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« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Jeudi 26 octobre 2006
Après ROUGE… BLEU
Adegmar José Ferreira, un juge brésilien, vient de relaxer un voleur noir, chômeur et miséreux. Il a ainsi justifié sa décision : « Une société qui élit et réélit indéfiniment des caciques qui pillent les deniers publics, c’est une société qui accepte qu’un juge remette en liberté un citoyen qui, lui, a mille raisons [de voler]. »
Cette anecdote illustre aussi un problème majeur de notre société. Si on écoute les candidats potentiels aux élections présidentielles de 2007, le thème de la sécurité est omniprésent. Une des premières difficultés est que le mot est un terme trop général recouvrant des réalités fort différentes. Il y a en France de l'insécurité provenant des vMèmes ROUGE, BLEU, ORANGE et VERT. Croire qu'on peut réunir tout cela sous un même vocable et le traiter par un même ensemble de mesures est la marque d'une pensée exagérément simplificatrice dont la mise en actes ne peut qu'être vouée à l'échec.
Nous ne parlerons dans ce billet que de l'insécurité venue de ROUGE. Elle ne peut pas être résolue uniquement par des sanctions, de la présence policière ou des subventions. La seule solution durable est de faciliter le passage des gens dominés par ce vMème dans les niveaux suivants de la Spirale Dynamique, BLEU d'abord.
Pour que ce changement de niveau d'existence ait lieu, il est nécessaire (mais pas suffisant) que les conditions de vie de la société le permettent. Un des éléments est que le BLEU de notre société soit fort et crédible. Dans une interview à Médiations et Sociétés traitant des émeutes qui se sont produites il y a un peu plus d'un an dans les banlieues françaises, je disais à propos de ceux des émeutiers qui étaient dominés par ROUGE : « Nous mettons en cause leur système ce qui est bien, sans pour autant être crédibles. Cela reflète un malaise fondamental de la société française : un homme politique mouillé dans une affaire est presque systématiquement réélu. C’est hélas la réalité ; des journalistes ont même parlé de "prime à la casserole" ! En ayant cette attitude, nous ne faisons que leur confirmer leur modèle du monde et leur système de valeurs : c’est la jungle, et dans la jungle, seuls les imbéciles n’appliquent pas la loi de la jungle ! Donc à moyen terme, nous avons à assainir notre propre fonctionnement social et à montrer l’exemple. »
Où en est-on un an après, alors qu'on parle à nouveau de tensions dans ces quartiers ?
Un sondage a été réalisé du 23 janvier au 18 février derniers par l'institut ISL pour le Centre de recherches politiques de Sciences-Po (CEVIPOF), et vient d'être publié. Il révèle que 60% des Français considèrent que les responsables politiques sont "plutôt corrompus" ; selon eux, il y aurait "beaucoup ou assez" de corruption au sein du gouvernement (77,9%), à la présidence de la République (69,1%), chez les députés (68%). Plus grave, cette impression est exacte. Régulièrement les études internationales, comme celle de l'ONG Transparency international, classent la France comme un des pays dits développés parmi les plus corrompus.
Citons le dernier exemple en date, rapporté il y a une dizaine de jours par Le Figaro, sachant qu'on pourrait trouver des cas semblables dans d'autres camps. Ancien secrétaire général de la présidence de la République et actuel ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille, Philippe Bas a décidé de se présenter aux législatives dans la deuxième circonscription de la Manche. Il y a deux problèmes : il n'est guère connu là-bas, et le siège est occupé par René André depuis 1981. Mais tout problème a sa solution. Philippe Bas est allé en Normandie distribuer six cent mille euros de subventions, et une cinquantaine de militants UMP de la circonscription ont été invités à la dernière garden-party de l'Élysée. Ensuite, le conseil des ministres du 27 septembre 2006 n'a plus eu qu'à nommer René André à la Cour des comptes, sans que personne, y compris Philippe Seguin le président de la Cour, ne sache bien quelle compétence il avait pour cela.
