Nature vient de publier les premiers résultats de deux recherches concernant la variation de l'expression des gènes dans la structuration du cerveau au cours de l'existence, notamment dans le cortex préfrontal qui est la partie la plus spécifique à l'humanité du cerveau. Nous partageons tous le même patrimoine génétique, mais il y a chez un individu donné environ 1,5 million de variations de l'ADN qui le rendent unique, 650 000 concernant le cortex préfrontal.
La structure du cerveau est, malgré ces variations individuelles, remarquablement stable. Il n'y a pas plus d'écart entre individus appartenant à des groupes génétiques différents (races par exemple) qu'entre individus d'un même groupe.
L'activité génétique est la plus intense durant la période prénatale. Elle ralentit fortement ensuite, et ce sont des gènes différents qui s'expriment avant la naissance, chez le nourrisson, puis dans l'enfance. Les trois quarts des gènes qui sont actifs durant la période prénatale inversent leur direction d'expression après la naissance, la plupart passant de on à off.
Moins surprenant, l'expression des gènes favorisant la division cellulaire et donc la création de nouveaux neurones diminue rapidement dès l'enfance, alors que celle des gènes permettant la création de synapses et de connexions augmente.
À partir de 50 ans, l'expression globale des gènes se met à croître de manière significative, comme un reflet inversé du ralentissement qui a eu lieu à la fin de la période prénatale. Ainsi, c'est au début du développement du cerveau, puis à nouveau à la fin de la vie, que les similitudes sont les plus fortes entre les individus.
Les chercheurs font leur travail de scientifiques : ils constatent et n'interprètent pas. N'étant pas soumis aux mêmes contraintes, j'ai envie de risquer une explication et de proposer une hypothèse.
Le début et la fin de la vie sont des périodes de fragilité où le soutien de nos congénères est une aide souvent indispensable. Des mécanismes génétiques renforçant les similitudes entre individus, et permettant donc probablement d'obtenir une meilleure acceptation et un plus grand soutien, ont pu être sélectionnés par l'évolution.
En se souvenant que l'activation d'un vMème nécessite les capacités cérébrales appropriées et en passant audacieusement de la génétique à la Spirale Dynamique, ne peut-on imaginer que les personnes âgées ont tendance à activer de manière privilégiée les niveaux d'existence de sacrifice du soi ?
Peut-on constater chez des individus ayant un vMème « chaud » dominant une régression vers le niveau collectif précédent quand arrive la vieillesse ?
Source 1 : Hyo Jung Kang, Yuka Imamura Kawasawa, Feng Cheng, Ying Zhu, Xuming Xu, Mingfeng Li, André M. M. Sousa, Mihovil Pletikos, Kyle A. Meyer, Goran Sedmak, Tobias Guennel, Yurae Shin, Matthew B. Johnson, Željka Krsnik, Simone Mayer, Sofia Fertuzinhos, Sheila Umlauf, Steven N. Lisgo, Alexander Vortmeyer, Daniel R. Weinberger, Shrikant Mane, Thomas M. Hyde, Anita Huttner, Mark Reimers, Joel E. Kleinman & Nenad Šestan, "Spatio-temporal transcriptome of the human brain", Nature, Vol. 478, N° 7370, 27 octobre 2011, p. 483-489.
Source 2 : Carlo Colantuoni, Barbara K. Lipska, Tianzhang Ye, Thomas M. Hyde, Ran Tao, Jeffrey T. Leek, Elizabeth A. Colantuoni, Abdel G. Elkahloun, Mary M. Herman, Daniel R. Weinberger & Joel E. Kleinman, "Temporal dynamics and genetic control of transcription in the human prefrontal cortex", Nature, Vol. 478, N° 7370, 27 octobre 2011, p. 519-523.
lun 11 avr 2005, 06:30