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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Les êtres humains n'ont pas seulement besoin d'une culture riche et forte au sein de laquelle ils puissent se développer, mais aussi d'une culture qui leur permette d'accéder aux autres. »
- Bhikhu Parekh
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Jeudi 28 janvier 2010
Victime de la flamme violette
Il a perdu les élections présidentielles le 6 décembre dernier, et vient de révéler les causes de son échec. Lors du débat télévisé qui l'a opposé au président sortant, des hommes de main de ce dernier, placés à droite de la caméra, lui ont envoyé des « énergies négatives » qui l'ont atteint au front, au plexus solaire et à la poitrine. Selon son stratège de campagne, il y a pire. Le débat avait lieu un jeudi. Le jeudi, « les spécialistes savent que c'est le jour de la flamme violette. Les hommes [du président] portaient des cravates violettes et [le président lui-même] avait un pull-over violet. Il y a sûrement une raison. »
Son épouse éplorée, présidente de la Croix-Rouge locale, confirme l'effet négatif de cet ancien sortilège égyptien : « Mon mari a été très durement attaqué sur le plan énergétique. Il n'a pas pu se concentrer pendant le débat. »
Cette malheureuse victime des savoirs occultes du vMème VIOLET, c'est Mircea Dan Geoană, chef de l'opposition, président du Parti social-démocrate et président du Sénat en Roumanie, membre de l'Union européenne depuis le début 2007.
Source 1 : "Maléfices", Courrier international, N° 1003, 21 janvier 2010, p. 51.
Source 2 : Mirel Bran, "En Roumanie, le chef de la gauche, battu à la présidentielle, se dit victime de sorcellerie", Le Monde, 21 janvier 2010.
Dimanche 24 janvier 2010
Dimensions culturelles de Geert Hofstede et SD (2/2)
La méthode de Geert Hofstede présente l'immense avantage de fournir des données chiffrées. Chaque pays se voit attribuer un score entre 0 et 100 pour chacune des cinq dimensions. Ce score ne représente pas une valeur absolue utilisable en tant que telle, mais permet de comparer des pays entre eux.
Pendant un certain temps, Geert Hofstede a cru que les deux premières dimensions pouvaient être fusionnées en une seule, les pays ayant un index d'individualisme (IDV) fort ayant aussi un index de distance au pouvoir (PDI) faible. Il a finalement abandonné cette idée devant l'existence de quelques exceptions significatives. L'une d'entre elles est la France avec un PDI de 68 et un IDV de 71, à comparer avec les scores des autres pays occidentaux comme l'Allemagne (35, 67), le Royaume Uni (35, 89), les États-Unis (40, 91).
Ce PDI anormalement élevé — l'Iran fait 12 points de moins, le Pakistan 15 ! — confirme une fois de plus le fait, plusieurs fois traité sur ce blog (cf. par exemple "La France a peur" ou "Où irons-nous ?"), que la France, si elle est passée en ORANGE, a gardé un pied fermement ancré en BLEU — bien sûr, un PDI fort peut correspondre aussi à d'autres niveaux d'existence, comme ROUGE. Ce phénomène, confirmé par de multiples approches, est inquiétant.
En effet, il paraît évident que les problèmes actuels du monde ne relèvent plus du vMème qui est aujourd'hui au pouvoir, mais nécessitent d'aller sur la Spirale Dynamique vers VERT, et ultérieurement au-delà. Le BLEU de la France est, en ce domaine, un handicap majeur. Et ce n'est pas tout.
VERT peut être partiellement cartographié sur le modèle de Geert Hofstede. Coopératif et émotionnel, il implique un index de distance au pouvoir (PDI) et un index de masculinité (MAS) faibles. VERT est un vMème de sacrifice du soi, mais ce sacrifice se fait dans le consensus obtenu après l'expression complète du point de vue de chacun ; aussi l'index d'individualisme (IDV) ne doit être ni trop fort, ni trop faible. Sixième niveau de la Spirale Dynamique, VERT gère un monde complexe, et l'index d'évitement de l'incertitude (UAI) doit être plutôt bas. Le positionnement de VERT quant à l'orientation vers le long terme (LTO) est plus douteux, la définition de cette dimension étant très confucéenne et faisant surtout sens pour les pays d'Extrême Orient.
