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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Mardi 18 novembre 2008
VERT (et suivants) : « Merci les gars ! »
Petites nouvelles du monde politique français.
14-15-16 & 17 novembre : au congrès de Reims, les dirigeants du Parti Socialiste se sont livrés, pour la plupart, à une nouvelle guerre des ego. Qu'importent les programmes, qu'importent les militants, qu'importent les Français. La carrière avant tout !
17 novembre : un député UMP, dépressif depuis son échec aux élections municipales, se suicide. Juste avant, il a décidé d'emmener avec lui une amie, mère de deux enfants, à qui il a donc mis une balle à bout portant dans la tête, après l'avoir battue, semble-t-il, une bonne dizaine de minutes. L'Assemblée Nationale, plutôt habituée ces temps-ci à la répression, a immédiatement décidé de lui rendre hommage par une minute de silence.
La fin d'ORANGE ne se manifeste pas uniquement sur le plan environnemental et économique. La grande avancée sociale qu'a été la démocratie représentative atteint aujourd'hui clairement ses limites. Face au spectacle qu'elle donne, nous sommes entrés dans une « démocratie de la défiance ». J'en profite pour vous recommander la lecture de “La légitimité démocratique : Impartialité, reflexivité, proximité” de Pierre Rosanvallon, une étude extrêmement érudite — mais sans proposition pratique — de cette évolution du concept de légitimité des institutions. La voie s'ouvre de plus en plus pour les démocraties participatives de VERT et stratifiées de JAUNE.
Lundi 17 novembre 2008
Indignation en VERT
Dans mon dernier billet, à propos de l'élection de Barak Obama à la présidence des États-Unis, j'ai évoqué les référendums qui avaient lieu simultanément dans plusieurs États, concernant principalement le droit à l'avortement et le mariage des homosexuels. En Californie — mais les résultats sont les mêmes ailleurs —, le mariage homosexuel, pourtant légalisé par la Cour suprême en juin dernier et pratiqué depuis, vient d'être interdit.
Keith Olbermann, l'éditorialiste vedette de la chaîne de télévision MSNSBC, a exprimé avec force son indignation. Ce qui nous intéresse ici est que sa réaction est uniquement émotionnelle, « l'amour » et « les sentiments » étant les seuls arguments avancés pour justifier l'autorisation du mariage gay. Du pur VERT s'opposant au dogmatisme de BLEU, en quelque sorte. Vous avez peut-être déjà vu son intervention, visionnée des centaines de milliers de fois sur le web ; sinon, la voici (sous-titrée en français) :
Personnellement, je trouve cette intervention extrêmement touchante.
Mercredi 12 novembre 2008
USA : fin du creux γ ?
Il y a quatre ans, la victoire du vMème BLEU avait été l'élément majeur des précédentes élections présidentielles américaines. Aujourd'hui, cela fait exactement une semaine, le monde apprenait la victoire de Barak Hussein Obama avec 53 % des voix. Sauf événement exceptionnel, il sera donc le quarante-quatrième président des États-Unis à partir du 20 janvier 2009.
Que peut-on dire de cet événement en termes de Spirale Dynamique ?
Dans la campagne et la victoire d'Obama, il est nécessaire de distinguer la dimension symbolique et la réalité.
Si les États-Unis ont théoriquement aboli l'esclavage en 1865 à la suite de la Guerre de Sécession, une politique d'apartheid a été menée dans le Sud jusque dans les années 1960. La constitution de l'Alabama contient encore un article spécifiant l'obligation de fournir des écoles séparées aux enfants blancs et aux enfants noirs — disposition inapplicable du fait des lois fédérales ; cependant, en 2004, une tentative d'abrogation de cette disposition a échoué ! De même, jusqu'à ce que la Cour suprême l'interdise en 2005, la Californie pratiquait une ségrégation de fait dans ses prisons.
De façon symbolique, l'élection d'Obama représente donc les fins véritables de la guerre de Sécession et de l'esclavage aux États-Unis. Les Afro-Américains l'ont ressenti ainsi ; les progressistes américains blancs aussi, et de nombreuses personnes dans le reste du monde qui ne pourront plus regarder les USA et les régimes démocratiques de la même manière. Dans notre culture, l'abolition de l'esclavage est, sur le plan social, un des apports importants du niveau ORANGE de la Spirale Dynamique.
