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Personnalité
« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Mardi 31 octobre 2006
Dominique Strauss-Kahn
Les hommes politiques, en représentation perpétuelle et dont les discours sont bien souvent écrits par des conseillers, sont les personnes dont le type dans l'Ennéagramme est le plus difficile à déterminer. C'est donc un exercice à faire avec prudence, d'abord parce que le niveau d'incompétence d'une personne en Ennéagramme est le plus souvent proportionnel au nombre de gens qu'elle a identifiés sans les avoir jamais rencontrés, et ensuite parce que l'intérêt de l'opération est somme toute assez limité : on ne vote pas en fonction d'un type, et l'Ennéagramme est en priorité un outil d'évolution personnelle ! Parfois cependant, ce qu'on lit ici ou là ressemble tellement à la description d'un ennéatype qu'il est difficile de résister. Ainsi ce portrait de Dominique Strauss-Kahn dans Le Monde :
« Les trois quarts de ses amis ont longtemps cru que Dominique Strauss-Kahn n'irait pas jusqu'au bout de son ambition présidentielle. Pas assez de discipline personnelle. Trop de goût pour le plaisir. De l'imagination, une grande intelligence, une vraie compétence économique, mais une réputation de dilettantisme difficile à corriger.
« Dès l'été 2003, ses fidèles au PS lui ont carrément posé la question de confiance. A la mi-mai, en plein congrès socialiste à Dijon, ils s'étaient exaspérés de voir "Strauss" monter à la tribune avec un brouillon de discours griffonné dix minutes plus tôt. Le député Jean-Christophe Cambadélis lui a dit franchement les choses : "Si tu n'es pas prêt à t'engager vraiment, autant arrêter tout de suite les frais !" Son conseiller Gilles Finchelstein, le plus ancien, le plus intime, lui a dressé sans ménagement la liste de tous les défauts qui plombent irrémédiablement les parcours politiques : frivolité et nonchalance apparentes, confort d'une vie bourgeoise, absence d'ancrage en province… DSK a tout encaissé.
« Mais ce n'était sans doute pas suffisant. L'année suivante, alors qu'il mettait patiemment en place ses réseaux au sein du parti, s'attachant les meilleurs experts du PS et s'astreignant à faire le tour des fédérations, on lui serinait encore les mêmes reproches. "Tu ne seras pas capable d'avoir cette ascèse", lui lança un jour dans un dîner son ami Alain Minc. Il s'entendit aussitôt répondre avec calme : "Pas pendant toute une vie, peut-être… Mais pendant deux ou trois ans, oui !" Deux ans plus tard, en 2006, "l'ami" Jospin, celui que "Dominique" avait choisi pour témoin de son mariage avec la journaliste Anne Sinclair, croyait encore que "Strauss" s'effacerait devant lui.
« Car, à 57 ans, Dominique Strauss-Kahn traîne depuis toujours la réputation du type brillant qui inventa pour la gauche, en 1996 et sur un coin de table, les 35 heures et les emplois jeunes, mais est resté trop jouisseur pour parvenir lui-même à l'Élysée. "C'est vrai, je ne rêve pas depuis tout petit d'être président, comme beaucoup de fous dans ce milieu. Mais je ne suis absolument pas un dilettante, se défend-il. D'ailleurs, avez-vous entendu qu'on m'ait fait ce reproche lorsque j'étais ministre de l'économie ?" »
Comme description du profil 7, on ne peut guère faire mieux, même si cela reste une hypothèse qui demande confirmation.
Source : Raphaëlle Bacqué, "DSK, dilettante repenti", Le Monde, 18 octobre 2006
Jeudi 26 octobre 2006
Après ROUGE… BLEU
Adegmar José Ferreira, un juge brésilien, vient de relaxer un voleur noir, chômeur et miséreux. Il a ainsi justifié sa décision : « Une société qui élit et réélit indéfiniment des caciques qui pillent les deniers publics, c’est une société qui accepte qu’un juge remette en liberté un citoyen qui, lui, a mille raisons [de voler]. »
Cette anecdote illustre aussi un problème majeur de notre société. Si on écoute les candidats potentiels aux élections présidentielles de 2007, le thème de la sécurité est omniprésent. Une des premières difficultés est que le mot est un terme trop général recouvrant des réalités fort différentes. Il y a en France de l'insécurité provenant des vMèmes ROUGE, BLEU, ORANGE et VERT. Croire qu'on peut réunir tout cela sous un même vocable et le traiter par un même ensemble de mesures est la marque d'une pensée exagérément simplificatrice dont la mise en actes ne peut qu'être vouée à l'échec.
