Sections
Personnalité
« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
Recherche Google
Jeudi 16 août 2007
Coup dur pour VIOLET
Il est devenu assez fréquent que des enfants portent plainte contre leurs parents afin d'obtenir le paiement de leurs études ou une pension alimentaire, ou que des parents démunis réclament devant des tribunaux le soutien financier de leur progéniture. Du point de vue de la Spirale Dynamique, de tels actes sont apparemment paradoxaux. Au niveau de la famille concernée, ils entérinent une rupture forte et officialisent donc une altération du vMème VIOLET. Au niveau de la société, par contre, ils réaffirment l'importance de VIOLET et de son principe de réciprocité : l'entraide est obligatoire dans une famille. La législation BLEU ne fait que confirmer et protéger le niveau d'existence VIOLET.
Jeudi dernier, 9 août, a eu lieu ce qui semble être une première en droit français et qui est fort différent en termes de Spirale Dynamique : une jeune fille de quatorze ans, prénommée India et vivant en Moselle, a été attaquée en justice par sa mère et mise en examen pour vol et falsification de chèques.
À force de regarder la série Plus belle la vie à la télévision, India a eu envie de voir Marseille et de profiter un peu de l'existence. Alors, sans doute dans un de ces creux γ ROUGE si fréquents à l'adolescence, elle a pris la Carte bleue et le chéquier de sa mère et est partie pour le Midi avec sa copine Doriane. Là, elles se sont installées à l'hôtel et ont fait du shopping pendant dix jours, dépensant entre 1500 et 2500 euros selon les sources. « Bien plus qu'un mois du salaire de la mère, une femme de ménage qui élève seule ses enfants », souligne le vice-procureur de Thionville. Cette dernière s'est donc constitué partie civile et a porté plainte contre sa fille.
Cela semble a priori impossible en droit français. Inspiré du droit romain, celui-ci cherche à maintenir la « cohésion des familles » et à « éviter le scandale » en interdisant toute poursuite « contre-nature » pour vol, escroquerie ou abus de confiance. Cette « immunité familiale » permet de sauvegarder VIOLET des débordements éventuels des vMèmes ultérieurs.
La plainte de la mère d'India a été rendue possible par la loi du 4 avril 2006 qui admet la possibilité de poursuites familiales quand sont volés « des objets ou documents indispensables à la vie quotidienne de la victime tels que des documents d'identité […] ou des moyens de paiement ». Le parquet de Thionville a jugé la plainte recevable et l'affaire devrait être jugée en septembre.
La loi du 4 avril 2006 avait été adoptée pour protéger les conjoints battus et les mineurs, donc là aussi pour assurer un fonctionnement convenable de VIOLET. Mais comme le dit Maître Éolas : « Le problème récurent du législateur est qu'il modifie la loi en ayant une situation à l'esprit, et ne réalise pas que la loi a vocation à s'appliquer à toutes les situations. Tout penaud, il ne lui reste plus qu'à morigéner les juges qui appliquent la lettre et non l'esprit de la loi. La peste soit de ces gens qui ne lisent que le journal officiel et non les pensées du législateur. » Le résultat est que l'action entreprise est destructrice de VIOLET aussi bien au sein de la famille d'India que de la société en général.
Il sera riche d'enseignements de suivre cette affaire. La société française est aujourd'hui dominée par les vMèmes BLEU et ORANGE, VERT étant émergeant. BLEU a chez nous une conception de la famille très proche de celle de VIOLET. ORANGE ne s'y intéresse guère et la perçoit plutôt comme une communauté d'intérêts provisoires. VERT est à nouveau un niveau d'existence collectif, mais sa conception de la famille ne sera peut-être pas fondée, comme en VIOLET, sur les liens du sang (cf. "Crustacés et coquillages"). Le jugement et les réactions qu'il suscitera seront donc un indicateur du poids relatif des différents niveaux d'existence.
Soulignons pour terminer qu'en dix jours, pas un hôtelier, pas un restaurateur, pas un commerçant n'a trouvé bizarre qu'une adolescente de quatorze ans « d'apparence frêle et timide » signe des chèques. Bah, busines is business, comme on dit en ORANGE.
