Comme une majorité d'internautes, j'ai tendance à taper quelques mots sur Google quand je commence une recherche sur un sujet quelconque. Hélas, depuis plusieurs mois déjà, mon degré d'insatisfaction et de frustration devant le manque de pertinence des résultats proposés croît régulièrement. Pourtant, autrefois, l'arrivée de Google sur le marché des moteurs de recherche avait été perçue comme incroyablement positive. Que se passe-t-il ?
Revenons en arrière justement. Au commencement étaient les annuaires de sites, le plus connu et le plus prestigieux étant alors celui de Yahoo. Quand vous réalisiez un site Internet, vous le soumettiez à Yahoo ; une équipe visitait alors votre site et décidait, de manière unilatérale et sans contestation possible, s'il répondait aux critères lui permettant de figurer dans l'annuaire. Nous étions là typiquement dans une structure de décision dominée par le vMème BLEU.
Ensuite sont arrivés les moteurs de recherche. Contrairement aux annuaires sélectifs, les moteurs de recherche se veulent exhaustifs et ambitionnent d'indexer la totalité du Web, même si on estime qu'ils n'atteignent que 10% des pages existantes. Un des premiers fut Altavista qui a été rapidement supplanté par Google. Google a été créé sur une idée : le page rank. Le principe est simple. Lors d'une recherche, un site est jugé d'autant plus pertinent que de nombreux autres sites lui font référence.
Ce fut une révolution extraordinairement bénéfique. Par exemple, un site comme celui que nous maintenons à propos de l'Ennéagramme n'avait jamais pu être inclus dans l'annuaire Yahoo, tout simplement parce que les équipes de Yahoo ne comprenaient pas de quoi il parlait, et étaient donc incapables de dire si c'était un travail de qualité ou non. Le même site s'est par contre trouvé immédiatement en tête sur Google pour le mot-clé « ennéagramme » et l'est resté jusqu'à ce jour. La logique de Google est essentiellement ORANGE : est bon ce qui a du succès ! (On pourra aussi lire l'article intitulé « Le chevalier ORANGE ».)
Le problème est triple.
Tout d'abord, à ses débuts, le web était visité par une minorité de gens relativement bien informés. Les liens entre les sites étaient dans l'ensemble pertinents et exprimaient des critères de qualité. Aujourd'hui, l'accès à l'Internet est devenu commun et de très nombreuses personnes mettent sur leurs sites des liens vers des sujets qui les ont attirés ou intéressés sans qu'elles soient suffisamment informées pour que la qualité desdits liens soit assurée. On ne peut bien sûr que se réjouir de cette démocratisation du web et de cette extension du nombre d'informations disponibles. Cependant, elle produit un changement des conditions de vie qui nécessite une nouvelle forme de pensée et de nouveaux outils.
Ensuite, le web est aujourd'hui envahi par les sites commerciaux. Si vous recherchez sur Google le titre d'un livre célèbre ou d'un film connu, il y a de bonnes chances que la première page de résultats soit monopolisée par des sites marchands. L'analyse passionnante et subtile qu'aura faite un spécialiste compétent a de bonnes chances de n'apparaître qu'en trentième ou quarantième position, c'est-à-dire avec une visibilité quasiment nulle pour la plupart des visiteurs.
Enfin, il existe des moyens d'utiliser à dessein le page rank. Nous en avons évoqué un dans le billet titré "Sarkogoud". Il y en a d'autres, comme ces personnes qui inondent sites d'informations ou blogs de commentaires creux et inutiles dans le seul but d'insérer à chaque fois un lien vers leur propre site.
Il me semble que Google après avoir exprimé fortement les aspects positifs d'ORANGE en montre aujourd'hui les côtés négatifs et tend, sous sa forme actuelle, vers son niveau d'incompétence. La place se libère donc peu à peu pour des outils de recherches fondés sur les vMèmes VERT (peut-être des annuaires sous forme de wiki ? ou une possibilité de commenter et noter les résultats des moteurs de recherches ?) et JAUNE (le web sémantique ?). Google sera-t-il assez flexible pour les mettre en œuvre lui-même ou cèdera-t-il la place à un petit nouveau innovant ?
À suivre…
Source : le jeu Googolopoly dont le plateau sert d'illustration à cet article est une création de la société californienne Box.net.
Commentaires
jeu 20 nov 08, 08:44
Bonjour Aurore, [i]"L'amour est conditionnel à tous les a utres niveaux de la prem [...]
jeu 20 nov 08, 07:44
Bonjour Samy, "Utopiste ?" Je crois. Effective ment, un degré minimum d [...]
mer 19 nov 08, 21:28
Salut, Merci à tous pour ce tte belle discussion. Elle fai t tout à fait sens dans [...]
mer 19 nov 08, 12:50
Bonjour Fabien, Je trouve t oujours très surprenant et dom mageable pour le fonctio [...]
mer 19 nov 08, 08:40
Bonjour Wallace, Tu as tota lement raison sur la légitimit é de la tristesse des co [...]
mar 18 nov 08, 15:06
Je comprends que des députés p uissent avoir du chagrin en pe nsant à la dépression et [...]
mar 18 nov 08, 15:00
Oui, c'est exceptionnel de voi r un journaliste manifester un e telle implication émot [...]
mar 18 nov 08, 07:34
Bonjour Samy, Merci pour ta participation et ton apprécia tion positive sur mon tr [...]
lun 17 nov 08, 10:40
Bonjour Fabien, Je trouve a ussi cette intervention toucha nte et belle. Tu insi [...]