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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Les êtres humains n'ont pas seulement besoin d'une culture riche et forte au sein de laquelle ils puissent se développer, mais aussi d'une culture qui leur permette d'accéder aux autres. »
- Bhikhu Parekh
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Jeudi 25 février 2010
Les Mayas, un creux γ durable (1/2)
En Spirale Dynamique, le modèle des cinq étapes du changement décrit comment se déroule le passage d'un niveau d'existence au suivant. N'en déplaise aux amateurs de progrès à la sauce ORANGE, il ne dit pas que ce passage est inéluctable, ni ne précise la durée de chaque étape.
La civilisation maya a existé de 2600 avant J.-C. jusqu'à la conquête espagnole en 1521. Cependant elle a connu son apogée entre le milieu du IIIe et la fin du IXe siècle durant la période dite classique. Les Mayas occupaient un vaste territoire correspondant au Guatemala, au Belize, au sud-est du Mexique et à l'ouest du Salvador et du Honduras actuels ; le centre de gravité de leur culture est passé du sud au nord au fil du temps et occupait les Basses-Terres du sud pendant la période classique.
Même s'ils partageaient des croyances, des rituels, une structure sociale et des styles architecturaux, les Mayas ne constituaient pas un groupe homogène. Ils étaient organisés en cités-États relativement indépendantes. À la tête de chaque cité ou groupe de cités, un roi cumulait tous les pouvoirs politiques, militaires et religieux. Un ensemble complexe de rites permettait d'apaiser les dieux et maintenait le fonctionnement du monde. Ces rituels utilisaient des connaissances astronomiques remarquablement précises et accordaient une valeur magique au sang. Aussi, le roi, qui était considéré comme un Dieu vivant, pratiquait de nombreuses mortifications et automutilations, se perçant la langue, le pénis et d'autres parties du corps avec des pointes d'obsidienne ou des épines de jeunes fromagers. Des sacrifices humains de prisonniers, voire de volontaires, fournissaient aux dieux le sang dont ils étaient assoiffés.
Dominée par le vMème ROUGE, cette civilisation puissante et brillante s'est effondrée entre les années 800 et 900. Brusquement, les constructions s'arrêtent, et les grandes cités sont abandonnées. Les raisons de cette décadence ne sont pas vraiment connues. L'hypothèse à la mode — c'est le paradigme actuel appliqué sans grand discernement à la plupart des cultures qui ont disparu — table sur un désastre écologique : longue période de sécheresse provoquant une crise agricole et donc alimentaire. Effectivement, des prélèvements faits notamment dans le lac Petén confirment l'existence d'une longue période seiche. On peut imaginer qu'elle ait perturbé Tikal qui dépendait d'un système subtil et fragile d'irrigation, mais moins qu'elle ait gêné d'autres cités construites le long de rivières.
En fait, il est possible d'imaginer que la culture maya a connu trois points β successifs :
- En 738, K'ak' Tiliw Chan Yoaat, le roi de Quiriguá, attire dans sa ville Waxaklajuun Ub'aah K'awiil, le puissant souverain de Copán connu sous le sobriquet de 18-Lapins, et l'exécute. C'est un choc culturel immense. Un roi est un dieu vivant et ne peut pas être sacrifié. Or la mort de 18-Lapins reste sans conséquence majeure, et un premier doute est ainsi jeté sur l'efficacité des rites mayas.
- Autour des années 800, a lieu la sécheresse évoquée plus haut. Face aux problèmes qu'elle pose, il semble que les souverains mayas aient réagi par une surenchère : des constructions toujours plus hautes, des sacrifices toujours plus sanglants et plus nombreux. En vain. Une fois de plus, la culture maya se révèle inopérante. Des fouilles récentes menées à Cancuén ont permis de retrouver des traces de massacres datant de cette époque et concernant des nobles et des dignitaires. Révolte du peuple ou gigantesque auto-sacrifice collectif, on ne sait. Toujours est-il qu'il semble que l'élite maya soit décapitée. Le creux γ en VIOLET et la dispersion de la civilisation maya commencent.
- Quand les Espagnols arrivent, les Mayas ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Leur immense savoir est surtout théorique et architectural : ils ne travaillent pas le métal, ne connaissent pas la roue et n'utilisent pas la traction animale. Ils pourraient constituer une proie facile pour les Espagnols, qui ne sont pourtant qu'une poignée, mais c'est à peine nécessaire. Les Espagnols ont amené avec eux des maladies fréquentes en Europe, mais inconnue dans le Nouveau Monde, notamment la variole. Les Mayas furent légion à mourir d'un mal pour eux mystérieux et qu'ils ne pouvaient interpréter que comme surnaturel. Affaiblis, divisés et découragés, ils n'ont pas opposé une résistance farouche aux envahisseurs, contrairement aux Aztèques. Les voilà durablement confortés dans un positionnement en VIOLET.
