Dans le désert colombien de la Guajira où se trouvent une faune et une flore exceptionnelles, les activités et projets industriels ne manquent pas : le Cerrejón est la plus grande mine de charbon à ciel ouvert au monde et produira en 2007 vingt-huit millions de tonnes de minerai ; l'exploitation des hydrocarbures et la construction du pipeline Poliducto del Caribe sont en cours ; un port multifonctionnel devrait être créé à Dibulla ; un parc éolien et une centrale hydroélectrique sont envisagés. Voilà du beau développement centré sur le vMème ORANGE.
Il y a toutefois un petit problème. Les Wayuu vivent dans la région. Il s'agit d'une culture tribale semi-nomade à filiation matrilinéaire et dont le positionnement sur la Spirale Dynamique est VIOLET/rouge. La principale activité économique des Wayuu est l'élevage. « La culture wayuu est illustrée par les kanas, des motifs de tissage très élaborés représentant la structure de la société, l'environnement ou la vie quotidienne. Les secrets du tissage traditionnel font partie des rites d'initiation des adolescentes à la vie adulte. […] Leur système de gouvernement décentralisé repose sur trois catégories de détenteurs de l'autorité : l'alaula, l'oncle maternel ; le pütchipü, homme ou femme, médiateur chargé d'employer des paroles porteuses de paix ; et l'outsu, homme ou femme servant de trait d'union entre le monde naturel et le monde surnaturel, gardien de l'harmonie et de la santé. Le principe fondateur des communautés wayuu est la sukuaipa, qui consiste à résoudre les conflits internes en s'appuyant sur une logique de responsabilité sociale objective et collective. »
Les activités industrielles évoquées plus haut détruisent les terres sacrées des Wayuu. Pour faire bonne mesure, « le ministère de l'Industrie et du Commerce, en collaboration avec de grandes entreprises étrangères, a lancé un projet d'"ethnotourisme et écotourisme" au Cabo de la Vela, sur le lieu même où se trouve le cimetière sacré du peuple wayuu. » Dans une culture centrée en VIOLET, les gens ne survivent pas quand on détruit leurs territoires mythiques : ils peuvent mourir, devenir apathiques ou catatoniques, ou s'autodétruire par la drogue ou l'alcool. Depuis plus de huit ans, les Wayuu essayent donc de résister de toutes leurs maigres forces.
Alors depuis huit ans, des groupes paramilitaires, avec parfois le soutien direct de l'armée régulière, envahissent régulièrement la région, et « évacuations forcées, assassinats ciblés, massacres, menaces, viols et pollution [volontaire] des terres » sont devenus le quotidien des Wayuu. Plusieurs multinationales sont fortement soupçonnées d'organiser en sous-main ces opérations, notamment « les entreprises Anglo-American et Glencore, connues pour avoir financé l'apartheid en Afrique du Sud » et qui exploitent la mine de Cerrejón.
C'est peut-être la première fois que vous entendez parler des Wayuu. Cela risque fort d'être la dernière.
Source : Giuseppe De Marzo, "Dans le désert colombien de la Guajira, les femmes wayuu entrent en résistance", Courrier international, N° 850, 15 février 2007, pp. 40-41
Commentaires
dim 30 nov 08, 01:57
Bonsoir à tous, Aurore, mer ci pour ta réaction. Elle a ét é pour moi l'occasion d' [...]
sam 29 nov 08, 05:57
Bonsoir à tous, Jorune, ras sure-toi (sic), ni Aurore, ni Samy, ni moi sommes anti [...]
ven 28 nov 08, 21:10
Bonsoir, Il faut dire que R OUGE est un vMème difficile à apprécier… Il a un côté [...]
ven 28 nov 08, 18:12
Bonjour à tous, "Désolée si j'horrifie les lecteurs de ce blog." Oh, rare [...]
ven 28 nov 08, 14:21
Mon cher Samy, Je crois avo ir un VIOLET très développé… e t un ORANGE culminant-do [...]
ven 28 nov 08, 14:10
Bonjour à tous, Toute émoti onnelle réprimée que je suis, cette vidéo m'a profondé [...]
ven 28 nov 08, 10:23
Bonjour Jorune, [i]"Et bien, en faisant la somme de tous les individus que je côt [...]
jeu 27 nov 08, 22:02
[i]"Il est fort probable que, comme à chaque changement de v Mème, les « élites » en [...]
jeu 27 nov 08, 10:45
Cette phrase ignoble de Lawren ce Summers me semble bien illu strer comment le passage [...]