Les salaires énormes des patrons d'entreprise, de certains cadres supérieurs ou des traders ont défrayé la chronique ces dernières semaines, posant une fois de plus la question de l'échelle des salaires.
Pour le vMème ORANGE pur — qui, comme chacun sait, n'existe pas —, cette question n'a aucun sens. La loi du marché doit s'appliquer du haut en bas de l'entreprise. Il ne devrait y avoir ni salaire minimum, ni salaire maximum. S'il reste une dose suffisante de BLEU, alors un salaire minimum est envisageable ; le salaire maximum n'existe pas, mais ceux qui gagnent beaucoup redistribuent, sur la base du volontariat, une partie de leurs revenus dans des œuvres de charité, des fondations, du mécénat, etc.
En VERT, une échelle des salaires de 1 à 3 est généralement considérée comme juste, mais peut aller jusqu'à un ratio de 1 à 5.
Il est probable que JAUNE essaye de bâtir un modèle tenant compte de la pénibilité du travail, de sa complexité, du niveau de stress qu'il génère, de son utilité sociale, etc. Même si JAUNE sera probablement moins rigide que VERT à ce sujet, il sera sans doute partisan d'une échelle resserrée, car il est conscient que tous les éléments d'un système sont également indispensables à son fonctionnement. Comme le dit de façon provocante, Gerard Endenburg, le fondateur de la Sociocratie : « Toutes les activités se valent. »
Les arguments pour justifier les très hauts salaires m'ont toujours semblé peu crédibles. Certains arguent de la longueur et de la difficulté des études qu'ils ont faites : personnellement, j'ai toujours considéré que faire des études était une chance merveilleuse, sans compter qu'il était quand même plus confortable d'être étudiant que de travailler sur un chantier… D'autres invoquent la rareté des gens réellement capables de mener des tâches aussi complexes et stressantes que la gestion d'une entreprise : c'est certes exact, mais l'intérêt du travail est aussi une forme de rémunération.
Pour réfléchir à ce sujet, je vous propose une expérience de pensée. Imaginons une personne qui gagne 4000 € par mois (le salaire médian en France est actuellement d'environ 1600 €). Elle peut sélectionner un travail dont la pénibilité est élevée, mineur de fond par exemple, et se poser alors la question suivante : si à la place de mon travail, on me propose un poste de mineur de fond payé 4000 €, est-ce que je l'accepte ? Si la réponse est non, la question devient : si on diminue mon salaire à 3800 €, est-ce que je quitte mon poste pour celui de mineur de fond à 4000 € ? Et si on diminue mon salaire à 3600 € ? À 3400 ? À 3200 ? À partir de quelle somme quitte-t-elle son poste pour un travail de mineur de fond payé au prix de son salaire actuel ? Qu'est-ce que cela dit sur une rémunération socialement juste de sa fonction ?
mar 18 jui 2006, 08:47