Les hommes politiques, en représentation perpétuelle et dont les discours sont bien souvent écrits par des conseillers, sont les personnes dont le type dans l'Ennéagramme est le plus difficile à déterminer. C'est donc un exercice à faire avec prudence, d'abord parce que le niveau d'incompétence d'une personne en Ennéagramme est le plus souvent proportionnel au nombre de gens qu'elle a identifiés sans les avoir jamais rencontrés, et ensuite parce que l'intérêt de l'opération est somme toute assez limité : on ne vote pas en fonction d'un type, et l'Ennéagramme est en priorité un outil d'évolution personnelle ! Parfois cependant, ce qu'on lit ici ou là ressemble tellement à la description d'un ennéatype qu'il est difficile de résister. Ainsi ce portrait de Dominique Strauss-Kahn dans Le Monde :
« Les trois quarts de ses amis ont longtemps cru que Dominique Strauss-Kahn n'irait pas jusqu'au bout de son ambition présidentielle. Pas assez de discipline personnelle. Trop de goût pour le plaisir. De l'imagination, une grande intelligence, une vraie compétence économique, mais une réputation de dilettantisme difficile à corriger.
« Dès l'été 2003, ses fidèles au PS lui ont carrément posé la question de confiance. À la mi-mai, en plein congrès socialiste à Dijon, ils s'étaient exaspérés de voir “Strauss” monter à la tribune avec un brouillon de discours griffonné dix minutes plus tôt. Le député Jean-Christophe Cambadélis lui a dit franchement les choses : “Si tu n'es pas prêt à t'engager vraiment, autant arrêter tout de suite les frais !” Son conseiller Gilles Finchelstein, le plus ancien, le plus intime, lui a dressé sans ménagement la liste de tous les défauts qui plombent irrémédiablement les parcours politiques : frivolité et nonchalance apparentes, confort d'une vie bourgeoise, absence d'ancrage en province… DSK a tout encaissé.
« Mais ce n'était sans doute pas suffisant. L'année suivante, alors qu'il mettait patiemment en place ses réseaux au sein du parti, s'attachant les meilleurs experts du PS et s'astreignant à faire le tour des fédérations, on lui serinait encore les mêmes reproches. “Tu ne seras pas capable d'avoir cette ascèse”, lui lança un jour dans un dîner son ami Alain Minc. Il s'entendit aussitôt répondre avec calme : “Pas pendant toute une vie, peut-être… Mais pendant deux ou trois ans, oui !” Deux ans plus tard, en 2006, “l'ami” Jospin, celui que “Dominique” avait choisi pour témoin de son mariage avec la journaliste Anne Sinclair, croyait encore que “Strauss” s'effacerait devant lui.
« Car, à 57 ans, Dominique Strauss-Kahn traîne depuis toujours la réputation du type brillant qui inventa pour la gauche, en 1996 et sur un coin de table, les 35 heures et les emplois jeunes, mais est resté trop jouisseur pour parvenir lui-même à l'Élysée. “C'est vrai, je ne rêve pas depuis tout petit d'être président, comme beaucoup de fous dans ce milieu. Mais je ne suis absolument pas un dilettante, se défend-il. D'ailleurs, avez-vous entendu qu'on m'ait fait ce reproche lorsque j'étais ministre de l'économie ?” »
Comme description du profil 7, on ne peut guère faire mieux, même si cela reste une hypothèse qui demande confirmation.
Source : Raphaëlle Bacqué, "DSK, dilettante repenti", Le Monde, 18 octobre 2006.
jeu 26 nov 2009, 06:58