Au fur et à mesure que l'humanité avance sur la Spirale Dynamique, elle se retrouve de plus en plus souvent face à des systèmes adaptatifs complexes. De tels systèmes sont caractérisés notamment par :
- la présence d'un trop grand nombre de variables pour que toutes puissent être maîtrisées ;
- une structure où le tout remplit des fonctions qui n'existent pas dans les parties qui le constituent, et qui ne sont pas prévisibles à partir des fonctions des parties ;
- une sensibilité aux petites modifications d'un quelconque paramètre — phénomène connu sous le nom d'effet papillon.
Ces systèmes, présents partout dans la nature, se rencontrent aujourd'hui fréquemment dans les contextes sociaux. La prise de décision est alors difficile, et la seule chose certaine est que les anciennes méthodes ne sont que rarement utilisables. Parmi les pièges qu'elles recèlent, Stan Shapiro liste les probabilités, toujours incertaines dans ce type de système et qui ne doivent jamais être détachées de l'espérance de gain, et le déni émotionnel qui nous pousse à ignorer les possibilités dont la concrétisation nous serait insupportable. Michael J. Mauboussin ajoute que les « experts » sont généralement peu efficaces face aux problèmes posés par les systèmes complexes et qu'ils peuvent souvent être remplacés par des programmes informatiques plus fiables, plus rapides et moins coûteux, et/ou par un recours à l'intelligence collective plus précise.
Robert J. Lemper, Steven W. Popper et Steven C. Bankes ont élaboré un cadre pour la prise de décision appelé RDM (Robust Decision Making) au sein de la think factory RAND Corporation, et ont fondé Evolving Logic pour développer des logiciels d'aide au RDM. Le RDM consiste à :
- Développer le plus grand nombre possible de scénarios ;
- Chercher des stratégies robustes — et non pas optimales —, c'est-à-dire fonctionnant suffisamment bien dans un grand nombre de scénarios ;
- Sélectionner parmi elles les stratégies les plus adaptatives, c'est-à-dire celles qui conservent leur robustesse en cas d'arrivée de nouvelles informations ;
- Réaliser des simulations des stratégies possibles et faire le choix.
Toute relation à un système adaptatif complexe implique une forte probabilité d'avoir des surprises, bonnes ou mauvaises. Le RDM semble quand même un bon moyen de mieux baliser le terrain.
Source 1 : Stan Shapiro, "Decision making under pressure", The Futurist, Vol 44, N° 1, Janvier-février 2010, p. 42-44.
Source 2 : Michael J. Mauboussin, "Managing your mind", The Futurist, Vol 44, N° 1, Janvier-février 2010, p. 49.
Source 3 : Robert J. Lemper, Steven W. Popper & Steven C. Bankes, "Robust Decision Making : Coping with Uncertainty", The Futurist, Vol 44, N° 1, Janvier-février 2010, p. 47-48.
sam 2 aoû 2008, 07:11