Poseriez-vous cette question à votre médecin avant une hospitalisation ou une opération ? Vous devriez peut-être.
Clive Seale, un professeur de sociologie médicale à l'Institute of Health Sciences Education de Londres a mené une enquête auprès de 8500 médecins anglais. Sur les 4000 qui lui ont répondu, 3000 avaient eu récemment à prendre soin d'au moins un patient en fin de vie.
Ces médecins ont été interrogés sur leur action vis-à-vis de ces patients, et notamment sur leur pratique de la sédation terminale. Il leur a été demandé s'ils avaient discuté avec le patient ou avec sa famille de décisions à propos de soins risquant d'abréger la vie du malade. Enfin, ils ont été questionnés sur leur appartenance ethnique, leur religion et leur opinion à propos de la mort assistée et de l'euthanasie.
L'étude a conclu qu'il n'y avait quasiment aucun lien entre les décisions prises par les médecins et leur origine ethnique. Il y avait par contre une corrélation entre ces décisions et la spécialité pratiquée : les médecins hospitaliers prennent dix fois plus de décisions abrégeant la vie des patients que les spécialistes des soins palliatifs, ce qui n'est guère surprenant.
Il n'est pas étonnant non plus que les mêmes décisions soient prises deux fois plus facilement par les médecins se déclarant « extrêmement non-croyant » ou « fortement non-croyant » que par les autres.
Clive Seale conclut que le lien entre les valeurs d'un médecin et ses décisions cliniques devraient être plus reconnu et pris en compte qu'il ne l'est aujourd'hui.
Cela nous ramène au besoin arrivant avec VERT de la transparence. ORANGE a mis la rationalité au cœur de son fonctionnement : « Ce qui est rationnel est réel et ce qui est réel est rationnel. » écrit Hegel dans la préface de Principes de la philosophie du droit. ORANGE s'est comporté comme si l'être humain était entièrement et uniquement rationnel. C'est bien évidemment inexact et contre-productif : on a vu ce qu'a donné la théorie de l'homo economicus rationnel ! À partir de là, le mythe de l'objectivité s'effondre, et il devient indispensable de connaître le positionnement (moral, politique, économique, etc.) d'une personne qui s'exprime. Comment faire confiance à tel critique de cinéma si je ne sais pas si la chaîne de télévision qui l'emploie a investi dans le film qu'il commente ? Comment faire confiance à l'analyse politique de tel journaliste si je ne sais pas quelle est son appartenance politique ? Comment donc faire confiance à tel médecin si je ne sais pas quelles sont ses croyances religieuses ?
La transparence est donc la conséquence naturelle du passage au post-rationnel — commençant avec VERT et se prolongeant dans les niveaux suivants connus de la Spirale Dynamique — et du besoin d'avoir une certaine maîtrise des choix de son existence.
Source : Clive Seale, "The role of doctors' religious faith and ethnicity in taking ethically controversial decisions during end-of-life care", Journal of Medical Ethics, 25 août 2010.
dim 10 oct 2004, 07:04