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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Les êtres humains n'ont pas seulement besoin d'une culture riche et forte au sein de laquelle ils puissent se développer, mais aussi d'une culture qui leur permette d'accéder aux autres. »
- Bhikhu Parekh
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Mercredi 27 mai 2009
Les couleurs de SD, mais pas le goût… (4)
Chaque article de cette série peut-être lu indépendamment des autres, mais ce n'est pas une raison pour se priver des précédents : [1] [2] [3].
Quand ORANGE découvre la Spirale Dynamique, sa croyance dans le progrès le pousse à croire que passer dans les niveaux d'existence suivants représente une amélioration positive, ce qui n'est vrai que si ce changement est justifié par les conditions de vie.
Quand ORANGE va mal, cette course au progrès se conjugue à un mensonge, parfois conscient, parfois inconscient, consistant à affirmer être dominé par les vMèmes postérieurs.
Comme une des grandes qualités d'ORANGE est la flexibilité, il réussit parfois à donner le change. On peut cependant constater une chose étonnante : ces personnes dominées par ORANGE affichent des valeurs de surface en JAUNE, voire en TURQUOISE, mais jamais, au grand jamais en VERT (du vert écolo oui, mais le niveau VERT non). C'est un des signes qui ne trompent pas pour reconnaître ces fanfarons : la détestation de VERT.
Cette antipathie pour VERT peut prendre plusieurs formes. La plus bénigne consiste à affirmer, contre toute évidence, que VERT ne peut pas marcher. La plus agressive — mais aussi la plus sotte puisque sa faussetée est démontrée — est la notion du Mean Green Meme (MGM), le misérable mème VERT.
Le MGM étant une position intenable, certains se rabattent sur une de ses variantes soft et plus tendance, et évoquent le phénomène CAVE (Citizens Against Virtually Everything) : des citoyens opposés à quasiment tout. Cela consiste à dire que les personnes dominées par VERT sont en perpétuel désaccord, mais sont incapables d'être des forces de propositions. Cette assertion est triplement inacceptable :
- Elle confond valeurs de surface et valeurs profondes par méconnaissance du vMème. L'opposition systématique ne fait pas partie des caractéristiques de VERT. Elle peut donc être présente dans certaines concrétisations de ce niveau d'existence, mais généraliser à partir de là n'a pas de sens.
- Elle traduit une incompréhension des cinq états du changement et de la notion de transition. C'est une constante de la pensée humaine : le plus souvent, on prend conscience d'un problème avant de lui trouver des solutions. Le passage d'un vMème au suivant obéit au même schéma. D'abord, le niveau d'existence en cours pose des problèmes qu'il ne peut pas résoudre. Après des tentatives pour le sauvegarder, on s'oppose alors à lui (point β et creux γ). Dans une deuxième phase, on trouve les solutions permettant de mettre en œuvre le niveau suivant (creux γ ou saut δ).
Ainsi la mise en place d'un nouveau vMème est toujours accompagnée d'une phase d'opposition où le CAVE se rebiffe sans savoir comment résoudre concrètement les difficultés constatées. C'est une étape normale qui n'est pas significative de VERT, ni d'aucun autre niveau, mais qui accompagne les transitions entre vMèmes. - Elle est tout simplement inexacte. Il suffit de regarder autour de soi et, si ce n'est pas suffisant, de consulter les 157 articles publiées à ce jour dans la catégorie VERT pour trouver de multiples exemples d'actions concrètes et novatrices menées par des personnes ou des organisations dominées par VERT.
Quant aux personnes en transition qui sont dans une phase d'opposition à la structure actuelle de la société, l'expérience montre que, contrairement à l'équation “VERT = CAVE”, elles sont en attente forte de méthodes et de structures leur permettant de manifester leurs valeurs de manière positive, et qu'elles sont ravies et soulagées quand elles en découvrent ou qu'on leur en propose.
