Mercredi 20 février 2008
Une grande amoureuse
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#1 Par
le
23.02.2008 à 11:03
Ce concept de boucle est assez complexe. Fabien, ce que tu en dis dans ton livre et un article comme celui-ci m'aident à mieux le comprendre.
Tu as effectivement souvent parlé de cette difficulté de plus en plus grande à définir la frontière entre hommes et animaux. C'est un peu hors sujet, mais sais-tu ce qu'on considère aujourd'hui comme les différenciant ?
Tu as effectivement souvent parlé de cette difficulté de plus en plus grande à définir la frontière entre hommes et animaux. C'est un peu hors sujet, mais sais-tu ce qu'on considère aujourd'hui comme les différenciant ?
#2 Par
le
24.02.2008 à 07:08
Bonjour Coriolan,
La notion de boucle n'est effectivement pas évidente au premier abord, et ni Clare W. Graves, ni Don Beck et Christopher Cowan ne l'ont vraiment détaillée. Alors quand j'ai de bons exemples, j'essaie de les incorporer dans les textes que j'écris.
Malgré le fait que la frontière entre animaux et êtres humains soit de moins en moins nette, il est possible qu'elle existe malgré tout. Un chercheur de l'Université de Harvard, Marc Hauser, a défini quatre capacités qu'il estime distinctives de l'espèce humaine :
D'abord, il s'agit de capacités humaines potentielles. Tous les êtres humains ne les développent pas également et elles n'apparaissent qu'à un certain âge. Le perroquet Alex avait l'intelligence d'un enfant de quatre à cinq ans, il avait une conscience de soi, il était affectueux et donc capable de vivre des émotions, etc. Même s'il n'avait pas les capacités mentionnées ci-dessus (encore que la manière dont il a inventé le zéro me semble contredire notre exclusivité sur le point 1), qu'est-ce que cela implique dans nos relations à lui et aux autres perroquets ? On pourra objecter qu'Alex avait ses compétences suite à un entraînement, et que les perroquets à l'état sauvage ne les ont pas. En fait, l'existence d'Alex prouve qu'ils les ont potentiellement, et ce qu'un adulte sait faire est aussi le résultat d'un entraînement. Alors…
Ensuite, cette dernière définition des frontières n'est pas plus démontrée que les précédentes, et rien ne prouve qu'elle ne sera pas à son tour rendu obsolète par telle ou telle observation du monde animal. Par exemple, à propos du point 3, des recherches récentes de Tomas Persson, de l'Université de Lund en Suède, montrent que des grands singes arrivent, difficilement certes, à comprendre réellement des images (par exemple réaliser qu'une personne sur une photo est en train de courir et n'est pas simplement figée dans une position). Cette capacité est connue depuis longtemps chez des bonobos à qui on a appris des rudiments de langage, mais ces travaux montrent qu'elle est présente en d'autres circonstances. Alors…
Alors… de l'animal à l'être humain, rupture cognitive ou simple question de degré ?
Très amicalement,
Fabien
La notion de boucle n'est effectivement pas évidente au premier abord, et ni Clare W. Graves, ni Don Beck et Christopher Cowan ne l'ont vraiment détaillée. Alors quand j'ai de bons exemples, j'essaie de les incorporer dans les textes que j'écris.
Malgré le fait que la frontière entre animaux et êtres humains soit de moins en moins nette, il est possible qu'elle existe malgré tout. Un chercheur de l'Université de Harvard, Marc Hauser, a défini quatre capacités qu'il estime distinctives de l'espèce humaine :
- combiner et à recombiner des informations pour en tirer une nouvelle compréhension ;
- appliquer à une situation nouvelle une règle ou une solution trouvée pour un autre problème ;
- créer et comprendre facilement des représentations symboliques d'une information sensorielle ;
- détacher sa cognition de l'expérience sensorielle et perceptuelle brute.
D'abord, il s'agit de capacités humaines potentielles. Tous les êtres humains ne les développent pas également et elles n'apparaissent qu'à un certain âge. Le perroquet Alex avait l'intelligence d'un enfant de quatre à cinq ans, il avait une conscience de soi, il était affectueux et donc capable de vivre des émotions, etc. Même s'il n'avait pas les capacités mentionnées ci-dessus (encore que la manière dont il a inventé le zéro me semble contredire notre exclusivité sur le point 1), qu'est-ce que cela implique dans nos relations à lui et aux autres perroquets ? On pourra objecter qu'Alex avait ses compétences suite à un entraînement, et que les perroquets à l'état sauvage ne les ont pas. En fait, l'existence d'Alex prouve qu'ils les ont potentiellement, et ce qu'un adulte sait faire est aussi le résultat d'un entraînement. Alors…
Ensuite, cette dernière définition des frontières n'est pas plus démontrée que les précédentes, et rien ne prouve qu'elle ne sera pas à son tour rendu obsolète par telle ou telle observation du monde animal. Par exemple, à propos du point 3, des recherches récentes de Tomas Persson, de l'Université de Lund en Suède, montrent que des grands singes arrivent, difficilement certes, à comprendre réellement des images (par exemple réaliser qu'une personne sur une photo est en train de courir et n'est pas simplement figée dans une position). Cette capacité est connue depuis longtemps chez des bonobos à qui on a appris des rudiments de langage, mais ces travaux montrent qu'elle est présente en d'autres circonstances. Alors…
Alors… de l'animal à l'être humain, rupture cognitive ou simple question de degré ?
Très amicalement,
Fabien
#3 Par
le
25.02.2008 à 09:20
Fabien, merci de cette longue et généreuse réponse. Non seulement ce blog forme et informe, mais en plus il fait réfléchir.
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Elle s'appelle Leah et a sa place au panthéon des gorilles des plaines de l'ouest, une des quatre sous-espèces de gorilles. En 2005, elle avait été la première de son espèce à utiliser un outil dans un milieu naturel : elle avait cassé un bout de bois et l'avait utilisé pour sonder une mare avant de la traverser. Aujourd'hui, comme le montre la photo ci-contre, elle est la première vue dans la nature en train de copuler en position ventro-ventrale, un face-à-face qui n'est courant que chez les êtres humains et les chimpanzés bonobos, et qui aurait été observé chez les gorilles de montagne, mais n'a jamais été photographié.






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