Source 1 : Nicolas Bastuck, "Une adolescente est poursuivie en justice pour avoir volé le chéquier de sa mère, qui s'est portée partie civile contre elle", Le Monde, 8 août 2007
Source 2 : Ophélie Neiman, "Une mère porte plainte contre sa fille de 14 ans", Rue 89, 9 août 2007
Source 3 : "On voulait voir Marseille, comme dans 'Plus belle la vie'", Libération, 9 août 2007
Source 4 : "Kudos pour le Monde", Journal d'un avocat (2.0), 9 août 2007
Samedi 11 août 2007
La Namibie en couleurs (3/3)
[Première partie] [Deuxième partie]
Dans une large mesure, la Namibie est aujourd'hui un modèle pour l'Afrique. Qu'est-ce que la Spirale Dynamique peut dire de son avenir au terme de cette étude, résultat bien évidemment insuffisamment précis d'un trop court séjour ?
La problématique principale reste autour du vMème BLEU. Il est récent et fragile, et il est souhaitable de le préserver. C'est la lutte contre l'Afrique du Sud qui a uni les différentes ethnies. Avec le temps, le souvenir s'efface, et arrivera bientôt à l'âge adulte une génération qui n'a pas connu la colonisation. La question se posera alors forcément de la légitimité du gouvernement de la SWAPO et de la présence massive d'Ovambos au pouvoir. C'est le principal défi politique auquel est soumis le pays : accueillir parmi ses dirigeants plus de représentants des ethnies et plus de jeunes. Sans cela, la structure plutôt démocratique du pays risque même de devenir un handicap, puisque, structure sur la Spirale oblige, elle n'est pas réellement accompagnée d'une culture démocratique. Si les partis regroupent des gens en fonction de leur origine plutôt qu'au nom d'idées, le risque d'éclatement ou de conflit intérieur apparaît : déjà les Damaras ont créé leur propre parti politique avec des revendications ethniques.
Une autre des conditions de stabilisation de BLEU est une action ferme face aux poches ROUGE de la société, et notamment une attitude de tolérance zéro vis-à-vis de la corruption. L'épidémie de VIH/SIDA est aussi un danger potentiel, en BEIGE bien évidemment, mais aussi dans ce vMème ROUGE : livrés à eux-mêmes, une bonne partie des nombreux orphelins du SIDA pourraient culminer à ce niveau d'existence avec le risque que cela implique sur la structure sociale. Ce problème n'est pas propre à la Namibie, et aider l'Afrique en ce domaine est une priorité évidente.
D'autre part, un BLEU laïque est toujours plus fragile qu'un BLEU religieux car les promesses qu'il fait sont plus facilement vérifiables. Il n'est pas certain que le projet "Namibie 2030" réussisse à faire baisser le taux de chômage et à augmenter le niveau de vie autant que promis. S'il réussit, le pays sera alors dans une transition tranquille vers ORANGE. S'il échoue fortement, on risque d'avoir un point β et une régression en ROUGE.
Depuis son indépendance, la Namibie profite de l'ampleur de ses ressources naturelles et d'une aide internationale non négligeable, notamment de la part de l'Allemagne. Elle les a utilisées de manière plutôt raisonnable, ce qui autorise toutefois un certain optimisme. La clé est certainement dans le développement d'une industrie locale permettant au pays de ne pas être un simple fournisseur de matières premières. Les nombreux investisseurs étrangers, et particulièrement l'Afrique du Sud, n'agissent guère dans ce sens, et un effort interne volontariste est donc nécessaire : il s'agit là aussi de ne pas trop précipiter le passage en ORANGE pour laisser à BLEU le temps d'être vraiment intégré dans les mœurs locales, et l'État doit savoir dans un premier temps piloter l'évolution économique, puis dans un second laisser de plus en plus de place aux initiatives privées et individuelles.
