Le concept d'État-nation est le regroupement d'individus partageant une culture commune, la nation, et appartenant à une même structure juridique, l'État. L'État-nation est une création du niveau BLEU de la Spirale Dynamique, et il est normal qu'il s'affaiblisse en même temps que ce vMème, au profit d'institutions plus large comme l'Union Européenne, ou d'un sentiment d'appartenance multiple et/ou à la communauté humaine en général.
Par exemple, les tests d'ADN permettent aujourd'hui à de nombreux Afro-Américains de déterminer précisément leur pays d'origine en Afrique, et des sociétés spécialisées, comme African Ancestry Inc., se sont créées pour les aider dans cette démarche. Ce mouvement, initié par le très médiatique voyage de Barak Obama dans son village ancestral au Kenya en 2006 et popularisé par des célébrités comme Isaih Washington, Oprah Winfrey, Spike Lee, Quincy Jones ou Whoopi Goldberg, se répand peu à peu dans la population d'origine africaine : surchargé de demandes, l'African American Roots Project de l'Université du Massachusets vient d'annoncer qu'il ne pourra plus accepter de nouvelles demandes avant deux ans.
Beaucoup de ces Afro-Américains essayent ensuite d'obtenir une double nationalité. L'acteur Isaiah Washington déclare : « Je suis qui je suis. Cela n'efface en rien l'amour que je voue aux États-Unis, mais ma vraie famille, c'est la Sierra Leone. » Il n'y a pourtant pas dans cette démarche que du beau VIOLET ; comme nous sommes aux États-Unis, ORANGE montre vite le bout de son nez : « Les Noirs américains sont les Africains les plus riches du monde. L'Afrique pourrait profiter de nos ressources, et nous d'elle pour retrouver notre identité », affirme Anthony Archer, qui enseigne les sciences politiques à l'Université d'État de Californie. En effet, la double nationalité permet aux Afro-Américains d'acheter des biens immobiliers ou de créer des entreprises dans leur pays d'origine. Le Ghana accorde systématiquement la citoyenneté aux Afro-Américains. Dans d'autres pays africains, la décision est prise au cas par cas.
Le problème de la double nationalité est en fait beaucoup plus général : 200 millions de personnes dans le monde vivent hors de leur pays de naissance, et nombre d'entre elles aspirent à la double nationalité. Cela leur est de plus en plus facile : 56 pays autorisent leurs citoyens à avoir deux passeports, et ce nombre a augmenté de 75 % au cours des dix dernières années.
En 1992, l'Italie a promulgué une loi permettant à toute personne ayant des grands-parents italiens d'acquérir la nationalité italienne, afin de bâtir des liens culturels et économiques avec l'énorme diaspora italienne dans le monde. En 2006, 35.000 personnes ont ainsi acquis un passeport italien tout en gardant leur première nationalité ; c'est trois fois plus qu'en 2003.
En 2001, la Suède a autorisé la double citoyenneté, et le nombre de personnes demandant un passeport suédois a augmenté de 40 % au cours des cinq années suivantes.
La double nationalité semble avoir un effet positif sur l'intégration. Parmi les immigrants sud-américains légaux aux États-Unis, ceux qui ont deux passeports ont un revenu supérieur de 2,5 %.
Source 1 : Teresa Watanabe, "Les Noirs américains font la cour à l'Afrique", Courrier international, N° 957, 5 mars 2009, p. 17.
Source 2 : Elizabeth Dickinson, "Double Booked", Foreign Policy, N° 6293, Mars-Avril 2009, p. 24.
sam 24 avr 2010, 11:00