Dimanche matin dernier, France Inter diffusait une interview de l'écrivain Philippe Sollers où, comme d'habitude, il affichait son ennéatype 7 avec un contentement de soi tout à fait attendrissant. En voici un très court extrait, juste pour le plaisir :
— Je suis quelqu'un de tout à fait superficiel. […] Le terme bosser, excusez-moi, mais… Et même le mot travail, c'est pas, c'est un mot affreux. Non, je vais être enfin dans le jeu qui me convient, je vais jouer. Je vais jouer à la machine à écrire, je vais jouer avec mon stylo, je vais jouer avec mes souvenirs, je vais jouer avec les choses que je lis, je vais jouer. Enfant, je reste.
— Le dimanche, vous être gamin ?
— Tout le temps. Tous les jours ont tendance à être dimanche quand même. Parce qu'il faut s'amuser. Donc je m'amuse, je joue plutôt. Je vais pas m'amuser cet après-midi en allant chez Gallimard et en recevant deux ou trois… J'appelle ça aller à la clinique. Je vais à la clinique, c'est des malades. C'est des gens qui écrivent. Ils sont malades pour la plupart.
— Vous êtes un grand malade, vous ?
— Eh non. Je ne serais pas médecin si j'étais malade. En réalité, la chose littéraire a beaucoup à voir avec la médecine.
Le reste à l'avenant, ponctué de rires toutes les trente secondes.
Source : Laurence Garcia, "J'apporte les croissants chez Philippe Sollers", France Inter, 22 novembre 2009.
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