Un obstacle important au développement économique du pays est le niveau faible d'éducation : certes l'analphabétisme a très fortement reculé, mais l'éducation est difficile pour de simples raisons de dispersion géographique et trop coûteuse pour beaucoup de familles : en 2005, seulement 76% des garçons et 81% des filles étaient inscrits à l'école primaire. Pourtant, ce sont les enfants qui naissent aujourd'hui qui feront la "Namibie 2030"…
Il existe enfin une menace exogène. L'économie namibienne est largement dépendante de celle de l'Afrique du Sud quarante fois plus puissante. Une déstabilisation de ce pays, possible au vu de la situation troublée actuelle, aurait des conséquences graves sur la Namibie. Le rééquilibrage des partenariats économiques est donc une autre urgence.
Lundi 6 août 2007
La Namibie en couleurs (2/3)
Examinons maintenant les autres vMèmes.
BEIGE. Avec seulement 1% de terres arables et même en étant un des pays les moins peuplées du monde, la Namibie est un pays où la survie a toujours été difficile. BEIGE y reste donc bien visible, même si on peut être étonné que les populations locales ne consomment pas des animaux pourtant abondants et comestibles comme les koudous ou les oryx. Ce gibier, aujourd'hui protégé sauf dans des réserves de chasse, ne fait pas partie de l'alimentation traditionnelle qui lui préfère boeuf et poulet. Ceux-ci ne sont pas abondants d'ailleurs, et une part non négligeable de la population a des problèmes de dénutrition.
Comme dans la plus grande partie de l'Afrique, la pandémie de VIH/SIDA a eu des conséquences dramatiques sur l'espérance de vie et le nombre d'orphelins, surtout dans la bande de Caprivi qui est la partie la plus peuplée du pays.
ROUGE. ROUGE est certainement assez fort, même s'il n'est souvent visible que de manière indirecte. Ainsi à l'entrée des banques, on trouve des pancartes signalant que le port d'arme à feu y est interdit. A l'entrée du casino du Kalahari Sands, le plus grand hôtel de Windhoek, la capitale, on est prié de laisser ses révolvers au service de sécurité.
Plus au sud, quelques bandes de pillards s'attaquent parfois aux lodges occupés par les touristes. Manifestation du BLEU local, les Namibiens affirment qu'il s'agit de personnes infiltrées des états voisins :

Ce ne sont que des manifestations isolées du vMème comme on peut en trouver dans presque tous les pays, la Namibie étant dans l'ensemble très sûre.
Il semble aussi que la corruption soit relativement importante. Le gouvernement tente de s'y opposer et Insight Namibia, un journal indépendant, tient une rubrique régulière pour la dénoncer et faire le bilan des affaires en cours.
ORANGE. Il ne concerne évidemment qu'une minorité du pays, principalement les Blancs pour des raisons historiques, et de plus en plus des Ovambos parce qu'ils sont les plus nombreux et au pouvoir.
La Namibie est riche en matières premières (diamants, cuivre, plomb, zinc, uranium, et peut-être pétrole). Mais elle ne possède quasiment pas d'industries de transformation, et les revenus qu'elle en tire varient fortement avec les cours internationaux ce qui fragilise l'économie. La pêche et le tourisme sont d'autres sources de revenu importantes. Même si l'agriculture est essentiellement de subsistance, il existe une production de viande de boeuf principalement exportée vers l'Afrique du Sud.
On est donc là typiquement dans une économie ayant des potentialités non exploitées faute d'un ORANGE assez fort. Résultat, le taux de chômage est de 30 à 40%, et le revenu moyen annuel par habitant est de l'ordre de 3300 €, quatre fois plus quand même que la moyenne de l'Afrique subsaharienne, mais avec des inégalités considérables.
Les institutions politiques sont clairement celles d'une démocratie ORANGE, plus même que dans certains pays occidentaux… Les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont nettement séparés, et la presse est libre. Des garde-fous et des possibilités de recours existent en cas d'abus : notamment, l'ombudsman, un médiateur indépendant, jouit de pouvoirs étendus. Le Parlement est élu pour cinq ans à la proportionnelle, et il existe une véritable décentralisation. Quand les décisions à prendre peuvent être en conflit avec les lois coutumières VIOLET, le chef de l'État est assisté d'un Conseil des chefs traditionnels.
