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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Dimanche 27 mai 2007
Le martyr des enfants sorciers
Nombre de pays africains sont dominés par les vMèmes VIOLET et ROUGE. La colonisation et l'activité des missionnaires chrétiens ont introduit une part de BLEU, mais souvent celle-ci reste superficielle et fragile. Pour elle, l'épidémie du sida qui ravage le continent constitue ce que la théorie de la Spirale Dynamique appelle un point β. Même en Angola, un des pays d'Afrique australe les moins touchés avec une séroprévalence inférieure à 4%, la maladie déclenche peur et incompréhension : « Les gens ne comprennent pas ce cycle d'infections et de maladies que l'on ne sait soigner ; ces années de souffrance ne peuvent être le fait de Dieu, il ne peut donc s'agir que de sorcellerie. » Ainsi le point β est, comme prévisible, suivi d'un creux γ en ROUGE.
De plus en plus fréquemment, des enfants, principalement des garçons, difficiles et rebelles, ou atteints d'épilepsie, de handicaps physiques ou de somnambulisme, ou vulnérables pour quelque raison que ce soit sont accusés de sorcellerie. Ils sont alors soumis à des séances d'exorcisme, souvent pratiquées par les pasteurs des Églises pentecôtistes qui voient là le moyen de se constituer un petit pécule et d'augmenter leur influence : « Dans le meilleur des cas, il s'agit de prières et d'eau bénite. Au pire, on met du piment et du pétrole dans les yeux des enfants, on leur inflige des scarifications, des brûlures, on leur introduit des suppositoires d’herbes ; on leur impose des jeûnes de deux semaines, des travaux forcés dans les champs du pasteur, ou encore une réclusion qui peut durer jusqu'à six mois. »
Comme le dit Arkel dans Pelléas et Mélisande, « si j'étais Dieu, j'aurais pitié du cœur des hommes. »
Source : "Les enfants sorciers passent les frontières", Courrier international, N° 860, 26 avril 2007, p. 37
Mardi 22 mai 2007
Dessous de table
La corruption existe partout, mais dans les pays où se conjuguent une grande pauvreté et un vMème ROUGE fort, elle devient endémique. Lutter contre la corruption est alors un préalable au développement. Généralement, les autorités croient que c'est le rôle de l'État, ce qui est pour le moins paradoxal : une administration corrompue est chargée de lutter contre la corruption de l'administration ! Autant dire que cette approche ne donne que peu de résultats.
Dans la ville de Chennai, en Inde, l'ONG 5th Pillar pense que les citoyens ont un rôle primordial à jouer dans ce combat. Elle a élaboré une solution originale : 25000 billets de zéro roupie, ressemblant sur une face aux billets officiels, ont été imprimés et distribués ; quand un fonctionnaire réclame une prébende, le citoyen racketté est censé lui donner un de ces billets.
« Les gens ont commencé à les utiliser et ça marche. En plein milieu de la nuit, un conducteur de rickshaw motorisé a été arrêté par un policier qui lui a dit qu'il le laisserait partir s'il "prenait soin de lui". Le conducteur lui a donné un billet de zéro roupie. Le policier a été choqué, mais il a souri et l'a laissé passer. Le but de cette opération est de donner suffisamment de confiance en soi aux gens pour qu'ils osent dire non à la corruption », affirme Vijay Anand, le président de 5th Pillar.
Source 1 : Ashling O'Connor, Can this note stamp out corruption in a land where it's the norm?, The Times, 9 avril 2007
Source 2 : 5th Pillar
Lundi 7 mai 2007
Trop tôt ?
Le nouveau Président de la République française a donc été élu hier au soir. Je me suis interdit de publier sur le sujet depuis le début de l'année, car dans le feu des passions, une analyse risque d'être considérée comme une prise de position, et je ne souhaite pas que les outils que j'utilise ici et qui sont a priori neutres puissent être associés à une idéologie ou à une autre.
Cette campagne a été exceptionnelle. De toutes les Présidentielles que j'ai vécues, c'est celle où il y a eu le plus d'écart entre le positionnement des candidats sur la Spirale Dynamique, et ceci me semble largement expliquer le succès de l'un et l'échec de l'autre. Précisons, pour commencer, qu'il ne s'agit que d'une analyse des valeurs de surface dont on ne peut savoir avec certitude si elles correspondent ou non aux valeurs profondes des deux politiciens.
Ségolène Royal a eu le positionnement le plus large sur la Spirale. Elle a émis des valeurs centrées sur les vMèmes VIOLET (famille), sur ROUGE (l'omniprésence du « Je » dans son discours a été relevée), sur BLEU (encadrement militaire des jeunes délinquants, Marseillaise, drapeau) et sur ORANGE (quelques mesures économiques que je ne détaillerai pas).
