[Première partie]
ROUGE. VIOLET étant dominant, l'individu n'est jamais seul au Sénégal, et le poids de ROUGE est donc maintenu dans des limites très acceptables. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder la circulation automobile, généralement un bon indicateur de l'intensité du vMème : si l'on tient compte de l'état du réseau routier et de la vétusté de la plupart des véhicules, la conduite est somme toute raisonnable, loin en tout cas des excès que l'on peut voir dans certains autres pays. On pourra peut-être considérer comme une exception les 22-places, une sorte de taxi collectif dans lequel on s'entasse. Tous sont richement décorés et portent des inscriptions en arabe qui vont d'un « S'en fout la mort » typiquement ROUGE à des « Faites que nous arrivions en un seul morceau » plus orientés BLEU. Ces proclamations et prières sont bien nécessaires, les chauffeurs de ces camionnettes surchargées ayant renoncé depuis longtemps à l'usage du clignotant ou du rétroviseur si tant est que leur véhicule en dispose.
Les Wolofs, environ 40% de la population, avaient créé l'Empire djolof. Au sommet de l'empire était le Damel, souverain absolu, et l'esclavage était pratiqué. Aujourd'hui encore, la culture des Wolofs est nettement plus marquée par ROUGE que celle des Peuls ou des Sérères : ils croient par exemple à l'existence de djinns malfaisants qui peuvent se manifester n'importe où et n'importe quand ; leur structure familiale est nettement plus hiérarchisée que ne le voudrait VIOLET seul. Les Wolofs ont résisté longuement à l'arrivée de l'islam, mais l'ont ensuite bien intégré, acquérant sans doute plus de BLEU que le reste de la population. C'est sans doute ce positionnement différent sur la Spirale Dynamique qui, avec leur nombre, explique que les Wolofs sont l'ethnie la plus influente socialement, économiquement et culturellement.
Il existe trois poches ROUGE dans la société sénégalaise qui sont plus gênantes.
En 2004, selon le classement établi par l'ONG Transparency International, le Sénégal se plaçait au 85e rang sur 145 pays dans une échelle mesurant la corruption dans la sphère publique. Certes, nombre de pays africains font encore moins bien, mais le problème est préoccupant et ne semble pas en voie de résolution malgré les promesses du président Abdoulaye Wade : « J'ai la volonté de l'extirper de notre corps social. »
Il y a une augmentation de la criminalité issue de ROUGE dans certaines zones touristiques. Il faut dire que dans un pays où le PIB par habitant est inférieur à 2 € par jour, l'opulence des touristes est une tentation forte…
Il y a aussi, surtout à Dakar et en Casamance, une criminalité due au fait que 58% de la population a moins de 20 ans, que le taux de scolarisation est très bas et le taux de chômage élevé. Disons qu'il s'agit là d'un cheminement classique sur la Spirale Dynamique en sortie de VIOLET et qui n'est pas correctement géré.
BLEU. Le vMème se manifeste à la fois sur le plan civil et religieux.
Directement calqués sur la structure de l'État français, le gouvernement et l'administration sénégalais sont porteurs de BLEU. Malheureusement, ils ne fonctionnent pas très bien, principalement faute de moyens. La pauvreté et la corruption déjà mentionnées s'enchaînent dans un cercle vicieux dont il sera difficile de sortir. Cela d'autant plus qu'un des points faibles du Sénégal est l'éducation. Alors que la population est majoritairement jeune, l'école n'est même pas obligatoire ! Quand les enfants y vont, ils sont scolarisés à mi-temps, soit le matin, soit l'après-midi, faute de classes, de matériels et de professeurs. Cette situation est dramatique et peut rendre extrêmement pessimiste sur l'évolution du Sénégal.
Cela a déjà été évoqué, les Sénégalais saluent volontiers les gens qu'ils croisent. Ne pas répondre est considéré comme grave et injurieux, et tout est fait alors pour culpabiliser l'impoli. Déjà signalé aussi, les règles de vie sociale, comme le code de la route, sont assez bien respectées.
À 94%, les Sénégalais sont musulmans. Les chrétiens sont 5% et les tenants des religions traditionnelles représentent 1% de la population. Tels sont les chiffres officiels qui ne reflètent aucunement la réalité du pays.
Les musulmans sont répartis en une série de confréries religieuses (tidjania, mouridisme, quadria, etc.) qui appliquent les règles du Coran de manière très différentes, parfois strictement, parfois avec beaucoup plus de souplesse. L'islam l'a emporté sur le catholicisme dans le pays, essentiellement parce que les musulmans ont accepté les coutumes locales, là où les missionnaires chrétiens s'y sont opposés (en particulier sur les thèmes de l'entraide et de la polygamie). Le serigne, le chef de la communauté musulmane, a simplement essayé de remplacer le sorcier ou le chef de tribu.
En tout cas, ces courants vivent en bonne intelligence, faisant du Sénégal un des pays les plus paisibles d'Afrique, à la grande fierté de ses habitants. Il est plutôt exceptionnel que des manifestations différentes de BLEU réussissent à cohabiter pacifiquement. Quel est donc le secret du Sénégal ? Pour le savoir, visitons l'Île aux coquillages.
À suivre…
Commentaires
dim 30 nov 08, 01:57
Bonsoir à tous, Aurore, mer ci pour ta réaction. Elle a ét é pour moi l'occasion d' [...]
sam 29 nov 08, 05:57
Bonsoir à tous, Jorune, ras sure-toi (sic), ni Aurore, ni Samy, ni moi sommes anti [...]
ven 28 nov 08, 21:10
Bonsoir, Il faut dire que R OUGE est un vMème difficile à apprécier… Il a un côté [...]
ven 28 nov 08, 18:12
Bonjour à tous, "Désolée si j'horrifie les lecteurs de ce blog." Oh, rare [...]
ven 28 nov 08, 14:21
Mon cher Samy, Je crois avo ir un VIOLET très développé… e t un ORANGE culminant-do [...]
ven 28 nov 08, 14:10
Bonjour à tous, Toute émoti onnelle réprimée que je suis, cette vidéo m'a profondé [...]
ven 28 nov 08, 10:23
Bonjour Jorune, [i]"Et bien, en faisant la somme de tous les individus que je côt [...]
jeu 27 nov 08, 22:02
[i]"Il est fort probable que, comme à chaque changement de v Mème, les « élites » en [...]
jeu 27 nov 08, 10:45
Cette phrase ignoble de Lawren ce Summers me semble bien illu strer comment le passage [...]