Mercredi 1 août 2007
La Namibie en couleurs (1/3)
Qu'il s'agisse de la nature ou des populations, la Namibie semble un pays indéfinissable.
Visiter la Namibie, c'est passer en quelques jours d'une savane africaine où chassent les lions et paissent les rhinocéros, à des zones semi-arides que parcourent autruches, oryx et springboks, à des côtes où s'ébattent dans une mer froide otaries et baleines, à des déserts de rocaille et de sable rouge où une faune endémique s'est adaptée à des conditions de sécheresse extrême. Tout est d'une beauté sauvage dans ce « pays que Dieu a créé un jour de colère ».
Sur ces 825.000 km2, un territoire à peu près aussi grand que la France et l'Italie réunies, vivent moins de 1,9 millions d'habitants… appartenant à douze ethnies et parlant vingt langues différentes ! C'est dire que la Namibie n'a aucune unité culturelle.
Listons quelques unes de ces ethnies, les plus importantes et les plus remarquables.
On sait que la Namibie et les pays connexes font partie des plus anciennes zones de peuplement humain (cf. "30.000 ans de gagnés !"). Il ne reste aujourd'hui plus trace de ces populations originelles. Chassés des plaines d'Afrique centrale, les Bochimans (ou Sans) sont une des ethnies les plus anciennes du pays. Physiquement, ils ont la peau claire, les cheveux en grain de poivre, les yeux écartés et en amande, le pénis à l'horizontale pour les hommes et une réserve de graisse au niveau des fesses pour les femmes (stéatopygie), et ils sont de petite taille (1,55 m en moyenne). Vivant en groupes nomades d'une cinquantaine de personnes, les Sans n'ont aucune structure sociale, en dehors de la traditionnelle répartition sexuée des fonctions de chasse pour les hommes et de cueillette pour les femmes ; quelques rares règles définissent les relations familiales, entre tribus ou avec les étrangers. Les sorciers-chamans règlent les conflits, soignent les maladies et chassent les mauvais esprits. Régulièrement repoussés hors de leur territoire, les Bochimans ne sont plus aujourd'hui que 36.000 et peuvent être considérés comme en voie de disparition. Cela chagrine anthropologues et touristes occidentaux, mais indiffère les autres tribus qui voient dans les Sans des primitifs incapables d'évoluer. En termes de Spirale Dynamique, ils sont dans une des incarnations les plus simples de VIOLET, avec un BEIGE encore très fort.
Métis de Bochimans et de Bantous, les Namas ressemblent physiquement aux Sans, étant simplement un peu plus grands (1,60 m). Bien que nomades pour le plupart avec une technologie légèrement plus évoluée que les Bochimans (la hutte transportable), certains Namas sont passés au stade de l'agriculture, la propriété des terres restant collective. Ajoutons à cela culte des ancêtres et pensée animiste, et nous avons une culture culminant en VIOLET, elle aussi en phase d'extinction.
De présence très ancienne en Namibie, les Damaras ont un physique négroïde et pratiquent une langue à clics comme les Sans, mais plus complexe. Environ 120.000, ils pratiquent agriculture et élevage, mais on en trouve dans toutes les couches de la société. Ici, nous sommes avec un VIOLET en niveau dominant dans une culture proche de celle des Namas.
Les Hereros, environ 100.000 éleveurs, ont une structure sociale dans laquelle chaque individu appartient à la fois à un clan matrilinéaire gérant les droits d'héritage et à un clan patrilinéaire s'occupant des affaires religieuses (animaux et objets sacrés, feux ancestraux, tabous alimentaires, etc.). Le culte des ancêtres est au centre de leur vie spirituelle. VIOLET toujours.
Les Kavangos constituent des tribus matriarcales d'éleveurs dirigées par un chef héréditaire et qui réduisent en esclavage leurs ennemis. Ils sont positionnés en VIOLET et ROUGE sur la Spirale Dynamique.
