Que c'est beau la créativité en matière d'architecture urbaine :
Ces diverses excroissances, qui, sans être nouvelles, sont de plus en plus nombreuses dans nos villes, ne sont pas là en fait pour leurs douteuses qualités esthétiques. Elles interdisent l'accès aux espaces qu'elles occupent. À qui ? Aux SDF bien sûr.
Ces dispositifs me semblent exprimer clairement le thème de ORANGE, « exprimer le soi de manière calculée de façon à ne pas déclencher l'agressivité des autres ». Ils sont « silencieux » et « discrets afin de ne pas éveiller notre mauvaise conscience » ; à qui les critique, on peut parler de fonction décorative. Même si le résultat est le même, on est loin de l'agressivité ouverte de Georges Mothron, alors maire d'Argenteuil dans le Val d’Oise, qui voulait, en 2007, utiliser un répulsif toxique et irritant pour empêcher l'installation de SDF dans certaines parties du centre-ville — « Il faut tout tenter dans une ville. Il faut essayer des choses. Un maire ne fait pas ce qu'il veut, il répond aux préoccupations des gens » avait commenté à l'époque Rama Yade.
Il faudra bien un jour se décider à traiter les problèmes plutôt que simplement les déplacer.
Source 1 : Arnaud Elfort & Guillaume Schaller, "Empêcher les SDF de s'asseoir : la ville ne manque pas d'idées", Rue 89, 26 novembre 2009.
Source 2 : Les trois vignettes de ce billet reproduisent des photos du Survival Group exposées à la galerie Ars Longa (67 avenue Parmentier, 75011 Paris) jusqu'au 19 décembre 2009.
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