 6 fév 2012, 19:36
Bonjour à tou-te-s,
[url=http://www.integralpersonality.c
om/IPBlog/archives/788-c [...]
lun 6 fév 2012, 10:31
Fa-bu-leux ! Quelle chance nou
s avons que tu partages avec n
ous ces analyses !
J' [...]
lun 6 fév 2012, 09:36
Bonjour à tous,
Passionnant
e cette trilogie et encore un
excellent exemple de la [...]
jeu 2 fév 2012, 14:15
Bonjour à tou·te·s,
[i]"J'espère — je crois — que le dern
ier épisode vous apporte [...]
jeu 2 fév 2012, 12:47
Bonjour à tous,
Ma vision d
ans le sens sociocratique du t
erme se termine par : "l [...]
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Toute société, si sa taille est suffisamment importante, inclut des minorités ethniques qui peuvent être indigènes ou constituées de migrants et/ou de nomades. De plus en plus souvent, sous l'effet de la mondialisation, à la différence ethnique s'ajoute un positionnement différent sur la Spirale Dynamique. Cela rend l'intégration de ces minorités plus complexe, mais pas moins nécessaire. Des travaux récents apportent un éclairage nouveau sur cette problématique en termes de formation et d'information.






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