P.-S. : une précision pour les plus jeunes de nos lecteurs. Le Cave se rebiffe est un film réalisé en 1961 par Gilles Grangier, d'après un roman d'Albert Simonin. Des éblouissants dialogues de Michel Audiard, nombre de répliques sont devenues cultes. En voici une, certainement pas la plus drôle, mais sans doute la plus adaptée au contexte : « Dans la vie, ne pas reconnaître son talent, c'est faciliter la réussite des médiocres. »
Samedi 23 mai 2009
Toujours plus haut, toujours plus fort…
Comme beaucoup de gens, et surtout ceux qui ont, pour des raisons professionnelles, des adresses de courriel publiques, je reçois mon lot quotidien de spams, et notamment des incitations à me procurer une certaine petite pilule bleue. Celle-ci s'inscrit bien dans le culte de la performance cher à notre incarnation du vMème ORANGE, même si d'autres niveaux de la Spirale Dynamique ont longtemps cherché et utilisé des produits visant à la même finalité.
Mais ORANGE veut toujours plus, et, depuis quelques semaines, je reçois donc cette nouvelle publicité :

Ces versions « prof. » et « super+ » — inexistantes chez le laboratoire fabricant — me font hurler de rire. Par contre je m'interroge sur l'intérêt pour ce genre d'activité d'une version « soft »…
Mardi 19 mai 2009
Eurovision 2009
Je ne sais pas jusqu'où me mèneront la Spirale Dynamique et l'Ennéagramme. En arriver à vous parler de l'Eurovision est quand même quelque chose que j'aurais cru impossible !
Créé en 1956, le Concours Eurovision de la chanson est bien évidemment une opération de marketing dominée par le niveau d'existence ORANGE, l'intérêt artistique des œuvres présentées pouvant le plus souvent être mis en doute…
Cette année, en matière de manifestation de ORANGE, le prix revient à la Grèce. Fin 2008, la Grèce décide que c'est Sakis Rouvas qui la représentera au concours. Pour quelle chanson ? On ne sait pas et on s'en fout. Sakis Rouvas a le physique de bellâtre approprié à cette compétition, donc cela suffit. Le soir venu, chemise blanche fendue jusqu'au nombril, l'échappé des boys bands se trémousse sur scène, mais, de côté, dans l'ombre, il y a un vrai chanteur qui — disons-le pudiquement — le soutient vocalement !
La cérémonie de samedi dernier était organisée par la Russie qui ressemble quand même plus à un empire ROUGE qu'à une démocratie ORANGE. La Géorgie voulait présenter une chanson intitulée “We don't wanna put in”. Les Russes y ont vu une allusion à leur vénéré premier ministre et ont cru — sans doute à raison — entendre “We don't wanna Poutine”. Ils ont demandé que les paroles soient changées et, devant le refus des Géorgiens, exigé des organisateurs de la manifestation que la Géorgie soit disqualifiée. Exclusion obtenue.
Parallèlement, les associations russes pour la reconnaissance des droits des homosexuels ont voulu organiser une marche. Devant le refus et la répression musclée des autorités, elles ont demandé aux chanteurs du concours d'intervenir. En vain.
On ne va quand même pas gâcher du si beau business pour de telles vétilles, non ? On a là une nouvelle illustration de la problématique faiblesse de ORANGE devant ROUGE.
Quant à la France, elle a exprimé avec splendeur son ennéatype 4. Bien sûr, on ne connaît pas la recette pour gagner, mais il y a un certain nombre de points communs aux vainqueurs. Ils sont plutôt jeunes. Ils chantent en anglais : sur les dix éditions précédentes, neuf des gagnants utilisaient cette langue, et celui de cette année — un Norvégien — a fait de même. Ils privilégient la mélodie par rapport au texte. Ils utilisent majoritairement un style musical plutôt formaté. En envoyant Patricia Kaas chanter le mélancolique — et fade — “S'il fallait le faire”, la France a manifesté haut et fort sa différence en faisant exactement le contraire. Commentaire de Patricia Kaas : « C'est important de savoir que la France a regardé, qu'elle était avec nous. […] On peut repartir la tête haute. » Tant qu'à vouloir perdre, nous aurions peut-être pu rester chez nous, la tête haute.