Nous ne parlerons dans ce billet que de l'insécurité venue de ROUGE. Elle ne peut pas être résolue uniquement par des sanctions, de la présence policière ou des subventions. La seule solution durable est de faciliter le passage des gens dominés par ce vMème dans les niveaux suivants de la Spirale Dynamique, BLEU d'abord.
Pour que ce changement de niveau d'existence ait lieu, il est nécessaire (mais pas suffisant) que les conditions de vie de la société le permettent. Un des éléments est que le BLEU de notre société soit fort et crédible. Dans une interview à Médiations et Sociétés traitant des émeutes qui se sont produites il y a un peu plus d'un an dans les banlieues françaises, je disais à propos de ceux des émeutiers qui étaient dominés par ROUGE : « Nous mettons en cause leur système ce qui est bien, sans pour autant être crédibles. Cela reflète un malaise fondamental de la société française : un homme politique mouillé dans une affaire est presque systématiquement réélu. C’est hélas la réalité ; des journalistes ont même parlé de "prime à la casserole" ! En ayant cette attitude, nous ne faisons que leur confirmer leur modèle du monde et leur système de valeurs : c’est la jungle, et dans la jungle, seuls les imbéciles n’appliquent pas la loi de la jungle ! Donc à moyen terme, nous avons à assainir notre propre fonctionnement social et à montrer l’exemple. »
Où en est-on un an après, alors qu'on parle à nouveau de tensions dans ces quartiers ?
Un sondage a été réalisé du 23 janvier au 18 février derniers par l'institut ISL pour le Centre de recherches politiques de Sciences-Po (CEVIPOF), et vient d'être publié. Il révèle que 60% des Français considèrent que les responsables politiques sont "plutôt corrompus" ; selon eux, il y aurait "beaucoup ou assez" de corruption au sein du gouvernement (77,9%), à la présidence de la République (69,1%), chez les députés (68%). Plus grave, cette impression est exacte. Régulièrement les études internationales, comme celle de l'ONG Transparency international, classent la France comme un des pays dits développés parmi les plus corrompus.
Citons le dernier exemple en date, rapporté il y a une dizaine de jours par Le Figaro, sachant qu'on pourrait trouver des cas semblables dans d'autres camps. Ancien secrétaire général de la présidence de la République et actuel ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille, Philippe Bas a décidé de se présenter aux législatives dans la deuxième circonscription de la Manche. Il y a deux problèmes : il n'est guère connu là-bas, et le siège est occupé par René André depuis 1981. Mais tout problème a sa solution. Philippe Bas est allé en Normandie distribuer six cent mille euros de subventions, et une cinquantaine de militants UMP de la circonscription ont été invités à la dernière garden-party de l'Élysée. Ensuite, le conseil des ministres du 27 septembre 2006 n'a plus eu qu'à nommer René André à la Cour des comptes, sans que personne, y compris Philippe Seguin le président de la Cour, ne sache bien quelle compétence il avait pour cela.
Mais il y a pire. Selon le sondage évoqué plus haut, 24,6% seulement des Français condamnent explicitement toute forme de corruption. Les autres « la tolèrent parce qu'ils la jugent de faible importance, parce que relevant d'une nécessité structurelle (le système marche ainsi), ou parce qu'ils s’estiment sans prise sur elle ». Et on sait que dans un sondage, les gens ont tendance à se déclarer plus vertueux qu'ils ne le sont…
Le discours BLEU que nous tenons aux personnes encore dominées par ROUGE n'est donc pas crédible un seul instant. ROUGE ne peut l'interpréter que comme une ruse destinée à le dominer, et en conséquence, il renforce son modèle du monde et ses croyances. Si nous voulons que ces gens changent, nous devons commencer nous-mêmes par changer. La balle est dans notre camp.
Source 1 : "Logique", Courrier international, N° 833, 19 octobre 2006, p. 62
Source 2 : Pierre Lascoumes, "Politique et citoyens : une relation corruptible", CEVIFOP
Source 3 : Transparency International
Source 4 : "Le pot-de-vin, une technique commerciale très répandue", Courrier international, 23 octobre 2006
Source 5 : "Le parachutage risqué de Bas en Normandie", Courrier international, 16 octobre 2006
Samedi 21 octobre 2006
Fatah-Hamas, une question de couleurs ?
