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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Mercredi 27 décembre 2006
Collection de pyjamas
Si on interroge les habitants de Shanghai sur les incivilités les plus fréquentes et les plus insupportables commises par leurs concitoyens, une des plus graves leur semble être le nombre de gens se promenant en pyjama dans les rues, les magasins, les banques ou les parcs. « Plus de 16 % des personnes interrogées affirment qu’elles-mêmes ou des membres de leur famille se rendent régulièrement dans un lieu public en pyjama et 25 % reconnaissent l’avoir déjà fait, a indiqué mercredi Yang Xiong, un professeur ayant participé à la réalisation de ce sondage parrainé par l’Académie des sciences sociales de Shanghai et la Fédération des femmes de la ville. »
Mais qu'y a-t-il sous ces pyjamas ? Des vMèmes bien sûr, qu'alliez-vous imaginer ?
Selon certains, le port du pyjama n'est que la survivance de la tradition des petites communautés autonomes de la région dont la mégalopole a pris la place. Mais d'autres pensent qu'il s'agit plutôt ainsi de montrer sa richesse et son statut social en mettant en évidence la proximité de son domicile du coûteux centre-ville.
Quand on connaît la Chine et la cohabitation bouillonnante des divers niveaux de la Spirale Dynamique qui l'agite, ces explications en VIOLET et en ORANGE ne semblent pas incompatibles.
Source : "Le pyjama, tenue de ville", Courrier international, N° 835, 2 novembre 2006, p. 59
Samedi 23 décembre 2006
Mariage de la dernière chance
Dans les cultures dominées par le vMème VIOLET, satisfaire les esprits des ancêtres est une tâche essentielle de l'existence. Les populations qui vivent sur le plateau de Loess, en Chine, au bord du fleuve Jaune, sont persuadées qu'une « vie de célibat est inachevée. » Aussi quand un fils célibataire meurt, ses parents « se sentent responsables à [son] égard » : ils font appel à un « réseau informel d'amis ou de proches, ou encore à un intermédiaire », et se mettent en quête d'une jeune fille récemment morte célibataire pour lui servir d'épouse. Cette coutume peut se pratiquer dès que le garçon a plus de douze ans. Les familles des défunts règlent l'affaire tranquillement entre elles… et en espèces. Les deux corps sont ensuite incinérés ensemble comme s'il s'agissait d'un couple marié.
Le gouvernement chinois essaye d'éradiquer cette coutume… sans grand succès les villageois la considérant « comme un devoir parental reflétant les valeurs confucéennes de loyauté familiale » et qui évite que l'esprit de leur fils soit malheureux.
Source 1 : Jake Hooker, "En Chine, les célibataires morts trouvent encore l'âme sœur", Courrier international, N° 833, 19 octobre 2006, p. 62
Lundi 18 décembre 2006
Loin de l'afro-pessimisme
Nous nous sommes fait ici plus d'une fois l'écho des difficultés de l'Afrique à sortir du marasme et à aller au-delà des aspects négatifs des vMèmes VIOLET et ROUGE. La situation n'est pourtant ni homogène, ni désespérée.
Les économistes du développement considèrent la Tanzanie comme « un des rares exemples de réussite de l'Afrique de l'Est ». Son PIB devrait augmenter de 5,8% en 2006 et de 6,7% en 2007. Beaucoup la considère comme un « repère : si elle peut s'extraire de la pauvreté, d'autres le peuvent aussi. En revanche, si elle n'y parvient pas, il faudra revoir la façon dont l'argent de l’aide internationale est utilisé. »
Les éléments qui donnent cet espoir à propos de la Tanzanie sont nombreux, notamment la maîtrise de l'inflation sur une longue période, et la relative absence de corruption, au point que certains donateurs « injectent aujourd'hui leur argent directement dans le budget national sans poser trop de conditions ».
Ceci a été permis notamment par une évolution sur la Spirale Dynamique vers BLEU. Le Chama Cha Mapinduzi, le parti qui domine la vie politique, a « le mérite d'avoir fait naître le fort sentiment d'"unité nationale" qui règne en Tanzanie. La fidélité à la nation compte souvent davantage que l'appartenance à l'ethnie ou à une religion. »
Source : "Comment un pays peut espérer sortir de la misère", Courrier international, N° 832, 12 octobre 2006, p. 44
Jeudi 14 décembre 2006
Ah ! Ces sacrés ados…
Les adolescents font souvent des choses que nous autres adultes trouvons peu réfléchies. Mais si nous sommes lucides, nous savons bien que nous étions pareils…
Les professeurs Valerie F. Reyna, du département du Développement humain de l'Université de Cornell, et Frank Farley de l'Université de Temple, viennent de démontrer que les apparences sont trompeuses. En fait, avant de s'engager dans des activités à risque, les adolescents évaluent plus les dangers que les adultes, réfléchissent plus longtemps qu'eux (170 millisecondes de plus) aux avantages et aux inconvénients, et à l'arrivée surestiment les risques. Mais ceci fait… ils s'engagent dans lesdites activités si elles procurent une satisfaction immédiate ou si elles leur valent l'approbation de leurs pairs.