La grande nouveauté est l'apparition du niveau d'existence VERT. Ségolène Royal a commencé ainsi la campagne interne au PS, avec les débats participatifs. Cette idée est revenue tout au long de la campagne, résumée par le slogan « La France Présidente » auquel elle était très attachée et qui a été fort peu compris. Je l'ai entendue déclarer sur France 3, vendredi soir dernier pour une de ses deux dernières interventions télévisées : « Je suis une femme libre, indépendante des dogmes et des puissances financières. » C'est une simple paraphrase du thème de VERT. Elle a aussi donné une tonalité très émotionnelle à sa campagne. Cela a stupéfait beaucoup de gens de l'entendre dire « Aimez-vous les uns les autres » aux participants de son dernier grand meeting parisien au stade Charletty le 1 mai. Et deux jours plus tard à Lille, elle clame : « En vous voyant, ils ont envie de nous rejoindre, de participer à cet élan d'affection, de solidarité. En nous voyant nous aimer si fort, ils ont envie de faire partie de ce moment exceptionnel. Je leur tends la main. Venez ! Venez avec nous ! Venez partager ce bonheur ! »
Le cas de Nicolas Sarkozy est beaucoup plus simple. La majorité de sa campagne a été faite sur les vMèmes BLEU (ordre, patrie, nationalité) et sur ORANGE (libéralisme économique). Selon les moments, l'un ou l'autre des ces niveaux dominait, mais la fin de la campagne a été marquée par un mouvement très fort vers BLEU, comme s'il pensait que c'était encore le centre de gravité de la société française.
Le 29 avril à Bercy, Nicolas Sarkozy déclarait : « Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. Je veux tourner la page de Mai 68. » Il a répété cette volonté durant toute la dernière semaine de campagne. Or Mai 68 a marqué dans la société française, et en bien d'autres endroits du monde, la fin de la domination du vMème BLEU. Mai 68 était aussi un creux γ en ROUGE, et en même temps sont réapparues dans le discours de Nicolas Sarkozy les anciennes critiques contre la « racaille » des banlieues.
Le premier discours de Nicolas Sarkozy après son élection persiste et signe en réaffirmant avec force les valeurs de BLEU : « Je veux réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale. »
On pourra aussi noter que chaque candidat a attaqué l'autre sur des thèmes liés à la Spirale Dynamique.
Le reproche majeur fait à Nicolas Sarkozy était l'importance de ROUGE chez lui. Il a donc tout fait pour contrôler et masquer ce vMème, alors que Ségolène Royal n'a cessé de répéter qu'elle voulait réformer la France « sans brutalité ».
Dans l'autre camp, on accusait Ségolène Royal d'être floue, indécise et de n'avoir pas de programme. Ce sont les reproches faits traditionnellement à VERT, parfois simplement parce qu'on ne le comprend pas, parfois à juste titre quand il fonctionne mal faute d'intégration des niveaux précédents de la Spirale.
Tout ceci rendait le résultat prévisible, même si d'autres facteurs ont joué comme la volonté et le charisme de Nicolas Sarkozy ou les querelles intestines du Parti socialiste.
Même si la France verdit, elle est encore dominée par BLEU et ORANGE, et le discours de Nicolas Sarkozy était à la fois simple et en phase avec la société. C'est d'autant plus vrai que les difficultés économiques que nous traversons et la peur des effets négatifs de la mondialisation peuvent induire chez les personnes dominées par ORANGE un creux γ en BLEU.
VERT n'étant qu'en phase d'émergence, cette partie de la campagne de Ségolène Royal pouvait plaire à une minorité et déstabiliser nombre d'électeurs, y compris dans les rangs du PS et de ses sympathisants. De plus, comme elle a traité avec force les autres niveaux de la Spirale, même les personnes centrées en VERT ont pu se détourner d'elle à cause des thèmes en ORANGE ou BLEU mentionnés en début d'article. D'une certaine manière, ce n'est que depuis JAUNE et la recherche d'une démocratie stratifiée que son discours pouvait être perçu comme ayant une certaine cohérence.
Il va sans dire, mais mieux en le disant, que le paragraphe précédent ne veut pas dire que Ségolène Royal est centrée sur JAUNE, ni que ce qu'elle a proposée est la seule réponse possible en JAUNE aux problèmes de la société française actuelle.
