Deborah Rogers et Paul Ehrlich, deux chercheurs de l'Université de Stanford, ont analysé le taux de changement de 134 caractéristiques des canoës utilisés par les populations de onze groupes d'îles d'Océanie. Un peu comme Charles Darwin s'était intéressé à l'adaptation de la forme du bec chez les pinsons des Galapagos.
Sur les 134 éléments étudiés, 38 étaient purement décoratifs et symboliques et 96 avaient un impact sur la navigabilité des canoës, et donc avaient un impact sur la survie de ses occupants. L'analyse statistique du rythme de changement de ces caractéristiques a démontré que celles qui étaient fonctionnelles évoluaient plus lentement que les autres d'une manière semblable à ce qui se passe dans le génome humain quand la sélection naturelle est à l'œuvre.
Cela n'a l'air de rien, mais c'est une percée fondamentale dans la compréhension du fonctionnement des cultures humaines, au point que la publication, le 19 février dernier, de ces résultats a immédiatement provoqué des réactions d'un enthousiasme rare : Jared Diamond de l'Université de Los Angeles a parlé d'une « percée décisive » et Nina Jablonski, qui occupe la chaire d'anthropologie à l'Université de Pennsylvanie, a déclaré que cette étude était « révolutionnaire » et « une des plus importantes de ces vingt dernières années en anthropologie ».
En effet, le fait que les cultures humaines soient soumises à la sélection naturelle comme le sont les gènes est un sujet très controversé. Certains historiens, sociologues et biologistes en étaient depuis longtemps convaincus, alors que d'autres pensaient que les croyances et les comportements des êtres humains étaient totalement imprévisibles. Jusqu'à ce travail de Deborah Rogers et Paul Ehrlich, il n'y avait aucun argument déterminant dans un sens, ni dans l'autre. Les partisans de l'approche évolutionniste de la culture viennent de marquer un point peut-être décisif.
Quand ils ont forgé le terme de vMème pour nommer les niveaux d'existence de Clare Graves, Don Beck et Christopher Cowan ont placé la Spirale Dynamique dans le camp évolutionniste, alors que rien ne le nécessitait et que cela fragilisait plutôt le modèle. D'où aujourd'hui une certaine satisfaction…
Source : Deborah S. Rogers & Paul R. Ehrlich, "Human culture is subject to natural selection"
Commentaires
jeu 04 sep 08, 05:46
Bonjour à tous, Nos amis de Google viennent de sortir un navigateur Internet appe [...]
jeu 04 sep 08, 05:28
Bonjour Wallace, "D'où la nécessité du toute vie de la deuxième boucle ?" [...]
jeu 04 sep 08, 05:03
Bonjour à tous, C'est un pl aisir de vous voir rentrés. Wallace, j'avais entend [...]
mer 03 sep 08, 14:27
Jorune, je suis entièrement d' accord avec ce que tu écris, m ais je ne comprends guèr [...]
mer 03 sep 08, 12:41
Oui, Wallace, mais il y a utiliser et utiliser, et pour ma part, je m [...]
mer 03 sep 08, 09:25
À l'Université d'été du PS, Sé golène Royal a fait une courte apparition. Elle a cité [...]
mer 03 sep 08, 09:19
[i]"La seule chose qui diffère est notre définition plus lar ge de ce qu'est un être [...]
mar 26 aoû 08, 07:18
Bonjour Coriolan, Ben oui q uoua ? Pourquoi est-ce qu'on n ous gonfle avec la Princ [...]
lun 25 aoû 08, 10:45
Comme chaque matin, je vais su r le site de Rue89 et là je dé couvre une [url=http://w [...]