Ces travaux me semblent s'intégrer parfaitement dans le modèle de la Spirale Dynamique. Dans notre culture et à notre époque, l'adolescence peut être perçue comme une crise où une personne en BLEU vit un creux γ en ROUGE. Les travaux de Reyna et Farley peuvent être alors interprétés comme une capacité en BLEU à évaluer la situation, mais une décision finale en ROUGE au nom de l'impulsivité du vMème ou de son évitement de la honte.
Source : Valerie F. Reyna, Frank Farley, Risk and Rationality in Adolescent Decision Making: Implications for Theory, Practice, and Public Policy
Lundi 11 décembre 2006
Pour une écologie de la culture
Amusante coïncidence : dans ma boîte aux lettres ce matin, il y avait deux courriels de connaissances qui venaient de terminer une formation et de démarrer une nouvelle activité professionnelle. Ces deux personnes arboraient dans leur signature leur compétence toute neuve en se déclarant "expert en xxxx".
L'attitude vis-à-vis de l'expertise est différente dans chaque niveau de la Spirale Dynamique. La notion n'a évidemment aucun sens dans le vMème BEIGE. VIOLET reconnaît chez les anciens des expertises qui ne peuvent être acquises qu'auprès d'eux. ROUGE ne s'intéresse guère à la connaissance, mais accepte les expertises tant qu'elle ne constituent pas un obstacle à son impulsivité. En BLEU, l'expertise est profondément respectée, tant qu'elle ne s'oppose pas à la Vérité Ultime.
ORANGE est plus ambiguë. Le scientisme du vMème se manifeste par un culte des experts : les experts deviennent l'équivalent des philosophes et des prêtres des niveaux précédents de la Spirale. Mais en même temps, chacun est pressé de réussir et a tendance à s'autoproclamer expert dès qu'il a un minimum de connaissances sur un sujet.
Cette dernière attitude pose des problèmes importants. Des chercheurs, comme Benjamin S. Bloom ou John R. Hayes, deux psychologues spécialisés dans la pédagogie et la cognition, ont étudié le phénomène de l'expertise et sont arrivés à la conclusion que quelle que soit la discipline, il faut environ dix ans pour en devenir un expert. Ils citent de nombreux exemples, tel celui de Mozart qui a certes commencé à composer des morceaux pour piano dès l'âge de quatre ans, mais n'a produit des œuvres de grande valeur que treize ans plus tard.
Le problème des faux experts est qu'ils discréditent les techniques qu'ils utilisent mal par manque de compétence et d'expérience. Comme le dit Ichak Adizes : « Trop de fois j'ai vu des méthodologies détruites à cause d'une utilisation incompétente. Le management participatif, la qualité de vie au travail, les cercles de qualité, la qualité totale, le reengineering ne sont que quelques-unes des récentes victimes de l'incompétence. Certaines personnes lisent un livre et avant que vous ayez le temps de dire ouf, ils vendent leur capacité à appliquer la nouvelle théorie. » Est-il besoin de dire que l'Ennéagramme ou la Spirale Dynamique vivent sous la même menace ?
Ainsi ORANGE détruit son environnement intellectuel, comme il détruit son environnement naturel, et nous avons aussi le besoin urgent d'une écologie de la culture.
VERT va encore plus loin qu'ORANGE, diluant ou même niant la notion d'expert qui n'a plus guère de sens quand tout savoir devient relatif (Cf. notre article Wiki).
Privilégiant la compétence et la fonctionnalité, JAUNE est en très vive réaction à l'attitude d'ORANGE et de VERT, et exige de chacun qu'il sache précisément ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas, et qu'il se comporte en conséquence.
Mercredi 6 décembre 2006
Nicolas Sarkozy
Avec des discours écrits par d'autres et une communication préparée et répétée avec des professionnels, les politiciens sont certainement les personnes les plus difficiles à positionner sur l'Ennéagramme. Malgré une présence dans les médias exceptionnellement abondante, Nicolas Sarkozy est de ceux-là. Contraint de naviguer, l'œil sur les sondages, entre une présence au gouvernement depuis plus de quatre ans et l'affichage d'une volonté de rupture, il n'a pas toujours donné une image très cohérente. C'est ainsi qu'on a pu lui affecter des ennéatypes très divers, parfois compréhensibles, parfois nettement plus farfelus.