Mais il y a pire. Selon le sondage évoqué plus haut, 24,6% seulement des Français condamnent explicitement toute forme de corruption. Les autres « la tolèrent parce qu'ils la jugent de faible importance, parce que relevant d'une nécessité structurelle (le système marche ainsi), ou parce qu'ils s’estiment sans prise sur elle ». Et on sait que dans un sondage, les gens ont tendance à se déclarer plus vertueux qu'ils ne le sont…
Le discours BLEU que nous tenons aux personnes encore dominées par ROUGE n'est donc pas crédible un seul instant. ROUGE ne peut l'interpréter que comme une ruse destinée à le dominer, et en conséquence, il renforce son modèle du monde et ses croyances. Si nous voulons que ces gens changent, nous devons commencer nous-mêmes par changer. La balle est dans notre camp.
Source 1 : "Logique", Courrier international, N° 833, 19 octobre 2006, p. 62
Source 2 : Pierre Lascoumes, "Politique et citoyens : une relation corruptible", CEVIFOP
Source 3 : Transparency International
Source 4 : "Le pot-de-vin, une technique commerciale très répandue", Courrier international, 23 octobre 2006
Source 5 : "Le parachutage risqué de Bas en Normandie", Courrier international, 16 octobre 2006
Samedi 21 octobre 2006
Fatah-Hamas, une question de couleurs ?
La situation en Palestine est dramatique, le pays étant au bord de la guerre civile, déchiré entre les objectifs contradictoires du président Mahmoud Abbas et du Fatah d'une part, et d'Ismail Haniyeh et du Hamas d'autre part. Qu'il s'agisse de politique, de sécurité ou de finances, les deux organisations ne sont quasiment d'accord sur rien. Face à ce genre de situation, la Spirale Dynamique nous suggère d'aller chercher les valeurs profondes en jeu.
La charte de l'OLP, dont le Fatah est la principale organisation, « est considérée comme une œuvre des hommes, et a été amendée et soumise à des débats et à des votes depuis son adoption, en 1968. […] Elle use d'un langage politique, […] et évite les attaques ouvertement anti-sémites. […] Elle propose de donner des droits politiques à ceux des juifs qui resteraient après la "libération de la Palestine historique". »
A contrario, la charte du Hamas «, est un texte monolithique présenté comme l’expression de la volonté divine. […] Elle emploie un langage religieux afin de créer l'impression de sacralité, […] et puise allègrement dans les stéréotypes de l'antisémitisme chrétien. […] Elle n'envisage pour les juifs qui resteraient en Palestine qu'un statut d'infériorité de "dhimmi" tel qu'il était pratiqué dans l'Empire ottoman. »
En résumé, la charte de l'OLP contient des éléments ORANGE, là où celle du Hamas culmine en BLEU. Bien évidemment, la position sur la Spirale de chacune des organisations et les vMèmes dominants de leurs membres constituent un ensemble plus complexe, mais nous avons quand même là une base de réflexion.
D'où peut bien venir une telle différence entre Fatah et Hamas ? Des conditions de vie nous suggère le modèle de Spirale Dynamique… et il a raison :
« L'OLP est née en 1964, à une époque marquée par un optimisme sans bornes, où tout semblait possible, où les différentes influences se mêlaient pour donner parfois le meilleur de la synthèse et parfois le pire des contradictions : la gauche occidentale et l'expérience nassérienne, le marxisme et le non-alignement, les appartenances musulmane et arabe. Le monde arabe avait les mêmes idoles que le reste de l’humanité : l'Indien Nehru, le Yougoslave Tito, le Chinois Mao et le Latino-Américain Guevara. Le Hamas, lui, est le produit d'une époque désenchantée où les Arabes ne croient plus dans les promesses d'unité arabe, de libération de la Palestine, de justice sociale, d'égalité, et encore moins de relations équitables avec l'Occident.
« Cet écart générationnel veut également dire que les fondateurs de l’OLP ont assisté aux évolutions politiques allant de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux indépendances des anciennes colonies, notamment en Algérie. De même, ils ont pu connaître et fréquenter de nombreux pays arabes et occidentaux. Les jeunes du Hamas n’ont pas eu cette chance d’ouverture, eux qui sont venus à l’action politique dans des Territoires occupés coupés du monde extérieur et baignés par une culture qui valorise les particularismes de l'identité locale et prétend pouvoir se passer des influences et expériences étrangères.
