Vous avez probablement déjà entendu parler de l'extraordinaire histoire de Nojoud Ali. À neuf ans, cette jeune Yéménite est mariée de force par ses parents à un homme âgé de 30 ans : les mariages de très jeunes filles sont fréquents au Yémen, mais la coutume interdit d'avoir des relations sexuelles avec la jeune épousée tant qu'elle n'est pas « prête » ; de plus, les parents de Nojoud étaient très pauvres et avaient seize enfants, et ce mariage représentait une bouche de moins à nourrir.
Emmenée chez son mari le lendemain de la cérémonie de mariage, Nojoud est violée par son époux et battue par sa belle-famille. Deux mois plus tard, lors d'une visite à ses parents, elle en profite pour s'enfuir et, sur les conseils de la deuxième épouse de son père, elle se rend, seule, au tribunal. Après une demi-journée d'attente, le juge Mohammed al-Ghadhi la reçoit et prend la décision de l'héberger, de mettre en détention provisoire son père et son mari, et de lui faire rencontrer Shada Nasser, une avocate spécialiste des droits de l'homme. Avec son aide, Nojoud Ali obtient le divorce.
Les tribus du Yémen sont largement dominées par le vMème ROUGE avec un VIOLET fort. Il est souvent délicat de réagir face à ces cultures et notamment d'avoir une attitude qui ne soit ni complaisante ni perçue comme colonialiste ou néocolonialiste. Après tout, « les gens ont le droit d'être ce qu'ils sont », nous rappelle Clare Graves. JAUNE d'ailleurs prône une démocratie stratifiée laissant le droit à chaque communauté humaine de vivre au niveau d'existence de son choix, au moins tant que les conséquences sur les autres ou le monde ne sont pas négatives. Concrétisation de la démocratie stratifiée, la sociocratie propose un fonctionnement fondé sur le consentement. Par exemple, une communauté humaine peut fonctionner en ROUGE tant que tous ses membres y consentent.
Nojoud Ali a exprimé, avec un courage stupéfiant chez une enfant de dix ans, qu'elle ne consentait pas au système dans lequel on voulait la forcer à vivre. Son exemple a poussé des femmes et d'autres enfants à refuser aussi de subir les contraintes des mariages forcés. Il me semble qu'on peut donc à la fois accepter la société yéménite telle qu'elle est et respecter profondément ceux qui veulent y vivre, et soutenir et aider ceux qui refusent leur consentement. Aidée par Delphine Minoui, un grand reporter spécialiste du Moyen-Orient et prix Albert Londres 2006, Nojoud Ali a écrit un livre qui vient de paraître. Je ne l'ai pas encore lu, je ne sais pas s'il est bon ou pas, intéressant ou non, mais ce n'est pas très important. Les droits d'auteur seront « reversés sur un compte bancaire ouvert au nom de Nojoud. Ils devraient l'aider à financer ses études pour devenir avocate » comme c'est, actuellement, son souhait. Alors, voilà, vous faites ce que vous voulez, mais il y a peut-être un libraire près de chez vous ou sinon vous trouverez juste en dessous un lien vers la page de cet ouvrage sur le site d'Amazon.
Ressource : Nojoud Ali & Delphine Minoui, Moi Nojoud, 10 ans, divorcée, Paris (France), Michel Lafon, 2009.
ven 11 jan 2008, 07:03