Au placard jusqu’à l’année prochaine les masques, les serpentins et les confettis, le carnaval s’est terminé hier soir. Archiviste et paléographe, Anne Lombard-Jourdan a étudié l’histoire de cette fête qui n’a plus le lustre d’antan, mais fait encore en France les beaux jours de Nice ou de Dunkerque par exemple. Elle distingue ainsi plusieurs phases qui coïncident avec le développement de la Spirale Dynamique, ce qui ne saurait bien sûr nous étonner.
La tradition du carnaval remonterait aux temps préhistoriques où il aurait été une fête célébrant l’arrivée du printemps. Le temps du carnaval est aussi celui où les cerfs perdent leur bois et sont donc particulièrement craintifs et vulnérables. Alors que l’hiver se termine et que les provisions faites pour passer la mauvaise saison sont quasiment épuisées, voilà une superbe occasion de chasse pour refaire le plein de nourriture avant les prochaines récoltes. Le respect de l’animal implique de ne rien laisser perdre de sa chair, et les viscères qui ne peuvent être conservées sont alors objet de joyeuses ripailles. Fête collective liée à la nature, le carnaval est alors manifestation du vMème VIOLET.
Puis vient ROUGE et le carnaval acquiert une dimension individuelle liée à l’excès et au dépassement des limites sociales. L’anonymat qu’il permet encourage les abus de nourriture et de sexe ainsi que la contestation des puissants.
Est-il besoin de dire que quand BLEU s’installe, il voit tout ceci d’un mauvais oeil. En Europe, l’Église catholique considère le port des masques comme une injure à l’idée d’un homme créé à l’image de Dieu et le côté orgiaque du carnaval la révulse. Pourtant, elle sera obligée de le tolérer, ne serait-ce parce que la société avait besoin d’un exutoire au carcan des règles qui lui étaient imposées. Ainsi, le carnaval devient la fête païenne la plus célébrée dans le monde chrétien, et peut-être la seule que l’Église ne peut ou ne veut récupérer en la jumelant avec une cérémonie chrétienne, comme elle l’avait fait, par exemple, pour la fête marquant le début de l’été et renommée la Saint-Jean.
Quand BLEU est remplacé par ORANGE, les deux raisons d’être du carnaval, lien avec la nature et transgression, disparaissent. Le carnaval est de moins en moins fêté. Quand il l’est, il devient souvent un spectacle, défilé que les gens regardent sans trop y participer.
Source : Anne Lombard-Jourdan, Aux origines du carnaval, Paris (France), Éditions Odile Jacob, 2005
Commentaires
jeu 20 nov 08, 08:44
Bonjour Aurore, [i]"L'amour est conditionnel à tous les a utres niveaux de la prem [...]
jeu 20 nov 08, 07:44
Bonjour Samy, "Utopiste ?" Je crois. Effective ment, un degré minimum d [...]
mer 19 nov 08, 21:28
Salut, Merci à tous pour ce tte belle discussion. Elle fai t tout à fait sens dans [...]
mer 19 nov 08, 12:50
Bonjour Fabien, Je trouve t oujours très surprenant et dom mageable pour le fonctio [...]
mer 19 nov 08, 08:40
Bonjour Wallace, Tu as tota lement raison sur la légitimit é de la tristesse des co [...]
mar 18 nov 08, 15:06
Je comprends que des députés p uissent avoir du chagrin en pe nsant à la dépression et [...]
mar 18 nov 08, 15:00
Oui, c'est exceptionnel de voi r un journaliste manifester un e telle implication émot [...]
mar 18 nov 08, 07:34
Bonjour Samy, Merci pour ta participation et ton apprécia tion positive sur mon tr [...]
lun 17 nov 08, 10:40
Bonjour Fabien, Je trouve a ussi cette intervention toucha nte et belle. Tu insi [...]