Je ne sais pas jusqu'où me mèneront la Spirale Dynamique et l'Ennéagramme. En arriver à vous parler de l'Eurovision est quand même quelque chose que j'aurais cru impossible !
Créé en 1956, le Concours Eurovision de la chanson est bien évidemment une opération de marketing dominée par le niveau d'existence ORANGE, l'intérêt artistique des œuvres présentées pouvant le plus souvent être mis en doute…
Cette année, en matière de manifestation de ORANGE, le prix revient à la Grèce. Fin 2008, la Grèce décide que c'est Sakis Rouvas qui la représentera au concours. Pour quelle chanson ? On ne sait pas et on s'en fout. Sakis Rouvas a le physique de bellâtre approprié à cette compétition, donc cela suffit. Le soir venu, chemise blanche fendue jusqu'au nombril, l'échappé des boys bands se trémousse sur scène, mais, de côté, dans l'ombre, il y a un vrai chanteur qui — disons-le pudiquement — le soutient vocalement !
La cérémonie de samedi dernier était organisée par la Russie qui ressemble quand même plus à un empire ROUGE qu'à une démocratie ORANGE. La Géorgie voulait présenter une chanson intitulée “We don't wanna put in”. Les Russes y ont vu une allusion à leur vénéré premier ministre et ont cru — sans doute à raison — entendre “We don't wanna Poutine”. Ils ont demandé que les paroles soient changées et, devant le refus des Géorgiens, exigé des organisateurs de la manifestation que la Géorgie soit disqualifiée. Exclusion obtenue.
Parallèlement, les associations russes pour la reconnaissance des droits des homosexuels ont voulu organiser une marche. Devant le refus et la répression musclée des autorités, elles ont demandé aux chanteurs du concours d'intervenir. En vain.
On ne va quand même pas gâcher du si beau business pour de telles vétilles, non ? On a là une nouvelle illustration de la problématique faiblesse de ORANGE devant ROUGE.
Quant à la France, elle a exprimé avec splendeur son ennéatype 4. Bien sûr, on ne connaît pas la recette pour gagner, mais il y a un certain nombre de points communs aux vainqueurs. Ils sont plutôt jeunes. Ils chantent en anglais : sur les dix éditions précédentes, neuf des gagnants utilisaient cette langue, et celui de cette année — un Norvégien — a fait de même. Ils privilégient la mélodie par rapport au texte. Ils utilisent majoritairement un style musical plutôt formaté. En envoyant Patricia Kaas chanter le mélancolique — et fade — “S'il fallait le faire”, la France a manifesté haut et fort sa différence en faisant exactement le contraire. Commentaire de Patricia Kaas : « C'est important de savoir que la France a regardé, qu'elle était avec nous. […] On peut repartir la tête haute. » Tant qu'à vouloir perdre, nous aurions peut-être pu rester chez nous, la tête haute.
lun 6 aoû 2007, 07:24