Dimanche 17 mai 2009
Impôts à tous les niveaux (3/3)
[Première partie] [Deuxième partie]
Il est encore plus hasardeux d'essayer d'imaginer le fonctionnement du système fiscal en JAUNE. Ce vMème concerne aujourd'hui plus des individus que des structures, et tout scénario relève de la sociologie-fiction. Je me contenterai donc simplement de quelques remarques qui sont avant tout personnelles — il n'est pas forcément évident que soit exact le tri que je fais dans mes idées entre ce qui relève de tel niveau de la Spirale Dynamique, de mon ennéatype et de mon idiosyncrasie.
Je trouve fort sympathique la méthode décrite précédemment pour VERT — laissons le mythe du MGM à ORANGE et consorts. Venant après VERT, JAUNE en reconnaît et intègre les apports, ici l'auto-organisation qui me semble devoir être conservée et facilitée.
Cependant il est sans doute aussi illusoire de croire que les êtres humains peuvent s'autoréguler sans contrôle qu'il l'était, en ORANGE, de penser que le marché pouvait le faire. Chacun des vMème de la première boucle suppose que la population est homogène, et fonctionne d'autant mieux que c'est le cas. Par exemple, les théories économiques de ORANGE considèrent l'homo œconomicus comme un être faisant des choix rationnels, ce qui explique en partie la qualité des prévisions des experts… VERT, lui, présuppose que l'être humain est naturellement empathique et désireux de collaborer. Or la population n'est pas homogène et ne peut pas l'être à cause de la nature holarchique de la Spirale Dynamique : on ne naît pas VERT, on le devient si les conditions de vie et les capacités cérébrales le permettent. Idéaliste et « gentil », VERT est plus fragile que d'autres devant les attaques provenant des autres niveaux d'existence : agressivité de ROUGE, intégrisme de BLEU, machiavélisme de ORANGE, etc. Dans le domaine fiscal aussi, JAUNE utilisera une approche stratifiée et donnera la priorité à l'expression de la compétence.
De plus, la méthode de VERT me semble mélanger deux informations. Considérons le système individuel — appelons-le I — et le système social — appelons-le S. Pour fonctionner, S a, entre autres, comme input les impôts T et comme output les services V fournis aux membres de la société. Pour I, la situation est donc inverse, V en input et T en output. Or S a aussi besoin d'un autre input venant de I : un feed-back F sur la qualité du service fourni.

Or dans les niveaux d'existence de la première boucle, soit F est ignoré, soit T et F sont confondus. En ROUGE, le pouvoir ne s'intéresse pas à F, et il pourrait être dangereux de l'émettre. En BLEU, on ne va quand même pas se permettre de juger les représentants de la Vérité Ultime ! En ORANGE, la structure démocratique assure un feed-back partiel, celui de la minorité étant largement ignoré. En VERT, le consensus est censé apporter un feed-back complet. Cependant, obtenir un consensus des millions d'habitants d'un pays est irréaliste : c'est pourquoi le mécanisme que j'ai proposé en VERT n'y fait pas référence, même s'il est probable que des microcommunautés ou des familles s'entendent par consensus pour répartir leurs impôts de la même manière. Les variations du paiement des impôts sont certes un feed-back, mais celui-ci n'est pas clair : supposons que je sois mécontent du fonctionnement de l'Éducation nationale ; je peux verser plus pour leur donner les moyens de mieux faire leur travail, verser moins pour imposer une meilleure efficience, ou verser la même chose si j'estime que le problème n'est pas financier.
En JAUNE donc, T et F devront donc être tous deux présents et nettement distincts. Payer ses impôts, c'est envoyer les ressources et les informations permettant aux divers systèmes fournissant des services publics d'être plus fonctionnels.