Enfin, les Ovambos, 800.000 personnes, sont de très loin l'ethnie la plus importante de Namibie, même s'ils ne parlent pas tous la même langue. Là aussi, la société est matrilinéaire, et la tribu est gouvernée par un chef héréditaire ou un roi assisté d'un conseil de chefs ; ce système tend à disparaître en étant remplacé par un conseil des anciens. À chacun est attribué une terre, mais à la mort du cultivateur, le terrain est remis dans le pot commun et redistribué. VIOLET à nouveau.
Ces différentes ethnies, elles-mêmes constituées de groupes linguistiques et/ou de tribus différents, sont donc très majoritairement constituées autour du vMème VIOLET. Cela ne les unit pas, bien au contraire : chacune a non seulement ses ancêtres, ses rites et ses coutumes propres, mais aussi sa morphologie. Il est, même à un œil étranger, relativement aisé de les distinguer, d'autant que les métis sont rares et peu estimés. D'ailleurs, quand on vous présente une personne ou quand on vous parle de quelqu'un, son origine ethnique est une des premières choses mentionnées.
Qu'est-ce donc qu'être Namibien ? Cette question se pose bien sûr pour tous les pays, et plus encore pour ceux d'Afrique dont les frontières issues de la colonisation sont particulièrement artificielles ; nous avions déjà évoqué ce problème il y a quelques mois à propos du Sénégal.
La notion de patrie est étroitement liée au vMème BLEU, et c'est bien ce niveau d'existence qui est déterminant ici. La Namibie a été colonisée assez tardivement du fait de sa géographie. Une mer froide et agitée de tempête, appelée la Côte des squelettes, donnent directement sur le désert du Namib : « Ici, pas le plus petit avantage en perspective pour nos maîtres. Tout n'est que sable, rochers, tempêtes », note le capitaine hollandais Bode. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle qu'arrivent les premiers colonisateurs anglais et allemands, et qu'entre 1882 et 1884 qu'Adolf Lüderitz réussit à convaincre l'Allemagne d'occuper réellement le pays.
Bien sûr les colons étaient accompagnés de missionnaires, et ceux-ci ont été remarquablement efficaces. En 1990, 97% de la population se disait chrétienne (protestante principalement), et cela fait une belle base en BLEU, même si, comme cela est habituel en Afrique, le christianisme s'ajoute aux croyances locales sans les remplacer.
Les colons ont surtout constitué pour les différentes ethnies un ennemi commun. Même si dans l'histoire de la Namibie, elle se sont beaucoup battues entre elles, elles ont (à l'exception des Sans et des Namas) lutté contre les Allemands et les Anglais. Parmi les ancêtres célébrés par toutes ces tribus, ceux qui ont lutté contre les colonisateurs ont un statut particulier, signe probable que la colonisation a été pour plusieurs d'entre elles un point β provoquant le passage en ROUGE.
Vint alors la Première Guerre mondiale. En 1915, profitant que les Allemands étaient fort occupés par ailleurs, l'Afrique du Sud envahit la Namibie. La Société des Nations leur donne le mandat de gérer le pays en 1920. En 1946, la Deuxième Guerre mondiale donne le prétexte à l'Afrique du Sud pour demander l'annexion du pays. Elle y met en place l'apartheid en 1959. L'année suivante, est fondée la SWAPO (South-West African People's Organisation), un syndicat à tendance marxiste qui deviendra un mouvement indépendantiste armé en 1967. L'échec militaire de la SWAPO sera total.
Il n'en est pas de même sur le plan politique. Au fur et à mesure que la communauté internationale se mobilise contre l'Afrique du Sud et l'apartheid, la SWAPO s'impose comme le seul interlocuteur namibien. En 1968, l'ONU retire son mandat sur la Namibie à l'Afrique du Sud, en 1970, elle aide financièrement la SWAPO et la déclare en 1973 « représentant unique et authentique du peuple namibien ». Les sanctions économiques prises contre l'Afrique du Sud ont un impact tel que même les milieux économiques blancs se rallient à la cause de l'indépendance namibienne. Des négociations tripartites ONU-SWAPO-Afrique du Sud aboutissent à l'indépendance de la Namibie le 21 mars 1990 ; c'est le dernier état d'Afrique à devenir autonome. Des élections libres donnent le pouvoir aux représentants de la SWAPO, qui seront réélus confortablement jusqu'à ce jour.
