[Première partie] [Deuxième partie]
Il est encore plus hasardeux d'essayer d'imaginer le fonctionnement du système fiscal en JAUNE. Ce vMème concerne aujourd'hui plus des individus que des structures, et tout scénario relève de la sociologie-fiction. Je me contenterai donc simplement de quelques remarques qui sont avant tout personnelles — il n'est pas forcément évident que soit exact le tri que je fais dans mes idées entre ce qui relève de tel niveau de la Spirale Dynamique, de mon ennéatype et de mon idiosyncrasie.
Je trouve fort sympathique la méthode décrite précédemment pour VERT — laissons le mythe du MGM à ORANGE et consorts. Venant après VERT, JAUNE en reconnaît et intègre les apports, ici l'auto-organisation qui me semble devoir être conservée et facilitée.
Cependant il est sans doute aussi illusoire de croire que les êtres humains peuvent s'autoréguler sans contrôle qu'il l'était, en ORANGE, de penser que le marché pouvait le faire. Chacun des vMème de la première boucle suppose que la population est homogène, et fonctionne d'autant mieux que c'est le cas. Par exemple, les théories économiques de ORANGE considèrent l'homo œconomicus comme un être faisant des choix rationnels, ce qui explique en partie la qualité des prévisions des experts… VERT, lui, présuppose que l'être humain est naturellement empathique et désireux de collaborer. Or la population n'est pas homogène et ne peut pas l'être à cause de la nature holarchique de la Spirale Dynamique : on ne naît pas VERT, on le devient si les conditions de vie et les capacités cérébrales le permettent. Idéaliste et « gentil », VERT est plus fragile que d'autres devant les attaques provenant des autres niveaux d'existence : agressivité de ROUGE, intégrisme de BLEU, machiavélisme de ORANGE, etc. Dans le domaine fiscal aussi, JAUNE utilisera une approche stratifiée et donnera la priorité à l'expression de la compétence.
De plus, la méthode de VERT me semble mélanger deux informations. Considérons le système individuel — appelons-le I — et le système social — appelons-le S. Pour fonctionner, S a, entre autres, comme input les impôts T et comme output les services V fournis aux membres de la société. Pour I, la situation est donc inverse, V en input et T en output. Or S a aussi besoin d'un autre input venant de I : un feed-back F sur la qualité du service fourni.

Or dans les niveaux d'existence de la première boucle, soit F est ignoré, soit T et F sont confondus. En ROUGE, le pouvoir ne s'intéresse pas à F, et il pourrait être dangereux de l'émettre. En BLEU, on ne va quand même pas se permettre de juger les représentants de la Vérité Ultime ! En ORANGE, la structure démocratique assure un feed-back partiel, celui de la minorité étant largement ignoré. En VERT, le consensus est censé apporter un feed-back complet. Cependant, obtenir un consensus des millions d'habitants d'un pays est irréaliste : c'est pourquoi le mécanisme que j'ai proposé en VERT n'y fait pas référence, même s'il est probable que des microcommunautés ou des familles s'entendent par consensus pour répartir leurs impôts de la même manière. Les variations du paiement des impôts sont certes un feed-back, mais celui-ci n'est pas clair : supposons que je sois mécontent du fonctionnement de l'Éducation nationale ; je peux verser plus pour leur donner les moyens de mieux faire leur travail, verser moins pour imposer une meilleure efficience, ou verser la même chose si j'estime que le problème n'est pas financier.
En JAUNE donc, T et F devront donc être tous deux présents et nettement distincts. Payer ses impôts, c'est envoyer les ressources et les informations permettant aux divers systèmes fournissant des services publics d'être plus fonctionnels.
Approche stratifiée et pensée systémique, le système fiscal de JAUNE pourrait ressembler à ce qu'est l'élaboration d'un budget dans une entreprise ayant la sociocratie comme système de gouvernance.
lun 1 jun 2009, 07:04