Approche stratifiée et pensée systémique, le système fiscal de JAUNE pourrait ressembler à ce qu'est l'élaboration d'un budget dans une entreprise ayant la sociocratie comme système de gouvernance.
Mercredi 13 mai 2009
Idées de voyage
Pour le congrès de l'Association des Géographes Américains qui s'est tenu en mars dernier à Las Vegas, des étudiants de l'Université du Kansas ont trouvé un sujet apparemment approprié au lieu de réunion : dresser des cartes de la pratique des sept péchés capitaux aux États-Unis.
Bien évidemment, en bon ennéatype 7, j'ai d'abord regardé la cartographie de la gloutonnerie. Elle a été mesurée par le nombre de fast-foods par habitant et confirme ainsi la désastreuse réputation du pays — en réalité, pas toujours justifiée : seulement deux îlots d'intempérance, dont le Texas, on croit cauchemarder !

Amis de l'ennéatype 4, ne vous sentez pas rejetés, voici la carte de l'envie… mesurée par le nombre de vols par habitant. Sauf votre respect, cet égarement de l'âme paraît beaucoup plus répandu, oserais-je dire beaucoup plus banal :

Pour terminer et parce qu'il faut bien éviter l'ire des ennéatypes 8 et essayer d'augmenter la fréquentation de ce blog, voici la carte de la luxure, manifestée par le nombre de maladies sexuellement transmissibles :

Maintenant, si BLEU est votre vMème dominant sur la Spirale Dynamique, vous savez quels sont les endroits à éviter. Dans le cas contraire…
Source : Razib, "Maps of Seven Deadly Sins in America", Science Blogs, 4 mai 2009.
Mardi 12 mai 2009
Impôts à tous les niveaux (2/3)
Et après ORANGE ? Nous quittons là le domaine de l'histoire pour celui de la prospective. Les descriptions ci-dessous ne sont donc que des hypothèses et ne décrivent que des vMèmes purs, situations uniquement théoriques.
En VERT, vMème de sacrifice du soi, l'impôt est accepté tant qu'il est librement consenti et que l'argent collecté est utilisé pour des actions conformes aux valeurs de la communauté. Dans l'idéal, chacun verse ce qu'il veut et décide de l'affectation de la somme donnée. Payer l'impôt est une contribution volontaire.
J'entends déjà venir des niveaux précédents de la Spirale Dynamique la protestation habituelle : « Cela ne peut pas marcher ! » Il peut y avoir au moins trois raisons de penser que si :
- La plupart des gens donnent spontanément et facilement de l'argent quand l'usage qui en est fait est conforme à leurs besoins et/ou à leurs valeurs. En est exemplaire l'absence d'impact de la crise sur les collectes des derniers Téléthon et Sidaction.
- Les gens sont suffisamment divers dans leurs goûts et leurs préoccupations pour que l'ensemble des postes nécessaires au fonctionnement d'un pays reçoivent des fonds.
- Une grande masse de gens, comme la population d'un pays, possède des capacités d'auto-organisation qui se mettent automatiquement en place dans ce genre de circonstances : si informée par le budget de l'année précédente ou par des sondages, une personne s'aperçoit qu'un secteur important pour elle reçoit une contribution insuffisante, elle en augmentera le poids dans son propre versement ; le système se régulera ainsi spontanément.
Bien sûr, il est probable qu'à l'arrivée la répartition des dépenses serait différente de ce qu'elle est aujourd'hui, mais d'une part elle serait plus démocratique, et d'autre part rien ne permet de supposer que le changement ne serait pas bénéfique pour l'espèce humaine. Points de consensus implicite de la société — nous reviendrons sur le thème du consensus dans le prochain billet —, des postes permettant par exemple d'assister des personnes en souffrance, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, recevraient spontanément des contributions importantes.
En VERT, le resserrement de l'échelle des salaires, le changement du mode de distribution des bénéfices des entreprises, la volonté d'économiser les ressources et le désir de solidarité à l'échelle de l'humanité auront un impact fort sur les dépenses publiques et donc sur la fiscalité.