Si on pouvait définir des coefficients de pondération réalistes de ces paramètres, un index de distance à VERT serait concevable. Faute de cela, les mesures de Geert Hofstede permettent d'identifier un ou des handicaps importants de chaque pays pour réussir cette transition. Comparons, à titre d'exemple, le score de la France à celui de six autres pays, trois qui ont ORANGE comme niveau d'existence fortement dominant — États-Unis, Royaume Uni et Allemagne — et trois pour lesquels la transition vers VERT semble entamée à des degrés divers — Hollande, Norvège et Suède :

Outre son PDI très élevé, la France est aussi caractérisée par le plus fort UAI de cet échantillon, que Geert Hofstede définit aussi par la formule « Ce qui est différent est effrayant » ; c'est un obstacle majeur pour l'évolution de la société. Son IDV semble adapté à la transition vers VERT et son MAS, s'il est beaucoup trop fort, l'est quand même moins que celui des États-Unis, du Royaume Uni ou de l'Allemagne.
Pour l'utilisateur de la Spirale Dynamique, les recherches de Geert Hofstede sont donc un complément précieux qui aide à comprendre les différences de rythme d'évolution des nations, voire donne des pistes d'intervention.
Source : Geert Hofstede & Gert Jan Hofstede, Cultures and Organizations : Software of the Mind (2nd Edition), New York (New York), Mc Graw-Hill, 2005.
Jeudi 21 janvier 2010
Dimensions culturelles de Geert Hofstede et SD (1/2)
Dans le cadre de ce blog, nous étudions les cultures des différents pays à l'aide de la Spirale Dynamique, de l'Ennéagramme, ou dans l'idéal des deux comme nous l'avons fait, par exemple, pour la Thaïlande ou l'Indonésie. Ces deux modèles ne sont, bien évidemment, pas les seuls. Parmi les autres approches, une des plus connues est due à Geert Hofstede, un chercheur hollandais. À la fin du XXe siècle, il a mené une analyse des cultures de plus de 70 pays pour le compte d'IBM. Une multinationale de cette taille est présente dans le monde entier et elle emploie des personnes de qualifications très diverses. En faisant passer au personnel d'IBM un test sur les valeurs qu'il avait élaboré et en analysant statistiquement les réponses, Geert Hofstede est arrivé à la conclusion que toute culture pouvait être décrite à l'aide de cinq paramètres :
- PDI – Index de distance du pouvoir (Power Distance Index)
Le PDI mesure à quel point les membres les moins puissants des institutions ou des organisations d'un pays s'attendent à ce que le pouvoir soit distribué de manière inégale et acceptent cette situation.
Les trois pays dont le PDI est le plus fort : Malaisie, Slovaquie, Guatemala.
Les trois pays dont le PDI est le plus faible : Danemark, Israël, Autriche. - IDV – Index d'individualisme (Individualism Index)
L'IDV mesure à quel point les liens entre les individus sont distendus, chacun ne pouvant compter que sur soi ou sa famille très proche.
Les trois pays dont l'IDV est le plus fort : États-Unis, Australie, Royaume Uni.
Les trois pays dont l'IDV est le plus faible : Panama, Équateur, Guatemala. - MAS – Index de masculinité (Masculinity Index)
Le MAS mesure à quel point les rôles émotionnels sont distribués en fonction du sexe : les hommes sont supposés être assertifs, durs et concentrés sur le succès matériel, alors que les femmes sont supposées être réservées, fragiles et concernées par la qualité de la vie.
Les trois pays dont le MAS est le plus fort : Slovaquie, Japon, Hongrie.
Les trois pays dont le MAS est le plus faible : Hollande, Norvège, Suède. - UAI – Index d'évitement de l'incertitude (Uncertainty Avoidance Index)
L'UAI mesure à quel point les membres d'une culture sont effrayés par les situations ambiguës ou inconnues.
Les trois pays dont l'UAI est le plus fort : Grèce, Portugal, Guatemala.