La situation en Palestine est dramatique, le pays étant au bord de la guerre civile, déchiré entre les objectifs contradictoires du président Mahmoud Abbas et du Fatah d'une part, et d'Ismail Haniyeh et du Hamas d'autre part. Qu'il s'agisse de politique, de sécurité ou de finances, les deux organisations ne sont quasiment d'accord sur rien. Face à ce genre de situation, la Spirale Dynamique nous suggère d'aller chercher les valeurs profondes en jeu.
La charte de l'OLP, dont le Fatah est la principale organisation, « est considérée comme une œuvre des hommes, et a été amendée et soumise à des débats et à des votes depuis son adoption, en 1968. […] Elle use d'un langage politique, […] et évite les attaques ouvertement anti-sémites. […] Elle propose de donner des droits politiques à ceux des juifs qui resteraient après la "libération de la Palestine historique". »
A contrario, la charte du Hamas «, est un texte monolithique présenté comme l’expression de la volonté divine. […] Elle emploie un langage religieux afin de créer l'impression de sacralité, […] et puise allègrement dans les stéréotypes de l'antisémitisme chrétien. […] Elle n'envisage pour les juifs qui resteraient en Palestine qu'un statut d'infériorité de "dhimmi" tel qu'il était pratiqué dans l'Empire ottoman. »
En résumé, la charte de l'OLP contient des éléments ORANGE, là où celle du Hamas culmine en BLEU. Bien évidemment, la position sur la Spirale de chacune des organisations et les vMèmes dominants de leurs membres constituent un ensemble plus complexe, mais nous avons quand même là une base de réflexion.
D'où peut bien venir une telle différence entre Fatah et Hamas ? Des conditions de vie nous suggère le modèle de Spirale Dynamique… et il a raison :
« L'OLP est née en 1964, à une époque marquée par un optimisme sans bornes, où tout semblait possible, où les différentes influences se mêlaient pour donner parfois le meilleur de la synthèse et parfois le pire des contradictions : la gauche occidentale et l'expérience nassérienne, le marxisme et le non-alignement, les appartenances musulmane et arabe. Le monde arabe avait les mêmes idoles que le reste de l’humanité : l'Indien Nehru, le Yougoslave Tito, le Chinois Mao et le Latino-Américain Guevara. Le Hamas, lui, est le produit d'une époque désenchantée où les Arabes ne croient plus dans les promesses d'unité arabe, de libération de la Palestine, de justice sociale, d'égalité, et encore moins de relations équitables avec l'Occident.
« Cet écart générationnel veut également dire que les fondateurs de l’OLP ont assisté aux évolutions politiques allant de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux indépendances des anciennes colonies, notamment en Algérie. De même, ils ont pu connaître et fréquenter de nombreux pays arabes et occidentaux. Les jeunes du Hamas n’ont pas eu cette chance d’ouverture, eux qui sont venus à l’action politique dans des Territoires occupés coupés du monde extérieur et baignés par une culture qui valorise les particularismes de l'identité locale et prétend pouvoir se passer des influences et expériences étrangères.
« Les dirigeants de l’OLP étaient contraints de s'intéresser à ce qui se passait dans le monde, de se montrer accommodants avec l'Union soviétique, qui leur fournissait des armes, de prendre en compte la sensibilité antiraciste européenne héritée du génocide des juifs et de souscrire – au moins pour la forme – aux principes démocratiques. L’OLP ne considérait pas non plus que le monde entier lui était hostile et qu'il fallait être hostile à l'égard de tout le monde, mais prenait au sérieux l'art de la diplomatie, jouant la carte européenne contre les États-Unis tout en cherchant à nouer des contacts avec les États-Unis afin d'aiguiser les différends qu'ils pouvaient avoir avec Israël, voire en tissant des liens à l'intérieur de l'État hébreu avec les forces politiques israéliennes les plus sensibles à la question palestinienne. Tout cela est absent de la culture politique du Hamas, qui se contente de rechercher l’amitié syrienne et iranienne, deux pays engagés dans un bras de fer avec la plupart des pays de la planète. »
Il est alors plus facile de comprendre les tragiques erreurs qui ont été commises, et qui le sont encore chaque jour, dans cette région du monde.
Israël a été obnubilé par l'OLP, cherchant à tout pris à limiter son champ d'action, à diminuer son influence et à éliminer son leader, Yasser Arafat. Mais quand on a face à soi des gens situés à des niveaux différents de la Spirale et si on veut négocier avec eux, on a toujours intérêt à être en relation avec ceux qui sont situés dans les niveaux les plus élevés sur la Spirale Dynamique, parce que ce sont ceux qui sont les plus aptes à comprendre des positions différentes des leurs et les plus désireux de discuter et de sortir du conflit.