Mardi 1 mai 2007
À compléter
Dans son dernier numéro, Télérama a publié une interview de Michel Serres, un des plus intéressants et des plus pertinents philosophes français contemporains. En voici le début :
Vos derniers ouvrages tournent autour d'une idée-force : l'émergence d'un homme nouveau dans un monde qui a changé…
Tout au long de ma vie et de mon travail, j'ai perçu nombre de bouleversements qui ont modifié les êtres humains et donc leur rapport au monde et à leur environnement, surtout depuis la fin des années 70. La désertification des campagnes, par exemple – 79% d'agriculteurs en France au début du siècle, 2,3% actuellement –, l'explosion de la démographie – 1 milliard d'individus sur la planète au moment de ma naissance, six fois plus aujourd'hui –, l'allongement de l'espérance de vie – qui a triplé en un siècle –, ou le fait que 99% des enfants qui naissent actuellement dans nos sociétés soient voulus par leur parents sont autant de données nouvelles qui laissent à penser que nous vivons un moment de grande rupture dans l'histoire de l'humanité.
N'en avons-nous pas connu bien d'autres ?
Certes. Sans doute à la Renaissance, au début de l'ère chrétienne ; sûrement au début du néolithique, quand les hommes primitifs se sont sédentarisés. Mais cette coupure est d'autant plus importante qu'elle s'accompagne d'un renouvellement de tous nos savoirs. Aujourd'hui, nous connaissons en effet les grandes lignes de notre histoire biologique. Nous savons comment l'homme s'est répandu sur la Terre et comment se sont constituées les cultures. Mieux, nous pouvons connecter cette histoire à un récit encore plus vaste – que je nomme le Grand Récit –, qui retrace la constitution de l'Univers, de sa genèse à la formation du système solaire et de notre planète. Nous avons désormais derrière nous un horizon chronologique de quelques dizaines de milliards d'années, bien plus vaste que celui que je pouvais percevoir lorsque je faisais mes études, qui se bornait, tout au plus, à quelques milliers d'années…
Voilà qui fait penser à la Spirale Dynamique qui est une théorie bio-psycho-sociale de l'émergence. Récapitulons : le néolithique = VIOLET ; le début de l'ère chrétienne = BLEU ; la Renaissance = ORANGE ; le début des années 1970 = VERT. Tiens, il manque le vMème ROUGE !
Parallèlement, je suis en train de lire le dernier ouvrage de Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir. Il découpe le passé historique en trois grandes phases : l'Ordre rituel, l'Ordre impérial et l'Ordre marchand. Là aussi, la correspondance entre son modèle et la Spirale Dynamique saute au yeux : Ordre rituel = VIOLET ; Ordre impérial = ROUGE ; Ordre marchand = ORANGE. Oh, il manque le vMème BLEU !
Ce ne sont là que deux exemples parmi une multitude. Sans doute parce qu'il est parti de l'observation plutôt que de la théorie, Clare W. Graves a découvert le système de cartographie de l'émergence le plus complet à ce jour. Il ne s'oppose pas aux multiples modèles existants. Bien au contraire, il les intègre et les complète dans une grande synthèse mutuellement enrichissante.
Source 1 : Xavier Lacavalerie, "Entretien avec Michel Serres", Télérama, N° 2989, 28 avril 2007, pp. 18-20
Source 2 : Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir, Paris (France), Fayard, 2006.

Commentaires
dim 30 nov 08, 01:57
Bonsoir à tous, Aurore, mer ci pour ta réaction. Elle a ét é pour moi l'occasion d' [...]
sam 29 nov 08, 05:57
Bonsoir à tous, Jorune, ras sure-toi (sic), ni Aurore, ni Samy, ni moi sommes anti [...]
ven 28 nov 08, 21:10
Bonsoir, Il faut dire que R OUGE est un vMème difficile à apprécier… Il a un côté [...]
ven 28 nov 08, 18:12
Bonjour à tous, "Désolée si j'horrifie les lecteurs de ce blog." Oh, rare [...]
ven 28 nov 08, 14:21
Mon cher Samy, Je crois avo ir un VIOLET très développé… e t un ORANGE culminant-do [...]
ven 28 nov 08, 14:10
Bonjour à tous, Toute émoti onnelle réprimée que je suis, cette vidéo m'a profondé [...]
ven 28 nov 08, 10:23
Bonjour Jorune, [i]"Et bien, en faisant la somme de tous les individus que je côt [...]
jeu 27 nov 08, 22:02
[i]"Il est fort probable que, comme à chaque changement de v Mème, les « élites » en [...]
jeu 27 nov 08, 10:45
Cette phrase ignoble de Lawren ce Summers me semble bien illu strer comment le passage [...]