Tout est donc réuni pour la mise en place d'un BLEU laïque :
- Tous les groupes sociaux de la Namibie se sont retrouvés dans la cause de l'indépendance et contre l'Afrique du Sud. Ils ont ainsi tissé des liens réels : quand le traité aboutissant à l'indépendance a été signé le 22 décembre 1988, beaucoup d'observateurs s'attendaient à ce que les Blancs (afrikaners et allemands, 8% de la population) quittent le pays, mais s'ils ont fait leurs valises, c'est simplement pour aller passer les vacances de fin d'année sur la côte atlantique avant de venir reprendre tranquillement leurs affaires.
- L'ennemi commun qui a soudé les Namibiens n'existe plus puisque le régime de l'apartheid s'est effondré et que Mandela a occupé le pouvoir. Il n'y a donc pas de possibilité ou de tentation de revanche. Il reste néanmoins une légère inquiétude à propos de l'Afrique du Sud dont la Namibie est très dépendante économiquement.
Un Ovambo, Sam Daniel Shafiishuna Nujoma, a dirigé la SWAPO avant de faire trois mandats en tant que président de la Namibie. Il incarne le type du dirigeant BLEU exerçant le pouvoir, non pas en son nom, mais en celui d'une cause, la nation namibienne en l'occurrence (même si ses dernières années de présidence ont été nettement moins convaincantes de ce point de vue).- Marxiste, Sam Nujoma a été obligé par la chute des régimes communistes à mener une politique plutôt économique modérée, et s'il a imposé un pouvoir fort et des lois strictes, cela a été sans excès notoire.
- Pour des raisons économiques (transporter des marchandises) et stratégiques (pouvoir amener des troupes près de la frontière angolaise), l'Afrique du Sud avait construit en Namibie un réseau routier de qualité et des chemins de fer. Le gouvernement actuel a su non seulement maintenir ces infrastructures en excellent état, mais aussi étendre, notamment vers le nord, ces moyens de communication. Grâce à eux, on trouve dans les villes de Namibie des représentants de plusieurs ethnies qui cohabitent paisiblement (même si on est encore loin, par exemple, des mariages inter-ethnies).
- L'Anglais a été choisi comme langue officielle. C'est une décision astucieuse qui tourne la page de domination de l'Afrique du Sud, sans privilégier une langue locale au détriment des autres. Ce choix facilite aussi le développement économique du pays.
- Le gouvernement a lancé un programme économique à long terme "Namibie 2030", jouant ainsi directement sur le thème de BLEU.

Commentaires
jeu 04 sep 08, 05:46
Bonjour à tous, Nos amis de Google viennent de sortir un navigateur Internet appe [...]
jeu 04 sep 08, 05:28
Bonjour Wallace, "D'où la nécessité du toute vie de la deuxième boucle ?" [...]
jeu 04 sep 08, 05:03
Bonjour à tous, C'est un pl aisir de vous voir rentrés. Wallace, j'avais entend [...]
mer 03 sep 08, 14:27
Jorune, je suis entièrement d' accord avec ce que tu écris, m ais je ne comprends guèr [...]
mer 03 sep 08, 12:41
Oui, Wallace, mais il y a utiliser et utiliser, et pour ma part, je m [...]
mer 03 sep 08, 09:25
À l'Université d'été du PS, Sé golène Royal a fait une courte apparition. Elle a cité [...]
mer 03 sep 08, 09:19
[i]"La seule chose qui diffère est notre définition plus lar ge de ce qu'est un être [...]
mar 26 aoû 08, 07:18
Bonjour Coriolan, Ben oui q uoua ? Pourquoi est-ce qu'on n ous gonfle avec la Princ [...]
lun 25 aoû 08, 10:45
Comme chaque matin, je vais su r le site de Rue89 et là je dé couvre une [url=http://w [...]