À la question de savoir de combien de sens dispose un être humain, nombre de gens répondent encore cinq et citent le toucher, l'odorat, le goût, l'ouïe et la vue. Un sens est un organe percevant des informations sur le monde qui sont transmises au système nerveux central qui les interprète. Ainsi, l'intuition, qui est parfois appelée le sixième sens, n'en est à ce jour pas un, puisque nous ne pouvons pas lui associer un organe de perception.
Le sixième sens existe pourtant et est connu depuis longtemps. Il s'agit de l'équilibrioception qui signale le fait d'être ou non en équilibre, de tomber, d'accélérer ou de ralentir grâce au système vestibulaire de l'oreille interne.
On pourrait rajouter à la liste la proprioception qui permet de savoir où est telle ou telle partie de notre corps — vous pouvez toucher votre pied même en ayant les yeux fermés et indépendamment de toute autre information sensorielle. D'aucuns ajoutent à la liste la thermoception et la nociception, perception respectivement de la température et de la douleur.
Les sensations de faim — détection par l'hypothalamus d'une baisse excessive de glycogène dans le foie — et de satiété — détection par l'hypothalamus du niveau de cholécystokinine (entre autres) — sont aussi conformes à la définition scientifique d'un sens.
Dans la deuxième moitié du XXe siècle, le professeur Yves Rocard avait étudié des sourciers et était arrivé à la conclusion que l'être humain disposait, comme les abeilles, certains cétacés et beaucoup d'oiseaux migrateurs, de magnétoception, la perception de variations du champ magnétique terrestre, grâce à la présence de petits aimants au niveau de certaines articulations (cou, genoux, coudes, etc.). Ces expériences ont été contestées, et les scientifiques considèrent généralement que la magnétoception est un sens non-humain. Quand bien même nous en disposerions, il serait inutilisable dans notre environnement moderne où la pollution électrique et magnétique est considérable.
On ne va pas s'arrêter en si bon chemin ! Une équipe de chercheurs de l'Albany Medical College et des universités de Liverpool et de Cambridge vient de démontrer que l'être humain dispose d'un système sensoriel distinct des nerfs et lui permettant de toucher et de ressentir. En étudiant des personnes souffrant d'insensibilité congénitale à la douleur — une affection très rare —, ils ont découvert l'existence d'un réseau sensoriel utilisant les vaisseaux sanguins et les glandes sudoripares dont l'existence était connue, mais dont la fonction était passée jusqu'ici inaperçue. La découverte de ce nouveau système sensoriel qui nous apporte « des informations tactiles conscientes » permettra peut-être de résoudre certains cas de douleurs jusqu'ici rétifs à tout traitement, comme certaines migraines ou fibromyalgies.
Frank Rice, un des co-découvreurs, insiste sur le caractère quasiment imperceptible des signaux de ce sens supplémentaire : « C'est presque comme entendre le son subtil d'un instrument isolé au milieu du vacarme d'une symphonie. Ce n'est que lorsque notre attention s'éloigne des terminaisons nerveuses associées aux perceptions habituelles de la peau que nous pouvons apprécier les sensations cachées en arrière-plan. »
Pourtant, si ce système sensoriel existe, c'est vraisemblablement qu'il a une utilité adaptative. Dans nos conditions de vie saturées d'images et de bruits, nous sommes devenus des infirmes sensoriels dont le seuil minimal de perception est devenu très élevé. Ce sens nouvellement découvert pourrait-il expliquer en partie certaines des perceptions qui nous impressionnent tant chez les populations centrées en BEIGE et en VIOLET sur la Spirale Dynamique ?
Source : David Bowsher, C. Geoffrey Woods, et al., "Absence of pain with hyperhidrosis : A new syndrome where vascular afferents may mediate cutaneous sensation", Pain, Vol. 147, N° 1, 15 décembre 2009, p. 287-298.
mar 1 mai 2007, 07:24