Samedi 20 février 2010
Attentats
À la nuit tombée, ils s'approchent silencieusement de leur cible, un terrain « inaccessible et hostile ». Ils jettent leurs bombes par-dessus les murs, puis se dispersent rapidement dans la ville.
Voici comment fabriquer et utiliser ces bombes : « Prenez une boule d'argile, ajoutez un peu de terre, du compost, de l'eau, et insérez des semences triées sur le volet. Laissez sécher. Puis bombardez dans un endroit miteux et laissé en friche, en manque criant de verdure. »
Le mouvement des guérilleros du jardinage se répand rapidement en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande, bref essentiellement dans des pays encore dominés par le niveau ORANGE de la Spirale Dynamique. L'objectif est de récupérer des terrains à l'abandon, éventuellement contaminés et de les transformer en des jardins improvisés. Cela peut aller d'un simple ensemencement à une véritable action horticole.
La plupart des guérilleros affichent la volonté d'avoir ainsi une action sociale et d'initier des réflexions communautaires : « Le but est surtout d'éveiller les consciences en utilisant un symbole qui frappe » explique Jean-Sébastien Vermette, un membre actif du CRAPAUD (Collectif de recherche sur l'aménagement paysager et l'agriculture urbaine durable) ; « On veut que ce projet retourne à la communauté. Ce n'est qu'un prétexte pour intéresser les gens à leur ville et à leurs voisins » confirme Matias Viegener, un des fondateurs du collectif d'artistes Fallen Fruit, de Los Angeles. Cela situe ce mouvement soit en VERT, soit dans la transition vers ce niveau d'existence.
Source : Isabelle Paré, "Place aux guérilleros 'verts'", Courrier international, N° 991, 29 octobre 2009, p. 53.
Ressource : Guerilla Gardening.
Lundi 15 février 2010
Lupercalia
Il y a quatre ans, je brocardais ici la fête de la consommation qu'est devenue la Saint-Valentin. Il n'en a pas toujours été ainsi.
Selon le professeur Noel Lenski de l'université du Colorado, la Saint-Valentin remonte à l'Empire romain. Entre le 13 et le 15 février, se tenait la très populaire fête de Lupercalia où le dernier jour, les jeunes hommes, nus, flagellaient le dos des jeunes filles avec des fouets en peau de bélier ou de chien. Les bénéfices de cette cérémonie étaient nombreux : augmentation de la virilité des mâles et de la fertilité des femmes, et, en prime, diminution des douleurs de l'accouchement.
Cette célébration, expression du vMème ROUGE de la Spirale Dynamique, semble en réalité être beaucoup plus ancienne et dater de la période préromaine.
Est-il besoin de dire que les chrétiens éprouvaient pour cette manifestation la même détestation qu'ils avaient pour le carnaval ? Ils ont donc appliqué leur méthode habituelle : mettre une fête chrétienne à la même date.
En 496, le pape Gélase 1er promulgue la fête de la Saint-Valentin. L'Église avait deux martyrs morts un 14 février, Valentin de Terni en 197, et Valentin de Rome en 289. De nombreuses légendes associent ce dernier à l'amour. Selon l'une d'entre elles, il aurait guéri de sa cécité la fille de son geôlier, puis serait tombé amoureux d'elle. Selon une autre, il aurait célébré en secret des mariages, alors que l'empereur Claude voulait empêcher les jeunes hommes de convoler afin qu'ils puissent être de meilleurs soldats.
Au XIVe siècle, la Saint-Valentin passe de BLEU à ORANGE. En 1379, dans Le Parlement des oiseaux, Geoffrey Chaucer écrit :
Quand chaque oiseau trouve son âme sœur. »
Emprisonné à la Tour de Londres après la bataille d'Azincourt en 1415, le duc Charles d'Orléans envoie des poèmes d'amour à son épouse à l'occasion de la Saint-Valentin :
Ceux et celles de l'amoureux parti.
Seul je me trouve d'amour dégarni
Sur le dur lit d'ennuyeuse pensée. »
En 1603, Ophélie, désespérée d'être abandonnée par Hamlet, chante :
Tous sont levés de grand matin.
Me voici, vierge, à votre fenêtre,
Pour être votre Valentine.