La population palestinienne est centrée sur les vMèmes VIOLET, ROUGE et BLEU. Son attachement à l'OLP tenait avant tout à la figure charismatique de Yasser Arafat. Celui-ci disparu, l'organisation d'élections ne pouvait aboutir qu'à l'arrivée au pouvoir du parti le plus proche d'eux sur la Spirale Dynamique, le Hamas. C'est aussi le parti le moins disposé à faire des concessions pour obtenir la paix.
Source : Al-Ittihad, "Fatah-Hamas : deux cultures politiques divergentes", Courrier international, N° 832, 12 octobre 2006, p. 40
Vendredi 20 octobre 2006
The Queen
The Queen, le dernier film de Stephen Frears, décrit avec une précision quasi-documentaire ces jours qui ont suivi la mort de Lady Diana le 31 août 1997 et où la monarchie anglaise a failli basculer.
La reine Elizabeth II et Tony Blair (Helen Mirren et Michael Sheen tous deux formidables) ne sont pas d'accord sur la manière dont il est approprié de réagir et de prendre en compte la douleur du peuple. Leur affrontement est certes un choc de personnalités, mais il est avant tout l'opposition de deux vMèmes. Enfermée dans des certitudes concernant sa place et son rôle dans la société britannique, Elizabeth II culmine en BLEU. Elle est incapable de comprendre le fonctionnement d'un Tony Blair ambitieux, calculateur, plus proche du peuple et clairement dominé par ORANGE.
Film politique équilibré et plein d'ironie, The Queen est aussi une belle leçon de Spirale Dynamique.
Lundi 16 octobre 2006
Ban Ki-moon
Élu vendredi dernier, le ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Ban Ki-moon, va devenir, dès le premier janvier 2007, le nouveau secrétaire général de l'ONU.
Ban Ki-moon est un infatigable travailleur, méticuleux au point d'avoir été surnommé "le greffier". « Le seul sport qu'il pratique est la marche de long en large dans son bureau dans le but de mettre de l'ordre dans ses idées. » Doué d'une grande énergie, « il prétend n'avoir ressenti aucune fatigue au cours de sa campagne pour assurer son élection à l’ONU, qui l'a mené dans une quarantaine de pays. »
Sur la plan du caractère, Ban Ki-moon fait l'unanimité : « Il est agréable, sympathique, lisse, plaisant, travailleur, sans histoire… » Mieux, « il n'a aucun ennemi. […] En trente-six ans de carrière diplomatique, il ne se serait attiré la rancune de personne. » Jang Sung-min, ancien conseiller présidentiel sud-coréen, le décrit ainsi : « Il n' y a rien de particulier à dire de lui. […] Il passe bien partout. » Ba Ki-moon est un « faiseur de compromis ».
Dans son ministère en Corée, Ban Ki-moon ne dit jamais « rien qui déplaise à ses supérieurs, mais c’est aussi un homme qui adresse à ses ambassadeurs des lettres qu’il rédige de sa main ». Le secret de sa très longue carrière serait son indéniable « sens de l'équilibre ».
Tout ceci rend plus que probable un type 9 dans l'Ennéagramme. Ban Ki-moon succèdera à Kofi Annan qui appartenait déjà à cet ennéatype. Est-ce que cela fait maintenant partie de la définition de poste d'un secrétaire général ? Ce n'est pas impossible tant la fonction requière une extraordinaire capacité à faire travailler ensemble des pays aux intérêts contradictoires.
Source 1 : Yi Myong-gon, "L'équilibre de la rigueur", Courrier international, N° 832, 12 octobre 2006, p. 11
Source 2 : Jonathan Thatcher, "Ban Ki-moon, un diplomate consensuel pour l'ONU", Libération, 8 octobre 2006
Source 3 : Evelyn Leopold, "Le Sud-Coréen Ban Ki-moon choisi pour succéder à Kofi Annan", Libération, 9 octobre 2006
Dimanche 15 octobre 2006
Une vérité qui dérange
Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, c'est que vous vous sentez concerné par l'état et l'évolution du monde, et vous devriez être intéressé par Une vérité qui dérange, le documentaire d'Al Gore sur le réchauffement climatique. Vous aurez ainsi des éléments sérieux, vous permettant de vous faire une opinion entre les thèses écologistes d'Al Gore et celles des climatosceptiques comme Michael Crichton ou Claude Allègre.
