Les ouvrages analysant les crises écologiques, financières et économiques que nous traversons se multiplient. Parmi les dernières livraisons, le livre d'Hervé Kempf, “Pour sauver la planète, sortez du capitalisme”, contient quelques réflexions intéressantes du point de vue de la Spirale Dynamique. Précisons qu'Hervé Kempf, journaliste au monde, appartient à la mouvance altermondialiste, et que son ouvrage, s'il est informatif et bien documenté, est plus un pamphlet qu'un écrit froidement objectif.
Critique virulent de nos économies dominées par ORANGE, Kempf fait néanmoins une distinction juste entre les aspects positifs et négatifs du vMème, respectivement l'économie de marché et le capitalisme. Il définit ce dernier comme « un état social dans lequel les individus sont censés n'être motivés que par la recherche du profit et consentent à laisser régler par le mécanisme du marché toutes les activités qui les mettent en relation ». Le problème vient, bien évidemment, de ce « toutes » ; en Spirale Dynamique, on pourrait traduire cela en disant que ORANGE est devenu nocif en voulant contrôler tous les aspects de l'existence, c'est-à-dire en détruisant à son seul profit la structure holarchique de la Spirale.
Hervé Kempf consacre une part importante de son ouvrage à montrer l'inefficacité des solutions techniques à la crise écologique, des éoliennes à l'enfouissement du gaz carbonique ou au nucléaire, qu'il perçoit comme de vaines tentatives de résoudre en ORANGE les problèmes posés par ORANGE. Il estime que nous sommes confrontés au choix entre « la coopération [et] le despotisme », c'est-à-dire entre le passage en VERT et un creux γ en BLEU.
C'est à partir de là que l'ouvrage pèche par manque de solutions concrètes : politique fiscale d'incitation, structures organisationnelles comme les SCOP (cf., par exemple, ces billets sur ce blog : 1, 2, 3 et 4), « revenu maximum admissible », « courage de la lenteur », c'est peut-être utile, mais quand même un peu court. Par contre, Hervé Kempf souligne, à juste titre, l'absence de coordination des expérimentations actuelles : « De même que la main invisible du marché ne conduit pas la myriade d'individus à l'optimum collectif, aucun esprit caché ne mènera une foison d'initiatives à une société nouvelle. » Nous sommes encore dominés par le vMème ORANGE et nous avons tendance à croire aux solutions individuelles (je trie mes déchets, je conduis une voiture hybride, je diminue mon empreinte carbone, etc.), là où le passage en VERT implique forcément le retour du collectif.
Source : Hervé Kempf. Pour sauver la planète, sortez du capitalisme. Paris (France) ; Éditions du Seuil ; 2009.
mar 1 mar 2011, 06:47