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Personnalité
« La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil. L'homme qui se connaît est un homme vivant. »
- Marie-Madeleine Davy
« Celui qui sera étudié lui-même sera bien avancé dans la connaissance des autres. »
- Denis Diderot
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Jeudi 29 juin 2006
Songe qu'un œil noir te regarde
À l'École de Biologie et de Psychologie de l'Université de Newcastle upon Tyne (Royaume Uni), il y a une petite pièce où depuis plusieurs années, les 48 membres du personnel peuvent venir boire du café, du lait ou du thé. Les prix sont affichés et chacun laisse le montant de sa consommation dans une boîte.
Sous la direction du Dr Melissa Bateson, une étude a été menée, sans que le personnel puisse s'en douter puisque le système de paiement libre existait depuis longtemps. L'expérience consistait à mettre un poster au-dessus de la boîte de paiement. Une semaine sur deux, le poster représentait des fleurs. Le reste du temps, il montrait un visage dont les yeux regardaient directement la personne en train de payer. Pour rendre la mesure plus objective, les chercheurs ont fait varier le sexe, la race et d'autres caractéristiques du visage affiché. Chaque fin de semaine, l'argent présent dans la boîte était compté et comparé à la consommation des divers produits.
Les semaines où le poster affichait des yeux, on trouvait en moyenne dans la boîte 2,76 fois plus d'argent !
Du point de vue de Spirale Dynamique, le poster active la problématique à la honte du vMème ROUGE. Il est intéressant de constater que, même dans l'Angleterre du XXIe siècle, celui-ci ne sait toujours pas faire réellement la différence entre une image et la réalité. Comme le souligne le Dr Bateson, cela a « d'énormes conséquences dans la vie réelle, […] notamment pour modérer des comportements anti-sociaux. »
Source : "'Big Brother' eyes encourage honesty"
Mardi 27 juin 2006
Ring-A-Digg
L'Internet continue à jouer son rôle de laboratoire social, et notamment à expérimenter des modes de fonctionnement incarnant le vMème VERT.
Ce mois-ci, Digg fête son premier anniversaire. Digg est une sorte de journal dans lequel, selon Kevin Rose, l'un des fondateurs, "chaque internaute est un rédacteur en chef. Les utilisateurs soumettent des articles que les autres utilisateurs notent. Cette intelligence collective permet de hiérarchiser l'information en fonction de l'intérêt général et non du diktat de quelques personnes." Il est même possible de suivre en temps réel l'évolution du classement des billets les plus prisés.
Avec plus de 180.000 membres, 18.000 articles et 600.000 visiteurs chaque jour, Digg est un succès phénoménal. Pour Kevin Rose, les trois mots qui résument Digg sont "social, collaboration, partage".
Source : "Kevin Rose, créateur de Digg.com : « La clé du web 2.0, c'est l'ouverture et la simplicité »", Business et technologies
Jeudi 22 juin 2006
Peaux-Rouges et autres couleurs
Aux États-Unis, les tests ADN sont aujourd'hui facilement accessibles à tous. Cela change, entre autres, la manière dont les gens perçoivent leurs origines. De plus en plus d'Américains y ont recours, moyennant une somme modique comprise entre 99 et 205 dollars, pour vérifier leur appartenance raciale. Cette nouvelle tendance vient de deux vMèmes bien différents.
Certains sont centrés en ORANGE. Prouver que l'on a du sang noir ou du sang indien, c'est pouvoir profiter de toutes les mesures liées à la discrimination positive en réclamant les privilèges qui vont de pair avec cette appartenance raciale. Par exemple, Ashley Klett a découvert qu'elle avait 2 % de gènes d'origine extrême-orientale. Cela a été suffisant pour que sa soeur cadette coche la case "Asiatique" sur sa demande d'admission à l'université : elle a obtenu la faculté de son choix et une bourse. Cela provoque bien évidemment l'indignation des autorités : « Si quelqu'un a l'air blanc et découvre qu'il ne l'est pas, il n'a pas vécu le genre de choses auxquelles la discrimination positive est censée remédier », proteste Lester Monts, administrateur de l'université du Michigan.
D'autres personnes entreprennent ces recherches au nom du vMème VIOLET. Les hommes blancs ne sont arrivés aux États-Unis qu'au XVIIe, et globalement la culture américaine souffre d'un déficit de VIOLET, par rapport aux cultures européennes par exemple. Se trouver des ancêtres indiens, c'est se constituer une lignée présente dans le pays depuis les origines. En conséquence, le nombre officiel d'Amérindiens explose : « Quatre recensements consécutifs (qui donnaient une croissance de 7 % à 10 % pour d’autres groupes) ont révélé une montée en flèche du nombre d'Amérindiens, avec un accroissement de 50 % en 1970, de 70 % en 1980, de plus de 30 % en 1990 et de 100 % en 2000, année où ils ont dépassé les 4 millions. » Les tribus indiennes se moquent de ces indiens blancs, qui pourtant font généralement l'effort d'apprendre les coutumes et la langue de leur nouvelle tribu. Ils craignent aussi une dissolution de leur propre identité ethnique.