Alors, il se leva et mit ses habits,
Et ouvrit la porte de sa chambre ;
Et vierge elle y entra, et plus jamais vierge elle en sortit. »
En 1913, la société Hallmark édite les premières cartes de la Saint-Valentin. C'est le début de la fête commerciale actuelle. Nous sommes toujours en ORANGE, mais celui-ci change de nature.
J'ai préféré attendre le lendemain de la fête pour publier ce billet afin d'éviter que certains de nos lecteurs soient tentés par un retour à l'authenticité et à la vigueur des origines !
Source 1 : Tom Chivers, "History of Valentine's Day", Telegraph, 9 février 2010.
Source 2 : John Roach, "Valentine's Day Facts : Gifts, History, and Love Science", National Geographic, 11 février 2009.
Jeudi 11 février 2010
Rien n'est jamais acquis à l'homme
Modèle ouvert, la Spirale Dynamique postule que l'être humain modifie ses conditions de vie, et qu'il s'adapte aux changements qu'il provoque au moyen de nouvelles capacités cérébrales permettant l'apparition de vMèmes idoines.
Est-ce possible ? Une idée communément répandue veut que les progrès de la médecine occidentale ont tellement prolongé l'espérance de vie et surtout réduit la mortalité infantile que la sélection naturelle ne s'appliquerait plus à l'être humain.
En analysant des données collectées pendant 60 ans à propos de 2000 femmes nord-américaines, une étude commanditée par le National Evolutionary Synthesis Center vient de démontrer que cette idée reçue est inexacte. « La sélection naturelle opère toujours » affirme Stephen Stearns de l'Université de Yale qui ajoute : « Le taux d'évolution est dans la plage moyenne à basse des taux observés chez les autres organismes vivants. Les êtres humains n'ont rien de particulier en termes de vitesse d'évolution. »
Le principe formulé par Clare W. Graves de la « quête sans fin » reste donc d'actualité.
Source : Sean Byars, Douglas Ewbank, et al. "Natural selection in a contemporary human population". Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 26 octobre 2009.
Dimanche 7 février 2010
Alleluia ! L'iPad est là !
Nous avions déjà abordé ici, au détour d'un commentaire, le goût de notre niveau d'existence ORANGE pour la surenchère verbale. Il faut faire toujours plus, et même quand ce n'est pas le cas, autant le faire croire de façon à créer la frustration qui déclenchera l'achat. Apple est un champion pour cela, et ses fans sont prêts à entendre, bouche bée, n'importe quelle exagération. Le 27 janvier dernier, Steve Jobs annonçait son dernier joujou, l'iPad, au cours d'une interminable présentation. Heureusement Steve Curtis en a extrait les meilleurs moments — c'est en anglais, mais je vous assure que cela devrait aller :
Eh oui, un rien m'amuse…
Source : "Steve Jobs's iPad Keynote In Just Three Minutes", Silicon Alley Insider, 1 février 2010.
Jeudi 4 février 2010
Légalité et légitimité
Samedi 30 janvier, lors des conférences TEDx, le médecin-psychanalyste-pédopsychiatre-philosophe Miguel Benasayag, ancien guérillero guévariste emprisonné et torturé par la dictature argentine, a fait cette présentation, que j'ai trouvée intéressante, même si elle a la légèreté imposée par le cadre où elle se déroule, sur les concepts de légalité et de légitimité :
Comme un de nos plus éminents et sympathiques commentateurs a justifié il y a peu son assourdissant silence — osons sans honte cet oxymore rebattu et, en l'occurrence, totalement injuste ! — par le fait que tel ou tel billet était complet et clair, je me tais ici. À vous de donner votre analyse de cette vidéo, si vous le souhaitez.
Pour que les nouveaux ne soient pas trop avantagés par rapport aux plus anciens, je précise qu'une intervention de Miguel Benasayag a déjà fait l'objet d'un de nos jeux dans le billet intitulé “Réseau VERT”, mais le passé préjuge-t-il du présent ?
Source et ressource : TEDx Paris
Lundi 1 février 2010
La force des valeurs de Gandhi
De nombreuses personnes voient dans les idées et méthodes de Gandhi une approche utile au monde d'aujourd'hui. Qu'en est-il réellement ? Quel est son positionnement sur la Spirale Dynamique ?
Il y a environ dix-huit mois, Aurore Lafougère avait étudié le profil de Gandhi sur l'Ennéagramme. Elle nous livre aujourd'hui une analyse de l'impact des différents niveaux d'existence de la Spirale Dynamique sur la vie et l'action du Mahatma, dont vous pouvez discuter ci-dessous.

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