James Lovelock est le co-créateur au début des années 1970 de l'hypothèse Gaïa, puis au début des années 1980 d'une version améliorée de celle-ci, la théorie Gaïa.
La théorie Gaïa considère que la Terre tout entière — atmosphère, océans, roches, ensemble des organismes vivants, etc. — constitue un unique système autorégulé ; ce système cherche à maintenir les conditions d'habitabilité de sa surface aussi favorables que possible pour la vie y existant à un instant donné.
Quand Lovelock a formulé l'hypothèse Gaïa, en collaboration avec Lynn Margulis, c'était la première fois que des scientifiques cherchaient à étudier en même temps la géosphère et la biosphère. Aujourd'hui encore, la majorité des recherches sur le fonctionnement de la Terre et de son climat ignorent superbement l'impact du vivant. Toutefois, il existe depuis peu une science systémique de la Terre qui se distingue de la théorie Gaïa en ce qu'elle refuse l'idée de l'objectif d'habitabilité du système.
C'est sur la suggestion de William Golding que Lovelock a donné à sa théorie le nom de Gaïa, la déesse grecque de la Terre. Aujourd'hui encore, il considère ce choix comme approprié ; en effet, James Lovelock estime qu'on peut considérer Gaïa comme un organisme vivant : « Puisque Gaïa peut mourir, c'est bien qu'elle est vivante. » Pourtant ce nom lui a causé des difficultés importantes de communication. Aussi stupide que ce soit, le milieu scientifique examine plus facilement une étude appelée "Approche biogéochimique systémique de la Terre" que le même texte intitulé "Théorie Gaïa". La situation est devenue encore pire quand un article sur Gaïa est paru en 1979 dans le journal Coevolution, un trimestriel américain de tendance New Age. Quoique fort bien écrit par le biologiste canadien Ford Doolittle, cet article a collé l'étiquette New Age sur la théorie Gaïa et, effectivement, des membres de cette mouvance — un mariage contre-nature entre VIOLET et ORANGE — se sont emparés du nom Gaïa alors qu'ils étaient incapables de comprendre réellement les idées qui l'accompagnaient.
La théorie Gaïa est une théorie scientifique au sens fort du terme : elle est fondée sur des observations et des modèles théoriques, elle explique des événements connus du passé, et elle a fait un certain nombre de prédictions dont plusieurs ont été vérifiées et aucune démentie à ce jour. Membre de la Royal Society, ayant travaillé pour la NASA et plusieurs universités anglaises et américaines, James Lovelock est un éminent scientifique, auteur de plus deux cents articles publiés dans les plus prestigieuses revues internationales comme Nature.
Cet été, j'ai — enfin ! — eu le temps de lire le dernier ouvrage de James Lovelock, The Vanishing Face of Gaia: A Final Warning, qui traite de l'application de la théorie Gaïa au réchauffement climatique.
À suivre…
ven 23 déc 2005, 08:16