Diplômé en science politique et en relations internationales de l'Université Columbia de New York, métis et non pas Afro-Américain — il n'y a pas d'esclave parmi ses ancêtres —, Obama a joué à merveille des techniques du storytelling pour mettre cette dimension symbolique au premier plan de sa campagne.
Passons maintenant à la réalité, souvent oubliée derrière le remarquable charisme du personnage.
Lundi 10 novembre 2008
BLEU est amour
Cela s'est passé hier à la basilique du Saint Sépulcre à Jérusalem — lieu supposé du tombeau du Christ, alors que les Arméniens célébraient la Fête de la Croix :
Cette bagarre, filmée par un touriste, entre popes grecs orthodoxes et prêtres arméniens, aidés de leurs fidèles, n'est que la dernière d'une série ! Les incidents entre les différentes communautés chrétiennes qui se partagent ce lieu sont fréquents, celui-ci n'étant qu'un des plus violents. Aussi les lieux sont-ils gardés par l'armée israélienne et les clés de la basilique confiées à deux familles musulmanes entre les cérémonies.
La Vérité Ultime doit bien être défendue, non ?
Jeudi 6 novembre 2008
La vie moderne
Courez au cinéma. Raymond Depardon vient de sortir un prodigieux documentaire, La Vie moderne, sur la vie des paysans travaillant dans des fermes isolées des Cévennes ou du Jura. Il les a filmés avec un amour et une délicatesse exemplaires. Ces gens parlent peu, mais ils font passer leur passion pour ce métier qu'il leur est de plus en plus difficile d'exercer. Ici, le vMème ORANGE, on ne connaît pas, et on n'a pas envie de connaître parce que ce qui compte, ce sont la terre, les bêtes, le travail bien fait, les traditions.
Il y a chez ces agriculteurs et ces éleveurs une authenticité et une noblesse qui ne peuvent que toucher. Il y a aussi dans leur regard une tristesse indicible, pas seulement celle de leur histoire personnelle difficile, mais aussi celle qu'on peut voir dans les yeux de bushmen ou de membres de tribus aborigènes et amazoniennes, celle de personnes qui savent que leur monde, leur culture et leur style de vie vont disparaître avec eux. La Vie moderne est un des films les plus bouleversants que j'ai vus cette année, et je le recommande sans la moindre réserve.
Un autre film est sorti la même semaine. Imaginez que vous n'en ayez pas entendu parler — difficile avec le battage médiatique qui a accompagné sa sortie — et que vous ne connaissiez pas l'acteur principal. Voici son affiche :

Ce qui frappe en premier dans cette image, c'est la relation entre cette femme et cet homme, chacun détournant la tête de l'autre. Ils semblent seuls et murés dans la tristesse et la colère. Ils marchent, s'éloignant d'un bâtiment dont s'échappe de la fumée. Sont-ils victimes ou coupables ? Fuient-ils ? L'homme tient un pistolet, mais noir sur le noir de la robe de la femme, il ne se remarque pas au premier coup d'œil. L'impression que me donne cette affiche est celle d'une intense souffrance. Le titre, d'ailleurs, renforce cette impression : Quantum of Solace, un peu de consolation.
Il s'agit du dernier opus de la série des James Bond. Le film est une alternance spectaculaire de poursuites et de bagarres, et l'agent 007 tue tout ce qui bouge. Classique ? Pas tout à fait. D'abord, James Bond n'est équipé d'aucun des gadgets qui ont marqué la série. Ensuite, au-delà de sa mission, Bond est habité par le chagrin causé par la mort d'une femme qu'il a aimée, et dont il pense qu'elle l'a trahi. Son action est une vengeance, mais elle n'est pas une vengeance d'ennéatype 8 qui ne veut plus se retrouver en position de faiblesse, elle est recherche d'un peu de consolation. En vain, d'ailleurs. La femme de l'affiche est dans la même situation, qui pleure, elle, la mort de ses parents et de sa sœur.