Ce film est aussi un bel exemple de discours émis depuis le vMème JAUNE. Certes, le thème central du film est en VERT, mais le langage est purement informatif et évite toute manipulation émotionnelle, les solutions proposées sont essentiellement individuelles, et Al Gore prend le soin d'envoyer des messages positifs à tous les niveaux de la Spirale Dynamique. Il marque son attachement aux valeurs familiales (VIOLET), incite ceux qui sont centrés en BLEU à se connecter à leur Vérité Ultime, rassure ORANGE sur la compatibilité entre développement et écologie, etc.
Rien d'étonnant à cela. Al Gore connaît le modèle de la Spirale Dynamique qui est un des cadres conceptuels qu'il utilise.
Ressource : www.climatecrisis.net
Vendredi 13 octobre 2006
Avancée…
L'Inde est un cas passionnant d'observation des manifestations de la Spirale Dynamique. Son gigantisme y fait coexister des sous-cultures centrées sur les différents vMèmes, et son évolution accélérée permet d'observer les transitions entre les différents niveaux d'existence.
Une des raisons qui pousse les hommes à quitter VIOLET est la constatation du manque d'efficacité des traditions qui sont au cœur du vMème et de leur incapacité à assurer la sécurité. Mais ce qui vient après VIOLET, c'est ROUGE…
Dans l'État d'Assam, au nord-est de l'Inde, plus de trois cents guérisseurs ont été assassinés au cours des cinq dernières années par des clients mécontents. Cette augmentation brutale du taux de mortalité inquiète la profession qui argue que leurs « remèdes ne fonctionnent pas quand la conjoncture planétaire n'est pas favorable ». Sans convaincre, semble-t-il.
Source : "Rancuniers", Courrier international, N° 832, 12 octobre 2006, p. 74
Dimanche 8 octobre 2006
Quand nous marchons en cercle…
Les Tarahumaras sont une tribu indienne vivant dans les montagnes du Chihuahua, au Mexique. Leur nom est la déformation par les oreilles occidentales de celui qu'ils se donnent : les Raramuris, les hommes qui courent. Ils sont effectivement considérés comme les coureurs les plus endurants de la planète, et pour eux, le marathon est une plaisanterie trop facile, même pour les femmes disent-ils.
De nombreux éléments menacent aujourd'hui la culture des Tarahumaras : aide maladroite des ONG, projets de développement concoctés par l'état mexicain, etc. Mais ce n'est pas nouveau. Les Espagnols ont tenté de leur imposer leur manière de vivre, et les missionnaires jésuites ont voulu faire de même avec leur religion.
Les Tarahumaras ne sont pas un peuple querelleur, et il sont donc devenus chrétiens : ils célèbrent la messe tous les dimanches, même si elle ne dure pas plus de dix minutes, et leur fête la plus importante a lieu à l'occasion de la Semaine Sainte. Bref, si le prêtre chargé de leurs âmes monte les voir, ce qu'il fait au maximum une fois par an, il n'y voit que du BLEU.
Mais Spirale Dynamique nous recommande de chercher les valeurs cachées derrière les valeurs de surface bien visibles. Quand on regarde de plus près, on s'aperçoit que l'officiant arrose l'autel et l'assistance avec de la bière de maïs, et que le signe de croix peut être transformé en une tape sur le ventre puis un baiser sur la main. Antonin Artaud, qui avait visité les Tarahumaras, disait à leur propos : « Dieu disparaît tout de suite quand on y touche trop, et à sa place c'est le Mauvais Esprit qui vient. »
Quant aux fêtes de la Semaine Sainte, appelées Noliruachi ("Quand nous marchons en cercle"), les forces du mal y sont représentées par des hommes couverts de boue, appelés les Pharisiens, et qui en fait symbolisent les Hommes Blancs, impudents, grossiers et agressifs. Le mal sera balayé pour la plus grande gloire de Dieu et de la Vierge Marie, en fait le soleil et la lune. En bref, une belle fête païenne fort arrosée, entièrement dans le vMème VIOLET.
En dehors des fêtes où on abuse de la bière de maïs, le fondement de la société des Tarahumaras est la korima qui désigne « l'aide que tout Tarahumara est en droit de solliciter d’un frère de race en meilleure situation économique que lui quand il se trouve devant une nécessité grave. En cas de mauvaise récolte ou de maladie, une famille raramuri se présentera chez un ou plusieurs de ses voisins plus riches, et ceux-ci partageront leurs ressources avec eux » sans qu'il en résulte dette, humiliation ou dépendance.
