Dans notre analyse de l'action d'Atatürk, il y a plus de trois ans, nous avions placé la Turquie dans la transition BLEU/ORANGE. Ce constat global résumait bien évidemment une grande diversité, et si certaines parties de la population sont clairement en ORANGE, d'autres culminent en BLEU, voire dans certains des niveaux précédents de la Spirale Dynamique.
Le chanteur et écrivain turc Zülfü Livanelli s'alarme, lui, de la montée du vMème ROUGE :
« Ces derniers temps, je reçois de nombreux coups de téléphone d'amis révulsés par l'ambiance de violence extrême qui règne en Turquie et dont ils lisent le récit dans les journaux. Certains expriment leur “envie de partir”, d'autres disent ne plus reconnaître le pays dans lequel ils vivent. En ce qui me concerne, ces réactions me paraissent justifiées. En effet, nous vivons – ou tout au moins nous essayons de vivre – dans un environnement qui est désormais dominé par la terreur. […] Faisons le compte, il y en a tant qu'on veut : des agressions en pleine place Taksim contre de jeunes étrangères terrorisées, le meurtre d'un homme pendant une soirée dansante par son ami qui lui a ensuite tranché le pénis, l'assassinat de jeunes filles qui respiraient la joie de vivre par un chauffeur de minibus complètement ivre…
« Notre société est au bord du gouffre. La culture au sein de laquelle nous évoluons ne fait plus que fabriquer des criminels. Ne me dites pas que cela ne vous concerne pas : ce genre de chose peut vous arriver à tout moment, à vous ou à l'un de vos proches. Nous sommes vraiment en train de devenir dingues. »
Réelle régression du pays ou creux γ d'une partie centrée en BLEU et allant vers ORANGE ? La deuxième hypothèse est plus optimiste ; est-ce la plus probable ? C'est une solution venant de ORANGE et un peu idéaliste que préconise Zülfü Livanelli : « Ce n'est ni la police ni tout l’arsenal législatif et répressif qui pourra stopper ce phénomène, qui a pris des proportions trop importantes. La seule solution et le seul remède pour s'en sortir, c'est la culture ! Rien d’autre ! Lorsque nous aurons réussi à remplacer cette culture de la violence par une culture humaniste, nous serons sauvés. Sinon, nul ne sait comment se terminera cette folie. »
Source : Zülfü Livanelli, "Notre culture fabrique des criminels", Courrier international, N° 898, 17 janvier 2008, p. 23
Commentaires
jeu 20 nov 08, 08:44
Bonjour Aurore, [i]"L'amour est conditionnel à tous les a utres niveaux de la prem [...]
jeu 20 nov 08, 07:44
Bonjour Samy, "Utopiste ?" Je crois. Effective ment, un degré minimum d [...]
mer 19 nov 08, 21:28
Salut, Merci à tous pour ce tte belle discussion. Elle fai t tout à fait sens dans [...]
mer 19 nov 08, 12:50
Bonjour Fabien, Je trouve t oujours très surprenant et dom mageable pour le fonctio [...]
mer 19 nov 08, 08:40
Bonjour Wallace, Tu as tota lement raison sur la légitimit é de la tristesse des co [...]
mar 18 nov 08, 15:06
Je comprends que des députés p uissent avoir du chagrin en pe nsant à la dépression et [...]
mar 18 nov 08, 15:00
Oui, c'est exceptionnel de voi r un journaliste manifester un e telle implication émot [...]
mar 18 nov 08, 07:34
Bonjour Samy, Merci pour ta participation et ton apprécia tion positive sur mon tr [...]
lun 17 nov 08, 10:40
Bonjour Fabien, Je trouve a ussi cette intervention toucha nte et belle. Tu insi [...]