Source 1 : Jack Hitt, “Ça vous dirait d'être indien ?”, Courrier international, N° 815, 15 juin 2006, pp. 50-52
Source 2 : Amy Harmon, “Mille et un avantages à ne pas être génétiquement blanc”, Courrier international, N° 815, 15 juin 2006, pp. 56
Samedi 17 juin 2006
Mort ORANGE en Ouganda
En Ouganda, comme dans une bonne partie de l'Afrique de l'Est, dès qu'une personne décède, les anciens viennent expliquer à la famille comment organiser des obsèques traditionnelles. Le corps est lavé, puis il est transporté dans le village dont le disparu était originaire. Là, les femmes commencent une veillée de trois jours. Parallèlement est organisé un grand repas en l'honneur du défunt, pour lequel on abat du bétail, frit des bananes et fabrique de la bière. Tout le village et toute la famille du mort participe à cette célébration. En résumé, une belle manifestation du vMème VIOLET.
Mais en Spirale Dynamique, il est rarissime qu'un vMème se manifeste seul, et en Afrique, ROUGE est rarement loin. Souvent la cérémonie funéraire déborde de son cadre, "un jour en entraînant un autre, et l'hospitalité traditionnelle des Africains est souvent exploitée par des invités avinés qui s'emballent et déciment les maigres troupeaux de la famille."
Nombre d'Africains vivant en ville développent "une nouvelle culture du confort". Ils refusent désormais de se soumettre à ces rituels qui n'ont "pas beaucoup de sens" pour eux, et se convertissent à ce qu'ils appellent les "obsèques contre argent". Les funérailles à l'occidentale sont de plus en plus fréquentes, et les funérariums sont devenus une activité économique en plein essor.
Espérons simplement que ce développement d'ORANGE se fera en conservant néanmoins les aspects positifs de VIOLET dont on sait qu'il joue un rôle capital dans la réussite d'un processus de deuil.
Source : Emily Wax, “Les Africains enterrent aussi leurs traditions”, Courrier international, N° 811, 18 mai 2006, p. 35
Lundi 12 juin 2006
La Péniche
« Nous sommes […] flexibles, autonomes, créatifs, entreprenants et prêts, s'il le faut, à baisser nos salaires », affirme Christian Vaillant de La Péniche, une petite agence parisienne de rédaction. Voilà le rêve de tout patron ORANGE… sauf qu'ici il n'y a pas de patron.
La Péniche fait partie de ces entreprises qui incarnent le vMème VERT et qui se multiplient ces temps-ci. Les décisions sont prises par consensus lors d'une réunion hebdomadaire, et puisque chacun intervient à part égale dans la vie de l'entreprise, chacun touche un salaire horaire identique.
La règle de la collégialité s'applique systématiquement, même quand il s'agit de recevoir un journaliste qui souhaite écrire un article sur le style de gestion de l'entreprise : « Un rendez-vous pour évoquer notre fonctionnement ? On vous rappellera. Avant de prendre une décision, il faut d'abord que nous en discutions tous ensemble. » Cela peut sembler lent et lourd, mais le temps ainsi utilisé est récupéré plus tard par l'absence de contestation ou de résistance. Ce système diminue aussi le stress : « La responsabilité des choix est répartie sur les épaules de tous. »
La Péniche existe depuis plus de dix ans pendant lesquels elle a embauché, et le salaire mensuel y est de 2000 Euros net pour un temps plein.
Source : Stefano Lupieri, "Des entreprises où le pouvoir est l'affaire de tous", Enjeux Les Échos, N° 222, Mars 2006, pp. 102-104.
Mercredi 7 juin 2006
Laissez-les vivre
Quand il a commencé sa carrière, Arthur avait choisi comme slogan publicitaire "l'animateur le plus con de la bande F.M." Aujourd'hui, une chose a changé. Il est beaucoup moins animateur, et beaucoup plus producteur. Sa société Endemol va tourner cet été pour France 2 une série de neuf émissions de téléréalité intitulée Le Caméléon.
But du jeu : six à neuf candidats auront à vivre pendant huit jours la vie tribale des Hadzabé, celle des Miao de Chine, des cavaliers mongols, etc. Le gagnant sera celui qui aura le mieux réussi à se fondre dans ces cultures (entendez à les singer).
Cette initiative est profondément choquante. Elle n'est pas sans évoquer ces Africains et ces Orientaux, soi-disant sauvages, qui étaient amenés de force dans les expositions coloniales des XIXe et XXe siècles, et y étaient exposés comme des animaux de cirque.