Les Sarkozy, une famille française, le récent et indispensable ouvrage de Pascale Nivelle et Élise Karlin, est passionnant en ce qu'il nous décrit l'enfance de Nicolas Sarkozy, longtemps avant qu'il apprenne à se mettre en scène. Respectivement journalistes à Libération et à L'Express, Pascale Nivelle et Élise Karlin ont interviewé les parents et les frères de Nicolas Sarkozy. L'information est donc prise à la source et globalement fiable. Fait sans doute significatif – nous y reviendrons –, seul Nicolas Sarkozy n'a pas voulu leur répondre.
Cela ne l'empêche pas d'avoir fait en d'autres circonstances des déclarations qui confirment l'intérêt de cette recherche. Ainsi il a pu dire en 1994 aux journalistes de Globe : « Ce qui m'a façonné, c'est la somme des humiliations d'enfance. Je n'ai pas la nostalgie de l'enfance parce qu'elle n'a pas été un moment particulièrement heureux. » Un an plus tard, il confiait à Michel Denisot : « Ce qui m'a marqué, c'est la séparation de mes parents, et le fait que je n'avais pas les relations pour m'imposer. » Comprendre les origines de Nicolas Sarkozy, c'est donc comprendre le personnage.
Le cadre familial
Né en 1928, Pa(u)l Istvan Ernö Särközy Nagybocsaï, un petit aristocrate hongrois, se réfugie à Paris en décembre 1948. Don Juan, beau parleur un peu mythomane, Paul Sarkosy épouse Andrée Mallah le 8 février 1950. De leur union, naîtront trois fils : Guillaume en 1951, Nicolas en 1955 et François en 1959.
« Dessinateur publicitaire moyen mais excellent bonimenteur », Paul réussit. Il est un ennéatype 3 : « Paul est un mari absent. Il part tôt, rentre tard. Parfois, il ne revient pas du tout. "Trop de travail, chérrrie", glisse-t-il avec son sourire ravageur. […] Loin d'être un modèle, il délègue à son épouse les premières communions, la discipline, les devoirs et les tâches ménagères. » Pour le décrire, les auteurs parlent de « Rastignac hongrois », faisant le parallèle avec le personnage de Balzac qui est une sorte d'archétype du 3.
Quelques mois après la naissance de François, « Paul disparaît. » Il ne verra ensuite qu'épisodiquement ses enfants, manifestant clairement que cela l'ennuie : « Je ne vous dois rien. » Lors de ces rares rencontres, « ses enfants savent que la qualité de son regard dépend de celle du carnet de notes. C'est l'affection au résultat. »
Guillaume, le frère aîné qui « aime les honneurs, la réussite », est lui aussi vraisemblablement un 3.
Comme globalement est 3 la culture familiale. Les Sarkozy sont « élevés dans le culte de la réussite et convaincus que la vie ne fait pas de cadeau à ceux qui naissent sans héritage. La devise familiale, "On part tous sur le même ligne, mais on n'est pas obligés d'arriver tous en même temps", met les garçons en compétition, et leur mère leur pique les fesses. Tous en haut de l'échelle ! »
Tout ceci constitue une empreinte forte qui a marqué la personnalité de Nicolas Sarkozy, et qui explique qu'il y a de bonnes raisons d'envisager que Nicolas Sarkosy puisse appartenir à ce profil de l'Ennéagramme.
Il y a aussi de nettement moins bonnes raisons de le croire.
La première est liée à la confusion fréquente entre l'ennéatype 3 et le vMème ORANGE, très fort chez Sarkozy.
La seconde consiste à négliger l'impact de ses conseillers en communication. Un homme politique subit une réelle formation en ce domaine : « Il a vite appris à bluffer, a compris qu'en politique, le tout est d'impressionner. » Il a des mentors qui façonnent son style : « [Charles Pasqua] cornaque toute une génération de jeunes gaullistes à qui il enseigne les ficelles du métier : remplir une salle, bourrer des urnes, préparer la "claque", déstabiliser l'adversaire. Le véritable Pygmalion du jeune secrétaire de section de Neuilly, c'est lui, qui l'introduit au sein d'une direction hiérarchisée à l'extrême en lui indiquant sur quelles marches s'appuyer pour progresser. »
Quant aux discours de Sarkozy, les principaux sont écrits par Henri Guaino, qui auparavant a tenu la plume de Philippe Seguin, de Charles Pasqua ou de Jacques Chirac (c'est lui l'inventeur de la fracture sociale) ! Bien fol est qui s'y fie pour trouver un ennéatype.
Vendredi 1 décembre 2006
30.000 ans de gagnés !