Depuis l'épisode précédent, M, le supérieur de Bond qui dirige les services secrets britanniques, est une femme. « Il lui arrive de se prendre pour ma mère », dit d'elle 007.
Bref, la motivation de James Bond est émotionnelle. C'est une tendance forte de tous les films actuels d'action ou de super-héros, depuis la trilogie Jason Bourne jusqu'à Superman. La série des 007 est particulièrement intéressante, parce qu'elle totalise 22 films depuis James Bond 007 contre Dr. No en 1962. Les producteurs ayant pour objectif, depuis 46 ans, de produire des films à succès, les changements du personnage se doivent d'accompagner ceux de la société, au moins tels qu'ils sont perçus par Hollywood.
Abandon d'une technologie inutile et primauté des émotions, il me semble que Quantum of Solace prend acte de l'émergence de VERT dans la société américaine, même si, bien sûr, ni le héros, ni l'histoire n'illustrent directement de vMème — loin s'en faut ! La vie moderne, mais pas par antiphrase cette fois.
Samedi 1 novembre 2008
Précurseurs ?
Peter Hayes, maître de conférence en Sciences politiques à l'Université de Sunderland, affirme que la création d'institutions démocratiques n'est pas due à l'Angleterre ou aux États-Unis, mais aux pirates. Selon lui, « les pirates élisaient leur capitaine, votaient pour toutes les décisions importantes et se répartissaient leur butin en parts égales. »
Le docteur Hayes estime donc qu'un bateau de pirates fonctionnait comme une entreprise actuelle de capital-risque. Les pirates ont créé leurs propres états, comme à Madagascar ; ils y mettaient leur butin à l'abri et y échangeaient des informations, ce qui rappelle à Peter Hayes les paradis fiscaux et les banques offshore modernes.
Les pirates pourraient donc avoir été parmi les premiers, non seulement à adopter le vMème ORANGE, mais à en avoir exprimé avec force les aspects négatifs : faute d'être retenu par un BLEU suffisant, ORANGE entre en harmonique avec ROUGE. Les États de l'époque, dominés par BLEU, ont essayé de réintégrer certains pirates dans la société en les transformant en corsaires.
Peter Hayes conclut : « Les pirates avaient une structure sociale démocratique et relativement égalitaire, mais ils faisaient cela pour violer les droits des autres gens. L'idée d'un contrat social est qu'il protège les droits de l'être humain. Mais que signifie un contrat social qui respecte les droits de l'homme en interne, mais les viole pour les étrangers ? » Il faut attendre VERT pour qu'une communauté commence à s'intéresser sincèrement aux droits des personnes qui n'en font pas partie.
Source : Peter Hayes, "Pirates, Privateers and the Contract Theories of Hobbes and Locke", History of Political Thought, Volume 29, N° 3, pp. 461-484.

Commentaires
jeu 20 nov 08, 08:44
Bonjour Aurore, [i]"L'amour est conditionnel à tous les a utres niveaux de la prem [...]
jeu 20 nov 08, 07:44
Bonjour Samy, "Utopiste ?" Je crois. Effective ment, un degré minimum d [...]
mer 19 nov 08, 21:28
Salut, Merci à tous pour ce tte belle discussion. Elle fai t tout à fait sens dans [...]
mer 19 nov 08, 12:50
Bonjour Fabien, Je trouve t oujours très surprenant et dom mageable pour le fonctio [...]
mer 19 nov 08, 08:40
Bonjour Wallace, Tu as tota lement raison sur la légitimit é de la tristesse des co [...]
mar 18 nov 08, 15:06
Je comprends que des députés p uissent avoir du chagrin en pe nsant à la dépression et [...]
mar 18 nov 08, 15:00
Oui, c'est exceptionnel de voi r un journaliste manifester un e telle implication émot [...]
mar 18 nov 08, 07:34
Bonjour Samy, Merci pour ta participation et ton apprécia tion positive sur mon tr [...]
lun 17 nov 08, 10:40
Bonjour Fabien, Je trouve a ussi cette intervention toucha nte et belle. Tu insi [...]