Ces peuples vivent dans des vMèmes différents du nôtre, la plupart en VIOLET ou avec un VIOLET très fort. Leur existence fait partie de la diversité culturelle de l'humanité. Préserver ces cultures tant que leurs membres le désirent et qu'elles sont positivement intégrées dans leur écosystème est la seule attitude envisageable.
Si vous estimez qu'il y a des limites à l'avidité d'ORANGE, la Commission internationale pour les droits des peuples indigènes (ICRA International) organise une pétition sur Internet demandant le retrait de ce projet.
Source : "Un zeste de téléréalité sur le service public", 20 minutes
Mardi 6 juin 2006
La fin du monde, voire pire
Ceci est peut-être notre dernier message. A Denver (USA), la police se prépare à faire face à une possible augmentation des activités sataniques. Aux Pays-Bas, deux mille protestants vont prier toute la journée afin de "conjurer les forces satanistes actives à l'occasion de cette journée diabolique". Un site Internet spécialisé dans la publication quotidienne d'un indice de probabilité de la fin du monde donne à ce mardi le plus haut indice depuis septembre 2001. Un autre affirme : « Le Diable a noté la journée du 6 juin en haut de son agenda de destruction. [...] Les forces les plus puissantes du mal comme les satanistes, les francs-maçons [...], New Age, sorcières etc. vont essayer ce jour-là de réaliser les plans qu'a Lucifer pour le monde. »
Comment ? Vous n'aviez pas remarqué ? Nous sommes le 6 juin 2006. Le 06/06/06. Ce qui en enlevant les zéros et les barres obliques fait 666, le nombre de la bête évoqué dans l'Apocalypse de Jean (au 13e chapitre, brrrr) et dans lequel nombre de gens voient le symbole du diable ou de l'Antéchrist, même si les chercheurs chrétiens pensent plus prosaïquement qu'il s'agit des empereurs romains Néron et Domitien.
Face à ce salmigondis, mélange de VIOLET et BLEU, ORANGE ne pouvait que réagir. En affirmant la primauté de la raison ? Que nenni. En sortant dans de nombreuses salles 666 La Malédiction, un film d'horreur de John Moore.
Quant à moi, je vais essayer de profiter au maximum de cette dernière journée et vous invite à faire de même.
Source : Mark McCord, "Les mauvais augures se multiplient à l'approche du nombre maudit", Yahoo! Actualités
Jeudi 1 juin 2006
Savoir motiver
Le problème avec les managers, comme avec tous les employés, c'est qu'ils veulent être payés. Et cela ne leur suffit pas : pour être motivés, ils réclament des bonus, des stock-options, des voitures de fonction et moult autres gâteries.
Heureusement, face à tant d'excessive exigence, Gérard Pavy, consultant et psychanalyste, est là. Dans sa chronique du 13 mai du Journal du management, il nous apporte des leviers de motivation qui "ne coûtent rien" et qui ont donc le "le meilleur rapport qualité prix" du marché. Gérard Pavy pense que les êtres humains se classent en deux catégories : les hystériques travaillent bien pour obtenir une image positive de l'extérieur, alors que les obsessionnels le font au nom de critères intérieurs. La solution est donc simple pour rendre les managers productifs : faire honte aux hystériques et culpabiliser les obsessionnels. Il fallait y penser.
Traduisons cette mirobolante idée en termes Spirale Dynamique. Pour gagner plus de bon argent ORANGE, appuyons là où cela fait mal, et jouons sur les points faibles des vMèmes ROUGE et BLEU.
Rassurez-vous, c'est sûrement de l'humour…
Source : Gérard Pavy, "L'arme secrète du manager", Le Journal du Management

Commentaires
dim 06 jui 08, 16:49
Bonjour Christian ! Les Ind iens de Colombie Britannique a vaient résolu ce genre d [...]
jeu 03 jui 08, 17:32
Je me souviens, Fabien et Chri stian, qu'au début des années 1970, cette représentati [...]
jeu 03 jui 08, 14:02
Bonjour Christian, Rassure- toi, les scientifiques de la N ASA sont de grands intui [...]
jeu 03 jui 08, 13:30
Bonjour Fabien, Voici donc la preuve physique extérieure indéniable qui permet de [...]
mer 02 jui 08, 13:09
Bonjour à tous, Aurore et C oriolan, voici les dernières p etites nouvelles du Kera [...]
lun 30 jun 08, 10:39
À propos du même film, ma femm e a trouvé une autre interview dans laquelle [url=http [...]
lun 30 jun 08, 09:32
Bonjour Jorune, Merci d'avo ir cherché la citation complèt e. Seuls les actes pe [...]
dim 29 jun 08, 19:19
Fabien, Je viens de récupér er la fin de la phrase, et aus si le contexte de la phr [...]
dim 29 jun 08, 06:23
Bonjour à tous, Il me sembl e, Jorune, que tu as là une vi sion un peu trop [i]Peac [...]