Les trois pays dont l'UAI est le plus faible : Danemark, Jamaïque, Singapour. - LTO – Orientation vers le long terme (Long Term Orientation)
La LTO mesure la valorisation de vertus orientées vers des récompenses futures, comme la persévérance ou le sens de l'épargne, par rapport à des vertus orientées vers le passé ou le présent, comme les traditions ou le fait de remplir ses obligations sociales.
Les trois pays dont la LTO est la plus forte : Chine-Hong Kong-Taïwan, Japon, Vietnam.
Les trois pays dont la LTO est la plus faible : Nigeria, République Tchèque, Pakistan.
Geert Hofstede pense que les mesures de ces cinq dimensions représentent la réalité d'un pays. Il est permis d'en douter. En son temps, Clare W. Graves avait constaté que des personnes culminant en VIOLET ou en ROUGE étaient incapables de passer un test, et il est vraisemblable que la situation soit la même aujourd'hui. Quand on sait que ces deux niveaux d'existence représentent encore approximativement 30 % de la population mondiale, il paraît dès lors peu probable que le tableau dépeint par Geert Hofstede soit complet.
Geert Hofstede estime aussi que ces cinq dimensions représentent des traits fixes d'une culture qui ne changent pas à l'échelle des siècles, à l'exception de l'index d'individualisme qui augmente au fur et à mesure qu'un pays devient plus riche. Pour la Spirale Dynamique, l'index d'évitement de l'incertitude, par exemple, devrait diminuer au fur et à mesure qu'on avance dans les niveaux d'existence, et être très faible dans la deuxième boucle. En supposant le modèle de la Spirale Dynamique pertinent, nous avons donc deux possibilités : soit Geert Hofstede se trompe sur ce point et son étude n'est qu'une photographie de l'état des cultures humaines valable sur une période de temps à déterminer, soit il démontre que certains pays n'ont pas les capacités cérébrales collectives pour atteindre certains vMèmes. Autant il me semble très probable que des individus n'ont pas les capacités cérébrales leur permettant de vivre certains niveaux d'existence, autant je ne crois guère à cette impossibilité au niveau d'un peuple ; bien entendu, ces deux assertions ne sont que des hypothèses qui sont fonction de mes connaissances et de mon expérience, et que des faits nouveaux pourraient remettre en cause.
Considérés donc comme un état des lieux partiel et daté, les travaux de Geert Hofstede apportent cependant des confirmations intéressantes et permettent des prévisions qui le sont tout autant.
Lundi 18 janvier 2010
Objectif zéro
Les éditeurs nous avaient fait rire en 2009. Nous pouvions nous demander s'ils feraient aussi bien en 2010. Rassurez-vous, ça commence fort !
Au début des années 1980, Kenneth Blanchard avait sorti un livre intitulé Le Manager Minute qui nous expliquait comment être un bon leader en y consacrant simplement soixante secondes. Cet ouvrage avait connu un joli succès et avait donc été à l'origine de toute une collection dont le but était de réaliser des choses réputées difficiles en une minute.
En ORANGE, on n'arrête pas le cours inexorable du progrès. Richard Wiseman vient de pulvériser le record en nous proposant d'atteindre le changement en 59 secondes :

Vous imaginez aisément ma tête en lisant l'accroche qui promet de changer beaucoup en… pensant peu ! [Cela m'a d'ailleurs rappellé quelque chose…]
Je vous avais déjà présenté mes vœux pour 2010. Il est temps d'y ajouter un petit cadeau : atteignez la fortune, devenez célèbre et écrasez définitivement la concurrence en écrivant Le Foutage de Gueule Instantané ! Dépêchez-vous car dans 58 secondes la marque sera déposée.
Vendredi 15 janvier 2010
VIOLET, conditions de vie et écologie
La Spirale Dynamique considère que les changements des conditions de vie sont à l'origine d'un phénomène culturel adaptatif aboutissant à la mise en œuvre de nouvelles capacités cérébrales et d'un nouveau niveau d'existence.
Pour un vMèmes comme ORANGE, il est clair que c'est l'action des êtres humains qui est à l'origine des changements qui vont probablement conduire à VERT. Cependant, quand il s'agit des premiers niveaux de la Spirale, on a tendance à estimer que l'impact des êtres humains est si faible que soit il lui faut très longtemps pour créer les conditions du niveau suivant, soit la véritable cause du changement est extérieure à l'humanité, modification climatique par exemple.
