La manière dont est conduite l'aide aux pays en voie de développement fait l'objet de critiques de plus en plus sévères. Il y a quelque mois, je vous parlais de L'Aide fatale, un livre de Dambisa Moyo qui prétendait que le système actuel encourage dans ces pays la corruption de dirigeants dominés par ROUGE, et proposait des solutions centrées en ORANGE.
Le système actuel encourage aussi les aspects négatifs du vMème ORANGE dans nos propres sociétés, si on en croit Joseph Hanlon, Armando Barrientos et David Hulme, trois chercheurs spécialisés dans les problèmes de pauvreté et de développement. Selon eux, la prospérité de l'aide internationale « repose sur la complexité et la mystification, avec des consultants grassement payés qui mettent au point des projets toujours plus compliqués pour les “pauvres” ».
En fait, l'aide aux pays en développement repose sur un fonctionnement de haut en bas : les agences internationales et les gouvernements locaux décident de ce qui est bon pour les citoyens pauvres. Dans la Spirale Dynamique, VERT veut renverser cette tendance en créant un fonctionnement de bas en haut. C'est ce retournement que proposent les trois universitaires britanniques : « L'important est de faire confiance aux pauvres et de leur donner directement de l'argent — et non pas de leur proposer des bons, des projets ou une prestation temporaire —, de l'argent qu'ils peuvent investir et dépenser, et qu'ils sont certains d'avoir entre les mains. »
Le Brésil est le pays pratiquant le plus cette approche, mais l'Afrique du Sud, le Mexique ou l'Inde ont des programmes similaires avec des résultats très positifs. Par exemple, on a constaté que les jeunes Sud-Africains nés après la mise en place d'un programme de ce type sont plus grands que la génération précédente, « et ce n'est pas parce qu'un travailleur humanitaire est venu dans le village pour apprendre aux paysans comment s'alimenter et leur conseiller de se rendre au dispensaire quand ils sont malades. Les villageois savaient déjà tout ça, mais ils n'avaient simplement pas assez d'argent pour acheter la nourriture adéquate ou payer le médecin. »
L'argent dépensé dans ces aides a un impact positif sur l'économie « parce qu'au niveau local les agents économiques vendent plus, gagnent plus et achètent plus, ce qui crée une spirale ascendante ». Cela semble confirmer des résultats comme ceux obtenus en Namibie dans l'expérience de revenu minimum garanti dont nous nous sommes déjà fait l'écho.
Bien évidemment, le système n'est pas parfait. « Au Brésil, les allocations n'ont pas entraîné d'augmentation des vaccinations et des soins prénataux, parce que les catégories défavorisées n'ont pas accès à la médecine. Et, au Mexique, la pénurie d'emplois pousse des millions de personnes à émigrer aux États-Unis. Pour vraiment sortir la population de la misère, les États doivent également s'attaquer aux discriminations et investir dans la santé, l'éducation et les infrastructures. » Bref, il va falloir combiner les deux approches ascendantes et descendantes comme le fait JAUNE, par exemple avec la sociocratie.
Source : Melinda Burns, "Mieux que l'aide au développement, l'aide aux pauvres", Courrier international, N° 1028, 15 juillet 2010, p. 44-45.
Ressource : Joseph Hanlon, Armando Barrientos & David Hulme, Just Give Money to the Poor : The Development Revolution from the Global South, Sterling (Virginia), Kumarian Press, 2010.
ven 19 mar 2010, 06:57