Rappelons pour finir ce que nous avons dit au début. Cette description est celle d'un VERT idéal : des populations en VERT pur dans des conditions de vie elles aussi en VERT pur. Il s'agit donc d'une utopie qui ne se réalisera certainement jamais telle quelle. La réalité pourrait en reprendre et adapter tel ou tel élément en l'intégrant dans un système dont la base ressemblerait à celui des pays scandinaves qui ont actuellement la plus forte proportion de VERT au monde (cf. “Argent éthique”).
Vendredi 8 mai 2009
Impôts à tous les niveaux (1/3)
« En mai, fais ce qu'il te plaît », dit le proverbe. Il n'est pas certain que tous les Français soient d'accord : ils ont jusqu'à la fin du mois pour envoyer leur déclaration de revenus à l'administration fiscale. C'est pourtant un moment formidable… pour réfléchir à la Spirale Dynamique.
En VIOLET, la communauté est unie et les mécanismes de réciprocité assurent une certaine égalité. L'imposition est inutile.
En ROUGE, les puissants collectent un impôt en échange duquel ils défendent leurs sujets dans cette jungle que sont les conditions de vie. Payer l'impôt est une obligation.
Comme toujours, le vMème peut s'exprimer de manière positive — une véritable sauvegarde des populations — ou négative — un racket à la protection.
En BLEU, l'impôt permet aux représentants de la Vérité Ultime de remplir leur mission en étant libérés des contraintes matérielles. Cette mission peut aller de l'accomplissement de rites à la création des administrations et des infrastructures permettant à l'État-nation d'exister et de fonctionner. Payer l'impôt est un devoir. Il n'est pas forcément besoin de coercition pour le lever : par exemple, dans de nombreux pays d'Extrême-Orient, les moines bouddhistes vivent facilement de la mendicité et des dons.
Si BLEU s'exprime « sainement », l'impôt permet de réaliser ce pour quoi il a été perçu. Dans la version négative, l'impôt est utilisé de manière inefficace — rituels ne remplissant pas leur office, administrations incompétentes, etc. — ou sert les intérêts personnels des représentants de la Vérité Ultime — prêtres enrichis, fonctionnaires corrompus, etc.
En ORANGE, l'impôt sert à fournir des services permettant aux individus de réussir et de progresser personnellement. Payer l'impôt est une dépense.
Quand ORANGE fonctionne « correctement », cette dépense est perçue comme un investissement. L'argent des impôts est récupéré dans la fourniture de services publics, des frais de gestion étant normalement prélevés au passage : par exemple, un particulier est conscient que la construction d'une voie de chemin de fer lui permettra de se déplacer ou de trouver sur les marchés les produits dont il a besoin, comme une entreprise perçoit que la même voie lui servira à recevoir ses matières premières et à expédier ses productions. Que ORANGE se dégrade et la dépense des impôts devient une charge qu'il faut réduire à tout prix : évasion fiscale, recours aux paradis fiscaux, etc. — il n'est sans doute pas besoin en ce début 2009 de préciser plus !
ORANGE étant encore le vMème dominant de notre société, il est temps de faire deux remarques avant d'explorer les vMèmes suivants.
Tout d'abord, ici comme ailleurs se manifeste la nature holarchique de la Spirale Dynamique. Le budget de l'État lui permet d'intervenir dans des domaines que l'on peut relier aux divers niveaux d'existence.
Ensuite, il est possible de profiter de cette analyse pour faire un brin d'introspection. Qu'est-ce, pour vous, que payer ses impôts ? Comment estimez-vous la quantité et la qualité de l'engagement de l'État dans chaque vMème ? Cette dernière question peut sembler être une évaluation du fonctionnement de la société ; en réalité, sauf à faire de très gros efforts de recherche d'objectivité, la réponse reflète surtout notre perception des conditions de vie : VIOLET peut nous faire trouver le budget consacré à la politique familiale insuffisant, normal ou excessif ; ROUGE peut nous faire considérer le budget militaire trop faible, correct ou disproportionné ; etc.