Torben Rick, un archéologue du Smithsonian Institute de Washington, s'inscrit en faux contre cette vision. Il cite à l'appui de son affirmation de nombreux exemples de modification volontaire ou non de l'environnement par les populations de la préhistoire : les aborigènes d'Australie ont brûlé des quantités considérables de terres pour se rendre la chasse plus facile ; les indigènes, qui vivaient sur les côtes de Californie il y a des millions d'années, mangeaient des abalones et jetaient en masse les coquilles, ce qui a provoqué la création et l'immobilisation de dunes ; au nord-ouest du Pacifique, à la même époque, les populations locales construisaient des sortes de murs en eau peu profonde qui permettaient une prolifération des palourdes dont ils se nourrissaient.
Déjà, certaines de ces pratiques provoquaient des changements environnementaux qui étaient loin d'être anodins. Par exemple, la population des Channel Islands au large de la Californie a massacré les otaries qui étaient leurs concurrentes dans la pêche à l'oursin ; ceux-ci se sont alors multipliés en dévorant les varechs et en rendant le fond marin stérile.
Une autre étude, menée par J. Tyler Faith et Todd Surovell, attribue une part de l'extinction massive — plus de 50 % ! — des mammifères d'Amérique du Nord il y a environ 12.000 ans à leur surextermination par les êtres humains arrivés sur le continent à ce moment-là.
La naïve vision rousseauiste de l'histoire imaginant les chasseurs-cueilleurs dominés par VIOLET en parfaite harmonie avec leur environnement ne tient donc pas. À ce jour, il ne peut y avoir de véritable écologie que fondée sur une analyse scientifique et systémique du monde associée à une volonté farouche de préserver toute vie.
Source 1 : Christopher Joyce, "For Early Man, It Wasn't Easier Being Green", NPR, 22 août 2009.
Source 2 : J. Tyler Faith & Todd Surovell, "Synchronous extinction of North America's Pleistocene mammals", Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 23 novembre 2009.
Mardi 12 janvier 2010
Où irons-nous ?
La démocratie représentative, inventée par notre ORANGE et qui a été une formidable avancée en matière de gouvernance, est à bout de souffle. En France, un exemple en est l'échec cuisant de la première partie de la campagne de vaccination contre la grippe A, qui a manifesté la défiance des citoyens face à leurs représentants, même si les problèmes d'organisation et la désastreuse et incohérente communication du Ministère de la santé ont amplifié le phénomène.
Le Centre de recherche politique de Science Po vient de publier un sondage, réalisé par la Sofres du 9 au 19 décembre 2009 auprès d'un échantillon de 1 500 personnes. 67 % des Français n'ont pas confiance dans les hommes politiques de gauche ou de droite pour gouverner le pays. 78 % estiment que les politiciens ne se préoccupent pas de ce que pensent leurs électeurs.
Dans un moment d'épanchement alors qu'il commentait le décès de Philippe Séguin, Henri Gaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a confirmé : « Au fond la classe politique n'est pas organisée pour, aujourd'hui en tout cas, porter des convictions, pour porter des valeurs. Elle est organisée pour conquérir et pour gérer le pouvoir. Voilà. […] Vous savez c'est très déstabilisant pour un système quelqu'un qui fait passer ses convictions avant sa carrière dans un système où on fait toujours passer la carrière avant ses convictions. […] Le système vit de la compromission. »
Face à cette situation, la Spirale Dynamique nous rappelle qu'il existe trois solutions : assainir le niveau ORANGE en revenant à une démocratie représentative correcte ; revenir en BLEU ; aller vers la démocratie représentative prônée par VERT et la démocratie stratifiée proposée par JAUNE, par exemple sous la forme de la sociocratie. Est-ce effet d'un creux γ, résultat du passage incomplet de la France en ORANGE dont nous avons souvent parlé ici, ou manque de connaissance de l'existence de solutions alternatives crédibles, les Français ont confiance dans les institutions les plus marquées par BLEU : les hôpitaux (86 %), l'école (83 %), l'armée (75 %), la police (71 %).