Le professeur Sheila Coulson, de l'Université d'Oslo, vient de bouleverser l'histoire de l'humanité, et par voie de conséquence celle de la Spirale Dynamique.
Les San sont une ethnie de bochimans vivant actuellement dans le Ngamiland, au Nord-ouest du Botswana. Ils considèrent le python comme un animal sacré et dans leur mythologie, l'humanité descend du python. Au milieu du désert du Kalahari, les San considèrent comme sacrée un ensemble de petites crêtes, les collines de Tsodilo qui sont célèbres pour avoir la plus grande concentration au monde de peintures rupestres dans le monde.
Sheila Coulson et ses étudiants recherchaient des objets manufacturés fabriqués au cours de l'Âge de pierre par les ancêtres des San. Dans une petite caverne, au nord-est de Tsodilo, ils ont découvert un grand rocher de six mètres de long et de deux mètres de hauteur qui ressemblait à une tête de python. Le rocher portait trois à quatre cents marques qui ne pouvaient pas être d'origine naturelle : « Vous pouviez voir la bouche et les yeux du serpent. On aurait dit un vrai python. Les reflets de la lumière du soleil sur les marques leur donnaient l'apparence de la peau de serpent. La nuit, à la lumière du feu, on avait l'impression que le serpent se déplaçait réellement. »
En creusant un puit de sondage devant la pierre, les archéologues ont trouvé plus de 13.000 objets manufacturés, les plus anciens datant de 70.000 ans. Les pierres qui avaient servi à fabriquer plusieurs d'entre eux n'étaient pas originaires de la région de Tsodilo, mais d'endroits situés à plusieurs centaines de kilomètres. Au fond du puits, les chercheurs trouvèrent les pierres qui avaient été utilisées pour faire les marques sur le rocher. « Il n'y avait aucun signe d'habitation normale. Aucun outil ordinaire n'a été trouvé à l'emplacement. […] Toutes les indications suggèrent que Tsodilo a été pour l'humanité, pendant presque 100.000 ans, un endroit très spécial dans le paysage préhistorique. »
Sheila Coulson a aussi trouvé une chambre secrète derrière le rocher en forme de python, avec une entrée latérale. Plusieurs signes indiquent que cet endroit a été utilisé par de nombreuses personnes. « Le shaman, qui est toujours une personne très importante dans la culture des San, pourrait s'être caché dans cette chambre secrète. Il aurait eu une bonne vue de l'intérieur de la caverne tout en étant lui-même invisible. Quand il parlait depuis sa cachette, il pourrait avoir semblé que la voix venait du serpent lui-même. Le shaman aurait pu tout contrôler. C'était parfait. »
Sheila Coulson a donc découvert le plus ancien rituel humain connu ! Jusqu'au début du XXIe siècle, les historiens étaient persuadés que la civilisation humaine s'était développée en Europe, il y a 40.000 ans, après que les hominidés aient quitté l'Afrique. Les fouilles de Christopher Henshilwood dans la caverne de Blombos en Afrique du Sud avaient déjà montré qu'il y avait erreur de lieu. La sensationnelle découverte de Sheila Coulson prolonge d'un seul coup de 30.000 ans ce type de culture humaine, et nous force donc à changer la date d'apparition du vMème VIOLET.
Source : World's Oldest Ritual Discovered – Worshipped The Python 70,000 Years Ago

Commentaires
ven 10 oct 08, 08:23
Bonjour Aurore, [i]"Je pense que oui… En écrivant la phra se citée, je m'étais dit [...]
jeu 09 oct 08, 16:34
Bonjour à tous, @ Fabien : "Début d'une hypothèse scientifique ORANGE ?" [...]
jeu 09 oct 08, 16:18
Bonjour à tous, Ouah… Super , je pars de ce pas vivre en O uganda ! J'ai toujours r [...]
lun 06 oct 08, 09:46
Aurore, mon fils est maintenan t suffisamment grand pour qu'i l sache me dire non, par [...]
lun 06 oct 08, 09:35
Aurore dit : [i]"J'ai vu Wallace se demander où étaient les absents avantagés par le [...]
lun 06 oct 08, 08:09
Bonjour à tous, Aurore : [i]"Comment faites-vous tous pou r vivre, et pas seulemen [...]
lun 06 oct 08, 07:43
Très simple Aurore : à 9 ans, j'avais une idée assez précise des métiers que je voul [...]
dim 05 oct 08, 12:31
Merci pour vos réactions. Oui, ce stage m'a bien fait avance r, et c'est surtout le f [...]
dim 05 oct 08, 07:47
Bonjour à tous, @Christian : [i]"Une personne à dominante ER peut-elle [...]