Mardi 5 mai 2009
Français, encore un effort si vous voulez être démocrates !
Le journal The Economist vient de publier son dernier classement de l'état de la démocratie dans le monde. Pour son élaboration, cinq critères ont été évalués : processus électoral et pluralisme, fonctionnement du gouvernement, participation politique, culture politique et libertés civiles. Sur les 167 pays étudiés, 30 fonctionnent en démocratie complète, 50 en démocratie imparfaite, 36 dans des régimes hybrides et 51 dans des régimes autoritaires.
Depuis la dernière étude en 2006, les auteurs constatent une stagnation de l'évolution du monde vers la démocratie, qu'ils attribuent à une perte de légitimité du système essentiellement due aux interventions militaires des États-Unis, et à un désenchantement causé par les politiques économiques libérales.
Tout classement de ce type est bien évidemment contestable, aussi bien pour le choix des critères que pour la manière de les mesurer. On notera toutefois que le classement met dans le peloton de tête les pays où l'expression du vMème VERT est forte. Voici les six pays de tête : Suède (9,88 sur 10), Norvège (9,68), Islande (9,65), Pays-Bas (9,53), Danemark (9,52) et Finlande (9,25).
L'Allemagne est treizième (8,82) et les États-Unis dix-huitième (8,22). Quant à la France, elle occupe une médiocre vingt-troisième place — entre l'Uruguay et le Portugal — avec un score de seulement 8,07. Les critères qui pèchent sont la participation politique, le fonctionnement du gouvernement et la culture politique.
Source : Economist Intelligence Unit's Democracy Index 2008.
Vendredi 1 mai 2009
Sociocratie : la démocratie réinventée ?
Dans “VERT (et suivants) : « Merci les gars ! »”, j'avais évoqué le passionnant dernier ouvrage de Pierre Rosanvallon, La légitimité démocratique, en regrettant toutefois son manque de propositions de solutions concrètes. Dans une tribune publiée cette semaine dans Le Monde, Pierre Rosanvallon, titulaire de la chaire d'histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France et directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, confirme son constat des « multiples dysfonctionnements du système représentatif » et définit trois axes de réforme qui lui semblent nécessaires :
- « L'extension des procédures et des institutions au-delà du système électoral majoritaire » pour d'une part prendre en compte les oubliés de la représentation en inventant des formes non-électorales de représentation, et d'autre part garantir que le pouvoir est au service de l'intérêt général et le reste.
La sociocratie partage les deux mêmes objectifs et y répond respectivement avec le principe du consentement et le double lien entre les cercles. - « L'appréhension de la démocratie comme une forme sociale » et non uniquement comme un régime politique. Hors de la sphère politique, et notamment dans les entreprises, autoritarisme, injustices et exclusions sont aussi présents que jamais.
Une des forces de la sociocratie est qu'elle peut-être pratiquée par tous les types de structure, famille, associations, entreprises, sociétés, etc. Une autre est d'être suffisamment simple pour pouvoir être utilisée par des personnes de tous âges et de tous niveaux culturels (cf. “Les parlements de voisinage”). En permettant l'expression et la participation aux décisions de tous ceux qui le souhaitent, la sociocratie est un moyen de renforcer le tissu social, voire de le recréer là où c'est nécessaire. - « Le développement d'une théorie de la démocratie-monde » permettant une appropriation citoyenne du concept de démocratie post-électorale.
En étant une approche stratifiée, positionnée dans le vMème JAUNE de la Spirale Dynamique et qui respecte donc profondément tous les systèmes de gouvernance, la sociocratie est une proposition concrète pour aller dans cette direction. Elle permet de saisir toute occasion d'évolution opportune du système de gouvernance, sans l'imposer en prenant une « position haute ».
Source : Pierre Rosanvallon, "Réinventer la démocratie", Le Monde, 28 avril 2009.

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