Les Tarahumaras tiennent absolument à conserver leur mode de vie, et considèrent les Blancs comme « les hommes qui se sont trompés », rapporte Antonin Artaud.
Source 1 : Les Tarahumaras de Chihuahua, documentaire d'Alain Bourrillon et Javier Perez Solano, France, 2000.
Source 2 : Xavier Zimbardo, "Ils dansent pour ne pas mourir", La Revue des Ressources, Février 2005
Mardi 3 octobre 2006
Rien ne va plus ?
La réussite matérielle, valeur suprême du vMème ORANGE, ce n'est pas désagréable, mais c'est peut-être insuffisant pour donner un sens à sa vie.
Les jeunes diplômés sont de plus en plus nombreux à en être convaincus et à chercher à travailler dans des ONG. « À peine sortis de Polytechnique, d'HEC, de Sciences Po, de l'Essec, ou après quelques années en entreprise, ils frappent à la porte des associations caritatives. Renonçant à des carrières prometteuses et des salaires élevés, cette "génération humanitaire" se met au service des déshérités ou de la planète en danger. »
Ce mouvement est de grande ampleur. Martin Hirsch, le président d'Emmaüs France qui sort d'ailleurs de Science Po et de l'ENA, se dit « submergé » par les candidatures. Philippe Lévêque, directeur général de Care France et ancien d'HEC, a dans son équipe un tiers de diplômés de grandes écoles de commerces. Ceux qui ont tenté cette aventure sont ravis : « Aujourd'hui, j'aide les gens en difficulté, une vraie motivation. Je ne travaille plus pour renforcer la rentabilité d'un groupe. »
Ces jeunes « sont informés des problèmes du monde. Ils veulent agir pour réduire les inégalités et sont prêts à s'engager dans des parcours atypiques. » Même si certains ne voient dans ce « parcours citoyen » qu'une étape de leur carrière, il y a là clairement la manifestation du développement de VERT.
Plus loin dans la pyramide d'âge, les cadres autour de la quarantaine souffrent de plus en plus d'un mal nouveau : la middlescence. Entendez par là qu'ils s'ennuient. Dans un environnement professionnel et personnel devenu stable, « avec au minimum vingt ans encore à travailler avant la retraite, ils se vivent dans la peau d'un condamné aux travaux forcés. » L'énergie qu'ils investissent dans leur entreprise n'est plus que négative. Certains, encore bien centrés en ORANGE, se satisferaient volontiers d'une perspective d'évolution interne, mais nombre d'entre eux se posent la question du sens de leur travail et de leur parcours professionnel. « Les entreprises ne savent que faire. »
Aujourd'hui, la plupart des entreprises ne savent manager qu'à partir des vMèmes BLEU et/ou ORANGE. À terme, leur survie dépend de leur capacité à apprendre à naviguer en deçà et au-delà de ces niveaux sur la Spirale Dynamique.
Source 1 : Angélique Négroni, "Les surdiplômés affluent vers l'humanitaire", Le Figaro, 22 septembre 2006, p. 10.
Source 2 : Claire Aubé, "La crise de 'middlescence'", Enjeux Les Échos, N° 227, Septembre 2006, pp. 76-79.

Commentaires
dim 06 jui 08, 16:49
Bonjour Christian ! Les Ind iens de Colombie Britannique a vaient résolu ce genre d [...]
jeu 03 jui 08, 17:32
Je me souviens, Fabien et Chri stian, qu'au début des années 1970, cette représentati [...]
jeu 03 jui 08, 14:02
Bonjour Christian, Rassure- toi, les scientifiques de la N ASA sont de grands intui [...]
jeu 03 jui 08, 13:30
Bonjour Fabien, Voici donc la preuve physique extérieure indéniable qui permet de [...]
mer 02 jui 08, 13:09
Bonjour à tous, Aurore et C oriolan, voici les dernières p etites nouvelles du Kera [...]
lun 30 jun 08, 10:39
À propos du même film, ma femm e a trouvé une autre interview dans laquelle [url=http [...]
lun 30 jun 08, 09:32
Bonjour Jorune, Merci d'avo ir cherché la citation complèt e. Seuls les actes pe [...]
dim 29 jun 08, 19:19
Fabien, Je viens de récupér er la fin de la phrase, et aus si le contexte de la phr [...]
dim 29 jun 08, 06:23
Bonjour à tous, Il me sembl e, Jorune, que tu as là une vi sion un peu trop [i]Peac [...]