Source 1 : Jean-Baptiste de Montvalon, "67 % des Français n'ont plus confiance dans la politique", Le Monde, 12 janvier 2010.
Source 2 : Nicolas Demorand, "L'invité d'Inter", France Inter, 8 janvier 2010.
Vendredi 8 janvier 2010
L'anorexie mentale, une configuration particulière de la SD
L'anorexie est un drame humain particulièrement douloureux. Il y a près de huit ans, deux de nos étudiants en Ennéagramme, Anne-Marie et Olivier Fillet, avaient fait une analyse du cas particulier de l'anorexie mentale essentielle de la jeune fille en se focalisant sur les personnalités de l'anorexique et de sa mère.
Claude Marie, elle, a constaté que l'anorexie mentale était une maladie qui n'existait pas avec la même ampleur à toutes les époques et dans toutes les cultures. Elle en a déduit que les niveaux d'existence de la Spirale Dynamique devaient jouer un rôle important dans la problématique anorexique. Cette hypothèse l'a conduite à une passionnante analyse systémique de l'anorexie que vous pouvez lire sur notre site consacré à la Spirale Dynamique et discutez ci-dessous.
Les deux manières d'aborder le problème sont probablement complémentaires, et peut-être une synthèse est-elle possible : l'anorexie mentale comme la rencontre tragique de personnalités, de conditions de vie et de niveaux d'existence.
Je suis conscient de ce que la découverte d'un tel modèle peut avoir de perturbant pour l'anorexique et tous les membres de sa famille. Si la première peut y voir l'espoir de sortir de ses souffrances, les seconds sont confrontés à la culpabilité que peut faire naître la prise de conscience des dysfonctionnalités du système familial et de ses conséquences, ce qui est d'autant plus difficile dans un monde ORANGE qui rejette la culpabilité qu'acceptait BLEU. Je voudrais leur dire qu'il n'y a pas de culpabilité à avoir face à un système dont la mise en place nécessite des causes multiples, transgénérationnelles, et impliquant plusieurs familles et la société ; même si c'est à des degrés divers, il y a des victimes des deux côtés. Essayer d'être aussi lucide que possible malgré les mécanismes de défense est certes une nouvelle épreuve, mais elle est libératrice pour eux et pour leur enfant.
Mardi 5 janvier 2010
Et un de plus ! Un !
À la question de savoir de combien de sens dispose un être humain, nombre de gens répondent encore cinq et citent le toucher, l'odorat, le goût, l'ouïe et la vue. Un sens est un organe percevant des informations sur le monde qui sont transmises au système nerveux central qui les interprète. Ainsi, l'intuition, qui est parfois appelée le sixième sens, n'en est à ce jour pas un, puisque nous ne pouvons pas lui associer un organe de perception.
Le sixième sens existe pourtant et est connu depuis longtemps. Il s'agit de l'équilibrioception qui signale le fait d'être ou non en équilibre, de tomber, d'accélérer ou de ralentir grâce au système vestibulaire de l'oreille interne.
On pourrait rajouter à la liste la proprioception qui permet de savoir où est telle ou telle partie de notre corps — vous pouvez toucher votre pied même en ayant les yeux fermés et indépendamment de toute autre information sensorielle. D'aucuns ajoutent à la liste la thermoception et la nociception, perception respectivement de la température et de la douleur.
Les sensations de faim — détection par l'hypothalamus d'une baisse excessive de glycogène dans le foie — et de satiété — détection par l'hypothalamus du niveau de cholécystokinine (entre autres) — sont aussi conformes à la définition scientifique d'un sens.
Dans la deuxième moitié du XXe siècle, le professeur Yves Rocard avait étudié des sourciers et était arrivé à la conclusion que l'être humain disposait, comme les abeilles, certains cétacés et beaucoup d'oiseaux migrateurs, de magnétoception, la perception de variations du champ magnétique terrestre, grâce à la présence de petits aimants au niveau de certaines articulations (cou, genoux, coudes, etc.). Ces expériences ont été contestées, et les scientifiques considèrent généralement que la magnétoception est un sens non-humain. Quand bien même nous en disposerions, il serait inutilisable dans notre environnement moderne où la pollution électrique et magnétique est considérable.