« Les dirigeants de l’OLP étaient contraints de s'intéresser à ce qui se passait dans le monde, de se montrer accommodants avec l'Union soviétique, qui leur fournissait des armes, de prendre en compte la sensibilité antiraciste européenne héritée du génocide des juifs et de souscrire – au moins pour la forme – aux principes démocratiques. L’OLP ne considérait pas non plus que le monde entier lui était hostile et qu'il fallait être hostile à l'égard de tout le monde, mais prenait au sérieux l'art de la diplomatie, jouant la carte européenne contre les États-Unis tout en cherchant à nouer des contacts avec les États-Unis afin d'aiguiser les différends qu'ils pouvaient avoir avec Israël, voire en tissant des liens à l'intérieur de l'État hébreu avec les forces politiques israéliennes les plus sensibles à la question palestinienne. Tout cela est absent de la culture politique du Hamas, qui se contente de rechercher l’amitié syrienne et iranienne, deux pays engagés dans un bras de fer avec la plupart des pays de la planète. »
Il est alors plus facile de comprendre les tragiques erreurs qui ont été commises, et qui le sont encore chaque jour, dans cette région du monde.
Israël a été obnubilé par l'OLP, cherchant à tout pris à limiter son champ d'action, à diminuer son influence et à éliminer son leader, Yasser Arafat. Mais quand on a face à soi des gens situés à des niveaux différents de la Spirale et si on veut négocier avec eux, on a toujours intérêt à être en relation avec ceux qui sont situés dans les niveaux les plus élevés sur la Spirale Dynamique, parce que ce sont ceux qui sont les plus aptes à comprendre des positions différentes des leurs et les plus désireux de discuter et de sortir du conflit.
La population palestinienne est centrée sur les vMèmes VIOLET, ROUGE et BLEU. Son attachement à l'OLP tenait avant tout à la figure charismatique de Yasser Arafat. Celui-ci disparu, l'organisation d'élections ne pouvait aboutir qu'à l'arrivée au pouvoir du parti le plus proche d'eux sur la Spirale Dynamique, le Hamas. C'est aussi le parti le moins disposé à faire des concessions pour obtenir la paix.
Source : Al-Ittihad, "Fatah-Hamas : deux cultures politiques divergentes", Courrier international, N° 832, 12 octobre 2006, p. 40
Vendredi 13 octobre 2006
Avancée…
L'Inde est un cas passionnant d'observation des manifestations de la Spirale Dynamique. Son gigantisme y fait coexister des sous-cultures centrées sur les différents vMèmes, et son évolution accélérée permet d'observer les transitions entre les différents niveaux d'existence.
Une des raisons qui pousse les hommes à quitter VIOLET est la constatation du manque d'efficacité des traditions qui sont au cœur du vMème et de leur incapacité à assurer la sécurité. Mais ce qui vient après VIOLET, c'est ROUGE…
Dans l'État d'Assam, au nord-est de l'Inde, plus de trois cents guérisseurs ont été assassinés au cours des cinq dernières années par des clients mécontents. Cette augmentation brutale du taux de mortalité inquiète la profession qui argue que leurs « remèdes ne fonctionnent pas quand la conjoncture planétaire n'est pas favorable ». Sans convaincre, semble-t-il.
Source : "Rancuniers", Courrier international, N° 832, 12 octobre 2006, p. 74
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jeu 20 nov 08, 08:44
Bonjour Aurore, [i]"L'amour est conditionnel à tous les a utres niveaux de la prem [...]
jeu 20 nov 08, 07:44
Bonjour Samy, "Utopiste ?" Je crois. Effective ment, un degré minimum d [...]
mer 19 nov 08, 21:28
Salut, Merci à tous pour ce tte belle discussion. Elle fai t tout à fait sens dans [...]
mer 19 nov 08, 12:50
Bonjour Fabien, Je trouve t oujours très surprenant et dom mageable pour le fonctio [...]
mer 19 nov 08, 08:40
Bonjour Wallace, Tu as tota lement raison sur la légitimit é de la tristesse des co [...]
mar 18 nov 08, 15:06
Je comprends que des députés p uissent avoir du chagrin en pe nsant à la dépression et [...]
mar 18 nov 08, 15:00
Oui, c'est exceptionnel de voi r un journaliste manifester un e telle implication émot [...]
mar 18 nov 08, 07:34
Bonjour Samy, Merci pour ta participation et ton apprécia tion positive sur mon tr [...]
lun 17 nov 08, 10:40
Bonjour Fabien, Je trouve a ussi cette intervention toucha nte et belle. Tu insi [...]