[Première partie] [Deuxième partie] [Troisième partie]
Ennéatype. Trouver l'ennéatype du Myanmar paraît complexe au premier abord tant l'expresison de la spiritualité en VIOLET, ROUGE et BLEU y est forte et semble masquer toutes les autres aspects de la culture birmane.
Cependant ce point constitue en fait un indice, surtout quand on compare le pays à ses voisins d'Asie du Sud-Est aux conditions de vie proche. Le poids de la spiritualité y est certes important, mais quand même beaucoup moins élevé qu'en Birmanie, et le domaine du type 9 vient alors à l'esprit. Ce profil est confirmé par d'autres indices.
Les Birmans pratiquent le bouddhisme d'une manière presque excessive qui n'est pas sans évoquer la narcotisation, comme s'ils commençaient quelque chose et continuaient sur la lancée sans pouvoir jamais s'arrêter. En dehors de l'exemple des feuilles d'or mentionné dans l'article précédent, on citera :
- Le temple Thanbodday contient plus de 582 000 statues de Bouddha et 815 petits stûpa.
- Sur le site de Boddhithataung, au pied du deuxième plus grand Bouddha debout du monde, le projet de planter 1000 banians abritant autant de statues de Bouddha a largement été dépassé.
- Dans la grotte de Pindaya, on trouve plus de 9000 statues de Bouddha.
- La pagode Kuthawdaw est entourée de 729 stèles d'albâtre sur lesquelles est gravé le Canon bouddhique.
Dans plusieurs temples, comme au monastère des chats sauteurs, on nous a montré des collections d'autels ou de meubles que faisaient les moines.
Dès le début de notre voyage, notre guide nous a prévenus que certaines ethnies parlaient plus fort que d'autres : « Ils ne sont pas en colère, ils parlent fort. La vraie colère, ce n'est pas ça. » Au cas où nous n'aurions pas bien intégré le message, il nous a été répété à chaque fois qu'une voix forte retentissait : « Ce n'est pas de la vraie colère. » Je me souviens en avoir vu une vraie : un ouvrier sur un chantier s'est mis à crier et a jeté violemment son outil sur le sol ; ses collègues sont restés pétrifiés et muets, détournant le regard jusqu'à ce qu'il se calme.
Pour les Birmans, aider et accueillir sont des choses naturelles. D'ailleurs, ils disent très rarement merci, car donner est évident et fréquent. Quelques anecdotes :
- Parfois quand on traverse un village, certains de ses habitants sont au bord de la route avec un haut-parleur et expliquent qu'ils ont besoin d'argent pour embellir leur pagode, restaurer leur école ou pour une autre activité commune ; régulièrement les Birmans de passage s'arrêtent et donnent un petit quelque chose.
- Il nous est arrivé par trois fois de nous trouver devant une maison où se tenait une fête, mariage ou départ des enfants pour leur semaine au monastère. Non seulement les gens trouvaient normal que nous entrions chez eux prendre des photos, mais ils remplissaient immédiatement une assiette et nous considéraient invités comme des membres de la famille ou de la communauté.
- Quand il y a un chantier sur une route qui nécessite une circulation alternée, le trafic se régule aisément sans qu'il y ait besoin de feux de circulation ou de signaleur.
- Sur les routes étroites, tout véhicule lent vous aide à le doubler en signalant à l'aide de son clignotant si la voix est libre.
- Parfois les touristes laissent en pourboire des pièces de leur monnaie nationale qu'il est impossible aux Birmans de changer en devise locale. Ils essayent alors quand ils en ont un certain nombre de les troquer contre des billets à d'autres touristes de même nationalité. Beaucoup refusent craignant sans raison la fausse monnaie. Quand il nous est arrivé d'accepter de récupérer des euros et de donner en échange des kyats, l'heureux bénéficiaire ne gardait jamais le filon pour lui, mais prévenait les membres de sa communauté ayant le même besoin.

Quand des touristes adoptent des coutumes birmanes, comme le maquillage traditionnel avec le thanakha — une pâte parfumée et rafraîchissante faite à partir d'un arbre endémique au Myanmar et qui désinfecte et protège du soleil —, les Birmans sont ravis : « Ils sont comme nous. »
Les Birmans n'aiment pas dire non. Ils préfèrent utiliser des formules alambiquées, comme de dire à un marchand : « On n'achète pas. » Qui « on » ? Difficile d'entrer en conflit avec lui !
Une femme birmane. Nous avons eu la chance d'être accompagné pendant tout notre voyage par une jeune femme qui s'est vite révélée être non seulement un guide compétent, mais une personne éminemment aimable et sympathique. Nous ne pouvions pas ne pas chercher son ennéatype, tâche que compliquait le poids des niveaux d'existence de la Spirale Dynamique et du type du pays.
Elle avait 37 ans et n'était pas mariée. Dans un pays comme le Myanmar, c'est une réelle anomalie que rien apparemment ne justifiait dans son physique, son intelligence, sa gentillesse, son milieu social, etc. Assez vite, elle nous a raconté que le climat rendait la saison touristique courte et que la plupart des guides avaient un deuxième métier, mais qu'elle, elle utilisait ce temps à suivre des cours de psychologie, ce que ses amis ou ses parents ne comprenaient pas — cela nous a permis de lui expliquer rapidement l'Ennéagramme et de lui faire valider l'ennéatype du pays, mais pas encore le sien que nous la laissons chercher avec Le Grand livre de l'Ennéagramme que nous lui avons expédié dès notre retour.
Plus tard, elle nous a expliqué qu'elle ne portait pas le maquillage traditionnel. Certes elle utilise le thanakha, mais elle l'étale sur la peau de manière à ce qu'il ne soit point visible.
Vous commencez à deviner ? C'est cela, un très probable ennéatype 4.
Au cours du séjour, nous avons appris qu'elle n'aimait pas les rituels en VIOLET du pays — « Je ne suis pas comme ça ! » —, qu'elle ne faisait jamais de donation aux moines ou aux pagodes mais qu'elle donnait directement à des personnes dans le besoin, qu'elle préférait l'art de l'ethnie Shan alors qu'elle est burmane, etc.
Bref, la compulsion était bien visible. Cependant, les autres caractéristiques de l'ego du 4 étaient beaucoup moins perceptibles, et notamment l'amplitude émotionnelle du type était absente. Il faut dire que notre guide pratiquait quotidiennement la méditation et faisait une fois par an une retraite dans un monastère. Ce travail spirituel mené tout au long de son existence avait visiblement porté ses fruits. En est-il de même d'une grande part du peuple birman ? Ou sommes-nous dans une situation où l'ennéatype de la culture masque et contraint les manifestations égotiques prêtes à se réveiller en cas de changement des conditions de vie ?
lun. 8 déc. 02008, 07:12