On ne va pas s'arrêter en si bon chemin ! Une équipe de chercheurs de l'Albany Medical College et des universités de Liverpool et de Cambridge vient de démontrer que l'être humain dispose d'un système sensoriel distinct des nerfs et lui permettant de toucher et de ressentir. En étudiant des personnes souffrant d'insensibilité congénitale à la douleur — une affection très rare —, ils ont découvert l'existence d'un réseau sensoriel utilisant les vaisseaux sanguins et les glandes sudoripares dont l'existence était connue, mais dont la fonction était passée jusqu'ici inaperçue. La découverte de ce nouveau système sensoriel qui nous apporte « des informations tactiles conscientes » permettra peut-être de résoudre certains cas de douleurs jusqu'ici rétifs à tout traitement, comme certaines migraines ou fibromyalgies.
Frank Rice, un des co-découvreurs, insiste sur le caractère quasiment imperceptible des signaux de ce sens supplémentaire : « C'est presque comme entendre le son subtil d'un instrument isolé au milieu du vacarme d'une symphonie. Ce n'est que lorsque notre attention s'éloigne des terminaisons nerveuses associées aux perceptions habituelles de la peau que nous pouvons apprécier les sensations cachées en arrière-plan. »
Pourtant, si ce système sensoriel existe, c'est vraisemblablement qu'il a une utilité adaptative. Dans nos conditions de vie saturées d'images et de bruits, nous sommes devenus des infirmes sensoriels dont le seuil minimal de perception est devenu très élevé. Ce sens nouvellement découvert pourrait-il expliquer en partie certaines des perceptions qui nous impressionnent tant chez les populations centrées en BEIGE et en VIOLET sur la Spirale Dynamique ?
Source : David Bowsher, C. Geoffrey Woods, et al., "Absence of pain with hyperhidrosis : A new syndrome where vascular afferents may mediate cutaneous sensation", Pain, Vol. 147, N° 1, 15 décembre 2009, p. 287-298.
Vendredi 1 janvier 2010
Au-delà de nos rêves
Je n'ai plus de rêves et n'en veux plus.
Mes dictionnaires définissent un rêve comme une « construction de l'imagination à l'état de veille », une « pensée qui cherche à échapper aux contraintes du réel », un « projet qui n'a pas de chance de se réaliser », ou une « idée chimérique ».
Tout ce dont nous parlons ici — Ennéagramme, Spirale Dynamique, Sociocratie, etc. — ne raconte pas des rêves, mais présente des possibilités. Werner Erhard définit une possibilité comme le résultat de trois étapes :
- En terminer avec le passé pour créer un espace pour un futur qui ne soit pas construit en réaction à lui ;
- Déclarer un futur possible qui nous touche et nous inspire ;
- Permettre à ce futur de façonner notre être et nos actions dans le présent et vivre ainsi en cohérence avec la possibilité que nous avons exposée.
Si elle n'est pas un rêve, une possibilité n'est pas non plus un objectif. Un objectif est d'une certaine manière extérieur à nous, alors qu'une possibilité est, dès sa déclaration, transformationnelle ; quand nous déclarons une possibilité, nous devenons une incarnation de cette possibilité, et quand nous entrons quelque part, cette possibilité entre avec nous. De plus, à moins qu'il ne concerne que nous, formuler un objectif revient à nous mettre en position de supériorité — un objectif se fixe ! — ; une possibilité s'offre aux autres et les invite à la partager. « J'exprime des possibilités, des choses qui pourraient se produire. Dans une large mesure, la probabilité de leur réalisation dépend de l'intensité du désir des gens » précise le physicien Freeman Dyson.
Alors, à cette aube de l'an 2010, là où BEIGE vit des pulsions, où VIOLET formule des vœux, où ROUGE exprime des impulsions, où BLEU prend de bonnes résolutions, où ORANGE se fixe des objectifs, où VERT renforce sa communauté, peut-être pouvons-nous aussi déclarer des possibilités.
Et que chaque soir de cette année vous trouve heureux d'avoir vécu la journée qui l'a précédé !
[
mar 27 mai 2003, 06:46