[Première partie] [Deuxième partie]
BEIGE. Grâce à un sol plutôt fertile, la Thaïlande n'a pas connu de famines, et l'importance de la nourriture est plus liée au plaisir et à l'ennéatype qu'à un niveau d'existence BEIGE resté très actif. Même si on mange des vers de bambou grillés, l'attitude des Thaïlandais à propos de la nourriture n'est pas inquiète, comme l'est celle des Chinois par exemple, et ils trouvent curieux que ces derniers puissent manger certains animaux. Il n'y a d'ailleurs pas de mot en langue thaï pour dire la faim.
La Thaïlande a connu dans son histoire des tremblements de terre et, ces dernières années, la nature n'a pas été tendre avec eux : SRAS en 2002, grippe aviaire en 2003 et tsunami en 2004. Les Thaïlandais prennent cela avec philosophie et bien sûr avec humour : « Et après ? » demandent ironiquement des inscriptions sur des tee-shirts. Il faut dire que le pays a géré avec une bonne efficacité ces différentes crises.
Alors réelle tranquillité en ce domaine ou inquiétude masquée par l'ennéatype 7 ? Notre séjour a été, hélas, trop court pour acquérir une certitude.
VIOLET. C'est assurément encore le vMème dominant du pays. En ville comme à la campagne, tous les habitants portent au moins une amulette destinée à les protéger. Nous avions évoqué, il y a quelques mois, celles représentant Jatukam Ramathep. En plus de deux talismans bouddhistes, le guide qui nous a fait visiter la rivière Kwaï, un magnifique ennéatype 6, en portait une en temps normal, mais trois quand il s'agissait de faire un déplacement… sans compter celles qu'il accrochait dans la voiture ! C'était un homme relativement âgé, mais sans tomber de tel excès, les plus jeunes ont une attitude semblable.
Les esprits sont partout, dans les êtres humains, les animaux ou les choses. Dans toute construction publique ou privée, une maison des esprits sert à obtenir la protection des génies bienveillants contre les esprits malveillants et les voleurs. Pour cela, des prières et des offrandes de fleurs, de nourriture et d'encens sont faites journellement. Une véritable industrie s'est développée pour la fabrication de ces sanphraphum. On pratique aussi le culte des ancêtres, amené, semble-t-il, en Thaïlande par les Chinois.
Dans les campagnes, la structure sociale de base est toujours la famille élargie, même si la long kaek, la pratique de la réciprocité, est en nette régression. Les enfants sont laissés très libres car ils sont peut-être la réincarnation des ancêtres. Dans les villes, les familles nucléaires, voire monoparentales, sont nombreuses, mais la structure traditionnelle reste une sorte de rêve, et les citadins continuent à prendre soin des parents restés au village car ils sont responsables de leur sabaï, leur bien-être. Les gens qui n'ont pas d'enfants provoquent un mélange de pitié et de méfiance, comme ceux qui sont seuls ou mangent seul.
ROUGE. Ennéatype 7 plus bouddhisme, autant dire que l'expression de ce niveau d'existence n'est guère appréciée. En Thaïlande, le moyen assuré de ne pas obtenir ce que l'on veut est de hausser le ton, d'être impatient et de se mettre en colère… alors que tout s'arrange avec un sourire. La conduite automobile, terrain de défoulement favori de ROUGE, n'est pas exemplaire, mais pas vraiment pire qu'en France.
Peu visible ne veut pas dire absent. Les Thaïlandais ont un sens réel de leur identité, et la passion pour la boxe thaïe particulièrement violente et les combats de coq sont un indicateur de la présence du vMème.
Une des images liées à la Thaïlande en Occident est la prostitution, mais la vision qu'on en a depuis l'étranger est en grande partie erronée. D'abord, les Thaïlandais ne connaissent pas la culpabilité et les tabous liés au corps qui caractérisent les civilisations judéo-chrétiennes. La prostitution est donc une activité à laquelle n'est attachée aucune connotation particulière et elle concerne au moins 200.000 femmes et 50.000 hommes. Ensuite, il n'y a pas de lien réel entre prostitution et tourisme, sauf pour la prostitution enfantine. On estime que 75% des hommes thaïlandais ont recours deux fois par mois aux services d'un professionnel du sexe. Ces derniers viennent des régions les plus pauvres du pays et voient souvent dans cette activité un moyen de survivre ou d'aider leur famille. Cette prostitution consentie n'empêchent pas qu'un nombre très important des prostitué(e)s sont enlevé(e)s, battu(e)s et traité(e)s comme des esclaves, et qu'il y a là un vrai problème social aggravé encore par la pandémie de SIDA. Ici plus encore qu'ailleurs, le problème de la prostitution est complexe et il serait simplificateur à l'excès, et donc inefficace, de le traiter en le considérant comme uniquement liée au niveau d'existence ROUGE, même si ce dernier est bien présent.
À suivre…
Rétroliens