[Première partie]
Et après ORANGE ? Nous quittons là le domaine de l'histoire pour celui de la prospective. Les descriptions ci-dessous ne sont donc que des hypothèses et ne décrivent que des vMèmes purs, situations uniquement théoriques.
En VERT, vMème de sacrifice du soi, l'impôt est accepté tant qu'il est librement consenti et que l'argent collecté est utilisé pour des actions conformes aux valeurs de la communauté. Dans l'idéal, chacun verse ce qu'il veut et décide de l'affectation de la somme donnée. Payer l'impôt est une contribution volontaire.
J'entends déjà venir des niveaux précédents de la Spirale Dynamique la protestation habituelle : « Cela ne peut pas marcher ! » Il peut y avoir au moins trois raisons de penser que si :
- La plupart des gens donnent spontanément et facilement de l'argent quand l'usage qui en est fait est conforme à leurs besoins et/ou à leurs valeurs. En est exemplaire l'absence d'impact de la crise sur les collectes des derniers Téléthon et Sidaction.
- Les gens sont suffisamment divers dans leurs goûts et leurs préoccupations pour que l'ensemble des postes nécessaires au fonctionnement d'un pays reçoivent des fonds.
- Une grande masse de gens, comme la population d'un pays, possède des capacités d'auto-organisation qui se mettent automatiquement en place dans ce genre de circonstances : si informée par le budget de l'année précédente ou par des sondages, une personne s'aperçoit qu'un secteur important pour elle reçoit une contribution insuffisante, elle en augmentera le poids dans son propre versement ; le système se régulera ainsi spontanément.
Bien sûr, il est probable qu'à l'arrivée la répartition des dépenses serait différente de ce qu'elle est aujourd'hui, mais d'une part elle serait plus démocratique, et d'autre part rien ne permet de supposer que le changement ne serait pas bénéfique pour l'espèce humaine. Points de consensus implicite de la société — nous reviendrons sur le thème du consensus dans le prochain billet —, des postes permettant par exemple d'assister des personnes en souffrance, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, recevraient spontanément des contributions importantes.
En VERT, le resserrement de l'échelle des salaires, le changement du mode de distribution des bénéfices des entreprises, la volonté d'économiser les ressources et le désir de solidarité à l'échelle de l'humanité auront un impact fort sur les dépenses publiques et donc sur la fiscalité.
Rappelons pour finir ce que nous avons dit au début. Cette description est celle d'un VERT idéal : des populations en VERT pur dans des conditions de vie elles aussi en VERT pur. Il s'agit donc d'une utopie qui ne se réalisera certainement jamais telle quelle. La réalité pourrait en reprendre et adapter tel ou tel élément en l'intégrant dans un système dont la base ressemblerait à celui des pays scandinaves qui ont actuellement la plus forte proportion de VERT au monde (cf. “Argent éthique”).
À suivre…
sam 22 nov 2008, 07:01